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« Mon Coeur » : le scandale du Mediator porté sur scène

mer. 20 mar. 2019, 15 h 54
Pauline Bureau et la compagnie La Part des Anges présentent avec Mon Cœur une œuvre théâtrale portant sur scène le scandale du Mediator. 

En 2009, le Mediator originellement indiqué dans le traitement du diabète de type 2, mais parfois utilisé comme coupe-faim, commercialisé par le laboratoire Servier, est retiré du marché français où il est prescrit depuis plus de trente ans. Ce retrait intervient grâce à l’acharnement de la pneumologue Irène Frachon, qui force l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) à reconnaître la responsabilité du Mediator dans de nombreux décès. Pour raconter cette histoire au théâtre, Pauline Bureau met en scène le parcours de Claire Tabard qui, à la suite de son accouchement, se voit prescrire du Mediator par son médecin traitant afin de perdre du poids. À travers ce personnage, inspiré par les témoignages et expériences de plusieurs victimes, les spectateurs et les spectatrices découvrent les implications intimes, politiques, et médicales de ce scandale. 

Symptôme de la misogynie d’une société patriarcale 

La remise en cause d’une partie du corps médical et juridique, et des liens qu’il entretient avec les laboratoires pharmaceutiques, s’accompagne dans Mon Cœur d’une réflexion sur les normes esthétiques, la violence qu’elles créent, et plus particulièrement à l’encontre des femmes. Parce que c’est à elles que le devoir de minceur s’impose principalement, et qu’il est d’usage que n’importe quel·le inconnu·e puisse rappeler à l’ordre celle qui refuse de s’y conformer, ou celle qui n’y parvient pas, les victimes du Mediator furent majoritairement féminines. Dans la pièce, Claire Tabard s’entend dire depuis son enfance que son corps ne convient pas. Des moqueries et injures scolaires jusqu’aux reproches à peine déguisés des médecins, elle n’a de cesse d’être renvoyée à son poids. Lorsqu’elle essaie d’obtenir une réparation juridique auprès du laboratoire Servier, la commission d’examen la renvoie une nouvelle fois au fait que, parce qu’elle est une femme, son corps sera traité comme bien public, sans respect de sa pudeur ou de sa subjectivité. Mais ni Irène Frachon, ni Claire Tabard et sa sœur ne se résignent à subir silencieusement une telle violence. En lutte contre des normes et des injonctions qui leur sont néfastes, les personnages de Mon Cœur transforment la morbidité du scandale en indignation, puis en révolte, et nous offrent à voir, comme le souhaite l’autrice, « des rôles de femmes dont on a encore trop peu l’habitude ».  

Mon Cœur du 26 au 29 mars au Théâtre de la Croix-Rousse, place Joannes Ambre-Lyon 4 / 04.72.07.49.49 www.croix-rousse.com 

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Élection régionale de Mr Bear : fin de l’hi[bear]nation

lun. 18 mar. 2019, 16 h 12
Avec l’arrivée des beaux jours, les ours sortent de leur caverne et exhibent poils et rondeurs lors de l’élection de Mister Bear Auvergne–Rhône-Alpes 2019. Présentation des candidats. 


Gil, 40 ans
 
Quelles sont les qualités pour être un bon Mister Bear ? 
Des qualités d’écoute et sociales et une bonne ouverture d’esprit. Un petit côté fêtard ne gâche rien je suppose. 

Votre rapport au corps a-t-il toujours été placé sous le signe de la fierté ? 
Oui, j’ai toujours été fier de mon corps et je le revendique. Je regrette souvent que les personnes ne s’acceptent pas alors que s’il y a bien une chose avec laquelle il faut faire dans la vie, c’est son propre corps. 

Christophe 43 ans 
Quelles sont les qualités pour être un bon Mister Bear ? 
Ouvert d’esprit, jovial, bon vivant… 

Votre rapport au corps a-t-il toujours été placé sous le signe de la fierté ? 
Non, il a fallu que j’arrive à l’accepter tel qu’il est… et l’on ne peut s’accepter, je crois, qu’à travers le regard des autres… et notamment dans les yeux des gens qui nous aiment. 

Jérémy, 35 ans 
Quelles sont les qualités pour être un bon Mister Bear ? 
Les qualités pour être un bon Mister Bear, c’est avant tout être fier de son corps, savoir faire la fête et rester naturel. Ce n’est pas revendiquer juste une image, mais porter les valeurs d’une communauté, sans pour autant se prendre la tête. 

Votre rapport au corps a-t-il toujours été placé sous le signe de la fierté ? 
Non, j’ai mis du temps à accepter mon corps, j’avais du mal à me regarder tel que j’étais. Le milieu bear m’a permis peu à peu de me libérer de ces complexes. 

Damien, 27 ans
Quelles sont les qualités pour être un bon Mister Bear ?   
Être un nounours dans l’âme, apporter un maximum de positif autour de nous et de réconfort, s’amuser au maximum. Montrer que peu importe si l’on est gros, gras, mince, avec des poignées d’amour, poilu ou non, grand ou petit… nous sommes ce que nous sommes. 

Votre rapport au corps a t-il toujours été sous le signe de la fierté ?   
Au début je détestais mon corps et j’ai appris à l’aimer. Ensuite j’ai appris que le regard des autres n’était pas le même qu’à l’époque de ma scolarité. Donc oui maintenant je peux dire que j’aime être comme je suis et j’en suis fier. 

Manu, 43 ans
Quelles sont, selon vous, les qualités pour être un bon Mister Bear ? 
Déjà assumer son physique, car c’est par lui que nous sommes stigmatisés. La grossophobie est une réalité et le monde gay l’exacerbe. C’est un peu les mêmes injonctions à la minceur et à la jeunesse que subissent les femmes. Un Mister Bear doit être militant. Et fédérateur. Le drapeau bear s’appelle le Brotherhood flag. La fraternité, c’est ce qui doit guider un Mister Bear. 

Votre rapport au corps a-t-il toujours été placé sous le signe de la fierté ? 
Non, je suis très complexé. J’ai été harcelé à l’école. C’était chaud d’être traité comme le gros pédé intello de service. L’internat, c’était pas cool… Ça marque beaucoup. Donc je flippe à mort de devoir passer sur scène. C’est un gros challenge… 

 

Élection Mister Bear Auvergne-Rhône-Alpes 2019, organisée par GRRRnoble Bear, le 23 mars à La Bobine, 42 boulevard Clemenceau-Grenoble 

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Semaine sur Mars aux Subs : from outer space

lun. 18 mar. 2019, 16 h 09
Mois de mars oblige, le festival des Subsistances Semaine sur Mars est de retour avec sept spectacles dont deux qui ont attiré notre attention : Red Haired Men de Alexander Vantournhout et De l’Eve à l’eau de Angélique Clairand et d’Éric Massé de la Compagnie des Lumas. 

Habitué des plateaux des Subsistances, Alexander Vantournhout y a déjà présenté Aneckxander et Raphaëldeux de ses précédents spectacles. Il revient cette année à l’occasion de Semaine sur Mars, l’événement printanier du laboratoire de spectacle vivant installé sur les rives de la Saône, avec Red Haired Men. Inspiré par les textes absurdes de l’artiste d’avant-garde soviétique des années 1920 Daniil Kharms, ce spectacle mélange les disciplines, allant de la danse à la ventriloquie, en passant par le cirque et la magie. Le chorégraphe belge y poursuit l’exploration de la contorsion et de la transformation des corps entreprise dans Aneckxander, affublant notamment ses quatre interprètes de prothèses. Ces dernières viennent alors « augmenter » les corps et pallier leurs déficiences : tour à tour outils ou obstacles, elles ramènent chaque personnage à son incapacité à atteindre ses buts.  

Parallèlement, cette édition de Semaine sur Mars est également l’occasion de (re)découvrir le travail d’Angélique Clairand et d’Éric Massé, fondatrice et fondateur de la Compagnie des Lumas, et fraîchement nommé·es à la direction du Théâtre du Point du Jour à Lyon.  Dans le cadre d’un cycle de recherches autour de la « rupture sociale » et de la « névrose de classes », les deux artistes présenteront De l’Eve à l’eau, où une femme d’une quarantaine d’années, diplômée de l’enseignement supérieur, se retrouve confronter à son passé rural par le truchement de sa mère agricultrice qui perd la mémoire.  À l’instar du Retour à Reims de Didier Éribon ou d’En finir avec Eddy Bellegueule d’Édouard Louis,  la pièce explore les questions identitaires auxquelles sont confronté·es les transfuges de classes, la tension entre émancipation et reniement, entre honte et patrimoine liés aux origines.  

Red Haired Men et De l’Eve à l’eau du 22 au 24 mars aux Subsistances, 8 bis quai Saint-Vincent-Lyon 1 / 04.78.39.10.02 

www.les-subs.com 

 
© Cédric Rouillat – Bart Grietens

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Célébrations épisode 3 : 1939 déportations

ven. 15 mar. 2019, 15 h 27
On fêtera cette année les 50 ans de Stonewall. Mais ce n’est pas le seul anniversaire important de notre histoire à s’être déroulé une année en 9. Troisième volet d’une série à travers laquelle, de mois en mois, Hétéroclite se penche sur le siècle passé…  

Alors que la Seconde Guerre mondiale est déclarée cette année-là, la persécution et la déportation des homosexuels est déjà bien entamée en Allemagne, mais aussi dans les pays alliés du Reich, comme en Italie. Dès l’arrivée de Hitler au pouvoir en 1933, les nombreuses associations homosexuelles sont dissoutes, les publications interdites, et l’Institut de Sexologie fondé par Magnus Hirschfeld saccagé, ses archives détruites. Au fil des années, les arrestations et condamnations au titre du paragraphe 175 du code pénal, qui punit les « relations sexuelles contre-nature », même entre adultes consentants, se multiplient, et cette loi (qui date de 1871) est bientôt renforcée, les peines aggravées. La propagande nazie prend le relais, accusant les homosexuels de comploter contre le Reich, et incitant à la délation… À partir de 1939, les condamnations et déportations se multiplient, dépassant les frontières de l’Allemagne pour s’étendre aux territoires annexés considérés comme allemands, en particulier l’Autriche et l’Alsace. Au total, plus de 50 000 hommes ont été condamnés pour homosexualité durant le régime nazi, près de 10 000 ont été envoyés en camps de concentration où ils ont dû porter l’infâmant Triangle rose qui les assignait aux travaux les plus durs, parfois soumis à des expériences de thérapies hormonales. Très peu nombreux furent ceux qui survécurent et purent témoigner, à l’instar de Pierre Seel, seul déporté pour homosexualité reconnu en France. Les pays alliés du Reich, telle l’Italie, persécutèrent aussi les homosexuels : en 1938-1939, plusieurs centaines d’entre eux furent regroupés et exilés dans de petites îles isolées, avant d’être internés. 

 

Pas d’homos à l’expo ! 
Alors que New York s’apprête cette année-là à accueillir les millions de visiteurs de l’Exposition universelle, la ville décide de faire le grand ménage et de fermer de manière préventive la plupart de ses bars gays… La peur sans doute de faire mauvais genre auprès des touristes… 

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La folle lyrique passée au scapel de Wayne Koestenbaum

ven. 15 mar. 2019, 15 h 26
Il aura fallu attendre 26 ans pour que soit traduit en français The Queen’s Throat : Opera, Homosexuality, and the Mystery of Desire du critique américain Wayne Koestenbaum. Publié pour la première fois en 1993, il est aujourd’hui édité par la Philharmonie de Paris sous le titre Anatomie de la folle lyrique.  

Il y a des livres difficilement classables et Anatomie de la folle lyrique est un de ceux-là. Ce n’est pas un essai sur les rapports entre opéra et homosexualité, ce n’est pas un livre technique sur l’art vocal, ce n’est pas un ouvrage consacré aux divas, ce n’est pas une autobiographie et pourtant, c’est un peu tout cela à la fois. Dans un exercice d’introspection, Wayne Koestenbaum observe l’émergence parallèle de sa passion pour l’opéra et la reconnaissance de son homosexualité pour aboutir à ce qu’il est : une folle lyrique. Avec honnêteté, humour, et même un certain regard ironique sur lui-même, il explore cette catégorie particulière à laquelle il appartient, celle d’un passionné d’opéra à outrance, fan de divas, fétichiste et collectionneur d’enregistrements vinyles historiques. Si la folle lyrique est bien décrite, on peut regretter le choix du titre français qui réduit l’ouvrage à ce seul concept, alors que, comme le suggère le titre anglais, le livre parle aussi de bien d’autres choses. Les chapitres consacrés à Maria Callas et aux divas fourmillent d’anecdotes, parfois dramatiques mais bien souvent amusantes comme celle de la soprano Margherita de l’Épine (1680-1746) qui durant 34 ans donna des concerts d’adieu. 

 

Au-delà de l’anecdote, un regard sur l’évolution des préjugés 
Parmi les différents thèmes abordés, Koestenbaum rappelle le débat sans fin sur la supériorité du verbe sur la musique et vice versa. La naissance de l’opéra dans l’Italie de la fin du XVIe siècle est fondée par ce débat, quant à Richard Strauss, il en fait le thème principal de son dernier opéra Capriccio (1942). Platon dans La République dit qu’écouter de la musique rend efféminé•e. Il y aurait donc deux pôles, l’un masculin porté par le verbe et un féminin porté par la musique. Serait-ce parce que l’opéra unit les deux comme une fusion de genre que les gays seraient plus sensibles à cet art ? La question reste posée. Enfin, l’une des caractéristiques de ce livre est qu’il a été écrit il y a maintenant un quart de siècle, et la description que Koestenbaum, né en 1958, donne de l’homosexualité est celle de son temps. Il est remarquable de voir avec le recul, combien l’homosexualité a gagné en reconnaissance dans les arts mais également dans la société. Si bien des combats sont encore à mener pour obtenir l’égalité des droits, ou lutter contre les préjugés homophobes, ce livre et son auteur porte le témoignage historique que bienheureusement, la société a évolué vers plus de liberté. 

 

Anatomie de la folle lyrique de Wayne Koestenbaum (Philharmonie de Paris). En librairie. 

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« Un féminisme décolonial » : l’essai radical de Françoise Vergès

ven. 15 mar. 2019, 15 h 23
Dans son dernier ouvrage Un féminisme décolonial, l’autrice et chercheuse Françoise Vergès se propose de mettre en lumière un versant du féminisme primordial pour les luttes actuelles des femmes racisées. À travers cet ouvrage radical, elle n’hésite pas à nous parler de sujets qui fâchent… et ça fait du bien ! 


Le féminisme décolonial dont parle Françoise Vergès est un féminisme que l’on peut qualifier d’antiraciste. La chercheuse  n’hésite pas à poser des questions incisives et d’autant plus nécessaires : quelle alliance les féministes racisées peuvent-elles envisager avec les féministes blanches ? Quel rapport entre la société capitaliste et l’exploitation des femmes racisées Comment les femmes racisées peuvent-elles envisager de militer avec les hommes racisés sans accepter de subir leur misogynie ? Tout au long de son ouvrage, l’autrice répond à ces questions toutes plus complexes les unes que les autres. De plus, Vergès se propose aussi d’ « analyser pourquoi et comment les droits des femmes sont devenus une arme idéologique au service du néolibéralisme ». Selon la chercheuse, le féminisme européen est un féminisme civilisationnel. Ce dernier serait promu par les white feminists qui « n’hésitent pas à apporter leur soutien à des politiques d’intervention impérialistes, à des politiques islamophobes ou encore négrophobes ». D’ailleurs sur l’islamophobie des féministes blanches, Françoise Vergès se permet de rappeler à Alice Shwarzer (figure du féminisme allemand des années 1970) qui avait sous-entendu, suite à l’affaire de Cologne, que les musulmans mettaient en péril le droit des femmes, que : « Ni les menaces sur les lois sur l’avortement et la conception, ni l’exploitation des femmes racisées et des femmes migrantes, ni la systémisation du travail partiel sous-payé et sous-qualifié pour les femmes en Europe n’ont été le fait des musulmans. » 

La poursuite des luttes des femmes du Sud  
C’est  afin de combattre les différents types d’oppressions que subissent les femmes racisées, notamment le racisme des sociétés occidentales et la misogynie des sociétés patriarcales que le féminisme décolonial voit le jour. Toutefois, Françoise Vergès souligne que le féminisme décolonial n’est pas un nouveau courant du féminisme mais qu’il s’inscrit dans la continuité des combats des femmes du Sud. Elle écrit d’ailleurs : « Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle vague du féminisme, mais de la poursuite des luttes d’émancipation des femmes du Sud global. »

 

Un féminisme décolonial de Françoise Vergès (La Fabrique). En librairie. 

 

 

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Parent 1 et Parent 2 : une fausse bonne idée ? 

ven. 15 mar. 2019, 14 h 50
L’Assemblée a adopté le 12 février un amendement instaurant le remplacement des termes « père » et « mère » par « parent 1 » et « parent 2 ». Véritable avancée ou fausse bonne idée ? 

Dans le cadre du projet de loi sur « l’école et la confiance », l’Assemblée Nationale s’est interrogée sur la façon de qualifier les parents dans les formulaires administratifs à usage scolaire (fiches d’état-civil, autorisations de sortie, inscriptions à la cantine, etc). Le gouvernement et la co–rapporteure considéraient que cette question ne dépendait pas de la loi. L’Assemblée n’a pas été de cet avis, et a adopté en première lecture, le 12 février, un amendement instaurant le remplacement des termes « père » et « mère » par « parent 1 » et « parent 2 ». L’objectif de cet amendement, essentiel au regard de l’égalité entre les familles, est d’abandonner une formulation obsolète qui oblige les familles homoparentales à entrer de façon ridiculement artificielle dans le cadre administratif des autres familles.  

Les mouvements conservateurs de droite et d’extrême-droite se sont servis de ce débat pour déverser leurs idées nauséabondes. Alors que la Manif Pour Tous hurle au texte « déshumanisant »Valeurs Actuelles nous propose un titre sexiste à souhait : « Parent 1/ Parent 2 : et ta sœur ? », tandis que La Croix gratifie son lectorat d’un : « à quand un parent 3 et un parent 4 » (ce qui, au passage, est une excellente idée que nous aborderons dans un article ultérieur sur les conventions de co-parentalité). 

Vers une sémantique plus juridique et moins genrée ?
L’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens et SOS Homophobie se sont félicités de cette initiative qui permet une prise en considération de toutes les familles. L’Association des familles homoparentales s’est néanmoins émue de la création d’une « hiérarchie parentale ». Il faut en effet s’interroger sur qui serait le parent 1 et le parent 2. On pense par exemple aux couples lesbiens dans lesquels le piège serait de considérer que le parent 1 est la mère qui a porté l’enfant. L’Association des familles homoparentales propose donc d’inscrire deux fois les termes « père/mère », à charge pour les parents de rayer les mentions inutiles.   

On pense également à une sémantique plus juridique et moins genrée.  Ne suffirait-il pas que les formulaires administratifs nomment ce que sont les parents au regard de la loi : des « représentant·es légaux·les » ? Et ce avec deux cadres pour mentionner les noms des deux représentants, sans considération de leur genre et de leur sexualité. 

 

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