Têtu

Souscrire à flux Têtu Têtu
TÊTU est le 1er média gay sur l'actu LGBT, portant un regard masculin différent sur la culture, la découverte et le bien-être.
Mis à jour : il y a 11 heures 15 min

La députée de l’Oise Agnès Thill exclue de LREM

mer. 26 juin. 2019, 15 h 58
La députée de l’Oise Agnès Thill, convoquée mardi 25 juin par la commission des conflits de LREM pour ses propos anti-PMA, a été définitivement exclue du parti ce mercredi.

Il n’y aura pas de nouvelle mise en garde. La députée de l’Oise Agnès Thill, farouche opposante à la PMA pour toutes, a été exclue de La République en marche (LREM) ce mercredi 26 juin, après son passage àl a Commission des conflits du parti hier. L’élue avait été entendue une première fois en février par cette commission pour des déclarations contre la PMA mais elle n’avait reçu qu’une simple « mise en garde » après s’être engagée « à faire attention à ses propos ».

La commission reproche à la députée « d’avoir tenu des propos polémiques sur les réseaux sociaux et également par voie de presse à propos du projet du gouvernement d’ouvrir la PMA à toutes les femmes », apprend-t-on dans un communiqué de presse du groupe LREM publié ce mercredi 26 juin. « Ces propos sont préjudiciables à la cohésion du mouvement et nuisent à son image (…) La Commission relève également que la fréquence et le caractère pernicieux des propos de Madame Agnès Thill génèrent et nourrissent une agressivité qui portent atteinte à la sérénité du débat. »

Et de conclure : « Ces propos qui apparaissent comme blessants à l’encontre de certaines catégories de personnes, notamment les familles monoparentales et homoparentales, vont à l’encontre de la Charte et des valeurs inclusives du Mouvement. »

Ces derniers mois, Agnès Thill avait multiplié les sorties anti-PMA sur les réseaux sociaux et dans la presse. Dernier évènement en date : une interview au magazine très conservateur L’incorrectElle y estime que la loi bioéthique, prévoyant l’ouverture de la  PMA à toutes les femmes, qui doit être débattue au parlement en septembre prochain, « restera dans l’histoire comme celle qui aura évincé les pères de la naissance et de l’éducation des enfants. C’est trop grave ».

« Ce sera nous ou elle »

« Ce sera nous ou elle », avaient alors réagi les députés LREM Raphaël Gérard et Laurence Vanceunebrock-Mialon sur Twitter. « Agnès Thill est le cheval de Troie de la Manif pour tous, de Sens commun, du Rassemblent national, avait commenté la députée auprès de TÊTU. Elle fait un travail de sape de l’intérieur. Tout le monde s’en rend compte, mais les instances de notre mouvement sont gênées de prendre des décisions. »

Souffrance des femmes seules ayant recours à la PMA comparée à celle de « drogués », existence d’un « puissant lobby LGBT » au Palais Bourbon » et « absence de genre dans le mot parent » qui « favorise(rait) l’éclosion d’écoles coraniques »… : l’élue avait déclenché d’autres polémiques ces derniers mois.

A LIRE AUSSI : Seize parlementaires LREM appellent à mettre un terme à l’homophobie et au sexisme au sein de leur parti

Dans une tribune publiée par TÊTU, à l’initiative du mouvement « LGBT+ En Marche! », 109 parlementaires et militants LREM avaient en mars dernier vivement critiqué les propos d’Agnès Thill et demandé eaux dirigeants de leur parti de mettre fin à l’homophobie et au sexisme au sein de leur formation politique.

Elle se comparait à Zinedine Zidane

S’estimant discréditée par la majorité, elle s’est comparée plusieurs fois à Zinédine Zidane devant les caméras. « Lorsqu’il a donné son coup de tête (en finale du Mondial 2006), il a eu tort, mais cela faisait une heure et demie qu’on insultait sa famille… Mais cela n’excuse pas son geste ».

« En quoi suis-je dangereuse sinon à éveiller les esprits et à susciter la réflexion ? », disait Agnès Thill dans les couloirs du Palais Bourbon le jour du discours de politique générale d’Edouard Philippe, qu’elle a salué.

Crédit photo : Christophe ARCHAMBAULT / AFP.

L’article La députée de l’Oise Agnès Thill exclue de LREM est apparu en premier sur TÊTU.

Canicule : 5 conseils pour survivre à la Marche des Fiertés

mer. 26 juin. 2019, 14 h 53
Selon l’application météo d’Apple, il fera 37 degrés samedi 29 juin à Paris, pour la Marche des Fiertés. TÊTU vous donne quelques conseils pour être sûr d’en sortir vivant.

Tout est prêt (ou presque) pour votre Marche des Fiertés parisienne. Vous savez déjà derrière quel char vous allez retrouver vos potes, comment vous allez vous habiller, dans quelle after-party vous irez danser. Et pourtant, cette année, vous n’êtes pas sûr : la canicule a envahi nos écrans de télés, nos smartphones, et vous avez des doutes. Serais-je capable de tenir toute une après-midi en plein cagnard ? Alors que la météo annonce 37 degrés à Paris, voici quelques conseils qui pourraient vous aider.

1 – Boire de l’eau, beaucoup d’eau

D’habitude, vous allez plutôt acheter une canette à la supérette du coin, voire la prendre directement à ces mecs qui se baladent avec des palettes de 86 Bavaria dans le cortège. Cette année, les gars, les filles et les non-binaires, il va falloir faire une croix sur votre projet de biture si vous voulez tenir jusqu’au bout de la nuit.

Déjà, parce que l’alcool est un vasodilatateur, qui va réchauffer la température de votre corps, créer des bouffées de chaleur, et faire stagner le sang sous la peau de votre visage, ce qui risque de vous donner le teint rouge ! En plus, l’alcool va vous déshydrater, et augmenter le risque d’hyperthermie (le fameux « coup de chaud » ou insolation). Les conséquences ? Crampes, maux de tête, nausées, vomissements, évanouissement…  L’hyperthermie peut même être mortelle.

Le conseil de TÊTU donc : boire de l’eau, de l’eau et encore de l’eau. Et peut-être une bière après, si vous nous assurez que vous reboirez encore de l’eau dans la foulée. Des fontaines de la mairie de Paris sont accessibles sur tout le parcours pour remplir vos gourdes, pensez-y !  

A VOIR AUSSI : Pourquoi j’ai changé d’avis sur la Marche des Fiertés 

2 – Se couvrir (désolé)

On sait que nombre d’entre vous profitent de la Pride pour exhiber ce corps qu’ils ont travaillé pendant de longues heures à la salle de sport. D’ailleurs, on a entendu récemment un ami instagrammeur dont on taira le nom remplacer la traditionnelle expression « summer body » par « Pride body« . Désolé pour lui, et pour tous les autres, mais par précaution, nous vous conseillons d’enfiler un tee-shirt. Si vraiment, vous n’arrivez pas à vous y résigner, tartinez-vous (mais alors allègrement) d’indice 50 pour ne pas passer la soirée à éviter qu’on vous touche de peur d’avoir mal à vos coups de soleil (ce qui serait dommage).

Par ailleurs, et ceci est valable pour tout le monde, usez et abusez de crème solaire sur le visage, les bras, le haut du crâne si vous êtes chauves (ça arrive) et n’hésitez surtout pas à mettre une casquette, un bob; Ou à vous balader avec une ombrelle ou un parapluie : il vous donnera un look à la Mary Poppins, et vous serez en plus un peu mieux protégés des méchants UV. Un combo gagnant (selon nous, mais pas sûr que vous soyez tous de cet avis).

Nota Bene : A nos ami.e.s drag-queen, et aux amateur.rice.s de cosplay ou de déguisement en tous genre, évitez d’avoir des tenues trop lourdes, trop chaudes, misez sur des perruques courtes, et veillez à ce que votre make-up soit waterproof, sinon c’est coulure assurée. 

3 – Profiter des lieux ombragés du parcours

 

Le parcours s’étale cette année de Montparnasse à République, en passant par Saint-Michel. Vous pouvez tout à fait sortir un peu de la Marche pour prendre un peu l’air au Jardin du Luxenbourg, vous arroser avec l’eau des fontaines, faire un crochet par le square René Viviani, sur le quai de Montebello, à côté de Saint-Michel, profiter des arbres qui jouxtent Notre-Dame de Paris, ou plus loin, au pied de la Tour Saint-Jacques, sur le Boulevard de Sébastopol. Le square Emile Chautemps, à côté de la Gaité Lyrique et des Arts et Métiers, pourra aussi vous accueillir.

Sur la place de la République, le miroir d’eau risque de se transformer en grande pataugeoire pour pieds gonflés. Si vous êtes en claquettes ou en tongs, n’hésitez pas à les garder. Question d’hygiène. Pour plus de bons plans, la mairie de Paris a mis en ligne une carte interactive avec tous les îlots de fraîcheur de la capitale. Quelques fontaines et brumisateurs éphémères ont également été installés, n’hésitez pas à y passer une tête !

Nota Bene : Toute personne surprise nue dans une fontaine peut-être punie, et pas par nous. L’amende peut s’élever à 38 euros. 

4 – Prévoir de l’air (comme les L5) 

Si vous avez un éventail, c’est le moment de le sortir ! En plus d’être devenu un accessoire prisé des fashionistas, il vous permettra de vous aérer (un peu). Les plus technophiles se tourneront vers ces mini-ventilateurs que l’on trouve dans les bazars, mais attention : s’ils fonctionnent sur batterie, assurez-vous de l’avoir bien chargé avant. Plusieurs grandes enseignes climatisées se trouvent également sur le parcours, comme Starbucks, Monop ou McDo… On ne devrait pas vous le dire, mais n’hésitez pas à vous y arrêter pour prendre un peu l’air. De toute façon, il y aura tellement de monde, ils ne verront même pas que vous ne consommez pas.

5 – Danser avec modération

On les connaît, ceux qui vont passer leur après-midi derrière un char ou dessus, et danser, danser, danser… Comme toute activité de cardio, danser en période de forte chaleur peut accélérer l’hyperthermie. On calme donc le rythme, si on sent que l’on fatigue, ou que le cœur bât trop vite, on s’arrête un peu, on s’hydrate, on se rafraîchit, on reprend ses esprits. Ce n’est pas parce que tu vas faire une pause que tu ne seras pas fabuleuse, et que ce mec à qui tu fais de l’œil depuis tout à l’heure va arrêter de te mater.

A LIRE AUSSI : C’est l’amour à la Pride : Léo et Jonathan se sont rencontrés à la Marche des Fiertés 

Crédit photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

L’article Canicule : 5 conseils pour survivre à la Marche des Fiertés est apparu en premier sur TÊTU.

Contenus haineux : Facebook promet de collaborer avec la justice française

mer. 26 juin. 2019, 12 h 55
Le réseau social américain Facebook a promis de fournir directement à la justice française des informations pour identifier les internautes diffusant des contenus haineux.

C’est une décision importante. Facebook a promis de fournir à la justice française les adresses IP réclamées pour la justice lorsque ces adresses seront utilisées pour diffuser des contenus haineux. « Cet engagement pris par le géant américain ne concerne que la France », a souligné à l’AFP l’entourage du secrétaire d’Etat au numérique Cédric O.

Le réseau social est engagé depuis l’année dernière dans une collaboration avec le gouvernement français pour mieux prévenir la diffusion de contenus haineux sur internet. Et son président Mark Zuckerberg a rencontré à plusieurs reprises le président Emmanuel Macron pour en discuter.

« Simplifier » et « aller plus vite »

Selon un proche de Cédric O, confirmant une information de Reuters, Facebook s’est « engagé à fournir les adresses IP que lui demandera la justice » française, lorsque ces adresses seront utilisées pour diffuser « un certain nombre de contenus haineux » comme « l’homophobie, le racisme et l’antisémitisme ». L’adresse IP permet d’identifier et localiser l’ordinateur utilisé par un internaute.

« Nous ne renverrons plus les autorités judiciaires françaises au processus du traité d’entraide judiciaire quand elles demanderont des informations basiques dans des affaires de contenus haineux » à des fins de poursuite, a indiqué une porte-parole de Facebook dans un message à l’AFP

A LIRE AUSSI : Accusé de tolérer le harcèlement homophobe d’un journaliste, YouTube fait volte-face

Par rapport à la situation existante, la justice française n’aura donc plus besoin, pour obtenir ces informations, de passer par une longue procédure judiciaire transatlantique, qui implique la justice américaine. Il s’agit de « simplifier » et « d’aller plus vite », d’une manière semblable à ce qui s’est déjà fait sur les contenus terroristes et pédo-pornographiques, a indiqué à l’AFP une source au fait des discussions entre les deux parties.

Chaque demande examinée au préalable

Cependant, « comme nous le faisons pour toutes les demandes d’information des tribunaux, y compris aux États-Unis, nous examinerons chaque demande que nous recevrons, et nous ne donnerons pas suite si elle est trop large, incompatible avec les droits de l’Homme ou juridiquement bancale », a précisé la porte-parole du géant américain des réseaux sociaux.

A LIRE AUSSI : VIDEO. Propos haineux : « Il y a une impunité sur internet, il faut que ça change » 

L’Assemblée nationale doit examiner à partir du 3 juillet une proposition de loi de la députée Laetitia Avia (LREM) contre la « cyber-haine ». Elle prévoit notamment d’obliger les plateformes internet à retirer sous 24 heures des contenus « manifestement illicites » en raison de la référence à la « race, la religion, le sexe, l’orientation sexuelle ou le handicap ».

« Bouton unique »

La proposition de loi prévoit aussi une « simplification et (une) uniformisation des formulaires de signalement des contenus illicites ». Un « bouton unique de signalement », commun à toutes les plateformes sera également instauré.

Outre cette proposition de loi, la ministre de la Justice française Nicole Belloubet a annoncé sa volonté d’améliorer l’efficacité de la justice pénale face aux propagateurs de haine en ligne.

La ministre a indiqué récemment vouloir lancer « une réflexion approfondie sur la liberté d’expression sur les réseaux sociaux », constituer un groupe d’experts sur le sujet et est prête à « saisir pour avis » la Commission nationale consultative des droits de l’homme. 

Elle envisage aussi de sortir l’injure raciale du texte qui régit la liberté de la presse, une proposition qui inquiète grandement les défenseurs des libertés civiles.

(Avec AFP)

Crédit photo : Shutterstock.

L’article Contenus haineux : Facebook promet de collaborer avec la justice française est apparu en premier sur TÊTU.

« The Prom » : pluie de stars pour la nouvelle création Netflix de Ryan Murphy (« Glee », « Pose »)

mer. 26 juin. 2019, 12 h 24
Le prestigieux casting de « The Prom », la comédie musicale de Broadway adaptée par le réalisateur de « Glee » et « Pose », a été dévoilé.

La comédie musicale avait été annoncée depuis avril. On en connaît désormais une partie du casting. Le réalisateur Ryan Murphy (« Glee », « Pose ») adapte pour Netflix « The Prom ». Une comédie musicale à succès de Broadway qui raconte l’histoire vraie d’Alyssa Green , une lycéenne qui désire emmener sa copine au bal de promo, malgré l’opposition de la direction de son établissement scolaire.

Parmi les casté.e.s, le nom le plus prestigieux n’est pas étranger au monde des comédies musicales, puisqu’il s’agit de Meryl Streep. L’actrice trois fois oscarisée avait joué dans les musicals « Mamma Mia ». Une artiste gage de qualité qui sera accompagné d’une autre actrice ayant remporté un Oscar : Nicole Kidman.

Et comme si cela ne suffisait pas à nous faire trépigner d’impatience, Ariana Grande sera également au rendez-vous. C’est elle qui incarnera le rôle principal d’Alyssa Green.

A LIRE AUSSI : Après « Pose » et « Glee », Ryan Murphy prépare une comédie musicale queer pour Netflix

Qui pour accompagner Ariana Grande ?

Deux autres stars américaines, mois connues en France, ont également été annoncées : les acteurs Andrew Rannells (« Sex and The City 2 »), (« Girls ») et Keegan-Michael Key (« Pitch Perfect 2 »).

Netflix and Ryan Murphy ont également annoncé un casting ouvert à l’échelle des tous les États-Unis pour trouver celle qui incarnera Emma, la jeune femme qu’Alyssa Green (Ariana Grande) veut emmener au bal de promo.

A LIRE AUSSI : Ryan Murphy va rendre Netflix encore plus queer
Crédit photo : 20th Fox Century

L’article « The Prom » : pluie de stars pour la nouvelle création Netflix de Ryan Murphy (« Glee », « Pose ») est apparu en premier sur TÊTU.

Les personnes LGBT mieux acceptées par la société française, mais des malaises subsistent

mer. 26 juin. 2019, 10 h 36
Selon une étude Ifop publiée mercredi, les personnes LGBT sont de mieux en mieux acceptées par la société françaises, mais de nombreux malaises perdurent.

L’enquête a été publie ce mercredi 26 juin. En 2019, 85% des personnes interrogées considèrent que l’homosexualité est « une manière comme une autre de vivre sa sexualité », alors qu’ils étaient 24% en 1975, selon cette enquête réalisée par l’Ifop pour la Fondation Jasmin Roy-Sophie Desmarais, en partenariat avec la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT).

Seuls 8% pensent encore que c’est « une maladie que l’on doit guérir ». Contre 42% en 1975, soit sept ans avant la dépénalisation de l’homosexualité. Et 7% considèrent encore aujourd’hui que c’est « une perversion sexuelle que l’on doit combattre » (22% en 1975).

Pas trop de marques d’affection en public

Les Français sont aussi plus ouverts concernant la manifestation de l’homosexualité dans l’espace public. Mais c’est encore loin d’être gagné : 33% trouvent « plutôt choquant » qu’un couple homosexuel s’embrasse dans un lieu public, en baisse de 30 points depuis 1996. Et le fait de se tenir la main choque 17% d’entre eux (-10 points). 

Autre chiffre : 41% des répondants sont mal à l’aise à l’idée que des enfants voient des personnes de même sexe s’embrasser sur la bouche, ou se tenir la main en public (25%).

Concernant la parentalité, 83% des Français pensent qu’« un couple homosexuel est capable d’assurer son rôle de parent aussi bien qu’un couple hétérosexuel ». Plus la personne interrogée fréquente des offices religieux, moins elle est d’accord (88% des personnes qui assistent uniquement à des cérémonies – mariage, baptême, etc – sont d’accord, contre 54% pour celles qui le font de manière hebdomadaire).

Pas de « normalisation intégrale »

« Il y a une acceptation croissante du principe d’homosexualité, mais elle ne doit pas être confondue avec sa normalisation intégrale », commente auprès de l’AFP François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop.

Pour le sondeur, les évolutions législatives (dont le mariage pour tous en 2013) et la plus grande représentation des familles homoparentales dans les médias ont contribué à légitimer ces familles. La plus grande acceptation n’anéantit toutefois pas certains clichés récurrents à l’égard des homosexuels. 

Certains métiers « devraient être interdits aux homosexuels »

Un Français sur cinq (20%) estime que « certaines professions où l’on est en contact permanent avec des enfants devraient être interdites aux homosexuels », indique l’enquête. 

Parmi les sondés, 27% se déclarent mal à l’aise en présence de personnes transgenres et 14% avec des personnes homosexuelles ou bisexuelles du même sexe qu’eux. Au total, 30% des Français ont au moins une fois été mal à l’aise avec des personnes LGBT.

10% des personnes interrogées estiment également que « les violences contre les homosexuels sont parfois compréhensibles ».

Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 mai au 3 juin 2019, auprès d’un échantillon de 3.013 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

(Avec AFP)

Crédit photo : Shutterstock.

L’article Les personnes LGBT mieux acceptées par la société française, mais des malaises subsistent est apparu en premier sur TÊTU.

Les équipes de Trump ont tenté de retirer le drapeau arc-en-ciel du monument national de Stonewall

mer. 26 juin. 2019, 10 h 28
Un site américain révèle des mails qui prouvent que des officiels américains voyaient d’un très mauvais oeil le rainbow flag de la propriété fédéral qui commémore les émeutes de Stonewall.

Non-contente de s’attaquer aux droits des personnes LGBT et de répandre des discours de haine, l’administration Trump en voudrait aussi à notre mémoire. Le site américain E&E News révèle, mails à l’appui, que le désormais chef de cabinet du ministère de l’Intérieur américain Todd Willens, a tenté de faire retirer le drapeau arc-en-ciel du monument national de Stonewall.

Todd Willens aurait ordonné le retrait du drapeau en octobre 2017. Une demande faite auprès du National Park Service, l’agence en charge des monuments nationaux américains. Le monument national de Stonewall est situé à New York, à Christopher Park. Soit à quelques dizaines de mètres du Stonewall Inn. Le mât tenait le drapeau était alors considéré comme une propriété de l’État fédéral américain, et donc sous gestion de la présidence.

A LIRE AUSSI : Stonewall Inn : un symbole de la lutte pour les droits LGBT

Refus des fonctionnaires

Si le drapeau n’a jamais été retiré du site, c’est grâce aux fonctionnaires du National Park Service. Dans les mails dévoilés, ils alertent Todd Willens sur leur « importante préoccupation sur la manière dont cette décision sera reçue par la communauté LGBT ». Ils évoquent même « un risque pour la sécurité du monument » si l’ordre était appliqué.

Un compromis a finalement été trouvé : la charge du mât et du monument a été transférée à la ville de New York, dont le maire démocrate Bill de Blasio s’est toujours présenté comme un allié des luttes LGBT.

A LIRE AUSSI : Avant Stonewall, ces émeutes oubliées de l’histoire des droits LGBT

Cet épisode montre une fois de plus l’hostilité dans les actes de l’administration Trump à l’égard des personnes LGBT, loin de son double discours étalé sur Twitter. Comble de l’hypocrisie, on apprend dans les mails que les équipes de Trump avaient déjà préparé des éléments de langage à opposer à la presse, dans le cas où le retrait du drapeau créerait une polémique.

A LIRE AUSSI : Deux femmes transgenres emblématiques de Stonewall vont avoir un monument à New-York

Crédit photo : Dimitrios Kambouris / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L’article Les équipes de Trump ont tenté de retirer le drapeau arc-en-ciel du monument national de Stonewall est apparu en premier sur TÊTU.

Willow Smith fait son coming-out et se confie sur ses relations

mer. 26 juin. 2019, 9 h 20
L’actrice et enfant de stars de 18 ans a profité de l’émission Facebook familiale « Red Table Talk », qui avait pour thème le polyamour, pour faire son coming-out.

Will, Jada, Willow et Jaden. Les Smith travaillent depuis longtemps leur image de famille parfaite de stars. On était pourtant passé à côté de leur dernière trouvaille : « Red Table Talk »Une émission diffusée sur Facebook où la grand-mère Adrienne, la mère Jada et la fille Willow reçoivent des invités pour échanger sur des sujets tabous. La dernière en date a cependant permis une belle chose : Willow Smith y a évoqué pour la première fois publiquement sa bisexualité.

Diffusé dans la nuit du 24 au 25 juin, heure française, le dernier épisode en date s’intitule « Relations non-conventionnelles : avoir plusieurs partenaires fonctionne-t-il ? ». Comprendre : trouble et polyamour. Un thème qui permet d’aborder des questions aussi gênantes que dispensables. Comme lorsque que Willow Smith demande à ma mère – dans le cadre d’un jeu de questions – si elle a déjà participé à un plan à trois.

A LIRE AUSSI : Connor Jessup de « American Crime » fait son coming-out

Sans craindre d’entretenir au passage un cliché récurrent sur la bisexualité, Willow Smith a profité qu’on lui demande son avis sur le polyamour pour ce que confier. « J’aime les hommes et femmes pareillement, donc j’aimerais être avec un homme et une femme, a expliqué l’actrice et chanteuse de 18 ans. J’ai le sentiment que je pourrais être ‘poly-fidèle’ envers ces deux personnes. »

Une séquence plutôt mignonne puisqu’elle se termine sur une remarque pleine d’acceptation de sa mère : « Peu importe tant que tu es heureuse ! »

A LIRE AUSSI : Jim Parsons explique comment il a changé d’avis sur le coming-out et les Prides

Unconventional Relationships: Can Multiple Partners Work?

Jada, Gammy and Willow explore alternatives to conventional marriage as they meet a “throuple” – 2 women and a man in a three-way romantic relationship. Plus, Jada and Willow embarrass Gammy by revealing their thoughts about multiple partner scenarios.

Publiée par Red Table Talk sur Samedi 22 juin 2019

Crédit photo : capture Intagram

L’article Willow Smith fait son coming-out et se confie sur ses relations est apparu en premier sur TÊTU.

VIDEO. Les pompiers de Strasbourg font tomber le haut

mar. 25 juin. 2019, 12 h 07
Comme chaque année, les pompiers de Strasbourg ont publié un teaser pour annoncer leur bal du 13 juillet. Et les vêtements étaient clairement en option.

C’est un rendez-vous que l’on préférerait presque à la fête de la musique. Comme chaque année, les pompiers de Strasbourg ont publié une vidéo pour faire la promotion de leur bal annuel, qui se tiendra le 13 juillet prochain. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce court clip ne risque pas de faire baisser la température dans votre bureau.

Repérée par France TV info, la vidéo met en scène plusieurs pompiers qui jouent aux cartes, en uniforme. Mais la sonnerie retentit. Ils enfilent alors leur marinière de fonction, et enchaînent les séquences parodiques de films ou de séries populaires, comme « Titanic », « Les Dents de la Mer » ou encore « Alerte à Malibu ». Il va sans dire que les soldats du feu ne gardent pas longtemps leurs tee-shirts, dévoilant leurs trapèzes, pectoraux et abdominaux.

https://www.facebook.com/baldespompiersdestrasbourg/videos/2216173318477976/

Pour la bonne cause

Mais n’allez pas croire que tout ceci est gratuit. D’ailleurs chez TÊTU, on préfère quand les gens se dénudent pour la bonne cause, comme Gus Kenworthy. Les fonds récoltés par le bal des pompiers de Strasbourg serviront notamment à acheter des cadeaux de Noël pour les enfants défavorisés, ou encore à financer des voitures électriques pour emmener des enfants hospitalisés au bloc opératoire…

Les fonds servent aussi à subventionner les activités associatives sportives des sapeurs-pompiers. Ce qui leur permettra, l’an prochain, de faire une vidéo avec encore plus de muscles.

A VOIR AUSSI : Ces rugbymens montent au front… sans leur froc ! 

Crédit photo : Capture Facebook 

L’article VIDEO. Les pompiers de Strasbourg font tomber le haut est apparu en premier sur TÊTU.

Marisol Touraine regrette ne pas avoir fait la PMA pour toutes en 2013

mar. 25 juin. 2019, 10 h 36
L’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine a regretté sur France Inter ce mardi 25 juin ne pas avoir « inclu la PMA pour tous les couples de femmes dans la loi sur le mariage pour tous ».

« Je l’ai regretté tout de suite. » Au micro de France Inter ce mardi 25 juin, Marisol Touraine a regretté que le gouvernement Hollande, auquel elle appartenait en 2013, n’ait pas inclus la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes les femmes dans la loi sur le mariage pour tous, en 2013.

« A partir du moment où il y avait d’ailleurs le débat autour de cette loi, un des grands acquis du quinquennat de François Hollande, il me semblait logique de poursuivre (…), a expliqué l’ancienne ministre de la Santé et actuelle présidente du conseil d’administration d’Unitaid. Je pense que la société française était déjà prête à l’époque et qu’elle l’est donc, a fortiori, encore plus aujourd’hui. »

.@MarisolTouraine sur la #PMApourToutes : "La société française était prête en 2013, elle l'est plus encore aujourd'hui. Il n'y a pas de droit à l'enfant, personne ne le défend, il y a des projets de couples qui ont besoin de s'appuyer sur la médecine pour procréer." #le79inter pic.twitter.com/gVrNkKDIhZ

— Claire Underwood (@ParisPasRose) June 25, 2019

« Les enfants qui naissent de la PMA naissent de couples qui s’aiment »

Marisol Touraine est également revenue sur les propos tenus par Sylviane Agacinski la veille, toujours au micro de France Inter. La philosophe avait notamment estimé qu’on « a des droits à quelque chose, pas à quelqu’un ».

« Je trouve qu’imaginer que la PMA, comme l’a dit Sylviane Agacinski hier à votre micro, serait une approche techniciste de la procréation, ne correspond pas à la réalité de vie des couples qui souhaitent avoir un enfant, lui a répondu Marisol Touraine, ajoutant au passage « qu’il n’y a pas de droit à l’enfant et que personne ne défend l’idée du droit à l’enfant ».

« En revanche il y a des projets, il y a des amours de couples qui ont besoin de s’appuyer sur la médecine pour procréer. C’est vrai pour des couples hétérosexuels et c’est vrai pour des couples homosexuels et je crois que les enfants qui naissent de la PMA naissent de couples qui s’aiment et qui ont un projet pour leurs enfants. »

A LIRE AUSSI : Filiation, anonymat des donneurs… : ce que contient le projet de loi bioéthique

Le projet de loi bioéthique, comprenant l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules doit être présenté en conseil des ministres fin juillet et débattu au parlement à partir de fin septembre.

Crédit photo : France Inter.

L’article Marisol Touraine regrette ne pas avoir fait la PMA pour toutes en 2013 est apparu en premier sur TÊTU.

La première télénovela centrée sur un couple gay débute au Mexique

mar. 25 juin. 2019, 10 h 30
La chaîne mexicaine Televisa a lancé sa première télenovela avec des personnages principaux gays. Et ce n’est pas la première fois que ces programmes sont progressistes…

Moquées pour leur caractère populaire et leur budget parfois limité, les télénovelas savent faire mieux que certaines séries en termes de représentation. La chaîne mexicaine de télénovelas Televisa a en effet lancé le 24 juin son premier programme où les personnages principaux sont gays. « El Corazon Nunca se Equivoca » (soit « Le Cœur Ne Se Trompe Jamais » en français) suit l’histoire d’amour entre les deux adolescents Aristoteles et Cuahutemoc, surnommé « Temo ».

Ces deux personnages sont respectivement incarnés par les acteurs Emilio Osorio et Joaquin Bondoni. Tous deux âgés de 16 ans, ils sont des habitués des télénovelas. Emilio Osorio a fait sa première apparition dans l’une d’elles alors qu’il n’avait pas un an.

A LIRE AUSSI : Connor Jessup de « American Crime » fait son coming-out

Un format plus progressiste qu’on l’imagine

L’histoire d’amour entre Aristoteles et Temo n’est pas inconnue aux amateurs des soaps latinos. « El Corazon Nunca se Equivoca » est en effet un spin-off de « Mi Marido Tiene Mas Familia » (Mon Époux a Plus la Famille), série où l’on avait vu les deux adolescents tomber amoureux. L’épisode final de la série originelle avait réuni 4 millions de téléspectateurs, soit la meilleure audience jamais enregistrée par Televisa.

Les personnages LGBT+ sont de plus en plus nombreux dans les télénovelas mexicaines. Comme chez leurs équivalents brésiliens et argentins. De fait, les soaps latinos ont été sur ce point en avance sur les programmes américains. Et encore plus sur ceux européens et français. Dès 1994, « Volver A Empezar » intégrait le personnage de Paul, le premier personnage ouvertement gay d’une télénovela diffusée sur Televisa.

A VOIR AUSSI : Votre enfant fait son coming-out ? Suivez les conseils d’une super maman

Crédit photo : capture Youtube

L’article La première télénovela centrée sur un couple gay débute au Mexique est apparu en premier sur TÊTU.

Deux stars queer auront leur étoile sur le « Walk of Fame » en 2020

mar. 25 juin. 2019, 9 h 09
La Chambre de commerce d’Hollywood, en charge des nominations sur le « Walf of Fame », a annoncé sa liste de nouvelles personnalités pour l’année prochaine.

En 2020, Hollywood Boulevard brillera de 35 nouvelles étoiles. La Chambre de commerce d’Hollywood, en charge du mythique « Walk of Fame », a annoncé les artistes qui seront ainsi honorés l’année prochaine. La conférence de presse dédiée était co-présentée par l’actrice Vanessa Williams (« Desperate Housewives » et « Ugly Betty »).

C’est par sa voix que l’on a appris que deux stars queer de plus auraient désormais leur étoile. C’est d’abord le présentateur télé ouvertement gay Andy Cohen qui a été annoncé. Fort d’une longue et solide carrière, il a aussi fait parler de lui sur le plan privé cette année, rendant publique l’arrivée de son fils Ben, grâce à une grossesse pour autrui. Sur Twitter, Andy Cohen s’est dit heureux « et choqué » de la récompense étoilée.

C’est ensuite dans la catégorie « spectacle vivant » que l’on trouve notre deuxième chouchou de la « classe 2020 » du Walk of Fame : Billy Porter. L’acteur et chanteur qui crève l’écran dans la série « Pose » a également célébré cette annonce sur les réseaux sociaux. Une bonne nouvelle qui s’ajoute à une autre très récente : le renouvellement de la série sur la culture ballroom pour une troisième saison.

A LIRE AUSSI : La star de « Pose » Billy Porter prône « l’amour contre la douleur » dans un titre émouvant

Alicia Keys et Batman

Parmi les 35 artistes, d’autres ont retenu notre attention. Julia Roberts et Alicia arriveront aussi l’année prochaine sur le Walk of Fame de Los Angeles. Des présences si évidentes qu’on pensait que l’actrice et la chanteuse avaient déjà leur étoile depuis longtemps. L’acteur de « Moonlight » Marshala Ali fait également partie de cette nouvelle promotion.

Dernière surprise : Batman aura lui aussi son étoile. On imagine qu’il s’agit de récompenser le personnage pour l’ensemble de sa carrière.

Crédit photo : Shutterstock

L’article Deux stars queer auront leur étoile sur le « Walk of Fame » en 2020 est apparu en premier sur TÊTU.

Sous Bolsonaro, la Marche des Fiertés de Sao Paulo fait le plein

lun. 24 juin. 2019, 19 h 53
La première Marche des Fiertés sous Bolsonaro a été un vrai succès pour les organisateurs. Mais la bataille des chiffres fait rage…

Les associations LGBT brésiliennes se sont félicitées du succès, ce weekend, de la Marche des Fiertés de Sao Paulo. Cette première pride sous l’ère de Jair Bolsonaro, président connu pour ses remarques homophobes et racistes, a vu une foule compacte cheminer dans les rues de la capitale brésilienne, suivant les 19 chars du cortège, dont l’un accueillait la « Spice Girl« , Mel C.

Bataille de chiffres

L’évènement aurait rassemblé près de 3 millions de personnes selon les organisateurs, quand les sources policières elles, annoncent des « dizaines de milliers de participants ». Pour Marcell, journaliste gay résidant à Sao Paulo, ce chiffre n’a rien à voir avec la réalité. « Il est difficile de croire aux chiffres officiels, il suffit de regarder les photos ». La pride de Sao Paulo est aussi réputée pour être l’une des plus grosses marches des fiertés de la planète.

Mais la police n’a pas attendue Jair Bolsonaro pour donner des chiffres radicalement différents de ceux des organisateurs. En 2016, les organisateurs annonçaient déjà 3 millions de participants, quand la police n’en avait compté que 190.000. En 2013, 4 millions contre 600.000.

Un président homophobe

Toutefois, pour les Brésiliens et les Brésiliennes, les chiffres de la police passent mal. « Il ferait n’importe quoi pour faire croire que cette marche est un échec », raconte encore Marcell. Le président brésilien, qui a qualifié « d’erreur » la décision de la Cour suprême de criminaliser l’homophobie, a également participé au plus grand rassemblement évangélique du Brésil quelques jours avant la marche des fiertés.

Et ses prises de position semblent générer une libération de la parole homophobe au Brésil. Interrogée par l’AFP, Monique Barber, 31 ans, affirme avoir été agressée verbalement au début de cette marche. « Nous avons un politicien homophobe et nous voyons les choses régresser. Imaginez, être agressée à la marche LGBT même », a-t-elle lancé. Comme beaucoup d’autres, elle est donc venue « lutter contre l’homophobie et l’irrespect ».

« Les préjugés ont un remède, l’éducation » pouvait-on lire sur le char de tête du défilé.  Mais vu le profil du ministre de l’éducation, les LGBT brésiliens risquent de devoir attendre encore un peu.

 

 

 

(Avec AFP) 

L’article Sous Bolsonaro, la Marche des Fiertés de Sao Paulo fait le plein est apparu en premier sur TÊTU.

Gang, violence et homosexualité… Rencontre avec le réalisateur du troublant film « Consequences »

lun. 24 juin. 2019, 19 h 31
Dans son premier long-métrage « Consequences », le réalisateur Darko Štante pose sa caméra dans un centre pénitencier pour mineurs. Le cinéaste y décrit une jeunesse slovène tiraillée entre violence et fluidité sexuelle. Interview.

Dans un environnement ultra-machiste, une tendresse entre garçons est-elle possible ? C’est ce que tente de montrer le Slovène Darko Štante avec Consequences. Dans son premier film, le cinéaste montre une adolescence téstostéronée mais pas si prude.

Andrej a 17 ans et c’est un ado difficile. La justice ordonne son placement dans un centre de détention pour jeunes. Là-bas, il rejoint très vite un groupe de jeunes délinquants, mené par Zelko, une petite brute qui fascine Andrej. Cette camaraderie virile faite de violence, de fête et de drogue va permettre à Andrej de mieux cerner sa sexualité.

Rencontre avec le réalisateur d’un film percutant sur une jeunesse bouffée par le machisme mais qui a terriblement besoin d’amour.

On a cru comprendre que vous avez vous-même travaillé dans un centre de détention pour mineurs. Vous vous êtes inspiré d’une histoire précise ? 

Darko Štante : J’y travaille encore ! Effectivement, c’est là que j’ai eu l’idée première du film. J’ai vu passer tellement de jeunes, tellement d’histoires différentes dans ce centre…  J’y ai rencontré un jeune condamné pour agression sexuelle. En échangeant avec lui, j’ai très vite compris qu’il était gay et qu’il avait des difficultés à assumer son orientation sexuelle. J’en ai parlé au psychiatre du centre mais il n’a pas voulu m’écouter. Il a balayé ça d’un revers de main: « Non. Il n’est pas gay. » Mais j’ai insisté. Je lui ai mis la pression devant l’encadrement. Et sa réponse a été cinglante : « Ecoute, si ce garçon était gay, il ne pourrait pas être dans cette institution. m’a-t-il répondu. Les autres garçons ne l’accepterait pas. Et nous non plus d’ailleurs. Il devrait partir. » Il ne m’a pas dit « Va te faire foutre », mais c’est ce que ça voulait dire.

« L’homophobie et le machisme sont profondément ancrées en Europe de l’Est. Pas seulement en Slovénie. »

Dans le film vos personnages ne parlent pas de leur sexualité. Il y a une incapacité à nommer son désir…

Ces gamins ne connaissent que la confrontation. Ils passent leur temps à se battre pour savoir qui est le meilleur, le plus fort… De leur point de vue, être gay, c’est être faible. Mais statistiquement c’est impossible qu’il n’y ait pas d’homosexuels parmi ces jeunes. Alors il faut scruter les entre-deux. Décoder leurs attitudes. Quand on traine avec eux et qu’on regarde comment ils jouent les uns avec les autres, comment ils se touchent quand ils se battent, on remarque qu’ils cherchent simplement le contact physique entre eux. Ce besoin d’amour et de tendresse est présent même s’ils ne l’admettront jamais. C’est ce qui se passe avec Andrej, le personnage de mon film. Il cherche seulement à être accepté. Pourquoi traine-t-il avec ces mauvais garçons ? Simplement parce qu’ils l’acceptent en un claquement de doigt.

La société slovène est-elle aussi machiste que le montre le film ? 

L’homophobie et le machisme sont profondément ancrées en Europe de l’Est. Pas seulement en Slovénie. C’est une culture qui traverse tout les Balkans. Et plus on descend vers le sud, pire c’est. Même si dans l’intimité, nous savons qu’il y a autant d’homosexuels qu’ailleurs en Serbie ou en Arabie Saoudite… D’une certaine façon, cette idée de penser que l’homosexualité n’existe pas dans nos sociétés m’amuse tellement elle est ridicule. Mais pour répondre à votre question, oui la Slovénie est un pays machiste. C’est difficile d’y être ouvertement gay. Pourtant d’un point de vue formel, c’est un pays libéral (la Slovénie a autorisé l’union civile entre personnes de même sexe. Mais une loi sur le mariage pour tous a été retoqué par référendum en 2015, ndr).

A LIRE AUSSI >>>Vers plus de droits LGBT en Slovénie

Ljubljana, la capitale, est une ville ouverte d’esprit. Si vous voyez deux garçons se donner la main, ça passe. Personne ne dira quoi que ce soit. Mais au delà de Ljubljana, c’est une toute autre histoire. Ils risqueraient de se faire arrêter. Surtout si c’est deux hommes. Deux femmes, ça peut passer encore. Elles essuieraient des commentaires. Combien de fois ai-je entendu des mères dire : « Si mon fils est gay, je le mets à la porte ! » Ou les pères dire : « Si mon fils était gay, je l’enfermerais dans une chambre avec une prostituée jusqu’à ce qu’il la baise. » Ils préfèreraient voir leur fils mort qu’homosexuel. La société slovène véhicule encore très fortement les stéréotypes de genres. Surtout en ce moment car les populistes émergent fortement à l’est. Ça devient un véritable problème.

Avec ce film votre intention était-elle de dire à vos compatriotes : « Regardez, c’est votre jeunesse. Voilà ce qui se passe aujourd’hui » ?

Exactement. En Slovénie, ce que je déteste le plus, c’est cette classe moyenne qui, si elle voit des scènes de sexe gay comme celles que je montre dans mon film, se met à pousser des cris d’orfraie. Elle ne voit pas la réalité de sa jeunesse. Prendre des drogues, baiser, vivre comme des dingues… C’est ainsi que la jeunesse slovène vit. Parce qu’elle n’a pas le sens du futur.

« Je voulais aussi montrer que dans la société actuelle, beaucoup de gens ressentent une forte pression à devoir choisir entre une sexualité hétérosexuelle ou homosexuelle. »

Il y a une jolie scène dans le film où le personnage principal danse en embrassant une fille tout en ayant la main sur les fesses de son ami. Vous pensez que la jeunesse d’aujourd’hui est plus fluide  sexuellement que les générations précédentes ?

Bien sûr ! Mais je voulais aussi montrer que dans la société actuelle, beaucoup de gens ressentent une forte pression à devoir choisir entre une sexualité hétérosexuelle ou homosexuelle. Mais on peut être attiré par les deux. Peut-être que le personnage de Zelko aime-t-il  Zvetlana et faire du sexe avec Andrej ? Ou le contraire, d’ailleurs ! Qu’importe ! 

Il y a beaucoup de scènes de sexe gay dans le film. Ça été difficile de convaincre les acteurs de tourner ces scènes  ?

Le défi ça n’a pas tant été le casting que les répétitions. (rires) Le sujet aurait pu rebuter certains jeunes acteurs mais d’un autre coté, les jeunes slovènes ont des points communs avec ceux d’Europe de l’Est : ils veulent tous être chanteurs et acteurs ! (rires) Alors quand tu organises une audition, tout le monde vient ! J’ai pris soin de bien les prévenir de la nature de film. Au départ, je voulais faire appel à des acteurs non-professionnels. Je leur disais: « Avez-vous quelque chose contre l’idée d’embrasser un autre garçon ? Le toucher ? » Tous me disaient : « Aucun problème ! » Mais au moment des auditions, ils approchaient souvent le rôle comme une blague. Ça ne marchait pas. Je ne voulais pas me moquer des personnes LGBT+. J’ai décidé de faire le tour des cours de comédie pour choisir de jeunes acteurs.

J’avais déjà dirigé Matej Zemljic, l’acteur qui joue le rôle d’Andrej, dans des petits projets où il n’était pas payé donc j’ai pensé à lui. Je voulais lui donner sa chance. Puis j’ai choisi une dizaine d’acteurs avec qui j’ai répété pendant 2 mois. Je ne savais pas qui jouerait quoi. Ils ont essayé tous les rôles. Certains on renoncé, d’autres non. Le plus grand challenge dans ce casting, c’était la violence, pas l’intimité. Ils n’avaient aucun problème à l’idée de s’embrasser, de se toucher ou de tourner des scènes de sexe. La scène où les garçons font l’amour avec une fille a été plus délicate à tourner. Ils m’ont simplement dit « Ok, essayons simplement de ne pas faire 100 prises pour cette scène, s’il te plait ». Je ne suis pas ce genre On a fait que 2 prises.

Ces acteurs sont très doués. Ils ont l’air très durs à l’écran mais à la ville, il sont très doux. Matej par exemple est l’opposé de son personnage. Il a pris énormément de muscle pour le rôle. Maintenant il est revenu à son poids. 

 

Aviez-vous d’autres réalisateurs en tête avant de signer ce film ?

Pas vraiment. Je voulais filmer à la manière des frères Dardenne, avec une démarche naturaliste. Pour la photographie, je voulais avoir des lumières qui rappelleraient le film Pusher de Nicolas Winding Refn. J’ai vu également le film Kids de Larry Clark… Mais c’était une influence diffuse. Mon inspiration venait plutôt des années 50 avec James Dean ou Marlon Brando. Dans certain plans, j’essayais de montrer Andrej comme Montgomery Clift.

Le film a-t-il été difficile à financer ? 

Non. Tout le monde aimait le script. Je n’ai pas eu de problèmes à trouver les fonds. Le gouvernement soutient les films d’auteurs. Les salaires des comédiens n’étaient pas très élevés et moi j’ai accepté de ne pas être payé. Mais grâce à ce film, certains de ces acteurs sont devenus des stars en Slovénie. 

« Un jour, un mec s’est levé en pleine séance et a hurlé : ‘Personne dans ce monde peut me forcer à regarder ce film jusqu’à la fin. Salut les pédales !' »

Comment le film a-t-il été reçu en Slovénie ? 

Il a été très bien reçu àLjubljana. Il a eu une belle vie dans les salles d’art et essai. Mais dans le reste du pays, ça a été beaucoup plus… difficile. Lorsque je me rendais dans les projections en province je prenais beaucoup de plaisir a attendre la première scène où les deux garçons s’embrassent pour découvrir les réactions du public. Les spectateurs étaient souvent très mal à l’aise. Certains soupiraient, d’autre se mettaient à tousser très fort, d’autres ne tenaient plus en place sur leur siège ou riaient…

A LIRE AUSSI >>>> « Champs d’Amours », l’exposition qui célèbre un siècle de cinéma LGBT

La plupart restaient dans la salle. Mais on a eu quelques mauvaises expériences. Un jour, un mec s’est levé en pleine séance et a hurlé « Personne dans ce monde peut me forcer à regarder ce film jusqu’à la fin. Salut les pédales ! » Puis il est parti avec ses deux amis. Lors d’une projection dans un lycée, un gamin a pété les plombs et m’a incendié pendant les questions/réponses. « Pourquoi avez vous fait ce film ? Pourquoi avez-vous fait du personne d’Andrej un pédé ? Pourquoi ne pouvait-il pas être simplement avec une fille ? » J’avais très envie de lui répondre « Tu sais ce qu’on dit des gens qui sont aussi mal à l’aise avec l’homosexualité ? » Mais je pense qu’il aurait fallu appeler la sécurité… (rires)

« Consequences » de Darko Štante avec Matej Zemljic, Timon Sturbej, Gasper Markun. En salles ce mercredi 26 juin 2019. (1h 33min)

Crédits images : Epicentre

L’article Gang, violence et homosexualité… Rencontre avec le réalisateur du troublant film « Consequences » est apparu en premier sur TÊTU.

« Champs d’Amours », l’exposition qui célèbre un siècle de cinéma LGBT

lun. 24 juin. 2019, 16 h 51
En collaboration avec la Cinémathèque, la Mairie de Paris accueille l’exposition « Champs d’Amours, 100 ans ans de cinéma arc-en-ciel« . Une réussite, dont TÊTU est partenaire, à voir gratuitement du 25 juin au 28 septembre à l’Hôtel de Ville.

1919-2019. L’évolution de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transidentité au cinéma a été longue. Et il reste encore du chemin. En un siècle cependant, le septième art a déjà eu le temps de révolutionner sa manière de représenter les personnes LGBT. Et de changer quelques mentalités au passage. C’est dans ces décennies cruciales que nous plonge la très belle exposition « Champs d’Amours, 100 ans ans de cinéma arc-en-ciel » qui ouvre le 25 juin.

Prolifique, l’exposition nous offre affiches, photographies, livres, costumes, scénarios de films LGBT. Ainsi que 95 extraits de longs-métrages (et 10 courts en intégralité). On y croise pêle-mêle Jean Cocteau, Adèle Haenel, Mahershala Ali, Arnaud Valois, Divine, ou encore Andy Warhol…

A LIRE AUSSI : Sept films pour fuir la météo capricieuse du mois de juin

Une somme de matériaux importante pour mieux comprendre comment nos histoires ont été représentées au cinéma. Mais loin de nous assommer de science, l’ambitieuse « Champs d’Amours » réussit à s’adresser au grand public, tout en ravissant les plus cinéphiles.

Mars Films Mater un film aux urinoirs

Un équilibre que l’on doit aux cinq commissaires de l’exposition (le commissaire général Alain Burosse et ses quatre co-comissaires Laurent Bocahut, Michèle Collery, Jean-Baptiste Erreca et Didier Roth-Bettoni) qui ont travaillé pour la mairie de Paris, en collaboration avec la Cinémathèque. « Un travail en commun indispensable« , nous a confié le commissaire général.

Mais aussi aux trouvailles scénographiques ludiques de Pascal Rodriguez, Matéo Baronnet et Raymond Belle. Après un couloir de rappels historiques et cinématographiques aux couleurs de l’arc-en-ciel, on déambule dans huit salles thématiques qui explorent les questions du Paris gay, de la censure, des festivals, des succès grands publics, etc.

Sans tout dévoiler, ces salles réservent quelques pépites de mise en scène. Et notamment la salle du « Petit Coin », interdite aux moins de 16 ans, où les films se cachent parmi les urinoirs et les glory holes. Plus loin, on est fasciné par « Séance de Minuit » de José Cunéo, une commande expresse de l’exposition, où l’artiste recrée une salle de cinéma aux spectateurs iconiques. Les yeux les plus vigilants reconnaîtront au milieu des célébrités la maire de Paris Anne Hidalgo, drapeau arc-en-ciel en main et entourée de trois Soeurs de la Perpétuelle Indulgence.

Pyramide Distribution

A LIRE AUSSI : Les douze films sélectionnés à Cannes que l’on a (très) hâte de voir

Prendre des notes

Très enrichissante, « Champs d’Amour » prend pour point de départ « Autre que les autres », un film allemand oublié, datant de 1919. Ce film – dont un extrait est présenté au début de l’exposition – est le premier à clamer qu' »être amoureux de quelqu’un de son propre sexe est aussi noble et pur que d’aimer quelqu’un du sexe opposé ». A l’époque, il s’oppose frontalement au paragraphe 175 du Code Pénal allemand qui condamne l’homosexualité. Ce qui lui vaudra d’ailleurs de voir toutes ses copies détruites par les nazis. Jusqu’à ce qu’une bande survivante ne soit retrouvée en Ukraine.

L’exposition montre également à quel point le cinéma LGBT a gagné en quantité et en qualité aux cours des dernières décennies. Plongé parmi des oeuvres mythiques (« Querelle », « Mulholland Drive », « 120 Battements par Minute »…) et d’autres plus confidentielles, on repart excité à l’idée d’aller au cinéma pour cocher quelques cases de notre liste de films à voir – qui vient subitement de s’allonger. Ça tombe bien, la Cinémathèque a prévu une retrospective du 19 juin au 11 juillet, « Révoltes sexuelles, révolutions visuelles, 100 ans de cinéma arc-en-ciel ».

Memento Films Distribution

L’exposition « Champs d’Amours, 100 ans ans de cinéma arc-en-ciel » est accessible gratuitement du 25 juin au 28 septembre à la Mairie de Paris. Accès par la rue Lobau.

Crédit photo : Greg Gorman

L’article « Champs d’Amours », l’exposition qui célèbre un siècle de cinéma LGBT est apparu en premier sur TÊTU.

Connor Jessup de « American Crime » fait son coming-out

lun. 24 juin. 2019, 16 h 37
L’acteur canadien Connor Jessup a fait son coming-out médiatique sur Instagram. Il est notamment connu pour ses rôles dans « American Crime » et « Falling Skies ».

« J’ai su que j’étais gay quand j’avais 13 ans, mais je l’ai caché pendant des années ». C’est par ces mots que l’acteur canadien Connor Jessup a fait son coming-out médiatique lundi, sur son compte Instagram. Connu pour ses rôles dans « American Crime » et « Falling Skies », il a expliqué être « out » depuis longtemps dans sa vie privée, mais souhaite désormais le partager avec le monde entier.

« Ça m’a pris des années »

« Je suis un homme blanc, cisgenre, d’une famille de la classe moyenne supérieure. L’acceptation n’a jamais été une question. Mais pourtant, ça m’a pris des années avant de le dire. Je le dis maintenant parce que je ne l’avais jamais dit explicitement avant. » 

View this post on Instagram

I knew I was gay when I was thirteen, but I hid it for years. I folded it and slipped it under the rest of my emotional clutter. Not worth the hassle. No one will care anyway. If I can just keep making it smaller, smaller, smaller…. My shame took the form of a shrug, but it was shame. I’m a white, cis man from an upper-middle class liberal family. Acceptance was never a question. But still, suspended in all this privilege, I balked. It took me years. It’s ongoing. I’m saying this now because I have conspicuously not said it before. I’ve been out for years in my private life, but never quite publicly. I’ve played that tedious game. Most painfully, I’ve talked about the gay characters I’ve played from a neutral, almost anthropological distance, as if they were separate from me. These evasions are bizarre and embarrassing to me now, but at the time they were natural. Discretion was default, and it seemed benign. It would be presumptuous to assume anyone would care, yeah? And anyway, why should I have to say anything? What right do strangers have to the intimate details of my life? These and other background whispers––new, softer forms of the same voices from when I was thirteen, fourteen, fifteen…. Shame can come heavy and loud, but it can come quiet too; it can take cover behind comfort and convenience. But it’s always violent. For me, this discretion has become airless. I don’t want to censor––consciously or not––the ways I talk, sit, laugh, or dress, the stories I tell, the jokes I make, my points of reference and connection. I don’t want to be complicit, even peripherally, in the idea that being gay is a problem to be solved or hushed. I’m grateful to be gay. Queerness is a solution. It’s a promise against cliche and solipsism and blandness; it’s a tilted head and an open window. I value more everyday the people, movies, books, and music that open me to it. If you’re gay, bi, trans, two-spirit or questioning, if you’re confused, if you’re in pain or you feel you’re alone, if you aren’t or you don’t: You make the world more surprising and bearable. To all the queers, deviants, misfits, and lovers in my life: I love you. I love you. Happy Pride!

A post shared by Connor Jessup (@connorwjessup) on Jun 23, 2019 at 8:01pm PDT

« Je suis out depuis des années dans ma vie personnelle. Mais pas publiquement. J’ai joué ce jeu fastidieux. J’ai joué des personnages gays avec une distance presque anthropologique, comme s’ils étaient différents de moi » raconte-t-il, faisant référence à ses rôles, en 2015, dans « Closet Monster », ou dans « Fragments ».

Mais désormais, il ne veut plus se cacher. « Je ne veux pas censurer – consciemment ou non – la manière dont je parle, m’assois, ris ou m’habille, les histoires que je raconte, les blagues que je fais, mes références. Il est hors de question que je sois complice de l’idée qu’être gay est un problème à résoudre ou à taire. 

« Je vous aime »

« Je suis reconnaissant d’être gay. Être queer est une solution. C’est une promesse contre les clichés, le solipsisme et la fadeur. C’est une tête inclinée et une fenêtre ouverte. Je chéris chaque jour les gens, les films, les livres et la musique qui m’ont ouvert à cela. Si vous êtes gay, bi, trans, en questionnement, si vous êtes confus, si vous souffrez, si vous vous sentez seuls ou rien de tout cela : vous rendez le monde plus surprenant et supportable. A tous les queers, les déviants, les inadaptés, et les amoureux dans ma vie : je vous aime. » 

Ce coming-out est un acte courageux pour le jeune acteur. Plusieurs acteurs d’Hollywood ont récemment raconté les difficultés qu’ils avaient rencontré après leur coming-out médiatique. Espérons qu’en 2019, il n’aura pas à subir les refus des directeurs de casting.

A LIRE AUSSI : En 2019, Hollywood a encore un problème avec les acteurs ouvertement LGBT

Crédit photo : Optimale

L’article Connor Jessup de « American Crime » fait son coming-out est apparu en premier sur TÊTU.

L’association américaine de psychanalyse s’excuse d’avoir qualifié l’homosexualité de maladie

lun. 24 juin. 2019, 15 h 00
L’Association américaine de psychanalyse a présenté ses excuses pour avoir qualifié l’homosexualité de maladie, affirmant que « la compréhension de l’homosexualité et de l’identité de genre » pouvait avoir été façonnée par la profession psychanalytique.

C’est une déclaration importante. L’Association américaine de psychanalyse (ApsaA) s’est excusée vendredi 21 juin d’avoir qualifié l’homosexualité de maladie mentale.

« Malheureusement, une partie de la compréhension de l’homosexualité et de l’identité de genre de cette époque peut être attribuée à l’établissement psychanalytique américain, a expliqué le président de l’APsaA Lee Jaffe.

« C’est important pour guérir les traumatismes du passé »

Et d’ajouter : « Il est temps de reconnaître et de présenter des excuses pour notre rôle dans la discrimination et les traumatismes causés par notre profession. Nous savons tous qu’entendre les mots ‘nous sommes désolés’ est important pour guérir les traumatismes du passé. »

A LIRE AUSSI : Chloë Grace Moretz : « Je veux m’asseoir avec Donald Trump et Mike Pence et leur parler des droits des personnes LGBT+ »

Comme le soulignent nos confrères de PinkNews, l’ApsaA avait classé l’homosexualité comme un trouble dans le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-I) en 1952, avant d’en être retirée en 1973. L’agence de presse Reuters, qui relaie l’information, rappelle que ces excuses interviennent au moment du cinquantième anniversaire des émeutes de Stonewall.

Crédit photo : Shutterstock.

L’article L’association américaine de psychanalyse s’excuse d’avoir qualifié l’homosexualité de maladie est apparu en premier sur TÊTU.

Filiation, anonymat des donneurs… : ce que contient le projet de loi bioéthique

lun. 24 juin. 2019, 13 h 01
Le projet de loi bioéthique, comprenant l’ouverture de la PMA pour toutes, sera présenté en conseil des ministres à la fin du mois de juillet. TÊTU a pu consulter les 32 pages de ce texte et vous en résume les principaux enseignements.

C’est un texte très attendu. Plusieurs médias, dont TÊTU, ont pu consulter le projet de loi bioéthique porté par la ministre des Solidarités et de la santé Agnès Buzyn, la ministre de la Justice Nicole Belloubet et la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal.

En préambule, l’exposé des motifs rappelle que « le gouvernement a souhaité dessiner un cadre permettant à la liberté de chacun de s’exprimer, dans le respect de l’intérêt collectif (…) tout en accordant une place particulière aux situations de souffrance voire de drame que rencontrent certaines personnes. »

Ouverture de la PMA à toutes les femmes

Sans surprise, l’article 1 prévoit « l’élargissement à l’assistance médicale à la procréation (AMP ou PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires ». « La prise en charge par l’assurance maladie reste identique ([jusqu’à] 43 ans) et est étendu aux nouveaux publics éligibles », peut-on lire dans l’exposé des motifs.

A LIRE AUSSI : PMA pour toutes : « Je n’ai plus le temps d’attendre »
Dans le détail, les articles L. 2141-2 et L. 2141-3 sont remplacés par les dispositions suivantes : « Art. L. 2141-2 – Tout couple formé d’un homme et d’une femme ou de deux femmes ou toute femme non mariée, a accès à l’assistance médicale à la procréation après une évaluation médicale et psychologique par l’équipe mentionnée à l’article L. 2141-10. »

Conservation des gamètes

L’article 2 porte sur la conservation des gamètes (spermatozoïdes, ovocytes) qui sera autorisée « dans des conditions strictes de mise en oeuvre ». Interrogée par nos confrères du JDD, Agnès Buzyn a expliqué vouloir un âge minimum de « 30 ou 32 ans », afin « d’éviter une baisse de la natalité due notamment à l’allongement des études ».  

Le texte souligne que cette « activité est réservée aux centres publics et privés à but non lucratif » et que si le « prélèvement de gamètes sera pris en charge par l’assurance maladie », la conservation, elle, « restera à la charge des bénéficiaires. »

Anonymat du donneur

La question de l’anonymat du donneur n’a pas encore été tranchée et le projet de loi, dans son état actuel, envisage deux possibilités. La première, celle souhaitée par le député LREM Jean-Louis Touraine, auteur du rapport du même nom, permet aux personnes nées de PMA « d’accéder aux informations non identifiantes relatives au tiers donneurs et à son identité » sans condition, à leur majorité. Il s’agit de l’âge du donneur, de son état de santé au moment du don, de ses caractéristiques physiques, de sa situation familiale et professionnelle, de son pays de naissance et des motivations de son don.

PMA : trois quarts des Français pour la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes
La seconde option prévoit le même droit, sauf qu’il serait conditionné au consentement du tiers donneur « au moment de la demande d’accès ». Toutes ces informations seront gérées par l’Agence de la biomédecine via une commission d’accès aux origines qui accueillera les demandes des personnes nées de don.

Toujours interrogée par le JDD, Agnès Buzyn semble pencher pour la première option, puisqu’elle a assuré que l’anonymat « au moment du don sera préservé », mais que l’enfant pourra « avoir accès à son histoire et à l’identité de son donneur quand il aura atteint ses 18 ans. »

Mode de filiation

Dernier point, sans doute le plus important, prévu dans l’article 4 du projet de loi : le mode de filiation, c’est-à-dire la manière juridique dont sera reconnu la parenté. Là encore, le gouvernement n’a pas encore tranché.

Les deux options prévoient la création d’un « dispositif d’établissement de la filiation par déclaration anticipée de volonté ». La première consiste à créer un nouveau régime pour les couples bénéficiaires d’une PMA avec donneur, qu’il s’agisse d’hétérosexuels ou d’homosexuelles. La seconde prévoit également l’instauration d’une « déclaration anticipée de volonté », mais réservée aux seuls couples de lesbiennes et non aux hétérosexuels.

A LIRE AUSSI : Filiation et PMA : qu’a dit exactement Nicole Belloubet sur France Inter ?

Agnès Buzyn a expliqué au JDD être favorable à première option : « Il faut établir une filiation qui a la même portée et les mêmes effets que la filiation biologique ou adoptive sans bouleverser le droit de la filiation actuel ».

Même tonalité dans l’exposé des faits où il est écrit que que cette possibilité « assure l’égalité entre les enfants ainsi qu’entre les parents qu’ils soient de même sexe ou de sexes différents. » 

Comme nous vous l’annoncions le 12 juin dernier, la reconnaissance des enfants nés de GPA à l’étranger ne figure pas dans ce projet de loi.

Les questions de l’anonymat du donneur et de la filiation seront tranchées d’ici au 26 juillet prochain, date ou le projet de loi doit être présenté en conseil des ministres, avant son passage fin septembre au Parlement.

 Crédit photo : wikimedia commons.

L’article Filiation, anonymat des donneurs… : ce que contient le projet de loi bioéthique est apparu en premier sur TÊTU.

VIDEO. Pourquoi j’ai changé d’avis sur la Marche des Fiertés

lun. 24 juin. 2019, 10 h 19
Ce jeune homme boudait les Pride… et désormais il n’en loupe plus une. Maxime Haes nous explique comment il a compris l’importance des Marches des Fiertés.

Quand une amie lui propose, à 18 ans, de marcher lors de la Pride de Paris, Maxime Haes refuse tout net. Il est gay, il l’assume, ça ne pose aucun problème dans sa famille. Mais de là à brandir un drapeau arc-en-ciel, il y a un pas. « J’avais cette réthorique, de dire que c’était ma vie privée, que ça ne regardait personne, se souvient celui qui est désormais consultant marketing à New York. » Aujourd’hui il voit dans ce comportement une forme d’« homophobie intériorisée » qui le poussait à se rendre invisible. A prendre des postures, une démarche, une voix, conformes à des critères virilistes. Être gay, d’accord, mais surtout ne pas prendre trop de place : « Il ne fallait PAS que je parle de mon homosexualité ».

Mais à force de discussion avec son amie, et après la lecture d’un article du médecin et chroniqueur Baptiste Beaulieu, le jeune homme revoit son jugement. Dans ce texte de 2013, il est question de représentativité, de visibilité, et des adolescent·es qui découvrent leur homosexualité alors que la Manif pour tous occupe le terrain médiatique et la rue pour prôner un modèle unique de famille, d’amour et de sexualité.

« En fait j’ai le droit d’être qui je suis, comprend alors Maxime. » Et c’est un peu grâce à ceux qui marchent.

LIRE AUSSI : Marche des fiertés à Saint-Denis : « La banlieue aussi a une vie queer »

Et pour retrouver plus de vidéos TÊTU, abonnez-vous à notre chaîne YouTube !

Crédits photos : Maxime Haes

L’article VIDEO. Pourquoi j’ai changé d’avis sur la Marche des Fiertés est apparu en premier sur TÊTU.

Un enfant remercie le couple qu’il l’a aidé sans le savoir à faire son coming-out

lun. 24 juin. 2019, 9 h 34
L’histoire partagée par un couple de texanes montre une fois de plus l’importance de la visibilité des personnes LGBT+.

Les deux femmes ignoraient avoir joué un rôle aussi important avec un geste si simple. Alors qu’elle venait récupérer un colis déposé sur son seuil, Sal Stow a trouvé l’émouvant mot laissé sur leur paillasson un jeune voisin.

« Salut. Vous ne me connaissez pas, mais mon nom est *****, peut-on lire sur la lettre partagée sur Facebook par Sal Stow, qui a pris le soin de masquer le prénom de l’auteur. Nous déménageons aujourd’hui, mais je voulais vous remercier. Voir le drapeau de fiertés flotter si fièrement devant votre maison tous les jours m’a donné le courage de faire mon coming-out auprès de ma famille et d’être plus à l’aise avec qui je suis ». 

A LIRE AUSSI : « Je suis homophobe et mon fils est gay », un père se repent dans un message émouvant

Le mot est accompagné d’un dessin (que l’on imagine être un auto-portrait), d’un enfant portant les drapeaux trans et pansexuels. Meghan Stabler, la compagne de Sal Stow a également partagé ce message sur Twitter. Pour elle, ce message rappelle à quel point la visibilité des personnes LGBT+ est importante, notamment pour les plus jeunes.

I just went out to collect 2 packages from the doorstep (at my partner Meghan’s house, that I call home) only to find…

Publiée par Sal Stow sur Mercredi 19 juin 2019

Drapeaux interdits

Le fait d’accrocher un drapeau sur son perron est très courant aux États-Unis. Mais celui de Sal Stow et Meghan Stabler prend un sens tout particulier. Le couple vit en effet dans le comté de Williamson, au Texas. Un endroit où les autorités locales ont interdit aux bâtiments officiels de pavoiser aux couleurs arc-en-ciel.

Meghan Stabler n’est pas une inconnue outre-Atlantique. Cette femme trans a travaillé au Conseil d’Administration de Human Rights Campaign et avec le président Obama. En 2014, elle avait été nommé « Mère de l’année » par le magazine Business Wire.

A LIRE AUSSI : 1943, la déchirante lettre d’amour d’un marin à son amant disparu

Crédit photo : capture Twitter

L’article Un enfant remercie le couple qu’il l’a aidé sans le savoir à faire son coming-out est apparu en premier sur TÊTU.

Une candidate de Koh Lanta fait son coming out en direct

sam. 22 juin. 2019, 14 h 35
La candidate Clo a fait son coming out lors de la finale de Koh Lanta, faisant de cette 20e saison de l’émission d’aventure la plus queer de son histoire.

Un candidat LGBT peut en cacher  un autre. Clo, l’une des finalistes de « Koh Lanta : la guerre des chefs » a fait son coming out sur TF1 en direct vendredi soir. « Il ne me reste plus qu’une chose à accomplir maintenant dans ma vie, c’est trouver la femme de ma vie! » a confié la jeune femme à Denis Brogniart devant les caméras. « C’est ce que je vous souhaite! », lui a répondu l’animateur.

Ce coming-out a provoqué l’émotion des internautes, qui ont félicité la candidate malheureuse. Elle a en effet échoué, dès la première épreuve, à trouver le poignard qui aurait pu la conduire à la victoire, finalement remportée par Maud.

https://twitter.com/GouverneurMano1/status/1142189439218847744

 

https://twitter.com/cha_mare/status/1142188892382269442

Une édition très queer

Mais ce coming-out confirme aussi que cette édition est la plus queer de l’histoire de Koh Lanta. Cyril, candidat ouvertement gay de l’émission, que nous avions interviewé dans TÊTU, était d’ailleurs assis à côté d’elle lors de la finale. Après avoir fait son coming-out, la candidate lui a  adressé un petit geste complice.

« C’est important d’avoir une représentation LGBT dans l’émission » : Cyril, candidat de « Koh-Lanta », homo et fier

Cyril avait reçu, il y a quelques semaines, la visite de son petit ami dans l’aventure, alors que les proches des participants étaient invités à les rejoindre. Il s’était alors félicité sur Instagram d’être « le premier couple, à s’embrasser et montrer une réelle visibilité…! » et s’est dit « conscient de l’impact que ce passage rendra à l’écran. » 

View this post on Instagram

Épisode 13 – Les proches Le moment qu’on attendait tous! Le confort avec les proches, nous en rêvions et nous sommes tous très fier de les faire venir sur notre île. Le fait qu’ils participent au jeu nous remplit de joie. C’est un petit bout d’aventure qu’ils partagent avec nous. Voir arriver Thomas est un des moments les plus fort de l’aventure. Mes pensées sont tournées vers lui, il est ma force. Le fait de faire venir un couple gay dans cette aventure est à lui seul une victoire. C’est un message fort que je tenais à partager dans cette émission dont je rêve depuis tant d’années. Je ne gagne pas le jeu car nous sommes trop chamboulé pour mettre une bonne stratégie en place. Il est compliqué de réfléchir quand l’émotion prend le pas sur l’aventure. #leslettres Nous ne sommes pas le premier couple gay présenté à l’écran dans Koh Lanta, mais bel et bien le premier officiel, à s’embrasser et montrer une réelle visibilité…! Même si je n’ai jamais fait cette émission pour être le représentant d’une cause, je suis néanmoins conscient de l’impact que ce passage rendra à l’écran. J’ai pu voir des tweets ou messages choqués de ce baisé à une heure de grande écoute, heureusement ils sont minimes et je plains ces ignorants qui restent fermés à l’évidence et au vrai monde qui les entoure…. Je ne suis pas venu dans cette aventure pour me faire voir où même accepter, il y a bien longtemps que j’ai compris que le seul regard qui import c’est celui que je pose sur moi… C’est une force que d’avoir confiance et si j’ai pu douter de moi, de mes capacités , pas une minute je n’ai douté de la légitimité que j’ai à vivre avec les mêmes droits que tout le monde… -Si je commets un meurtre j’ai les mêmes droits que tout le monde, si je veux donner la vie ce même droit n’est plus le même … #laguerredeschefs #kohlantatf1 #kohlanta #confort #lesproches #love #instagay #proud #pma #gpa #egalite #avenir

A post shared by Cyril KohLanta (@cyrilkohlanta) on Jun 19, 2019 at 11:38pm PDT

Avec le coming-out de Clo, on ne peut que le confirmer : rarement on avait vu autant de personnes LGBT dans cette émission de TF1 diffusée en prime-time, et regardée par des millions d’adeptes.

 

Crédit photo : Capture TF1 

L’article Une candidate de Koh Lanta fait son coming out en direct est apparu en premier sur TÊTU.

Pages