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Mis à jour : il y a 9 heures 47 min

Racisme, belle-famille et communication : les défis des couples mixtes

lun. 28 sep. 2020, 17 h 31
Dans le couple s’expriment tous les débats qui traversent la société. Et c’est d’autant plus vrai pour les unions entre deux personnes de nationalités, de religions ou de cultures différentes. Malgré l’amour, les préjugés restent nombreux, autant que les défis à relever.

Depuis un an environ, les emojis offrent de pouvoir choisir parmi des couples très variés, combinaisons de différents genres et de différentes couleurs de peau. Signe des temps qui changent, le couple mixte s’affiche, et se fait surtout de plus en plus fréquent. Et c'est tant mieux.

Le couple mixte désigne souvent l’union de deux personnes de nationalités différentes, mais aussi de religions ou de cultures distinctes. L’Insee a réalisé en 2018 l’une des trop rares études sur le sujet dans le cadre d’une enquête sur les couples de même sexe vivant ensemble (150 000 hommes et 116 000 femmes). Au sein de ces ménages, 12 % des hommes et 8% des femmes sont immigré·es. La moitié de ces hommes vivent avec un Français, et 42% de ces femmes avec une Française (des proportions un peu plus importantes que chez les hétéros).

À l’heure actuelle, il y a plusieurs questions auxquelles on n’a malheureusement pas de réponses, estime néanmoins la sociologue Gaëlle Meslay, autrice d’une thèse sur l’appropriation du mariage par les couples de même sexe. On ne peut pas savoir si les couples mixtes homosexuels sont en augmentation. Le chiffre est, en soi, difficile à estimer.” En particulier en ce qui concerne la religion ou la culture des conjoints.

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Homos ou hétéros, les couples mixtes rencontrent souvent les mêmes difficultés. À commencer par la communication. José, 42 ans, et Olivier, un an de moins, se sont rencontrés il y a douze ans, dans un bar à Lisbonne. Le premier est Mexicain et ne parle pas français ; le second, Français, ne parle pas espagnol. Forcément, les débuts ont été un peu compliqués. “On parlait un peu anglais, mais pas très bien, se rappelle José. Ce n’est pas facile, mais quand on ressent quelque chose de spécial pour la personne, on va au-delà de ça.”

Dépendance affective et économique

Et quand on n’habite pas le même pays ? Devoir immigrer par amour peut constituer un moment délicat. L’un des membres du couple se trouve déraciné, loin de sa famille et de ses amis. “Les premiers mois après mon arrivée à Mexico ont été difficiles, raconte Olivier. Notamment à cause de la stagnation de mon niveau de langue. Je me disais que c’était fou d’être en couple à plusieurs milliers de kilomètres de ma Normandie avec, qui plus est, un homme qui ne parlait pas ma langue. Professionnellement, j’ai dû repartir de zéro.”

Ces disparités peuvent être la cause de ruptures d’équilibre au sein d’un couple. La sociologue Manuela Salcedo, autrice d’une thèse sur les couples de nationalités différentes et les politiques migratoires, note des différences d’âge et de revenus importantes. “Le Français gagne souvent plus d’argent, ce qui place la personne étrangère en situation de dépendance affective et économique”, détaille-t-elle. Elle a aussi remarqué l’importante proportion de couples qui se marient ou se pacsent pour simplifier leur situation administrative. Mais avec la législation contre les mariages blanc et gris, les démarches peuvent virer au cauchemar kafkaïen.

Belle famille

Le passage le plus délicat est souvent la rencontre avec la belle famille, événement parfois vécu comme un second coming out. La plupart du temps, ça se passe bien. À la rigueur, c’est un peu gênant, voire difficile à passer, mais il y a aussi des réactions terribles. Abdou, 27 ans, né de parents béninois, ayant toujours vécu en France, se souvient d’un épisode traumatisant :

“Au bout de sept mois de relation, mon copain de l’époque souhaitait me présenter à sa famille. Quand on est arrivés chez sa mère, elle m’a regardé, totalement ébahie. Elle a emmené son fils dans un coin. Sans aucune discrétion elle lui a dit : « Mais tu ne m’avais pas dit que ton copain était... Enfin tu vois... Un peu de couleur quoi... Tu aurais dû me prévenir, je me serais préparée. » Mon copain s’est emporté en lui demandant ce que ça changeait, se souvient-il. Tout ça m’a vraiment blessé. Le reste du séjour fut très embarrassant. Sa mère m’a demandé : « Et donc tu manges de tout ? comme nous ici ? » Je sentais que je n’étais pas le bienvenu. J’ai préféré écourter le séjour.”

Les réflexions blessantes et les regards inquisiteurs peuvent venir de la famille, mais aussi des amis. En relation avec un Français blanc, Tiên, 28 ans, était souvent renvoyé à son origine vietnamienne. “Quand on sortait en boîte avec mon mec, je n’aimais pas le regard de ses amis. Je ne me sentais pas à ma place. Ils ne m’accordaient aucune importance, se rappelle-t-il. Dans leur imaginaire, un homo asiatique, ça n’existe pas. Ou alors on dit que c’est un Thaïlandais qui s’est trouvé un vieux Blanc pour avoir des papiers. J’avais le droit à tous les stéréotypes que doit supporter un Asiatique lorsqu’il traîne avec des Blancs. J’étais forcément un mec passif, un gringalet avec une petite bite. Ça ne volait pas très haut.

Racisme dans le couple

L’autre membre du couple peut aussi être confronté au racisme subi par son partenaire. Jérôme, 45 ans, a eu plusieurs relations avec des Chinois. Il se souvient des “ni hao” (“bonjour”) moqueurs lancés dans le métro. “En soirée gay, les autres nous jetaient des regards suspicieux, se rappelle-t-il. J’ai eu des réflexions du type : « Qu’est-ce que tu fous avec lui, tu pourrais avoir mieux." Il y a toujours l’idée que l’Asiatique est une sous-catégorie.”

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Les travers s’expriment aussi à l’intérieur du couple. Même si l’on pense être bienveillant, on risque toujours de ramener son partenaire à ses origines. “Quand j’étais avec un Chinois, je parlais beaucoup de la Chine. C’est une de mes passions, indique Jérôme. Mais c’était également un point d’accroche. Dès que je voyais une affiche dans la rue qui renvoyait à la Chine, je la montrais à mon copain. Pareil à la télévision. Je me vantais d’acheter des bouquins d’auteurs chinois, etc. C’est pour essayer de plaire, mais la personne en face doit se demander pourquoi on ne la résume qu’à ça.”

Les stéréotypes ont la vie dure

Cette crainte de la fétichisation de la différence peut amener un partenaire à douter. Abdou s’est plusieurs fois demandé si ses ex-copains n’étaient pas seulement attirés par sa couleur de peau. “Le Noir est forcément viril, avec un sexe de taille avantageuse. Je me demandais s’ils s’intéressaient à moi parce que je suis sympathique, intéressant, ou parce qu’ils voulaient cocher une case. Est-ce qu’ils m’aimaient pour les bonnes raisons ?” 

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Malgré tous ces obstacles, la différence est aussi une force. Depuis quatre mois, Romain, 26 ans, est en couple avec Ankiet, un Américain d’origine indienne de 32 ans. Il n’élude pas les difficultés de son couple : la communication, la distance, le rapport avec la famille, les compromis entre deux modes de vie... Mais il retient surtout la richesse de ces unions. “Je pense que le couple mixte apporte davantage qu’un autre couple. On est forcément tous les deux plus ouverts, estime-t-il. Je ne dis pas qu’un couple « normal » n’est pas bien. Mais, dans ma situation, chacun a plus à apprendre de l’autre. Chaque couple mixte est une preuve que l’amour est une des rares choses communes à l’humanité.

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Une exposition inédite d’artistes LGBT+ aura lieu en octobre à Charleville-Mézières

lun. 28 sep. 2020, 15 h 38
Le 10 octobre 2020, la ville natale d'Arthur Rimbaud accueillera une exposition éphémère, conçue pour valoriser les travaux d'artistes queers de tous horizons. Une première.

À vos agendas. Le samedi 10 octobre prochain, une exposition inattendue se tiendra dans la commune de Charleville-Mézières et mettra à l'honneur une multitude d'artistes ouvertement LGBT+. Mise en place par l'organisme à but non lucratif Balak, elle entreprend de valoriser les œuvres d'individus queers tout en proposant une diversité de points de vues et de formats. L'initiative derrière cette expo jamais vue dans cette ville du Grand Est ? Réclamer l'espace.

"J'ai envie de mettre en place une exposition comme celle-ci à Charleville-Mézières depuis très longtemps, explique Mehryl Levisse, artiste et fondateur de Balak. Il n'y a aucune asso, aucun bar, aucune boîte, aucun espace pour se retrouver. La municipalité est toujours ravie de dire qu'il n'y a pas d'acte homophobe, transphobe, lesbophobe à Charleville, mais je trouve qu'il est facile de revendiquer une telle chose dans une ville où notre présence est littéralement invisible". C'est ainsi qu'est né ce projet d'expo, bien entendu soutenu par la ville de Charleville-Mézières.

Un projet audacieux qui fait envie

De l'Allemagne aux États-Unis en passant forcément par la France, les artistes programmés pour cette Nuit Blanche de Charleville-Mézières viennent d'endroits divers. Parmi les noms les plus évocateurs, Keith Haring, Tom of Finland, EVA & ADELE ou encore John Waters. "Ce que nous sommes sera le point commun à chacun des artistes mais ne sera pas le sujet de l'exposition, tient à préciser Mehryl Levisse. Il s'agit de donner la parole à une minorité, à notre communauté, porter notre propre parole". En parallèle, l'organisateur de l'événement souligne la dimension éducative de l'exposition, puisqu'elle fournira des informations sur l'histoire des luttes LGBT+.

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Pour celles et ceux qui seraient tentés d'aller explorer cette expo éphémère, il suffira de se rendre aux toilettes publiques situées sur la fameuse place Ducale. Elles ne seront pas en fonction ce soir-là, de 20 heures à 1 heure du matin, et permettront d'accueillir les différentes œuvres sélectionnées. Un choix surprenant pour un événement artistique, qui est pourtant symbolique quand on connaît le rapport historique de la communauté gay aux toilettes publiques.

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Crédit photo : Tom of Finland (Day & Night, 1980)

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Cette nouvelle tendance LGBT+ sur Twitter va vous faire fondre

lun. 28 sep. 2020, 13 h 31
En six mots et deux photos, une multitude de couples queers racontent leur histoire d'amour en deux photos. Et c'est vraiment trop mignon.

Alors que les températures chutent et que la déprime hivernale pointe le bout de son nez, on ne dit pas non à un peu de love. Et ça tombe bien, la nouvelle tendance de Twitter est entièrement consacrée à l'amour. Depuis peu, des tweetos se prennent au jeu du "how it started/how it ended" (comment cela a commencé/comment cela a fini). Concrètement, le concept est simple : un couple partage une capture d'écran de leur toute première discussion par messages, suivi d'une autre plus récente. Et le contraste avant/après nous met du baume au cœur.

how it started how it ended pic.twitter.com/wKlJUySvGk

— jessie! (@bealefiIms) September 24, 2020

Jusqu'ici, l'histoire qui semble avoir le plus conquis les internautes est celle de Jessie et Julia. Tout a commencé, justement, sur le réseau social, alors que cette dernière demande à ses followers si l'un·e d'entre eux veut devenir son ami·e. Jessie se fait remarquer avec quelques emojis. Deux ans plus tard, les deux sont officiellement mariées. Si la plateforme sociale n'est pas conçue pour être une application de rencontres, il aura clairement permis à ces deux-là de se trouver.

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Même si la love story de Jessie et Julia surpasse les autres avec presque 600.000 likes et 53.000 retweets, les autres participant·e·s au challenge "how it started/how it ended" n'ont rien à leur envier. Mention spéciale à Jordan et Kaytie, dont le tout premier échange tournait autour… d'Animal Crossing. On vous met au défi de trouver plus mignon.

how it started how it ended pic.twitter.com/UXa6GRSbRr

— (@vlllaneve) September 24, 2020

How it started How it ended pic.twitter.com/8sHdMHqTGL

— (@tsamasaurusrex) September 26, 2020

how it started how it ended https://t.co/Kzw6pvOerJ pic.twitter.com/NpIkvE1Hv6

— jordan ‎✵ (@jordanfolklore) September 25, 2020

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— Taylor Phillips (@TaylorJPhillips) September 24, 2020

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— taylr (@taylrnotswift) September 25, 2020

How it started How it ended pic.twitter.com/w2SpLj2f1D

— Brittany (@b_skeld) September 25, 2020

Crédit photos : @TaylorJPhillips / @bealefilms (via Twitter)

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La nomination de Amy Coney-Barrett à la Cour suprême américaine fait hurler les assos LGBT+

lun. 28 sep. 2020, 11 h 24
Donald Trump a choisi Amy Coney-Barrett pour succéder à Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême. Cette juge catholique à la cour d'appel est tout le contraire de RBG. Les militants des droits des personnes LGBT+ sont terrifiés à l'idée de cette nomination à vie.

La fumée blanche est sortie du bureau ovale. Donald Trump a arrêté son choix pour remplacer la juge à la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre. À peine six semaines avant l'élection présidentielle, cette nomination à vie (qui doit encore être confirmée par le Sénat américain) peut remettre en cause l'avancée des droits des personnes LGBT+ aux Etats-Unis. En effet, Amy Coney Barrett, 48 ans est une professeure de droit connue pour ses positions (très) conservatrices. Cette fervente catholique représente l'exact négatif des positions de la progressiste RBG.

Amy Coney-Barret est juge à la Cour d'appel de l'Illinois, du Wisconsin et de l'Indiana. Lors de sa confirmation il y a trois ans, 27 associations de défense des droits des personnes LGBT+ ont publié une lettre ouverte pour s'y opposer. Elles regrettent ses positions sur l'avortement, l'Affordable Care Act ou contre l'instauration du mariage pour tous dans tous les Etats américains. Cette mère de sept enfants considère qu'étendre aux personnes transgenres un amendement qui protège des discriminations dans les programmes d'éducation serait "forcer le texte". Elle a également dit que "la Constitution ne donne pas expressément un droit à la protection de la vie privée", remarque The Advocate, qui juge que cette position est inquiétante pour les personnes LGBT+.

Une carrière juridique au service du "royaume de Dieu"

Selon elle, les juges catholiques (dont elle) ne devraient pas se prononcer sur certains dossiers, notamment s'agissant de l'avortement, de l'euthanasie et de la peine de mort. Elle et son mari sont membres d'un groupe oecuménique conservateur qui défend que les femmes doivent se soumettre à l'autorité de leur mari. À ses étudiants en droit à l'école Notre-Dame, elle dit "gardez à l'esprit que votre carrière juridique n'est qu'un moyen pour une fin (...) et cette fin est la construction du royaume de Dieu", rappelle Le Monde. Pendant son audition lors de sa confirmation elle a dit qu'elle suivra la loi plutôt que ses convictions religieuses, signe du malaise persistant.

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"Si elle est confirmée à la Cour suprême, Amy Coney-Barrett déchaînera une majorité à la Cour qui est hostile à nos droits civiques fondamentaux et cela aura des conséquences pour des décennies", s'est plaint Kevin Jennings le président de Lambda Legal, une association américaine de promotion des droits des personnes LGBT+. "L'opinion de la juge Barrett est que le mariage doit être célébré entre une femme et un homme et sa réticence à affirmer que le mariage pour tous est national devrait sonner l'alarme pour toute personne qui se soucie des personnes LGBT+ et leurs familles", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Détruire toutes les avancées de Ruth Bader Ginsburg

"Les quatre dernières années ont été un assaut contre les droits et la dignité des personnes LGBT+ partout dans le pays, encouragé par Donald Trump, Mike Pence et Mitch McConnell (le chef de la majorité au Sénat, ndlr). Alors que de nombreuses personnes souffrent dans le pays, au lieu d'offrir leur soutien, Trump et McConnell se pressent à choisir un nouveau juge à la Cour suprême, une nomination qui pourrait donner un coup fatal au maintien d'une sécurité sociale - primordiale au milieu d'une pandémie. (...) Si elle est officiellement nommée et confirmée, Amy Coney Barrett va travailler à détruire toutes les avancées que Ruth Bader Ginsburg a conquis pendant son extraordinaire carrière", réagit Alphonso David, le président de Humain Rights Campaign (qui a appelé pour voter pour Joe Biden). Il ajoute qu'une nomination de cette envergure doit être prise par le président qui sortira des élections pour qu'elle soit légitime.

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Pression

Le Centre LGBT+ de Los Angeles a également donné de la voix. "Nous appelons les sénateurs à rejeter le radicalisme du président Trump, que cette nomination illustre parfaitement. Une fois encore, Trump a nommé une candidate dont les vues juridiques la placent bien loin de l'opinion dominante. Ses avis devraient effrayer toutes les personnes qui se battent pour la justice sociale et notamment ceux qui croient en l'égalité pour les femmes et les personnes LGBT+".

"La juge Ginsburg a fait beaucoup plus que n'importe qui pour faire avancer l'égalité des genres à la Cour et cette nomination devrait être comprise comme un affront à l'égard des femmes et de tous nos alliés. Alors que l'élection présidentielle est dans six semaines, nous implorons tous les Américains d'appeler les sénateurs à rejeter cette nomination. Le poste devrait rester vacant jusqu'à la fin du processus électoral", insiste le Centre. Elle devrait être entendue par les sénateurs à partir du 12 octobre pour un vote aux alentours du 26 octobre.

 

Crédit photo : Wikimedia Commons, Office of the United States First Lady

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Le leader des Village People menace ceux qui disent que « Y.M.C.A » parle de sexe entre hommes

lun. 28 sep. 2020, 10 h 47
Victor Willis clarifie une nouvelle fois le sens des paroles de leur tube planétaire et annonce vouloir coller un procès à quiconque prétendra que "Y.M.C.A." parle de sexe entre hommes.

En 2020, Victor Willis persiste et signe. Non, le titre "Y.M.C.A." des Village People ne fait pas l'éloge de pratiques homosexuelles. Lassé d'entendre de fausses informations circuler quant au sens des paroles, le leader du groupe - hétérosexuel - tient à remettre les pendules à l'heure via un post sur Facebook. "Les infos et Twitter s'enflamment sur 'Y.M.C.A' avec des accusations erronées au sujet de la chanson, écrit-il. Mais comme je l'ai dit plusieurs fois avant (et ça a été prouvé devant un tribunal), j'ai écrit 100% des paroles de 'Y.M.C.A' donc je dois savoir de quoi ma chanson parle".

Le bémol, c'est que sa lassitude semble s'être transformée en frustration, voire en colère. "'Y.M.C.A.' est une des chansons les plus emblématique dans le monde, poursuit Victor Willis. Je ne resterai pas impassible et je n'autoriserai pas qu'on la diffame. De ce fait, je poursuivrai en justice la prochaine organisation médiatique, ou quiconque, qui suggérera à tort que 'Y.M.C.A.' parle d'une manière ou d'une autre de sexe gay interdit. Cessez d'avoir l'esprit mal placé".

Une éternelle mise au point

Bien qu'elle ait été propulsée au rang d'hymne gay de par ses paroles équivoques et le look très kitsch des Village People, "Y.M.C.A." parle en effet de tout autre chose. "Elle n'a pas été écrite comme une chanson gay pour la simple et bonne raison que je ne suis pas gay, avait déjà expliqué le leader hétérosexuel du groupe au média australien News.com. Je l'ai écrite en pensant à ma jeunesse quand je traînais dans le voisinage. 'You can hang out with all the boys' ['tu peux traîner avec tous les garçons' en français] renvoie à mes amis et moi quand on jouait au basketball".

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Cependant, Victor Willis a précisé qu'il n'avait aucun problème avec le fait que son tube soit devenu emblématique pour de nombreux homosexuels. "Je suis content que la communauté gay l'ait adoptée comme leur hymne, avançait-il. Je n'ai aucun malaise vis-à-vis de ça". Il avait toutefois autorisé Donald Trump à utiliser sa chanson, et l'actuel président des Etats-Unis utilise encore le titre pour ouvrir ses meetings...

Depuis 5 ans je me suis habitué à entendre YMCA dans les réunions publiques de Donald Trump (surtout ne leur expliquez pas le sens de la chanson...)

Mais l’esquisse de la chorégraphie par le président, ça je n’étais pas prêt. pic.twitter.com/5HoafPngVa

— Philippe Corbé (@PhilippeCorbe) September 27, 2020

C'est peut-être pour ça qu'aujourd'hui, Victor Willis est très à cheval pour rappeler le sens originel de cette chanson. Que ne l'a-t-il fait plutôt, avant que tous les gays s'emparent du titre ?

 

Crédit photo : Mario Casciano via Wikimedia Commons

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« Elle avait la sensation ne pas avoir de place dans ce monde » : une proche de Doona raconte

lun. 28 sep. 2020, 10 h 33
Alors que de nombreux rassemblements ont lieu cette semaine pour honorer la mémoire de Doona et dénoncer la transphobie, une amie de la jeune étudiante - qui s'est donnée la mort la semaine dernière à Montpellier - ne décolère pas.

Il était 17h30, mercredi quand Daria*, étudiante de 25 ans découvre que son amie Doona s’est jetée sous un train. Depuis, c’est une colère sourde qui l’envahit. A Têtu, elle raconte la violence du quotidien de son amie, et espère que son histoire fera changer les mentalités. 

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Vous êtes la première personne a avoir publié l'histoire de Doona sur Twitter. Aujourd’hui, vous dites vouloir témoigner pour que l’on garde un autre souvenir d’elle. Vous nous racontez ? 

Doona était une amie proche, à l’écoute avec qui on pouvait parler et rire. Je sais que l’on dit ça de façon systématique pour les personnes disparues, mais c’était vraiment une personne gentille. On vient toutes les deux d’un milieu conservateur et nous nous sommes rapprochées d’abord en parlant de cette violence au sein de nos familles. Très vite nous sommes devenues proches et on se parlait tous les jours. De tout, de rien. Du quotidien. De sa violence aussi. Et peu à peu, elle a commencé à se livrer et à parler de son mal-être et de la transphobie qu’elle subissait... On ne se rend pas compte de la violence de ces micro-agressions quotidiennes.

Par exemple, Doona était lesbienne. Mais elle avait très peur d’aller dans des soirées LGBT parce qu’elle ne savait pas comment elle allait être regardée par les autres femmes. Elle a déjà été rejetée et ne voulait pas qu’une femme qui lui plaise la voit comme un monstre parce qu’elle est une personne trans. Et peu à peu, elle s’est refermée. Partout où elle allait, elle avait la sensation de ne pas être à sa place. De ne pas avoir sa place dans ce monde. Que ce soit dans la rue, dans les soirées lesbiennes ou encore à la fac. 

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Le comportement du Crous envers Doona est pointé du doigt. Pensez-vous que ce soit justifié ?

C’est extrêmement violent ce qu’elle a vécu là-bas. Systématiquement, ils la mégenraient et utilisaient son dead name. A cela s’ajoute les remarques quotidiennes, les insultes qui pleuvaient et cette sensation d’être coincée. De ne pas pouvoir respirer, ni aller ailleurs. Cet été, elle allait mieux. Et puis à l’approche de la rentrée ces angoisses sont revenues. Elle avait très peur de retourner dans sa chambre du Crous. Mais avec des parents plutôt transphobes et une bourse de 400€ où pouvait-elle aller ailleurs ?  Et peu à peu, on l’a perdue. Samedi dernier, elle a fait une première tentative de suicide. Les pompiers sont venus la chercher dans sa chambre au Crous et à l'hôpital, là encore, ça s’est mal passé. 

Là-bas aussi elle a été victime de transphobie ?

Oui. Une patiente l’a insultée. Et personne n’a réagi. Pas un médecin, pas un personnel de l’équipe soignante. Personne. Là encore, ils ont utilisé son dead name. Et l’ont nié dans son identité. Quand elle est sortie de l'hôpital, elle nous a dit de plus jamais vouloir aller dans un hôpital. Elle a refait une tentative de suicide deux jours plus tard. Cette fois-ci c’est un ami à nous qui l’a conduite dans une clinique privée. Peu après être retournée dans sa chambre étudiante, le Crous qui a fait savoir que si elle recommençait, elle perdrait sa chambre. [Contacté par Tetu, le Crous de Montpellier nie les accusations formulées.] Ce jour-là, elle nous a envoyé un message d’adieu. Il était 17h. On est arrivé à 17h30 à la gare. C’était trop tard. Depuis, le Crous a récupéré sa chambre. Quant à son enterrement, je ne pense pas qu’on sera les bienvenus. Et j’ai très peur maintenant que sur sa tombe, ce soit son dead name et qu’elle soit mégenrée à tout jamais. 

 

Plusieurs rassemblements en hommage à Doona sont organisés cette semaine dans toute la France. 

#SoutienDoona pic.twitter.com/wFHmjIaV6f

— Extimité (@Extimite_) September 27, 2020

 

 

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Les saunas vont-ils devoir refermer leurs portes ?

ven. 25 sep. 2020, 18 h 01
Les salles de sport doivent fermer et avec elles, les saunas et hammams dès samedi. Mais le décret de fermeture n'a pas encore été publié.

"On a pu rouvrir le 23 juin et alors qu'on remontait la pente, on nous casse les deux jambes", souffle Juan Gaston-Boloque, le gérant du sauna Thiers à Bordeaux. Ce mercredi, Olivier Véran a annoncé la fermeture des salles de sport. Avec une conséquence inattendue : la fermeture des saunas gays. Ils bénéficient en effet de la même licence et ont pu réouvrir au même moment. Sauf qu'à l'heure où nous écrivons, le décret de fermeture n'a pas encore été signé et publié au Journal Officiel. Leur fermeture ne relève donc pour l'instant d'aucune obligation juridique.

Un acteur de la prévention

À Bordeaux, le sauna avait réussi à retrouver quelque 70% de son activité d'avant-Covid. "Il y a une véritable demande de lieux communautaires. Pendant le confinement, les personnes LGBT+ en particulier ont souffert de la solitude", insiste le patron. Sa clientèle est principalement constituée d'habitués qui "n'aiment pas trop les bars et les boites".

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D'autant que les lieux communautaires ont une fonction importante pour les personnes LGBT+. "Au delà de l'aspect social, nous faisons de la prévention en distribuant du gel et des capotes", dit le gérant du sauna. Les associations s'appuient également sur les lieux communautaires pour faire passer des messages sur l'usage des drogues. Difficile d'alerter sur les risques du GHB par exemple dans une soirée privée. Un protocole sanitaire a été mis en place avec gel hydroalcoolique distribué à l'arrivée, prise de température, et masque obligatoire en dehors des salles d'eau et des cabines.

Incertitudes

Le Sun city espère pouvoir rester ouvert. "Nous avons deux licences, une de salle de sport et une de débit de boisson", explique Michel Mau, directeur artistique du sauna et du Dépot et administrateur du Sneg & Co, syndicat des entreprises LGBT+ et alliées . Tant que le décret n'a pas été rendu public, il ne sait pas si la partie qui concerne le débit de boisson peut rester ouverte ou non. "Il arrive que les décrets ne soient pas pris dans les temps. Tant qu'il n'a pas été publié, l'établissement restera ouvert et on sera dans notre bon droit. D'autant qu'on a encore la corde autour du cou. Alors que notre clientèle est composée de beaucoup de touristes, les aides que l'on nous a proposées ne nous permettront pas de vivre", s'égosille-t-il.

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À l'entendre, il en va de l'image de Paris comme ville touristique. "Les clubs ont une importance considérable dans l'attraction touristique. Si on tue le secteur de la nuit, on tue le tourisme. Il faut réussir à dépasser les préjugés sur les boites de nuit : on peut organiser des soirées qui respectent un protocole sanitaire. Il vaut mieux que les personnes fassent la fête chez nous que dans le bois de Vincennes sans encadrement sanitaire", insiste-t-il.

L'importance de conserver au moins un lieu communautaire

Le Babylone, fermé depuis le 11 mars regrette un "désintérêt" des autorités pour "nos métiers". Cette boite de nuit avec un espace de cruising est le dernier lieux communautaire du Mans. "On est un maillage important de la sociabilité des personnes LGBT+. Celles qui ne veulent pas montrer leur visage sur Grindr, c'est ici qu'elles peuvent rencontrer des personnes qui leur ressemblent. Dans une ville, c'est essentiel d'avoir au moins un lieu communautaire", plaide Madani Benyahia, le gérant du lieu. D'autant que cette année, la Fierté a été annulée.

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S'il se dit confiant pour la pérennité de son établissement "grâce à une trésorerie saine", le gérant regrette des difficultés d'accès aux prêts garantis par l'État (PGE). "Les banques ne savent pas quand est-ce qu'on pourra rouvrir, elles utilisent ce motif pour nous refuser les PGE", déplore-t-il. Il espère que les municipalités s'engageront pour que les lieux communautaires ne disparaissent pas.

 

Crédit photo : SAUNA THE DEAD / Tom Frederic

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Le réalisateur du docu-série « L’Ultime Création » revient sur ses deux mois passés avec Mylène Farmer

ven. 25 sep. 2020, 17 h 28
Pendant plus de deux mois, Mathieu Spadaro et sa caméra ont suivi Mylène Farmer comme son ombre. Segmenté en trois épisodes, son docu-série lumineux nous entraîne dans les coulisses de la résidence de la chanteuse à la Défense Arena. Entretien.

Incroyable. Voilà l'adjectif qui revient, encore et encore, de manière presque instinctive, lorsque Mathieu Spadaro nous raconte son expérience sur L'Ultime Création. Des répétitions jusqu'à la dernière représentation, ce réalisateur parisien de 29 ans a suivi Mylène Farmer pendant plus de deux mois. Caméra à la main, il a exploré les coulisses de la résidence de la chanteuse à La Défense Arena. Neuf dates, près de 30.000 fans par soir. Du jamais vu pour une artiste féminine à l'échelle française.

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Ajoutés au catalogue d'Amazon Prime Video ce 25 septembre, les trois volets de L'Ultime Création représentent une immersion jamais vue dans la psyché de Mylène Farmer. Et l'on découvre la chanteuse sous un nouveau jour, parfois pétrie de doutes, d'appréhension, mais aussi joviale, drôle… Entre prestations scéniques léchées et instants intimistes, ce docu-série s'impose comme un incontournable pour ses fans. Pour TÊTU, Mathieu Spadaro revient sur cette expérience singulière, dont il ne regrette absolument rien.

Dans le second épisode, Mylène parle de ce projet de documentaire comme "une nouvelle forme de désobéissance à moi-même". Comment est né ce projet de série documentaire auquel personne ne s'attendait ?

Mathieu Spadaro : La première fois que j'ai rencontré Mylène, c'était en 2018. J'ai eu la chance de faire le making-of du clip de "Désobeissance" - justement - réalisé par Bruno Aveillan. On avait passé toute la nuit à bosser ensemble sur le tournage. Elle était contente du résultat et m'a rappelée quelques mois plus tard, en me proposant de filmer les coulisses de son spectacle. Très vite, l'idée de faire un documentaire est née.

Mylène Farmer a une énorme communauté de fans qui guettent ses moindres faits et gestes, qui surveille toutes ses actualités. Faire un film sur elle, ce n'est pas trop de pression ?

En tout cas, je savais que j'avais une place privilégiée en vivant cette expérience incroyable. Je ne me suis pas mis la pression par rapport à ses fans. Mais je me suis mis la pression pour être le plus juste possible. Je voulais faire quelque chose qui lui ressemble, avec beaucoup de bienveillance. J'ai rencontré une femme incroyable derrière l'artiste. L'idée, c'était de montrer aussi qu'elle était simple, drôle et très émouvante dans sa personnalité. Et en même temps, ce documentaire, c'est un point de vue qui est le mien. Quand on s'est vus, elle m'a présenté le projet et elle m'a demandé de faire le film que j'avais envie de voir. Elle m'a donné carte blanche.

Mylène Farmer avait-elle fixé des limites sur ce qu'elle voulait montrer  ?

Non, c'était vraiment une question de feeling. Sur le tournage, on s'apprivoisait un peu tous les jours. On sentait instinctivement s'il fallait que je me fasse plus discret ou si je pouvais me rapprocher davantage. Au feeling. Il faut beaucoup regarder, écouter, se faire confiance aussi. Après, elle avait vraiment l'envie d'aller au bout du projet. Si elle m'a donné carte blanche, c'était pour qu'on se donne à 300%.

Crédit photo : Mathieu Spadaro / Amazon Prime Video

Quand on s'imagine les grandes icônes comme Mylène en coulisses, on a tendance à concevoir un personnage très control freak, qui veut que tout soit millimétré. C'est le cas ?

Je suis arrivé dans cette aventure un peu vierge, sans aucun à priori. Juste avec l'idée de redécouvrir cette femme au-delà de ce qu'on peut lire sur Internet ou de ce que je connaissais en amont de son œuvre. Et j'ai vraiment été surpris parce que c'est une performeuse incroyable. Les premières répétitions, dès qu'elle a commencé à chanter ou à danser, je me suis demandé où j'étais. Ce n'est pas possible de travailler aussi dur, aussi longtemps.

J'étais impressionné par la personne qu'elle est. Elle est au cœur de tout ce dispositif, et fait attention au moindre détail. Et pourtant, elle est aussi à l'écoute des autres, elle demande conseil et garde les bons. Ce projet, cette résidence, c'est comme une famille dont elle est l'élément central. Tout le monde la suit, croit en elle et est prêt à se battre pour sa vision, ses convictions. Tous les gens qui travaillent pour elle ont une espèce d'engouement, d'énergie incroyable.

Les trois épisodes se focalisent beaucoup sur ses prestations scéniques et la préparation nécessaire pour chacune. Mais le dernier épisode nous montre un pan des coulisses où Mylène ne s'entraîne pas et échange avec son équipe, comme son cuisinier, son entourage proche. Pourquoi laisser voir la personne derrière l'artiste aussi tard ?

Faire une série, ça n'est pas comme faire un film. Il fallait donner un thème à chaque épisode. Celui du premier, c'est plutôt la réappropriation de ses chorégraphies, de ses chansons qui ont été retravaillées spécialement pour ce spectacle. Le deuxième est davantage centré sur la découverte de la salle, la mise en place de la scène. Et le troisième, qui est d'une certaine manière un peu plus personnel, raconte à la fois son excitation et son appréhension de la première date. Et ce moment à la cantine faisait partie des moments de vie plus intimes que j'ai réussi à capter. Je devais l'inclure.

Mylène est omniprésente tout au long du docu de par sa voix off, avec toujours des textes élaborés, presque poétiques. Comment ça s'est passé à ce niveau-là ?

C'est un principe un peu particulier. D'habitude, les documentaires se font de manière plus classiques avec des interviews face caméra sur lesquelles on superpose des visuels pour illustrer ce qui est commenté. Là, ce n'est pas du tout ce que Mylène voulait. On a pris alors complètement le contre-pied, de manière assez naturelle.

On s'est dit qu'une voix off où elle pourrait elle-même raconter était plus forte. J'ai monté le film que j'avais envie de voir, en laissant un peu de place à ses interventions. Et elle est venue se réapproprier le film et dire "ah ben voilà, là j'ai envie de parler de ci ou de ça". C'était un peu sa contribution, la dernière touche de pinceau sur le tableau.

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Un des rares moments où Mylène regarde la caméra, elle dit "tu veux que je te raconte une petite histoire ? [rires] Je ne sais pas faire ça". Et pourtant, on a l'impression qu'elle nous raconte bel et bien une histoire à travers ces trois épisodes.

Bien sûr. C'est pour ça que j'aime beaucoup ce message et que je l'ai laissé. Il est sous-entendu. Elle me dit ça et en même temps, il y a une vraie mise à nu au fil de ces trois épisodes et je trouvais que cette phrase-là était très amusante, comme un clin d'œil. Ça symbolise aussi la proximité entre nous deux et la confiance qu'il y a eue tout au long de ce tournage.

Quel souvenir garderez-vous de toute cette expérience ?

Deux mois et demi à vivre ça est une expérience et un souvenir de vie en soi.  Mais je pense à une image forte. C'est le dernier soir, celui du neuvième concert. Je me mets en coulisses et elle descend de scène avec sa grande robe rouge. C'est très curieux parce qu'elle comme moi savions que c'était la dernière date. Elle ne remontera pas sur scène pour ce projet-là et il y a quelque chose de fort, comme la fin d'un cycle. Pour moi, c'était très marquant.

L'Ultime Création implique la fin de quelque chose… La fin de Mylène Farmer en tant qu'artiste ?

J'aime beaucoup la force de mots qui, une fois agencés entre eux, peuvent donner naissance à un peu d'ambivalence ou à ses sous-entendus. Il y a une vraie réflexion que chacun peut se faire personnellement. Ultime et création, c'était l'association de mots qui sont très forts et à la fois très représentatifs de ce docu-série et de cette histoire. Tout ce que je peux dire, c'est : qui sait ?

Crédit photos : Mathieu Spadaro / Amazon Prime Video

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Iel a créé Queering the Map, la carte qui montre que les LGBT sont partout

ven. 25 sep. 2020, 15 h 56
QUEERTOPIE. À l’heure des « zones sans LGBT », la carte interactive de Queering the Map de Lucas LaRochelle est tout ce qu'il nous fallait. Ce projet, qui rencontre un franc succès sur Tik Tok, permet aux personnes LGBT de partager leurs expériences vécues dans le monde entier. Et rappelle que l'on est jamais seul.e.s.

Sur une carte du monde - entièrement rose - apparaissent une multitude d’épingles noires. Mais attention, celles-ci ne sont pas de banales géolocalisations. Elles recensent des moments queer. Il suffit de cliquer sur un des points pour découvrir un témoignage. « Ici, j’ai fait mon coming-out à ma mère. C’était dans la voiture », peut-on lire quelque part à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Canada. Armé de notre souris, on continue alors notre excursion. Sur une rue d’Aix-en-Provence, en France, est annoté : « J’ai vu deux garçons se tenir la main, à un moment de ma vie où je me sentais la seule personne queer au monde ». Et à Sedouikech, en Tunisie, quelqu’un a aussi écrit : « Première fois que j’ai embrassé une fille. Premier baiser de ma vie. J’avais 12 ans ». Pas de doute, Queering the Map est notre atlas favori. 

 

À la recherche d’espaces queer

Sur cette page, chacun peut poster un témoignage de manière complètement libre, anonyme et gratuite. Et des histoires, il y en a beaucoup. Depuis sa création en 2017, le projet Queering the Map ne cesse de s’étoffer et les géolocalisations sont présentes dans le monde entier. Lucas LaRochelle, qui a créé la plateforme, en dénombre aujourd’hui plus de 110.000, écrites en 33 langues différentes. 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Weeee excited to share that a German translation of my essay ‘Queering The Map: Co-Creating an Archive of Queer Feeling’ has been published in @rom_magazin, retitled as ‘Das Ist Für Die Ewigkeit’. Check out their page if you would like to grab a copy, it’s beautiful to flip through even if you don’t read German, and even better if you do!

Une publication partagée par Lucas LaRochelle (@ontario.mom) le 4 Janv. 2019 à 7 :50 PST

C’est en passant devant l’arbre au pied duquel iel a rencontré son premier amour que Lucas LaRochelle a eu l’idée de ce projet. Alors étudiant en design à Montréal, iel réfléchit à la notion d’espace queer et à la valeur sentimentale que peuvent avoir certains lieux pour les membres de sa communauté. Iel crée donc cette carte pour partager son expérience, mais aussi découvrir celle des autres : « Je souhaitais montrer des histoires de vies queer, et l’expérience de ces personnes dans le monde qui les entoure, quelles que soient leurs histoires d’amour, de violence… Et tout ce qu’il y a entre les deux », nous explique-t-iel. Les histoires sont en effet très variées. Certaines, très intimes, témoignent même de moments difficiles : « J’ai essayé de te dire que j’étais gay. Tu m’as fait taire... J’avais besoin de toi », écrit quelqu’un à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie. D’autres contributions sont quant à elles plus informatives. Parce que rendre la carte plus queer, c’est aussi annoter des lieux où les LGBT sont les bienvenus, une épingle située au Cap en Afrique du Sud nous donne une bonne adresse : « Cette salle de sport est un territoire gay. Ne le dites pas au cours d’aquagym ! », peut-on lire.

Du privé au politique 

Très poétique, le projet Queering the Map n’en est pas moins politique. Ces géolocalisations rendent en effet visibles les personnes LGBT et rappellent qu’elles sont partout. En dehors des grandes villes, les marquages se font plus rares, certes, mais ils existent aussi. De quoi donner de l’espoir aux personnes isolées. 

Interactive, cette carte est un véritable projet d’archive collaborative. En effet, dans un monde empreint d’une culture majoritairement hétérosexuelle, Lucas LaRochelle explique vouloir créer une mémoire queer. Cette plateforme, c’est « pour que ces histoires se transmettent à travers le temps et entre les pays ». Pour mener son projet a bien, Lucas a choisi l’anonymat complet des soumissions, qui constitue un vrai gage de sécurité. L’utilisation de pseudos comporte en effet encore des risques, notamment pour des personnes LGBT vivant dans des contextes dangereux. « Ma stratégie a donc été de ne pas avoir de profil du tout : on poste de manière totalement anonyme. Rien n’est stocké dans la base de données », explique-t-iel. 

Un projet victime de son succès 

« Safe place » des temps modernes, Queering the Map séduit de plus en plus de monde. Après un premier pic de visibilité en février 2018 - le nombre de soumissions passe de 600 à 6 500 en quelques jours -, le projet se popularise encore. À tel point qu’à la mi-septembre 2020, il devient viral sur Tik Tok. Le site connaît alors un raccord de visites, faisant tomber en panne la plateforme. Après sa réparation, Lucas LaRochelle doit suivre le rythme : « L’enjeu actuel est de réussir à mettre à niveau l’infrastructure pour pouvoir supporter un trafic de plus en plus important, et que les personnes puissent continuer à partager leur expérience. » Et c’est un vrai challenge, car Queering the Map est totalement indépendant, ne génère pas d’argent et est géré bénévolement. Ne possédant donc aucun budget, Lucas LaRochelle vient de créer un Patreon pour obtenir de l’aide. Alors si comme nous, vous venez de passer des heures sur Queering the Map…. On vous encourage à le soutenir. 

 

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Plusieurs figures queers font partie des 100 personnalités les plus influentes du Time

ven. 25 sep. 2020, 13 h 30
Que ce soit dans le sport, la musique ou la justice, les personnes LGBT+ sont de plus en plus visibles. Et plusieurs d'entre elles ont été distinguées par le célèbre Time, dans sa liste des personnalités de l'année.

Chaque année, le Time dresse son classement des 100 personnes les plus influentes. Pour ce cru 2020, il y a de quoi se réjouir puisque la sélection fraîchement dévoilée inclut plusieurs figures queers, chacune excellant dans son domaine. Dans la catégorie artistes, le magazine américain a ainsi distingué la chanteuse ouvertement bie Halsey – qui s'est notamment beaucoup impliquée dans le mouvement antiraciste Black Lives Matter ces derniers mois et a créé le Black Creators Fund – ainsi que la plasticienne lesbienne Julie Mehretu.

Au rayon des Icônes, le Time a décidé de mettre en lumière Megan Rapinoe, la footballeuse américaine érigée figure lesbienne incontournable depuis sa médiatisation en 2019, année où elle a remporté le Ballon d'or. Mais également le flamboyant Billy Porter. Grand habitué des planches de Broadway, le comédien a gagné en popularité depuis sa participation à la série Pose, dont il sera bientôt au casting de la troisième saison. L'acteur de 51 ans est au croisement des luttes, se battant aussi bien pour les droits LGBT+ que ceux des personnes noires.

À LIRE AUSSI – La Cour suprême américaine interdit la discrimination des personnes LGBT+ au travail

Enfin, dans la partie Titans du classement réservée aux mastodontes de chaque industrie, on retrouve le nom de Greg Berlanti, l'un des producteurs les plus prolifiques de la télévision américaine. Il cumule plus d'une quinzaine de séries actuellement en cours, parmi lesquelles Riverdale, Les Nouvelles Aventures de Sabrina ou encore toutes les fictions super-héroïques de la CW, dont Batwoman, la première série du genre à avoir une héroïne lesbienne. Il était également à l'origine de Love, Simon.

Enfin, la liste du Time n'oublie pas de distinguer Chase Strangio, un avocat trans qui lutte justement pour les droits des personnes trans aux États-Unis. C'est en partie grâce à son implication que la Cour suprême a désormais interdit la discrimination des personnes LGBT+ au travail. On précisera pour l'anecdote que d'autres personnalités alliées de la communauté queer figurent dans le classement à l'instar de J Balvin ou encore... Anne Hidalgo.

Crédit photos : Halsey / Billy Porter / Megan Rapinoe (via Instagram)

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Kylie Minogue reprend sa place de reine du dancefloor dans le clip de « Magic »

ven. 25 sep. 2020, 12 h 01
Kylie Minogue signe son grand retour, et dévoile le deuxième single de son nouvel album, "Disco". Voyage dans le temps garanti.

Dua Lipa, Lady Gaga, The Weeknd... Les sonorités eighties sont définitivement de retour. Mais Kylie Minogue n'est pas prête à laisser sa place de reine du disco à la bleusaille. L'interprète de "Your Disco Needs You" revendique d'ailleurs clairement le trône dans son dernier clip, "Magic", second single de son album à venir. Sobrement intitulé "Disco", le titre du disque laisse peu de place à l'imagination. Et évidemment, la chanson répond à tous les codes du genre. Tout comme le clip.

Evidence disco

Piste de danse lumineuse, néons fluos... La chanteuse australienne surplombe le club dans un trône doré, encadrée par deux statues félines, et arbore des tenues capuchonnées qui rappellent son célèbre look de "Can't get you out of my head". "Do you believe in magic" entonne-t-elle ici sur un refrain chic et efficace, comme en rupture avec les instrus massues de Lady Gaga, et produit par PhD (Zedd, Little Mix) et Teemu Brunila (JP Cooper, Jason Derulo).

Le disco ? Une évidence pour la popstar, qui disait à GQ, en mai dernier : « Je suis tombée amoureuse du disco lorsque j'étais une petite fille de 8 ans, alors c'est une longue histoire d'amour. J'adore les interprétations modernes qu'on donne à ce genre aujourd'hui. Il y a beaucoup d'amour dans [la pop du] début des années 2000 qui flotte en ce moment. Les deux genres me rappellent la belle époque, donc j'essaie de canaliser ça dans cet album.» Un album qui paraîtra le 6 novembre prochain, et que les fans attendent déjà avec impatience...

A LIRE AUSI : Kylie Minogue se confie sur son nouvel album 

 

 

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Avec « Askip », les préados ont enfin une série française progressiste et inclusive

ven. 25 sep. 2020, 11 h 37
Lancée au printemps, Askip, le collège se la raconte fait les beaux jours d'Okoo, la plateforme jeunesse de France Télévisions. Et, surtout, fait du bien à la représentation des minorités.

Les ados ont Skam France. Les préados, eux, ont Askip. Derrière ce mot d'argot banalisé par les jeunes générations – "askip" est le raccourci phonétique de l'expression "à ce qu'il paraît" –, la nouvelle série originale de l'écurie France Télévisions. À l'intersection entre le teen drama et le faux documentaire, elle expose les tribulations d'une bande de camarades de classe, tou·te·s inscrit·e·s au collège imaginaire François Truffaut. Prises de bec, premiers émois, débats houleux en classe ou encore humiliations navrantes dans la cour de récré… leur quotidien a été, un jour, le nôtre.

Après un break estival, Askip rempile avec une nouvelle salve d'épisodes inédits. Pour le public queer du programme, c'est l'occasion de voir le personnage de Lila, qui a un léger béguin pour son amie Efia, remettre doucement en question son orientation amoureuse. Un développement scénaristique rare, que le créateur de la série – par ailleurs réalisateur du film L'étincelle – défend aisément. "On est vraiment dans une quête constante de réalisme, et ce depuis le tout début", atteste Benoît Masocco à TÊTU.

Alors que la série est présentement en diffusion – et qu'une suite est en pleine écriture –, son créateur nous explique la génèse du projet, l'influence improbable de Friends mais, aussi, l'impact qu'Askip peut avoir sur ses jeunes téléspectateurs LGBT+. Rencontre.

Je ne sais pas si c'est volontaire, mais Askip me fait beaucoup penser à une sorte de nouveau Degrassi à la française.

Benoît Masocco : Quand j'étais ado, Degrassi s'appelait Les Années collège. C'était en effet quelque chose qui m'a totalement construit et qui m'a beaucoup aidé puisqu'à l'époque, c'était la seule série qui parlait vraiment de tous les sujets, notamment l'homosexualité. En la regardant, on n'avait jamais la sensation qu'on se moquait de nous, qu'on nous mentait ou que la réalité était enjolivée. C'était la seule série où il y avait des personnages avec de l'acné, qui n'étaient pas parfaits... C'est marrant que tu en parles, parce que c'était une référence méconnue que j'ai donnée très régulièrement sur le tournage et en amont à France Télévisions.

Quelle était ta volonté initiale avec ce projet ?

À la base, France Télévisions voulait un programme ciblant les préados. On aurait pu aller vers le documentaire, mais ç'aurait été partir sur quelque chose de difficilement racontable. D'une part, c'est très compliqué à filmer dès qu'il y a des mineurs impliqués. Mais surtout, c'est encore plus compliqué de capturer une forme de réalité à cet âge-là sans la trahir. J'avais le souvenir que la préadolescence est vraiment un âge où tout se joue. Aussi bien les amitiés, les histoires d'amour que les traumatismes, les humiliations mais aussi le début des convictions. Ce sont des choses qui prennent de la place et dont, bizarrement, peu de séries parlent. On voulait changer ça.

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Askip joue à la fois avec les codes de la série pour ados mais aussi avec ceux du faux documentaire avec des passages face caméra. On sent l' influence de plusieurs séries comiques américaines...

Oui ! Il y a évidemment Modern Family et The Office, deux séries que j'aime vraiment parce qu'elles ne sont pas que des comédies. Elles sont fortes en termes visuels et en termes de jeu, mais elles disent aussi beaucoup de la société dans laquelle on évolue. Ce format était parfait pour nous car il nous aide à atteindre ce réalisme qui nous plaisait, mais aussi parce qu'on avait un tout petit budget et que ça nous permettait de tourner de manière beaucoup plus rapide.

Après, il y avait des références plus hétéroclites comme Les Années collège donc, mais aussi des séries comme Friends. Je regardais ça quand j'avais 17 ans et j'ai maintenant pas mal d'amis dans la vingtaine qui la visionnent aujourd'hui. D'un côté, ça ne m'étonne pas parce que c'est une série doudou qui réconforte, surtout pendant la période très compliquée qu'on traverse. Dans l'ensemble, on avait un peu cette même volonté.

En première partie de saison 1, Askip parle d'homoparentalité. Dans les épisodes inédits, une potentielle idylle se développe avec deux personnages féminins... C'est une manière de sensibiliser un public jeune à ces questions ?

Dès le départ, on s'était mis d'accord sur le fait qu'on ne voulait pas se censurer. Donc évidemment, les sujets LGBT+ nous semblaient intéressants et méritaient d'être traités. Alors oui, les choses ont évolué mais dans mes souvenirs, 13 ans était un âge compliqué car tu ne peux pas parler de tes questionnements autour de toi. Tu sais qu'il y a des gens qui sont homosexuels mais ça reste quelque chose d'abstrait. Ce n'est pas ton quotidien donc c'est difficile de te projeter. Tu ne t'imagines pas aller voir ton meilleur ami au collège et lui dire "dis, ça te dirait d'aller au bal de fin d'année avec moi ?". Là-dessus, on a eu envie de se dire : pourquoi pas.

Si on ne montre pas l'exemple, on sait clairement que ça ne se fera pas dans d'autres séries. Il y avait une vraie volonté d'être des éclaireurs, avec toute l'humilité du monde, c'est-à-dire d'ouvrir un peu la voie et de montrer que c'est possible. Depuis la diffusion, Rita [Foudali, qui joue Lila dans la série, ndlr] a reçu beaucoup de messages de jeunes LGBT+, parfois très jeunes qui la remercient d'être un modèle pour eux. Je me suis dit que c'était mission accomplie, ou en tout cas un début de mission accomplie car on n'a traité qu'une petite frange des thèmes LGBT+.

Y a-t-il d'autres thématiques queers que tu aimerais aborder dans la suite de la série ?

On n'a pas encore abordé la question des jeunes transgenres et c'est quelque chose que j'ai très envie de traiter. C'est une réalité. De plus en plus jeunes réalisent qu'ils ne sont pas nés dans le bon corps. On n'a aussi tout bêtement pas abordé la thématique de l'homosexualité masculine, ni celle du polyamour. La grosse mise en garde qu'on se donne, c'est qu'on a conscience du public auquel on s'adresse. Par exemple, la sexualité ne fait pas trop partie des interrogations de notre cible. En priorité, on s'adresse à des 9-14 ans, donc on est davantage sur un éveil aux sentiments plus qu'autre chose. C'est pour ça qu'on n'aborde pas toutes les thématiques. D'autres séries comme Skam France s'en chargent très bien par exemple.

À LIRE AUSSI – On a discuté avec Flavie Delangle et Ayumi Roux, les héroïnes queers de Skam France

Mais dans les épisodes qu'on est en train d'écrire pour la suite, il y a des thématiques très importantes sur l'homophobie avec des interventions en milieu scolaire. Un garçon est la cible de moqueries homophobes parce qu'il est un peu maniéré alors que lui-même ne sait pas s'il est gay ou pas. Il n'a même pas eu le temps de se poser la question qu'on a déjà décidé pour lui. On a une vigilance constante tout au long du processus d'écriture, de tournage et de montage, que ce soit sur ces questions-là ou sur les questions de représentation des personnes racisées. Chez les comédiens comme les figurants, on sait qu'on se force à aller chercher de la diversité parce qu'on pense, là encore, avoir un rôle d'éclaireurs. C'est une vigilance que je ne retrouve pas toujours dans tous les programmes télévisés, malheureusement.

As-tu eu recours à l'expérience de véritables pré-ados pour écrire la série et penser les intrigues ?

On fait appel à des préados, à des profs de collège qui viennent en atelier d'écriture pour nous raconter un peu leur quotidien. Certains nous ont d'ailleurs raconté les interventions de SOS Homophobie par exemple. Ils ont également raconté comment ça se passait lorsqu'un professeur était soupçonné d'être gay. On a fait appel aussi à des CPE, à des surveillants. Donc oui, on a recours à tout ça et c'est indispensable à mes yeux. C'est pour ça que les jeunes se retrouvent autant dans la série, ils voient quelque chose qui leur ressemble. Il y en a plein sur les réseaux sociaux qui ne comprennent pas qu'il s'agit d'une fiction totale et qui nous demandent les contacts des personnages [rires].

Comment aborde-t-on ces sujets-là pour une cible aussi jeune  ?

C'est un peu un système d'entonnoir. Au début, on ne se censure pas. On pense à tous les thèmes qu'on a envie d'aborder. Ensuite, on réfléchit à la manière dont on peut les aborder pour notre cible. Donc là, on privilégie la douceur. On sait très bien qu'on pourrait parfois le faire de manière plus rapide, mais ça brusquerait le public, voire certains parents qui regardent, et ce n'est pas le but. Puis, il y a un vrai échange permanent entre les auteurs et France Télévisions.

Parfois, ils nous disent qu'on va un petit peu trop loin et d'autres fois, ils nous trouvent trop prudents et nous encouragent à nous lâcher un peu plus. Entre le moment où on commence à réfléchir en atelier d'écriture et le moment où on va tourner, on a entre neuf et douze versions d'un même texte. Et la version que tu vois ensuite à l'image, elle est encore différente parce qu'elle est passée au montage. C'est un vrai cercle vertueux et j'en suis très, très heureux.

Crédit photo : France Télévisions

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Pour un Centre d’archives LGBTQI autonome digne de Paris capitale

ven. 25 sep. 2020, 11 h 11
TRIBUNE. La mairie de Paris a officiellement annoncé l'ouverture d'un centre d'archives LGBTQI+. Le collectif Archives LGBTQI appelle à un "partenariat respectueux", et rappelle l'importance d'une gestion autonome de ce lieu de mémoire.

Au cours des 50 dernières années, un mouvement a émergé dans le monde pour retrouver, valoriser et transmettre l’histoire et les cultures LGBTQI. Ce mouvement est nécessaire car l’expérience des LGBTQI a été exclue des Archives traditionnelles qui président généralement à l’écriture de l’histoire dans nos sociétés. Cela se traduit par une perte importante de compréhension historique pour les LGBTQI et la société en général, et par un déficit en matière de lutte contre les discriminations et la défense des droits LGBTQI.

A LIRE AUSSI : Paris augmente ses subventions aux assos et annonce la création d'un centre d'archives LGBTQI+ 

Rattraper le temps perdu

Au-delà des contextes et des spécificités locales, ces initiatives partagent toutes les mêmes objectifs : archiver et documenter le passé et le présent des LGBTQI sur tous les supports ; rendre les archives accessibles à tous.tes, les valoriser et les disséminer ; générer de nouvelles archives, orales notamment ; soutenir la production et la diffusion des connaissances sur l’histoire et les cultures LGBTQI ; créer une mémoire commune par le biais d’une programmation scientifique et culturelle ambitieuse et cohérente (expositions, débats, ateliers, etc.). 

Ce mouvement pour les archives LGBTQI s’est traduit par la création d’espaces et d’organisations conçus et gérés par la communauté LGBTQI elle-même. C’est le gage de leur succès, de leur efficacité et d’une relation de confiance avec les donateurs.trices et les LGBTQI. C’est aussi le fruit d’une conception plus démocratique et moins élitiste de l’archive.

Fondé en 2017, à l’initiative d’Act Up-Paris, le Collectif Archives LGBTQI s’inscrit dans ce mouvement international. Maintenant que la Mairie de Paris, par la voix de son adjoint aux luttes contre les discriminations Jean-Luc Roméro-Michel, a confirmé l’engagement de la municipalité et la désignation du collectif Archives LGBTQI comme porteur légitime du projet de centre d’archives Paris-île de France, il nous faut rattraper le temps perdu. 

A LIRE AUSSI : Centre d'archives LGBTQI+ à Paris : pourquoi ça coince ?

"Partenariat respectueux"

Pendant trois ans, le Collectif Archives LGBTQI a élaboré, en concertation avec les associations, la communauté et les centres d’archives LGBTQI européens, une proposition de Centre d’archives communautaire et autonome qui reflète les meilleures pratiques dans le domaine et qui donnera à la communauté LGBTQI le rôle principal dans la reconstruction de son histoire et la diffusion de sa mémoire. 

Pour passer à la prochaine étape, nous avons besoin que s’instaure un partenariat respectueux et fructueux avec la Mairie de Paris et ses services, comme avec les autres partenaires publics intéressés, notamment l’Etat, afin de ne pas répéter les « erreurs du passé » - comme l’a promis publiquement Jean-Luc Romero-Michel lors du salon des associations LGBT le 12 septembre aux Blancs-Manteaux à Paris. La reconstruction de la relation de confiance avec la Mairie de Paris, qui ne sera pas la seule partenaire mais qui jouera un rôle décisif pour compléter le tour de table des partenaires, est cruciale et elle passe par le respect de notre travail, de nos compétences et de la communauté. 

Scénario insultant

Durant ces trois années, le Collectif a travaillé activement et à égalité sur des partenariats avec la Dilcrah, la région Île-de-France, différents organismes de recherche, universités et partenaires privés qui ne demandent qu’à être activés ou renforcés. Il a affiné sa politique scientifique, co-construit et partagé sa philosophie de l’archive vivante, sensibilisé la communauté à l’importance des archives, réfléchit à sa gouvernance, à son organisation et à ses besoins en matière de financement et de fonctionnement. Il a rencontré tous.tes les représentant.e.s des partis et des tendances politiques du Conseil de Paris qui les ont tous.tes assuré de leur soutien et lui ont garanti son autonomie et non « une place au conseil d’administration » comme il est écrit dans Le Monde daté du 24 septembre. Ce scénario du strapontin est insultant et totalement étranger à l’organisation et au fonctionnement des centres LGBTQI européens existants, qu’il s’agisse de Berlin ou d’Amsterdam. 

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Les subventions publiques allouées à ces centres d’archives amis représentent à elles seules le montant que la Mairie annonce comme le doublement des subventions en direction de l’ensemble des associations LGBTQI, à savoir 559.367 € pour le Schwules Museum de Berlin et 600.000 € pour IHLIA (Internationaal Homo Lesbisch Informatiecentrum d’Amsterdam). Ces centres amis ont rappelé à la Mairie de Paris, dans leurs réponses à un questionnaire qu’elle leur a envoyé cet été, qu’ils sont gérés par la communauté et pour la communauté, même s’ils s’adressent à un public plus large ; les pouvoirs publics - leurs principaux financeurs - n’ont ni le pouvoir décisionnel sur leur agenda, ni sur leur organisation et encore moins sur la désignation de leurs dirigeant.e.s.

Gouvernance autonome

Le Collectif est aujourd’hui prêt à lancer une phase de préfiguration, dans un lieu et selon un calendrier adéquats qui lui permettront de tester les services qu’il a imaginés, de commencer à recueillir et à travailler sur les premiers fonds d’archives, et d’évaluer les retours des premières personnes usagères et de la communauté. Cette phase d’installation et de consolidation du projet est un préalable indispensable avant l’ouverture officielle du Centre d’archives, en capacité, dans une deuxième phase, de déployer l’intégralité de ses actions et programmes. 

La gouvernance du Centre ne se conçoit qu’en totale autonomie, comme il en va aujourd’hui pour les institutions culturelles et mémorielles des autres minorités. C’est le cas par exemple de l’ARAM (Association pour la Recherche et l’Archivage de la Mémoire Arménienne) et la Maison de la Culture Yiddish. Les récentes conventions internationales portant sur le patrimoine culturel, qu’il s’agisse de celle de Faro (Conseil de l’Europe) ou de celles l’Unesco, vont dans le même sens quand elles invitent les Etats à reconnaître le rôle central et incontournable des communautés dans la gestion de ce qui constitue, pour elles, leur mémoire et leur patrimoine.

Si ces structures associatives et autonomes doivent évidemment rendre compte de l’emploi des subventions publiques qui leur sont allouées, elles n’ont pas à subir d’ingérence ni dans leur politique ni dans leur fonctionnement. Ce principe d’indépendance est fondamental pour assurer la crédibilité scientifique du futur centre, sa capacité à susciter dons et dépôts d’archives et à accueillir les publics LGBTQI et au-delà.  

 

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A Montpellier, le suicide de Doona, une étudiante trans, suscite la colère

ven. 25 sep. 2020, 10 h 01
Une jeune femme trans a mis fin à ses jours ce mercredi à Montpellier. Un syndicat étudiant étrille le Crous et le rectorat qui auraient failli dans leur accompagnement de l'étudiante.

C'est un acte désespéré d'une étudiante de 19 ans. Doona était en licence de psychologie à Montpellier. Originaire de Limoux, elle s'est donnée la mort en se jetant sous un train de la gare ce mercredi 23 septembre à 17 heures 30, sous les yeux de dizaines de passagers. Quelques instants plus tôt, la boursière aurait envoyé un message à des amis sur les réseaux sociaux. "Je vais au paradis", leur aurait-elle écrit d'après Midi Libre.

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Selon un courrier du SCUM, un syndicat étudiant montpelliérain, elle avait déjà tenté de mettre fin à ses jours à plusieurs reprises, raconte France 3. Dans une lettre adressée au directeur du Crous, le syndicat universitaire de Montpellier l'accuse de ne pas avoir suffisamment accompagné Doona. "Cette tentative de suicide fait suite à des tentatives précédentes dont vos services avaient été informés. Or, à la suite de la deuxième tentative de suicide, une assistante sociale du CROUS et un médecin scolaire étaient directement en lien avec Doona", raconte la lettre.

Un accompagnement dénoncé

"Il lui aurait été dit, lors de la réunion de ce mercredi 23 septembre, soit quelques heures avant son suicide, qu'elle ne pouvait pas recommencer sous peine d'être expulsée de son logement (la jeune étudiante était en effet logée dans la cité universitaire, ndlr). Nous espérons que le cynisme des assistantes sociales n'en est pas arrivé à ce point. Car une telle brutalité dans un moment de flottement, de questionnement et de crise existentielle d'un individu est tout bonnement inacceptable", écrit le syndicat étudiant avant de dénoncer la froideur de la "machine bureaucratique" du centre. Contacté par TÊTU, le Crous nie les menaces d'expulsions dont fait état le SCUM et des "allégations fausses".

1/5 Suicide d'une étudiante transgenre #SoutienDoona

Hier en fin d'après-midi, une étudiante en Licence de psychologie de l'université Paul Valéry a mis fin à ses jours.
Alertés par ses proches du contexte de ce drame, nous avons immédiatement demandé un rendez-vous auprès du

— SCUM - Montpellier (@scum34) September 24, 2020

Le Crous défend un accompagnement "renforcé"

L'académie et le Crous ont adressé un message de condoléances aux proches de Doona et s'est justifié. "Cette étudiante, résidente d’une cité universitaire du Crous, avait bénéficié d’un accompagnement renforcé de la part des services sociaux, comme des personnels assurant la gestion de la résidence du Crous de Montpellier-Occitanie, également éprouvés par ce drame et auxquels le soutien s’adresse également", écrivent-ils dans un communiqué.

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"Le service social, avec la médecine préventive de l’université, ont reçu Doona et ont mis en place un accompagnement psychologique renforcé pour lui permettre de surmonter ses difficultés, et de passer le cap de la transformation qu’elle avait choisie, le moins mal possible", ajoute le Crous. Une cellule psychologique a été mise en place.

"Nous parlons ici d'être humains et non pas de Pokemon. Votre terminologie est à revoir, vous parlez de "transformation", mais ce n'en n'est pas une", répond le SCUM. De nombreux internautes ont alors repris un mot-clef #CrousAssassin.

 

Crédit Photo : Wikimedia Commons / Parisdreux

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Enfant, Kit Harington jouait avec des poupées. Et il a un message pour Hollywood

ven. 25 sep. 2020, 9 h 27
Dans un récent portrait réalisé par The Telegraph, l'ex-star de Game of Thrones est revenue sur son enfance ainsi que sur sa décision de ne plus vouloir incarner des héros stéréotypés.

Bien qu'il semblait faire profil bas depuis la fin de Game of Thrones au printemps 2019, Kit Harington refait parler de lui. En attendant de le retrouver dans les salles obscures pour le film super-héroïque The Eternals - qui mettra en scène pour la première fois un super-héros gay - l'acteur vient d'accorder une interview à The Telegraph. L'occasion pour lui de se confier sur son enfance, et surtout sur son éducation que ses parents ont voulue peu genrée. "J'ai demandé un Action Man et j'ai eu une poupée, détaille-t-il auprès du média anglais. C'était très gender fluid dès le départ et ça ne m'a pas dérangé".

L'ex-Jon Snow avoue avoir "idolâtré" sa mère dès son plus jeune âge. Et c'est sans doute sa proximité avec elle ainsi que son éducation atypique qui l'ont poussé à une remise en question nécessaire. Au gré de son interview, Kit Harington assure vouloir prendre ses distances de rôles trop stéréotypés, qui renforcent une masculinité nocive. "J'ai l'impression les hommes ont un problème émotionnel, un blocage, explique-t-il. Et ce blocage vient de la Seconde guerre mondiale et a ensuite été passé de grand-père à mon père et ainsi de suite".

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"On ne parle pas de ce qu'on ressent parce que c'est un signe de faiblesse, parce que ce n'est pas masculin, continue-t-il. Ayant incarné un homme qui était silencieux et héroïque, je me dis que ce n'est plus un rôle que je veux jouer à partir de maintenant. Ce n'est pas un rôle masculin que le monde a besoin de voir davantage". Pas sûr, donc, que l'on retrouve Kit Harington dans un rôle similaire à celui qui l'a rendu célèbre, à savoir celui de Jon Snow dans Game of Thrones. En revanche, si d'autres rôles queers comme dans The Death & Life of John F. Donovan lui sont confiés, on ne s'y opposera pas.

Crédit photo : Netflix

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On a rencontré Benoît Solès, l’auteur du carton théâtral « La Machine de Turing »

jeu. 24 sep. 2020, 16 h 28
L’auteur et comédien Benoit Solès joue pour la troisième année consécutive sa pièce aux quatre Molières "La Machine de Turing" sur le mathématicien homosexuel britannique Alan Turing. Du théâtre aussi divertissant que « militant » qui rencontre un succès fou, et qui part en tournée dans toute la France.

« Je suis très heureux que Têtu écrive sur la pièce. C’est très important pour moi, vu le sujet. » Depuis deux ans, un spectacle met sur le devant de la scène le destin du mathématicien et cryptologue britannique Alan Turing, qui s'est donné la mort en 1954 à 41 ans, après avoir été condamné, deux ans auparavant, à la castration chimique pour « indécence manifeste et perversion sexuelle ». Un suicide survenu dans une quasi-indifférence (il faudra même attendre 2013 pour que Turing soit gracié par la reine à titre posthume) alors que ses travaux ont notamment permis d’accélérer la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le scientifique avait en effet inventé une machine, ancêtre de l’ordinateur, capable de décoder les messages cryptés des Allemands.

Tous droits réservés Fabienne Rappeneau.

C’est pour remettre l’homme à la place qu’il mérite (c'est à dire haut, très haut) que l’auteur et comédien Benoit Solès a écrit La Machine de Turing. Et le spectacle connaît un succès fulgurant (et inattendu vu le sujet) depuis sa création en 2018 dans le off du Festival d’Avignon. Une aventure pour deux comédiens (l’un jouant Turing – Benoit Solès lui-même –, le second plusieurs personnes ayant gravité autour de Turing) construite en flashbacks mêlant scènes historiques (lorsque sa machine vainc enfin le système de code allemand) et moments de vie plus intimes (avec, par exemple, l’homme qui partagea un temps sa vie). En résulte un récit captivant, habilement servi par la mise en scène de Tristan Petitgirard, mêlant reconstitutions historiques costumées, et envolées plus imagées grâce notamment à l’utilisation de la vidéo.  Rendez-vous fut donc pris avec Benoit Solès une fin d’après-midi de septembre au Théâtre Michel (Paris), là où la pièce se joue jusqu’à fin décembre (en même temps qu’une tournée nationale). 

Pourquoi avoir décidé de monter une pièce sur Alan Turing, scientifique plutôt méconnu ?

Benoit Solès : Le spectacle vient d’une rencontre avec le personnage qui remonte à une dizaine d’années, à l’époque où il n’avait pas encore été réhabilité, et où il n’y avait pas encore eu ce fameux film [Imitation Game en 2015, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle de Turing, ndlr]. A l'époque, pour le grand public c’était un inconnu ! En découvrant son histoire, et en m’identifiant un peu à lui - étant moi-même gay - j’ai tout de suite eu envie d’écrire une pièce mémorielle pour le faire connaître davantage. Et aussi pour évoquer son homosexualité, comme une réaction au film.

Tous droits réservés Fabienne Rappeneau.

Le portrait qui est donné de lui dans le film vous a déplu ?

Quand le film est sorti, j’étais en train d’écrire le texte. Et il m'a mis en colère. D’abord parce que Turing y est montré sous un jour que je n’ai pas compris, un peu froid, austère, dandy – l’exact contraire de ce qu’il était. Et surtout parce que la façon dont est abordée son homosexualité est dingue ! Ils ont surdéveloppé l’amitié avec le personnage de Keira Knightley, on nous laisse penser qu’ils étaient presque amoureux… Ce côté "on le tue une seconde fois" m’a agacé. Je voulais faire les choses au plus juste.

Et faire un « théâtre engagé » comme vous l’avez dit en 2019 lorsque vous avez reçu le Molière de l’auteur francophone vivant ? 

C’était indispensable, quand j’ai reçu le Molière de l’auteur, d’affirmer que la pièce était un acte militant, d’un gay qui défend un autre gay. D’ailleurs, sur le côté engagé, bizarrement, là où je me rends compte que la pièce l’est vraiment, c’est dans les rares critiques négatives de spectateurs que je lis. Certains sont visiblement gênés par quelque chose… Ils écrivent souvent des remarques comme "oui, c’était un grand savant, un grand scientifique, il nous a sauvés, la guerre, Enigma et tout mais pourquoi nous étaler sa vie intime, la drague dans les rues glauques, ces scènes de bisous au petit-déjeuner ?" Ça en dit long car évidemment, si les scènes en question étaient avec une femme, ces spectateurs ne diraient pas la même chose.

Tous droits réservés Fabienne Rappeneau.

Il y en a beaucoup des comme ça ?

Non, heureusement ! Ils sont plus nombreux, ceux qui m'ont remercié pour avoir montré l’entièreté du personnage. Notamment des jeunes gays qui me disent que découvrir cette histoire leur donne de la force, parce que Turing les touche, les inspire. Certaines personnes m’attendent même parfois après la représentation pour me prendre dans leurs bras ! Pas moi, Benoît, l’acteur, mais Turing lui-même. Ils sont bouleversés par ce qu’on lui a fait subir. J’ai rarement vu ça au théâtre.

Le succès que connaît la pièce depuis sa création à l’été 2018 (déjà plus de 700 représentations, avec maintenant deux distributions – une pour Paris et une pour la tournée) est aussi rare…

C’est extraordinaire d’avoir déjà touché des centaines de milliers de spectateurs, d’avoir sillonné la France et pas mal de pays francophones, que les droits soient autant demandés à l’étranger… On en est à la troisième saison à Paris, c’est la plus grande tournée théâtrale en France depuis plus de 20 ans. Pour ma part, j’en ai joué plus de 500 et je suis très heureux de continuer [il fait toutes les dates de la tournée, et essaie d’être à Paris quand il peut – NDLR], car c’est un bonheur immense. Et également une petite responsabilité maintenant, puisqu’il s’agit d’être à la hauteur de l’attente des gens !

 

Au Théâtre Michel (Paris) jusqu’au 30 décembre
Tournée dans toute la France cette saison (calendrier consultable ici)

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Un étudiant sur quatre a été témoin de LGBTphobies à l’université

jeu. 24 sep. 2020, 12 h 43
57% des étudiants considèrent que leur université est pas ou peu friendly. Les actes LGBTphobes viennent souvent de professeurs ou de l'administration.

L'université est-elle un safe space ? Non, à en croire le dernier baromètre des LGBTphobies réalisé par le collectif Caélif (collectif des associations étudiantes LGBT en Île-de-France). D'autant que de nombreuses personnes témoignent d'hostilité de la part de leurs professeurs ou de l'administration.

Sur une échelle de 1 à 10, les personnes LGBT+ placent à 7,5 leur sentiment de sécurité. En revanche, ces étudiants considèrent que leur établissement est peu accueillant. La moyenne d'ouverture des universités est ressentie à 5,3/10. Et 57% des répondants considèrent que leur établissement est pas ou peu friendly.

Des insultes principalement

Un témoin rapporte qu'un professeur a lancé lors de son cours en amphi "le VIH, c'est pour les noirs et les pédés". Un autre prof juge que les couples homoparentaux "ça n'arrive que dans les sociétés déviantes".  Un psychologue scolaire affirme carrément que les homos ne sont "pas coupables de leur orientation, même si elle n'est pas naturelle".

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Par ailleurs, une personne LGBT+ sur dix dit avoir déjà été victime de LGBTphobie dans son établissement et un répondant LGBT+ sur trois dit avoir été témoin de tels actes. Les personnes sont principalement victimes d'insultes (58%), des propos LGBTphobes et hétérosexistes dans 27% des cas et des moqueries dans 17%. Les cas de menaces et de harcèlement restent à un niveau de 5%. Les agressions physiques représentent elles 1% des actes LGBTphobes perçus par les témoins.

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Les étudiants ne rapportent pas à l'administration les actes LGBTphobes

Les actes LGBTphobes ont lieu dans l'établissement mais aussi sur les réseaux sociaux dédiés aux étudiants. En juin, l'Unef a alerté les établissements. 45% des universités ne disposent pas de cellule d'écoute et de veille pour lutter contre les discriminations. Lorsqu'il y en a une, 64% d'entre elles ne traitent pas de LGBTphobie. L'immense majorité (85%) des personnes victimes d'agressions ne rapportent pas les faits à l'administrations. Dans la plupart des cas, ils considèrent que c'est inutile voire que cela pourrait leur être nuisible.

"Si l'administration est perçue comme ouverte, cela permet d'augmenter sensiblement le sentiment de sécurité des étudiants. Elles font trop rarement la promotion de leurs actions pour les personnes LGBT+ de peur d'être stigmatisées. Il faut également que les étudiant-e-s se battent pour leurs droits", souligne Raphaël Wargon, co-auteur de l'étude. Il rappelle que le Caélif met en place des modules de formations et invite les établissements à faciliter le changement de prénom des personnes trans.

Mauvais accueil des personnes trans

Surtout, les personnes trans sont mal accueillies. 17% des actes LGBTphobes concernent un mégenrage (usage du mauvais pronom). Par exemple, une professeur d'anglais a refusé d'utiliser le pronom "they", singulier et neutre car elle refuse de "subir la propagande LGBT+". Un professeur rend une copie à une étudiante en l'humiliant devant ses camarades : "vous vous rendez compte, on voit vraiment de ces choses", lâche-t-il.

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Dans un entretien accordé à TÊTU, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal souhaitait pourtant que les personnes trans puissent être accueillies correctement dans les classes. L'année dernière, elle annonçait notamment que l'utilisation du prénom d'usage serait obligatoire dans l'ensemble des établissements. Le premier plan contre les LGBTphobies a été lancé dans les universités l'année dernière, mais, apparemment, les résultats se font attendre...

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Crédit photo : Wikimedia Commons / Celette

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VIDÉO. Un trailer captivant pour « Equal », le docu-série sur les figures LGBT+ de l’histoire

jeu. 24 sep. 2020, 11 h 40
Prochainement disponible sur HBO Max outre-Atlantique, cette série documentaire reviendra sur le rôle décisif de nombreuses icônes queers du siècle dernier. Un must-see de la rentrée.

Il est toujours bon de se rappeler des personnes qui ont contribué à faire avancer les droits des personnes LGBT+. C'est la volonté d'Equal, un docu-série plein de promesses qui servira de piqûre de rappel pour celles et ceux qui auraient oublié les combats du siècle passé. À travers quatre épisodes contés par Billy Porter (Pose), cette série revisitera le vécu de plusieurs figures majeures de l'histoire LGBT+.

Comme le laisse entrevoir cette bande-annonce, chaque volet d'Equal mêlera images d'archives et scènes de reconstitution. Mais la spécificité du projet, c'est que ces passages recréés seront portés à l'écran par des talents issus de la communauté LGBT+. Parmi les acteurs et actrices que l'on pourra croiser dans ce docu-série : Samira Wiley (Orange Is the New Black), Cheyenne Jackson (Glee), Shannon Purser (Stranger Things), Theo Germaine (The Politician), Jamie Clayton (Sense8) ou encore Keiynan Lonsdale (Love, Simon).

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Également produit par des concernés – Jim Parsons et Greg Berlanti en l'occurrence –, Equal sera proposée en intégralité aux États-Unis le 22 octobre prochain. Jusqu'ici aucune chaîne ni plateforme française ne semble avoir acquis les droits de diffusion. On compte sur elles pour se réveiller.

Crédit photo : HBO Max

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Qui est Simon Vendeme, le jeune youtubeur out and proud ?

jeu. 24 sep. 2020, 11 h 19
À 20 ans, ce jeune vidéaste pansexuel espère faire évoluer les mentalités et se placer comme une figure inspirante pour ses jeunes abonné·e·s. Rencontre.

"Mon coming out a mal tourné", voilà le titre du post le plus visionné de Simon Vendeme sur YouTube. Parue au printemps 2018, la vidéo affiche désormais plus de 240.000 vues au compteur. "C'est clairement celle qui m'a propulsé au début, reconnaît le jeune créateur de contenus, de passage chez TÊTU. J'y expliquais d'ailleurs pourquoi j'étais contre le principe du coming out car, pour moi, ça représente une inégalité entre les hétéros et les personnes LGBT+. Maintenant, on voit les gens s'assumer sans passer par cette case-là".

Crédit photo : @JeremyLouie

Du placard à YouTube

Avant d'accumuler près de 32.000 followers sur la plateforme de vidéos, Simon grandit à Chalon-sur-Saône, une ville qu'il qualifie volontiers de "pas très ouverte à la différence", voire "un peu conservatrice". Malgré le fait qu'il soit bien dans ses baskets concernant sa sexualité, ça n'a pas toujours été le cas. "J'essayais vachement de me masculiniser, de rentrer dans un moule, atteste-t-il avec un semblant de recul. Je voulais trop jouer au bad boy et au final, ça m'a joué des tours".

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Arrive ensuite son fameux coming out, celui qu'il raconte dans la vidéo suscitée… et qu'il n'avait surtout pas anticipé. Simon Vendeme fait référence à une "histoire lycéenne" avec un camarade "qui ne s'assume toujours pas à l'heure actuelle". Après cette vidéo, il est victime de harcèlement et la police est contrainte d'intervenir, et donc d'alerter ses parents. "J'ai été obligé de leur dire mais ça s'est très bien passé", assure-t-il aujourd'hui. C'est donc durant son année de terminale que le vidéaste bisexuel sort du placard. Et inaugure, dans la foulée, son aventure YouTube.

Crédit photo : @jeremielouie via Instagram

"J'ai des angoisses et des passions", nous explique tout de go Simon lorsqu'on lui demande ce qui l'a motivé à se lancer. D'une part, il évoque des névroses personnelles, des peurs quant à la société contemporaine, s'inquiétant des "discriminations et de la malveillance entre les gens". Côté passions, il mentionne un intérêt précoce pour la photographie "et pour tout ce qui est artistique". À ses yeux, YouTube s'impose alors comme le croisement idéal.

Paris, l'épanouissement

Depuis ses débuts, s'enchaînent une multitude de vidéos : des challenges, des mises au point, des FAQ où il répond sans filtre aux questions de ses abonné·e·s… Et si une majorité de ses contenus adopte une tonalité légère et bon enfant, les motivations de Simon Vendeme sont, elles, bien plus sérieuses. "J'ai toujours voulu que ça devienne quelque chose d'un peu professionnel, qui puisse générer des revenus, confie-t-il. Tout en soutenant mes valeurs. De par ce que j'ai vécu, je veux essayer de changer les choses pour que d'autres n'aient pas à vivre ces choses-là".

Le baccalauréat en poche, le youtubeur pose ses valises à Lyon dans un premier temps. "Pour mes études, se défend-il. Mais au fond de moi, je savais que c'était plutôt pour mon épanouissement personnel". Aujourd'hui, il vadrouille beaucoup et se retrouve fréquemment à errer dans les artères de la capitale, là où réside son petit ami Snake. "Depuis que je viens régulièrement à Paris, ça m'ouvre encore plus et le fait de côtoyer des milieux queers ou bien celui du voguing me fait beaucoup évoluer". Un mieux-être qui se répercute sur son apparence.

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"Je suis quelqu'un de très libre dans ma tête donc je veux aussi l'être dans mes vêtements, garantit le vidéaste, des lunettes de soleil impeccables perchées sur son nez et un sac-à-main fuchsia collé à sa hanche. De plus en plus, mon style évolue vers quelque chose de plus gender fluid". Il n'hésite pas non plus à se maquiller, "chose que je peux faire maintenant sans problème". Il y a d'ailleurs un tabou que Simon Vendeme n'a pas eu peur de briser : la perte de cheveux.

À LIRE AUSSI – SparkDise : « J’espère qu’un jour, on aura plus besoin de faire de coming out »

En juin dernier, le youtubeur poste une vidéo où il se confie sur l'alopécie dont il souffre. Il s'agit d'une accélération de la chute des cheveux, généralement liée à l'anxiété. "Cette maladie m'a miné pendant longtemps, nous explique Simon. On le voit dans mes premières vidéos, je portais souvent des casquettes et des bobs". La perte capillaire est un sujet délicat chez les hommes, souvent à l'origine de complexes et de non-dits. Et ça, le vidéaste refuse catégoriquement. "Je me suis dit que ça ne servait à rien d'entretenir ce tabou et de se mentir à soi-même, justifie-t-il. On est nombreux à avoir ce genre de problème donc c'était normal pour moi d'en parler".

 

Voir cette publication sur Instagram

 

BLING BLING / by @jeremielouie

Une publication partagée par SIMON VENDEME (@simonvendeme) le 5 Juil. 2020 à 8 :14 PDT

Le virage OnlyFans

Mais si ce contenu-là lui aura valu un flot d'attention, ce n'était rien comparé à son arrivée sur OnlyFans. Il y a presque deux mois, Simon Vendeme fait une infidélité à YouTube pour se lancer sur la nouvelle plateforme de contenus dont tout le monde parle. Pour lui, c'était une manière de contrôler son image. "Ça faisait longtemps que je voulais faire ça car je suis vraiment à l'aise avec mon corps, détaille-t-il. De plus, je recevais des centaines de messages qui me faisaient des propositions, qui m'envoyaient des nudes... Maintenant, tous les gens qui n'étaient intéressés que par mon physique ont un endroit dédié, où ça leur plaît et où je suis à l'aise de faire ce que je fais".

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Moyennant la somme de 15 euros environ par mois, ses followers accèdent à des contenus inédits. "Toujours dans le suggestif, rien de pornographique, assure le concerné. Ce n'est pas du tout ma voie de prédilection, bien que je respecte totalement les travailleurs du sexe". Une aventure fructueuse, au moins pour son compte bancaire. OnlyFans représente une nouvelle source de revenus, dont il reverse une partie à l'association Le Refuge qui aide les jeunes LGBT+.

L'arrivée de Simon Vendeme sur OnlyFans lui aura valu une médiatisation inouïe… et une déferlante de haters venus inonder ses DM. Cependant, il affirme encaisser "étonnamment bien" les messages dénigrants qui lui sont devenus monnaie courante. "Je me dis que ce qu'ils disent n'est pas fondé, déclare le jeune vidéaste. Ces personnes-là ne sont pas des personnes bienveillantes et elles ne sont probablement pas elles-mêmes épanouies". Non, Simon préfère focaliser son attention sur ses projets personnels.

À LIRE AUSSI – Marie Papillon : « Avec Instagram, on peut plus facilement rentrer en contact avec le monde lesbien »

Car dans la tête de Simon Vendeme, ça bouillonne. Toujours stimulé par Instagram, YouTube et désormais OnlyFans, il s'est ouvert à d'autres perspectives. Il évoque, entre autres, "une télé-réalité autour des LGBT+, pour valoriser la diversité au sein de la communauté". Mais le youtubeur ne veut pas se coller d'étiquette queer et, pour ce faire, envisage "une voie plus ouverte au grand public". D'autres sujets l'intéressent, comme les sans-abris ou le féminisme. "J'ai envie de toucher une cible plus large sans pour autant oublier la communauté LGBT+, conclut-il. Car c'est ma communauté".

Crédit photo : @jeremielouie via Instagram

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J. K. Rowling fait la promotion d’une boutique transphobe sur les réseaux sociaux

jeu. 24 sep. 2020, 10 h 29
L'autrice de la saga Harry Potter semble avoir de plus en plus de mal à cacher sa transphobie et le prouve en soutenant un e-shop ouvertement discriminatoire sur Twitter.

Une journée ne peut s'écouler sans que J. K. Rowling n'ajoute une nouvelle sortie transphobe à son palmarès. Cette fois-ci, la romancière britannique a partagé une photo d'elle-même sur Twitter, où elle met en avant son T-shirt. Un haut noir plutôt basique, avec un logo où est écrit "cette sorcière ne brûle pas" en anglais. Jusqu'ici, aucun problème. Mais l'écrivaine inclut un lien vers la boutique dans laquelle elle se l'est procuré. Une boutique qui vend des goodies à caractère transphobe.

Sometimes a T-shirt just speaks to you...

(From https://t.co/hhOu3fO1rg, in case you know a witch who'd like one ) pic.twitter.com/T4E9OCMCMI

— J.K. Rowling (@jk_rowling) September 22, 2020

En effet, au-delà de ce T-shirt, la marque Wild Womyn Workshop propose toute une pléiade de stickers, dont une partie est customisée avec des slogans transphobes. "Les femmes trans sont des hommes", "l'idéologie trans efface les femmes", "transphobe notoire" ou encore "niquez vos pronoms"... Les propos discriminatoires sont légion sur cet e-shop, qui s'autoproclame "magasin préféré des féministes radicales" sur ses réseaux sociaux. Un repaire pour TERF, en somme.

Le contrecoup des abonné·e·s

Lancée en 2019, Wild Womyn Workshop a été créée par Angela C. Wild, une féministe radicale qui s'avère être la cofondatrice de Get the L Out, une association militante anti-trans. Dans la présentation de la marque sur le site officiel, il écrit qu'elle "conçoit l'idéologie queer et trans comme une réaction violente envers les femmes et les lesbiennes". Sans plus d'explications.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont défendu la romancière, là où d'autres l'ont une énième fois épinglée pour sa transphobie à peine dissimulée. "J. K. Rowling passe au niveau supérieur et fait de sa haine des personnes trans son identité toute entière en faisant la promotion un magasin avec une section totalement dédiée à la transphobie", déplore une twittos.

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Cette nouvelle polémique advient près d'une semaine après la parution de Troubled Blood, le dernier roman controversé de J. K. Rowling. Dans ce bouquin, son héros Cormoran Strike traque un tueur en série qui se travestit en femme pour piéger ses victimes. Un livre à la morale douteuse, que beaucoup de personnes ont condamné dès sa sortie. Il semblerait que l'époque Harry Potter où l'autrice prônait la tolérance et le respect de l'autre malgré les différences soit révolue.

Crédit photo : J. K. Rowling via Facebook

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