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Mis à jour : il y a 4 heures 20 min

Harcèlement scolaire : une adolescente de 14 ans se suicide après deux ans de calvaire

ven. 22 oct. 2021, 19 h 43
Une enquête a été ouverte dans le Haut-Rhin après qu'une adolescente de Kingersheim, près de Mulhouse, s'est donné la mort par pendaison début octobre. Sa famille témoigne qu'elle avait été victime d'un long harcèlement scolaire. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

C'est sa mère qui a trouvé la jeune fille pendue dans sa chambre. France Bleu Alsace révèle qu'une adolescente de 14 ans à peine s'est donné la mort le 5 octobre après avoir subi, rapporte sa famille, un harcèlement scolaire depuis plus de deux ans.



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Le drame s'est noué dans le Haut-Rhin, dans la commune de Kingersheim près de Mulhouse. Selon son frère cité par la radio locale, Dinah "se faisait harceler depuis la 4e", régulièrement prise à partie dans son collège par un groupe de filles qui la traitaient de "sale lesbienne" ou encore "sale Arabe".

Une marche blanche pour Dinah

Nos confrères rapportent encore que "malgré une confrontation au collège, son quotidien n'aurait pas changé". À telle enseigne que l'adolescente fait une première tentative de suicide en mars dernier, ce qui lui vaut toujours selon son frères des lettres odieuses : "C'était écrit 'la prochaine fois on espère que tu arriveras à mourir'"

Une enquête est en cours, a indiqué la procureure de la République de Mulhouse à France Bleu, à qui la famille a par ailleurs annoncé sa volonté de porter plainte contre X ainsi que contre le collège.

Pour rendre hommage à Dinah, sa famille organise une marche blanche ce dimanche 24 octobre à Mulhouse, au départ à 15 heures de la place de la Réunion.

Si vous êtes victime de harcèlement, ne restez pas seul·e. Des lignes d'écoute sont disponibles, comme Suicide écoute, disponible 24h/24 et 7/j7 au 01 45 39 40 00. SOS homophobie dispose également d'un chat d'écoute en ligne et d'une ligne d'écoute anonyme au 01 48 06 42 41.



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Crédit photo : illustration/Unsplash

P.R2B appelle à l'évasion avec son nouveau single "Rayons Gamma"

ven. 22 oct. 2021, 14 h 51
Pour la sortie de son premier album Rayons Gamma, Pauline Rambeau de Baralon – P.R2B pour les intimes – a dévoilé le clip de son titre éponyme. Un titre mélancolique et lumineux. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Ce vendredi 22 octobre est un jour particulier pour P.R2B : c'est à cette date-là que débarque, enfin, son tout premier opus Rayons Gamma. Et quoi de mieux pour honorer cet album qu'un clip pour son single du même nom. Pour épouser au mieux les paroles de "Rayons Gamma", la jeune chanteuse nous propose un moment d'évasion, entre ami·es, loin des tracas citadins.

"Alors c'est comme ça, on faisait comment déjà, sans les rayons gamma ? Si on changeait tout ça, je sais qu'on survivra, comme les rayons gamma" chante P.R2B. Une "envie insoutenable de s'évader" qui résonne avec l'état d'esprit général post-confinement.



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Après ses précédents morceaux "La Chanson du bal" et "Ma meilleure vie", Pauline Rambeau de Baralon aka PR2B continue de déployer une musique sensible et finement élaborée. Jusqu'ici, sa discographie s'apparente à une fusion mesurée et enthousiasmante entre la variété française et des sonorités synthétiques, tendant même vers des accents électro assumés.

Fameux mélange que l'artiste originaire du Cher se fera une joie de défendre sur scène, puisqu'une flopée de concerts aux quatre coins de l'Hexagone est déjà programmée. P.R2B s'invitera notamment à Lyon le 9 mars 2022 au KAO, avant de prendre le chemin de la capitale pour un concert parisien le 23 mars à la Cigale. Pour prendre connaissance de l'intégralité de sa tournée, c'est juste ici.

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Crédit photo : Naïve Records via capture d'écran YouTube

Après la Russie et la Hongrie, la Pologne examine une loi anti-LGBT

ven. 22 oct. 2021, 13 h 58
Une proposition de loi intitulée "Stop LGBT" doit être examinée en Pologne la semaine prochaine. Elle vise à interdire la "propagande homosexuelle dans l'espace public". googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

On aurait pu penser que les LGBTphobies d'État en Pologne allaient refluer. Le retrait de plusieurs proclamations de zones "sans idéologie LGBT" permettait d'espérer un mieux. Mais la semaine prochaine, les parlementaires doivent examiner une proposition de loi d'initiative citoyenne dont l'intitulé dit tout de son ambition : "Stop LGBT".



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Copiée-collée de celle adoptée dans la Hongrie de Viktor Orban, elle même importée de la Russie de Vladimir Poutine, cette loi entend interdire la "propagande homosexuelle dans l'espace public", indique le quotidien polonais Gazeta Wiborcza. Mais aussi de rendre illégale la "promotion d'orientations sexuelles autres que l'hétérosexualité", "la remise en cause du mariage en tant qu'union entre un homme et une femme" ainsi que "la promotion de l'activité sexuelle chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans". Et le texte de préciser que la "promotion" signifie "toute forme de diffusion, d'agitation, de lobbying, de déclarations, d'attentes, de demandes, de recommandations". Une mesure qui mettrait à mal toute prévention contre le VIH et les IST auprès des jeunes.

Ce n'est pas tout puisqu'il s'agit également d'interdire "l'utilisation de symboles religieux d'une manière qui pourrait heurter les sentiments religieux" ou encore l'usage "d'emblèmes ou de drapeaux transformés artistiquement" et "tout objet à caractère érotique ou sexuel, en particulier les objets imitant la reproduction d'organes". Objectif : "défendre la constitution de la Pologne", cite Polish news. "Si le parlement polonais approuve cette loi, cela rendra les actions de la communauté LGBTQI+ encore plus difficile qu'en Russie avec la loi anti-propagande", regrette sur Twitter le directeur de l'ONG Forbidden Colours, Remy Bonny.

Dans la lignée des propos LGBTphobes de l'exécutif

La proposition de loi, qui a été inscrite à l'agenda parlementaire au 28 et 29 octobre, est accompagnée d'une pétition de soutien recueillant quelque 140.000 signatures, a-t-on appris ce jeudi 21 octobre. Poussée par la "Fondation pour la vie et la famille", le texte est défendu par Kaja Godesk, militante ultra radicale connue pour ses positions anti-avortement. Pour l'heure, il est difficile d'évaluer si la proposition de loi aura un écho favorable auprès des députés.

Mais les déclarations de l'exécutif ne présagent rien de bon pour les personnes LGBTQI+. Pour le président Andrejz Duda "l'idéologie" LGBTQI+ est "proche du néobolchévisme". Pour le ministre de l'Education, cette "idéologie" "a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien". Selon lui, les personnes LGBTQI+ "ne sont pas égales aux gens normaux" - sic.

Un référendum en Hongrie début 2022

Face à ces dérives, la Pologne est accusée par les institutions européennes de ne pas respecter les traités en discriminant les personnes LGBTQI+. La Commission européenne a lancé une procédure d'infraction contre le pays, pouvant aboutir à des sanctions diplomatiques et financières. Elle a également menacé de priver cinq régions polonaises de subventions. Nouvellement élu à la tête du groupe Renew, l'eurodéputé ouvertement gay Stéphane Séjourné a appelé la Commission à se saisir du mécanisme d'État de droit. Face à cette pression, le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a assuré qu'il ne "céderait pas au chantage" européen.

Cette loi ressemble trait pour trait à un texte similaire adopté en Russie en 2013 et qui a permis de poursuivre plusieurs militants LGBTQI+. La Hongrie a également adopté des amendements similaires. Face au tollé provoqué en Europe, le premier ministre Viktor Orban a annoncé la tenue d'un référendum, qui aura lieu début 2022.



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Crédit photo : Shutterstock

Cette vidéo sensuelle et engagée de Carne Bollente fait le tour d'Instagram

ven. 22 oct. 2021, 12 h 23
Sur une idée originale du photographe Christopher Barraja, Carne Bollente a enflammé Instagram avec une vidéo très, très réussie. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Par les temps (et les virus) qui courent, il est rare de croiser des couples qui se galochent amoureusement. Carne Bollente a décidé d'y remédier. En résulte une vidéo du photographe Christopher Barraja, où des couples s'embrassent à pleine bouche sur le quai du métro parisien, et publiée sur Instagram (vous pouvez la voir en cliquant ici)

La marque de vêtements casual, sexy et queer a invité plusieurs couples à se rouler des gros patins en public, et semblent pris sur le fait par une caméra de surveillance un peu voyeuse. En fond, le très sexy Angel Baby de Troye Sivan illustre parfaitement ce que semblent dire les visages : "I just wanna live in this moment forever" (Je veux juste vivre ce moment pour toujours).



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Un acte symbolique puisque la rue n'est pas un espace conquis. En 2019, pour le mois des Fiertés, un sondage IFOP pour la Fondation Jasmin-Roy-Sophie-Desmarais et la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT s'intéressait à l'acceptation de l'homosexualité en France. 35% des sondés affirmaient être "plutôt choqués" de voir des couples homosexuel s'embrasser dans les lieux publics. Des chiffres surprenants qui montrent que le tabou persiste.

Carne Bollente poursuit donc son engagement de visibilité, après sa collection capsule autour des oeuvres homoérotiques de Tom of Finland. Un condensé d'audace unisexe et suggestive.



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Crédit photo : Chistopher Barraja, Carne Bollente

Transphobie : manifestation devant le siège de Netflix après le spectacle de Dave Chappelle

ven. 22 oct. 2021, 11 h 32
Dans le sillage du nouveau spectacle de stand-up controversé de Dave Chappelle, des militant·es LGBTQI+ se sont rassemblés devant le quartier général de Netflix, à Los Angeles, afin de faire entendre leur indignation. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

L'affaire Dave Chappelle continue de prendre de l'ampleur. Près de deux semaines après l'ajout de son dernier spectacle The Closer au catalogue de Netflix, des dizaines de manifestant·es se sont réuni·es devant le siège de l'entreprise américaine, ce mercredi 20 octobre à Los Angeles. Le groupe de militant·es LGBTQI+ présent reprochait au géant du streaming d'offrir une plateforme à l'humoriste afin qu'il étale librement des propos transphobes dangereux. Plusieurs employé·es de Netflix se sont également mis·es en grève ce jour-là afin de prendre part au rassemblement.



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"Nous ne sommes pas ici aujourd'hui parce que nous ne savons pas rire, a déclaré Ashlee Marie Preston, l'une des organisatrices de la manifestation. Nous sommes ici car nous nous inquiétons que ces blagues prennent des vies. Il n'y a pas de quoi rire." De son côté, Devan McGrath, un des employés de Netflix Animation, a renchéri : "Je pense que les salariés trans et non-binaires ne sont pas en sécurité tant que leur employeur diffuse du contenu qui pourrait leur nuire."

Comme le précise The Hollywood Reporter, les manifestant·es sont également venu·es avec une liste de requêtes à l'attention de Netflix. Sont ainsi demandés la mise en place de processus internes pour passer en revue les contenus potentiellement dangereux, l'ajout d'avertissements sur les programmes incluant du contenu transphobe et enfin une reconnaissance publique de la plateforme à propos du tort qu'elle a causé à la communauté trans ces dernières semaines.

Les salariés LGBTQI+ en colère

Il est nécessaire de rappeler que la polémique avait été maladroitement gérée par Ted Sarandos. Dans une lettre adressée à ses salarié·es, le co-directeur général de Netflix a avancé que ce que l'on voyait "à l'écran ne se traduisait pas directement en conséquences néfastes dans le monde réel". Une remarque cocasse quand on sait que le documentaire Disclosure, brandé comme un contenu original de la plateforme, démontre tout le contraire. L'humoriste lesbienne et militante pour les droits LGBTQI+ Hannah Gadsby, dont les spectacles sont aussi disponibles sur la plateforme, avait ironisé sur Instagram, dans une lettre ouverte à Ted Sarandos : "Je suis loin d'avoir été assez payée pour gérer toutes les conséquences de ces discours de haine."

Le boss de Netflix s'était alors ravisé dans une seconde prise de parole, assurant qu'il aurait "dû reconnaître qu'une partie de nos salariés souffraient et qu'ils se sentaient vraiment blessés par une décision commerciale que nous avions prise".



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Pour en revenir à Dave Chappelle, le comique de 48 ans avance dans son spectacle The Closer que "le genre est un fait" et va même jusqu'à s'autoproclamer TERF – un acronyme désignant les féministes qui refusent d'inclure les personnes trans dans leurs luttes. Avant ça, il avait déjà tourné en dérision la notion même de transidentité, trouvant "amusant" le fait de "ne pas être né dans le bon corps". Bien que la controverse ne cesse de grandir, le stand-uppeur, bien établi et soutenu aux États-Unis, ne s'est pas encore exprimé.

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Crédit photo : BBC News via capture d'écran YouTube

Victime d'une sortie homophobe d'un juge russe, le patineur Guillaume Cizeron réplique

jeu. 21 oct. 2021, 18 h 19
Un ex-juge international russe de patinage artistique a déclaré que le danseur sur glace et sa partenaire Gabriella Papadakis auraient une technique "froide" du fait de l'orientation sexuelle du Français. Une homophobie crasse que Guillaume Cizeron n'a pas laissé passer. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Le retour de Guillaume Cizeron dans le monde des compétitions internationales ne s'est pas fait dans une totale sérénité. À l'issue de sa performance avec son binôme Gabriella Papadakis lors du Finlandia Trophy le 10 octobre, le patineur artistique a dû essuyer des remarques homophobes de la part d'Alexander Vedenin, ex-juge international russe. "Ils seront difficiles à battre", a reconnu celui-ci sur la chaîne sportive MatchTV, avant d'ajouter : "Ils patinent très bien mais de façon froide. L'un des partenaires a une orientation sexuelle non traditionnelle et c'est quelque chose qui ne peut pas se cacher."



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À cette attaque des plus minables, Guillaume Cizeron a réagi dans le cadre de l'émission Tout le sport. Le sportif gay, qui a fait son coming out en mai 2020, n'a pas mâché ses mots : "Je trouve ça assez lamentable, ce sont des commentaires d'un autre temps. [...] J'espère qu'on va être jugés sur la glace de manière objective pour la performance qu'on donne et pas pour notre orientation sexuelle. C'est juste aberrant de rappeler que ça ne devrait pas avoir d'importance. Les gens veulent voir une performance, les gens veulent voir de l'émotion, les gens veulent voir de la virtuosité, les gens veulent voir une connexion."

Cizeron et Papadakis sur la voie des JO de Pékin

Dans la foulée, la Fédération française des sports de glace a soutenu son athlète, victime d'un harcèlement homophobe bien avant cette affaire. "Depuis plusieurs mois, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sont pris pour cible, pas sur un plan sportif, mais en raison de l'orientation sexuelle de Guillaume, dénonce la présidente Nathalie Péchalat dans une lettre adressée à l'Union internationale de patinage. Nous ne pouvons pas accepter ce qui arrive à nos athlètes. La Fédération internationale de patinage ne peut pas rester silencieuse face à cette poussée de haine." Et d'appeler à des mesures "pour faire cesser tout ça".

Guillaume Cizeron ne semble pour autant pas déstabilisé. "Il n'y a pas de commentaire haineux sans peur, estime-t-il. Je pense que l'on nous craint parce que nous sommes les favoris pour les compétitions à suivre dans la saison. Je trouve ça triste." En effet, le duo français incarne la principale menace des Russes pour les Jeux olympiques d'hiver à venir, qui se tiendront à Pékin du 4 au 20 février 2022.



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Crédit photo : Jessy Deroche / Guillaume Cizeron via Instagram

"Champs Libres", le podcast qui donne carte blanche à des artistes LGBTQI+

jeu. 21 oct. 2021, 18 h 02
Levi’s® et Têtu ont invité dix artistes dans un nouveau format de podcast. Au menu : une parole libre et des textes inédits pour célébrer les identités LGBTQI+. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Après sa campagne vidéo sur le coming out, Levi’s® poursuit son engagement. Dans sa nouvelle série de podcast « Champs libres », en collaboration avec Têtu, la célèbre marque de jean donne la parole à dix artistes, qui se mettent à nu et exposent leur vision de la diversité sous forme de carte blanche.



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Tristan Lopin, Nicky Doll, Pauline Peyraud-Magnin...

Ainsi, réalisateurs, écrivains ou même influenceurs se livrent dans cet émouvant podcast, où leurs mots prennent une forme libre, à travers un chant, un discours ou encore un poème. Au casting, on retrouve notamment l’humoriste Tristan Lopin, la drag queen Nicky Doll mais aussi la footballeuse professionnelle Pauline Peyraud-Magnin.

Parmi les brillantes personnalités à qui Levi’s® et Têtu ont tendu leur micro, on entend également la DJ et mannequin Agathe Mougin: « C’est bien que des marques fassent plus que juste des collections avec des arcs-en-ciel. J’ai l’impression que Levi’s® a toujours été précurseur sur les sujets d’inclusivité.” Et c’est vrai, l’action de la marque ne s’arrête pas à sa collection Pride. Levi’s ® soutient par exemple la communauté LGBTQ+ en collaborant avec OutRight Action International, une organisation qui lutte pour faire progresser les droits des personnes LGBTQ+ dans le monde. 100 % des recettes nettes issues de la collection Levi's®  Pride sont ainsi reversées à OutRight Action International. 

« Ressens ta différence », conseille Agathe Mougin

En préambule de son texte poignant, Agathe Mougin déclare : « J’ai toujours cru que j’étais un homme. En grandissant, la société n’a cessé de me rappeler que ce n’était pas le cas ». Pour elle, contribuer à ce podcast, c’était une façon de se mettre à nu. « Je n’ai jamais parlé de moi sous le prisme de ces sujets-là, je n’étais pas prête avant. Je voulais essayer de m’ouvrir, d’en parler, de toucher des gens qui n’ont peut-être pas d’exemples. Je n’ai pas l’impression d’avoir eu de référents dans ma façon de penser, alors je me suis dit que je pouvais aider. » 

Comme elle l’exprime dans son texte, l’important pour elle est de « ressentir sa différence ». Elle-même a dû faire un long chemin pour arriver à embrasser son identité : « J’ai mis beaucoup de temps à comprendre ce que je suis et ce que j'avais envie d’être. On a tendance à se mettre dans une case et parfois ce n’est pas celle qui convient. »  Son message est beau, puissant et saura en effet faire écho au parcours de nombreuses personnes. « Ça y est : je suis Agathe, et ça me va. C’est long, douloureux, mais je commence à aimer ce que je vois dans le miroir », conclut-elle.

Félix Maritaud nous parle d’amour et de différence

Le comédien Félix Maritaud a quant à lui choisi de déclamer un extrait des Contes Amers (jamais édités), de son ami peintre Matthias Garcia. Le choix du conte était une évidence pour lui : « J’avais envie de partager quelque chose de plus poétique, de plus doux. Une fois adulte dans la société, on a beaucoup de mal à se faire raconter des histoires par la voix. » Il raconte donc celle d’une sirène, amoureuse mais rejetée par l’homme qu’elle aime à cause de ses nageoires. « Ce n’est pas l’histoire d’un amour réussi, c’est l’histoire d’un amour vécu comme un trajet, une complexité, et je pense qu’on est tous confrontés à cela tout le temps », explique le comédien. 



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Avec la lecture de ce conte bouleversant et triste, Félix voulait faire un parallèle. Pour lui, « l’image des sirènes, rejetées car leurs corps ne correspondent pas aux normes terriennes » est le reflet « des questions de transidentité ». Il résume ainsi son propos : « Si le marin fuit, c’est parce que la sirène est beaucoup trop belle pour ses yeux. Il se protège en inventant des histoires mais la sirène, elle, est restée puissante. » Une jolie image pour célébrer la diversité. 

Mehdi Kerkouche souligne le besoin de représentation

De son côté, le chorégraphe Mehdi Kerkouche, « jeune arabe homosexuel d’origine algérienne et d’éducation musulmane qui a grandi en cité », comme il se définit lui-même dans le podcast, parle d’identité. « J’ai voulu aborder de manière légère un sujet qui ne l’est absolument pas : parler de diversité aujourd’hui sans parler de représentation, ce n’est pas possible. Aujourd’hui, on a besoin de médias comme Têtu pour mettre en valeur l'entièreté de notre communauté et tous ses spectres possibles. » 



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Dans son texte, Mehdi évoque son rêve du prince charmant lorsqu’il était ado et ce manque de représentation dont il a souffert à l’époque. « Quand t’es un jeune de cité au début des années 90, c’est un sujet tabou et sensible. Tu es au collège et tu te fais traiter de sale PD. » Il se réjouit de tout le chemin parcouru et des nouveaux modèles queer à disposition des plus jeunes, « comme Bilal Hassani, qui est ouvertement marocain et gay ». 
Pour écouter ce podcast inspirant qui célèbre la diversité sous toutes ses formes, vous pourrez retrouver les trois premiers épisodes dès ce lundi 25 octobre sur toutes les plateformes. Vous pourrez retrouver les suivants tous les lundis, jusqu’au 13 décembre inclus. En plus des artistes déjà cités, vous y entendrez les voix de Raphaël Say, Sacha Sperling, Ruben Alves ou encore Harper Andria. De quoi faire du bien à vos oreilles.

L'engagement de Levi's

Depuis 1853, Levi’s® défend l'égalité, l'inclusion et le progrès, comme l’explique sa présidente Jen Sey : « Levi’s® s’attache depuis toujours à faire ce qui est juste pour ses employés et ses fans, notamment en soutenant la communauté LGBTQ+. Nous sommes fiers de célébrer la communauté LGBTQ+ chaque année en lançant notre collection Pride et en participant aux événements Pride des quatre coins du globe. Nous jugeons primordial de voir les personnes comme elles veulent être vues ».

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Et cela commence par soutenir ses employés avec Levi's® Unlabeled, un collectif de collègues et de soutiens LGBTQ+ Levi's® axé sur l'empowerment. La marque espère ainsi inspirer la créativité, la diversité et la liberté d'expression, tant chez les employés de l'entreprise que chez les consommateurs.

Clip : Angèle sort enfin son nouveau single, "Bruxelles je t'aime"

jeu. 21 oct. 2021, 17 h 17
Discrète depuis la sortie de son featuring avec Dua Lipa, la chanteuse belge Angèle fait un come-back remarqué avec "Bruxelles je t'aime", une nouvelle chanson en forme de déclaration enflammée à sa ville natale, qui risque de vous rester longtemps en tête ! googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Elle l'avait teasé sur les réseaux sociaux, il est enfin là : le tout nouveau single d'Angèle, "Bruxelles je t'aime". Un morceau résolument pop et entraînant dès la première écoute, au fil duquel l'artiste âgée de 25 ans étale en chanson toute l'affection qu'elle porte à la capitale belge. Sa ville de cœur, celle qui l'a vue naître et grandir. Il était donc logique de lui rendre ce bel hommage avec des paroles sensibles ainsi qu'un clip stylisé et régressif, criblé de petits détails astucieusement pensés.



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Angèle tease un nouvel album

Dans la vidéo, la chanteuse s'imagine dans un train en partance de la Gare du Nord, à Paris, avec pour direction évidemment sa douce Bruxelles. Loin de nos Ouigo plutôt classiques, Angèle navigue de wagon en wagon, dévoilant des mises en scène oniriques aux airs enfantins. Une petite fille tient entre ses mains une version miniature de l'Atomium, monument phare bruxellois, tandis qu'elle cueille une iris, fleur symbole de la région de Bruxelles-Capitale. Le clip s'impose comme un voyage rétrospectif dans la jeunesse de la popstar, perçue à travers son âme d'enfant.

Détail pas si caché et qui ne nous a donc pas échappé : une date est mentionnée au tout début du clip, quand une voix féminine annonce que l'arrivée du train est prévue pour le 10 décembre… On a bien envie de croire que c'est ce jour-là qu'Angèle dévoilera son nouvel album, le deuxième, encore sans titre. Le cas échéant, il débarquerait plus de trois ans après son premier disque, Brol.



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Crédit photo : Universal Music via capture d'écran YouTube

"Merci" : une campagne poignante pour appeler au don de sperme et d'ovocytes

jeu. 21 oct. 2021, 16 h 14
L'Agence de la biomédecine lance une grande campagne d'information et de sensibilisation au don de gamètes. L'ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples lesbiens nécessite en particulier que plus d'hommes se portent volontaires à donner leurs spermatozoïdes. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Ça y est, les couples lesbiens et les femmes célibataires peuvent enfin recourir à la procréation médicalement assistée (PMA). Mais qui dit augmentation des demandes dit aussi besoin plus important de donneurs. L'Agence de la biomédecine lance donc ce jeudi 21 octobre une campagne d'information et de sensibilisation du grand public au don de gamètes : ovocytes et surtout, donc, spermatozoïdes.



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En 2019, 317 hommes ont donné leur sperme, un nombre déjà en baisse de 18%. Or pour s'assurer de couvrir les besoins à venir, il faudrait viser un doublement, soit quelque 400 volontaires en plus par an, a indiqué à TÊTU Catherine Guillemain, présidente de la fédération française des CECOS (les Centres d'étude et de conservation des oeufs et du sperme humains, qui gèrent les dons de gamètes et d'embryons). "Avec la nouvelle loi, de plus en plus de personnes pourront faire appel à la PMA. Aujourd’hui, plus que jamais, ils comptent sur vous", lance la campagne, dont le message est basé sur la gratitude des personnes qui bénéficieront de cette générosité : "Merci".

Don de sperme et accès à l'identité

Outre l'augmentation mécanique du besoin de gamètes mâles, l'Agence anticipe aussi que le changement des conditions d'accès aux origines, introduit par la loi bioéthique qui a ouvert la PMA, ne refroidisse des ardeurs. En effet à partir du 1er septembre 2022, le donneur devra consentir à fournir son identité ainsi que des données "non identifiantes" à son sujet (âge, état de santé etc). Ces dernières seront accessibles "en cas de nécessité médicale" au médecin "d’une personne conçue à partir de gamètes issus d’un don". Ensuite, à sa majorité, cette personne issue du don pourra demander l'accès non seulement à ces informations mais aussi à l'identité du donneur.

Or selon une étude tirée du baromètre Viavoice d’opinion 2021 sur les Français et le don de gamètes, le fait que l'identité du donneur puisse être révélée à l'enfant à sa majorité est le principal frein au don chez les hommes en âge de donner. "Dans les pays qui ont levé l’anonymat, il y a eu une chute du don la première année, nous a confirmé Alexandre Urwicz, président de l'Association des familles homoparentales. Mais dès la deuxième, les stocks étaient revenus à leur niveau initial."

"Je ne cherche pas un parent mais des réponses."

L'Agence de la biomédecine tient donc à rassurer les potentiels donneurs. Il ne s'agit pas de tomber, un matin sur le pas de sa porte, sur un jeune adulte réclamant un père. D'ailleurs, rappelle la campagne, aucune filiation ne peut être établie entre le donneur et l'enfant, qui reste quoi qu'il arrive celui de la personne ou du couple qui l'a suffisamment désiré pour se lancer dans un processus de PMA, puis qui l'a élevé et aimé. "Je suis né·e grâce à un don de spermatozoïdes / d’ovocytes. Aujourd’hui, je ne cherche pas un parent ; mais des réponses", souligne ainsi la campagne. Afin de répondre aux interrogations sur le don de spermatozoïdes, un site a été mis en place ainsi qu'un compte Instagram.

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Crédit photo : Agence de la biomédecine

RuPaul : "Drag Race Italia" dévoile un Pit Crew classique mais sexy

jeu. 21 oct. 2021, 12 h 19
L'émission RuPaul's Drag Race s'apprête à lancer sa déclinaison italienne. En attendant de connaître les candidates de la compétition, une photo a été dévoilée des quatre mannequins qui accompagneront la présentation. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

RuPaul's Drag Race continue de faire des émules. Après les versions néerlandaise, britannique ou encore espagnole, l'émission culte venue des US poursuit sa course européenne avec Drag Race Italia. Si la date de lancement doit encore en être précisée, la promotion de la première saison a d'ores et déjà commencé. Le tout nouveau Pit Crew de la compétition a ainsi été révélé sur Instagram, pour le plaisir de nos yeux.



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Pour les néophytes de l'univers Drag Race, le Pit Crew y désigne le groupe d'hommes, qu'on peut décrire comme la plupart du temps sportifs et charismatiques, accompagnant RuPaul pour présenter les multiples challenges de la compétition. Le quatuor de mannequins italiens ne déroge pas aux standards : pectoraux gonflés, abdos ciselés, tatoos à l'air... Les bellâtres de Drag Race Italia remplissent parfaitement leurs speedos fluos et leur rôle de faire-valoir sexys.

Riccardo, Marco, Marco et Gigi

Sur Twitter, un internaute décrète d'ailleurs que "le Pit Crew italien a gagné la compétition du meilleur Pit Crew". "Le Pit Crew de l'Italie est vraiment à un tout autre niveau", abonde un autre. "J'aurais préféré que vous donniez de la visibilité à des physiques plus différents comme dans Canada's Drag Race, nuance un troisième. Mais bon, je ne vais pas trop me plaindre. Pour ce que ces jeunes ont à faire, il ne faut pas trop en demander."

De fait, on ne peut pas dire que RuPaul en Italie se montre créatif dans sa proposition d'un sex-appeal masculin… Quoi qu'il en soit, pour ceux qui craquent, les quatre ragazzi répondent aux noms de Riccardo Trulli, Marco Foltran, Marco Da Roit et Gigi. On vous a glissé leurs comptes Instagram plus bas…

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Crédit photo : Discovery+

Christophe Honoré : "Je refuse d'expliquer l'homosexualité de mes personnages"

jeu. 21 oct. 2021, 11 h 43
Le Forum des images à Paris déploie jusqu'en décembre une foule de projections de films sélectionnés par Christophe Honoré. Pour TÊTU, le réalisateur revient sur ses inspirations, ses éveils et ses frustrations au cinéma. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Alors que son dernier film, Guermantes, autofiction en temps de Covid dans les coulisses de sa pièce inspirée de Proust avec la troupe de la Comédie-Française, est encore sur les écrans, Christophe Honoré travaille déjà sur sa prochaine création théâtrale autour de sa famille. Depuis le 22 septembre et jusqu’au 5 décembre 2021, il est également programmateur invité au Forum des images à Paris, proposant une centaine de séances sous forme d’ABCD des grandes lignes de sa cinéphilie, d’Amour à Désir en passant par Bretagne et Critique. TÊTU a pu échanger longuement avec le réalisateur sur ses films et réalisateurs de chevet, ceux qui ont eu une influence sur ses goûts, sur son cinéma, sur ses amours et sur sa vie.



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Est-ce qu’il y a quelque chose de « proustien » à programmer des films qui ont forgé sa cinéphilie ?

Christophe Honoré : Ce qu’on vient de vivre, le fait d’être soudain enfermés et d’avoir un monde hostile autour de nous, c’est déjà très proustien. Le projet avec le Forum, je ne sais pas si c’est proustien, car ce n’est pas parce qu’on plonge dans son passé qu’on l'est forcément. Mais la démarche ici était très clairement nostalgique car, par la force des choses, je crois que la cinéphilie obsessionnelle est une affaire de jeunes gens ! Le cinéma est un refuge à des périodes où on est dans une forme d’angoisse sur ce qu’on va faire de nos vies. Il y a beaucoup de films de l’époque où j’avais 20 ans et je m’aperçois, maintenant que je suis devenu cinéaste, que ce sont des films qui ont construit une espèce de territoire avant même que l’éventualité de devenir réalisateur surgisse dans ma vie. Finalement, je ne fais que reparcourir sans cesse ces films dans mes propres films.

Comment s’est conçue cette programmation en quatre axes : Amour, Bretagne, Critique et Désir ?

Certainement par coquetterie, avec l’idée de se dire que je ne suis pas si vieux car l’idée de la rétrospective me faisait un peu peur. J’essaie de réaliser des films à un rythme soutenu – même si François Ozon est plus rapide que moi et qu’il est désormais imbattable ! – parce que je pense qu’on est cinéaste quand on fait des films. Donc, assez vite, quand il a été question de rétrospective puis de « carte blanche », j’ai eu envie qu’on crée des échos entre des films. C’est mon côté envahisseur ! J’ai alors structuré 100 séances en quatre directions.

Pour ce qui est de la Bretagne ou de l’Amour, je suis parti sur un territoire personnel et nostalgique avec l’idée de retrouver les films qui m’avaient construit quand j’étais adolescent en Bretagne. Sur la question du Désir, c'était l’envie d’essayer de définir une espèce de morale de cinéaste sur ces questions-là. Quant au volet Critique, en tant que personne qui s’est beaucoup intéressée à la critique et qui en a un tout petit peu fait, j’ai l’impression que le cinéma français n’est plus aimé. C’est quelque chose qu’on ressent tous en tant que cinéastes. Il faut surtout ranimer la cinéphilie car le cinéma est un lieu de divertissement populaire extrêmement important mais aussi un grand lieu de pensée.

Dans Les Idoles vous rendiez hommage aux grands écrivains homosexuels qui avaient marqué vos lectures. Est-ce qu’il y a aussi, dans cette programmation, un parcours qui se dessine avec les grands réalisateurs homosexuels qui vous ont influencé ?

Oui, c’est évident ! Il y a cette phrase dans La Maman et la Putain de Jean Eustache qui dit "le cinéma, ça apprend à faire son lit". Et je pense que ça apprend aussi quoi faire dans son lit. Pour moi, le cinéma a été le lieu de beaucoup de sensualité. Une sensualité projetée et une sensualité au cœur des salles qui sont des lieux clos dans lesquels on rencontre des gens, des lieux de drague, des lieux où circule le désir. Alors évidemment, dans ma programmation, il y a des cinéastes sur lesquels j’ai projeté des choses. Je me souviens d’avoir vu, enfant, chez mes grands-parents, des images très fortes des Damnés de Visconti et, très honnêtement, c’était la sensualité qui me frappait. C’est étrange de réaliser que ces images nous poursuivent toute notre vie.

Est-ce que certaines ont agi, à l’adolescence, comme des révélateurs quant à votre sexualité ? 

J’ai l’impression que je n'ai jamais admis ma sexualité parce que je ne l’ai jamais interrogée. Mais il y a des films qui ont été révélateurs sur ma vie sentimentale : à Paris, à l’Entrepôt, il devait y avoir un festival où j’ai découvert Pink Narcissus et Omelette, le premier film de Rémi Lange que j’ai invité dans ma programmation. C’était très étrange dans ce lieu, c’était du "cruising cinéma" ! Mais mon vrai choc, ça a peut-être été Matthew Broderick dans WarGames quand j’étais au collège. Il était clair que c’était lui qui m’intéressait et que je n’avais pas grand-chose à faire du film ! Côté français, je me souviens d’avoir trouvé La Guerre du feu très sexy quand j’avais 12 ans alors qu’on ne peut pas dire que Jean-Jacques Annaud soit le plus LGBT des réalisateurs français !

Dans les années 90, on est entre Les Nuits Fauves et Pédale douce

Il y a eu Les Nuits fauves qui était important, avec son côté crâneur qui disait "je suis pédé et je vous emmerde". Pour ce qui est de Pédale douce, ça ne m’a pas marqué. Je ne l’ai pas vu à l’époque et, sans snobisme, ce n’est pas pour moi. C’est un film pédé pour hétéros : ça ne peut pas nous troubler, on peut juste s’en agacer. 



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Quand vous tournez Les Chansons d’amour, même si le sujet du film est grave, est-ce qu’il n’y a pas l’envie de montrer une homosexualité ou une bisexualité joyeuse et de sortir du dolorisme ?

En tout cas, à ce moment-là, j’estime déjà que je suis un cinéaste qui n’a plus à raconter des récits de coming out. Dans aucun de mes films, mes personnages homosexuels ne sont jamais dans l’aveu de leur sexualité. Dans Les Chansons d’amour, le personnage joué par Grégoire Leprince-Ringuet, Erwan, est juste un lycéen qui ne peut pas résister à Louis Garrel et on ne peut que le comprendre. C’est ce qui marque ma différence avec Chéreau ou Téchiné : je refuse d’expliquer l’homosexualité de mes personnages parce qu’on n’explique pas l’hétérosexualité d’un personnage !

Plus récemment dans votre travail, que ce soit Plaire, aimer et courir vite ou Guermantes, il y a une volonté de raconter des choses très personnelles, très intimes, de l’ordre de l’autofiction. Pourquoi ces choix ?

C’est quelque chose que je continue à développer en essayant de rester assez pudique. Je ne peux pas prendre au sérieux des cinéastes qui prétendent représenter le monde aujourd’hui car cela semble d’une malhonnêteté absolue. Le monde est tellement éparpillé et filmé par tout le monde que se prétendre cinéaste, et donc œil expert, est ce qu’il y a de plus dangereux à faire. La prétention, c’est de parler au nom des autres. L’autofiction, c’est l’inverse de l’entre-soi et du nombrilisme parce que, quand on parle loyalement en son nom propre, on peut essayer de toucher tout le monde. C’est ce qui fait qu’à 15 ans, quand on voit un film de Mizoguchi ou de Satyajit Ray, on sait exactement ce qu’ils veulent dire. La mondialisation du cinéma par les plateformes et les séries, c’est la désidentification du cinéaste donc de la propagande et de l’abus de pouvoir.

Dans le champ des cinéastes actuels qui s’intéressent à l’homosexualité, qui réussit encore à faire ce travail-là selon vous ?

Il y a des grands réalisateurs comme Gus Van Sant qui se mondialisent. Quand il faisait Elephant ou Last Days, c'était plus intéressant. Mais la force des grands cinéastes, c’est de réussir à garder une écriture personnelle dans la machine hollywoodienne. Après, je ne sais pas qui… vous avez des noms ?

Pedro Almodovar, par exemple, est présent dans votre programmation. Il est important pour vous ?

C’est un modèle. Je pense qu’Almodovar est le plus grand cinéaste européen en activité. Il est étrangement populaire et pas académique. Sa force, c’est sa persévérance formelle qui va avec l’idée que son territoire romanesque est sans limite, comme sa très grande agilité pour jouer avec les formes populaires de la telenovela et le fait qu’il ne lâche rien sur une forme de secret.

Si je devais citer quelqu’un d’autre, je dirais François Ozon. Il est pour moi le cinéaste français actuel le plus important. Si on veut savoir ce qu’est le cinéma français depuis les années 2000, il suffit de regarder ses films. Ce n’est pas forcément ma cinéphilie mais il ne lâche jamais sur la mise en scène, sur ses obsessions. Ozon prend le risque d’aller là où personne ne veut aller, jamais je ne serais capable de me lancer dans Potiche ou dans Grâce à Dieu. Et il y a des gens qui galèrent à faire leurs films et qui sont de grands cinéastes. Que Laurent Achard ne puisse pas faire ses films, et, qu’à côté, Maïwenn continue à faire les siens, c’est un vrai problème du cinéma français.

>> Toutes les infos sur la programmation de Christophe Honoré au Forum des images sont juste ici.



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Crédit photo : Raphaël Neal

"L'Acqua Fresca" : Mansfield.TYA revient avec un clip à l'imagerie lesbienne et onirique

jeu. 21 oct. 2021, 9 h 48
Plusieurs mois après la sortie de leur album Monument Ordinaire, le duo Mansfield.TYA se met en scène pour la vidéo du single "L'Acqua Fresca". Plongée dans une prison où deux détenues rêvent fort de s'étreindre. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Il faut s'armer de patience entre deux clips de Mansfield.TYA. Près de dix mois après avoir posé nos yeux sur les visuels très ésothériques de leur titre "Auf Wiedersehen", on assiste au retour de Rebekah Warrior et Carla Pallone dans une nouvelle vidéo. Cette fois-ci, c'est pour illustrer "L'Acqua Fresca", un morceau enivrant et aérien issu de leur cinquième album, Monument Ordinaire, paru le 19 février dernier. Il s'agit donc d'un clip inattendu... mais hautement satisfaisant.



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Mansfield.TYA en tournée

Dans ce clip à l'atmosphère mystique, une jeune femme arrive sur "l'île de Maldoror, bagne des amours défendues" – comme nous indique un narrateur au début de la vidéo. Au sein de cette prison d'un autre monde, qui n'est pas sans évoquer une œuvre phare d'Arnold Böcklin appelée "L'île des morts", des détenues solitaires tentent de nouer un lien malgré les murs qui les séparent. Et se surprennent à imaginer des instants de rapprochement, intimes et charnels. On peut ainsi se délecter d'une imagerie lesbienne assumée, dans la tradition de ce que propose Mansfield.TYA.

À leurs côtés dans la vidéo, on aura évidemment reconnu Rose Walls, notre cover girl du numéro spécial Fiertés paru en juin dernier. Un joli choix de casting pour sublimer une belle chanson, sorte de déclaration poétique aux accents new wave. Le duo de Mansfield.TYA interprétera ce single tout au long de sa tournée française, laquelle a déjà commencé depuis septembre. Rebekah Warrior et Carla Pallone feront d'ailleurs deux escales à Paris : une première le 21 octobre au Trianon, une seconde le 1er novembre 2022 à l'Olympia. Pour la billetterie, ça se passe par ici.



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Crédit photo : Warriorecords

Para One : "Je ne voyais pas en quoi ma part de féminité menaçait mon hétérosexualité"

mer. 20 oct. 2021, 17 h 19
Influencé par sa fidèle collaboratrice Céline Sciamma, le compositeur électro s'essaie à l'exercice du long-métrage avec Spectre, une œuvre hybride entre l'autofiction et le documentaire. Au cinéma dès maintenant. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Son premier long-métrage Spectre, sous-titré Sanity, Madness & The Family, sort ce mercredi 20 octobre au cinéma et il ne ressemble à rien que vous ayez déjà vu. Jean-Baptiste de Laubier, connu comme musicien électro sous le pseudo Para One, a réalisé une œuvre très personnelle en construisant, sur la base de son histoire familiale hors du commun, un film hybride mêlant autofiction et documentaire, enquête intime et recherche musicale, transe visuelle autant que sonore, et secret autour du genre. Le film sort précédé de l’excellent Dustin, court-métrage de Naïla Guiguet. TÊTU a rencontré Para One pour tenter d’évoquer le film sans trop en dire, de parler de sa relation avec la réalisatrice Céline Sciamma mais aussi de sa vision de sa propre masculinité…

On vous connaît comme musicien électro et comme compositeur des musiques des films de Céline Sciamma mais, avant ce premier long-métrage, vous aviez déjà réalisé de nombreux films…

Para One : J’ai fait beaucoup de courts-métrages entre mes 18 et 25 ans, quand j’étais étudiant. Ensuite la musique a pris une telle place dans mon emploi du temps et dans ma vie que je n’ai plus eu beaucoup le temps de me poser sur mes projets de films. J’ai toujours une caméra en poche et, avec Céline Sciamma, on n’a jamais renoncé à l’idée d’écrire ensemble et on a toujours persévéré mais là, c’est la première fois de ma vie que je m’accorde ce temps pour finaliser ce film, qui m’a pris à peu près sept ans de travail en tout, avec les divers voyages et plus d’un an de montage. 

À quel moment vous êtes-vous dit que vous vouliez raconter cette histoire de famille ?

C’était un peu l’arlésienne pendant une dizaine d’années, notamment avec Céline qui connaît bien mon histoire personnelle et ma famille. Nous sommes très proches et elle est presque dépositaire de cette histoire. Nous écrivions sur des secrets, sur le décryptage des choses. En faisant un travail de documentation, de recherche, la réalité a commencé à dépasser la fiction. J’étais en train d’écrire un film et un autre film est venu, beaucoup plus proche de ma vie intime et de mon histoire. Plus le temps passait et moins mon premier long-métrage devenait urgent mais plus il devenait nécessaire. J’ai donc décidé de prendre le temps qu’il fallait. C’est assez jouissif, ce genre de moment dans une carrière où l'on se dit que ce qu’on fait a du sens, que ce film n’est pas gratuit, qu’il transforme aussi ma vie.

C’est à la fois un récit de l’enfance assez intime et une aventure de recherche musicale. Comment tout cela s’est-il organisé ?

C’est un drôle d’assemblage qui doit beaucoup au soutien de mon monteur et ami Julien Lacheray, qui est aussi le monteur de Céline, et qui est ici presque co-auteur du film. J’avais des intuitions, je me disais qu’on pouvait faire des passerelles parce que j’adore regarder des rushs et écouter de la musique en entrant dans une sorte d’hypnose. J’ai hérité ça de mon métier de musicien. On a pu établir une petite architecture pour faire des liens.

Je me suis rendu compte que j’étais en train d’enquêter sur la musique que j’avais toujours eu envie de faire, la musique que j’avais peut-être entendue et qui était devenue un inconscient, un passé. C’était littéralement une écologie de ces 20 dernières années de ma vie qui s’est mise en place : pourquoi je filmais ma famille sans arrêt, pourquoi je voyageais tout le temps et surtout en Orient... Tout cela a commencé à résonner et à faire sens dans un vrai moment d’épiphanie. C’est presque psychanalytique et je découvre des choses pendant la promotion du film ! J’ai grandi en écoutant beaucoup de la musique sacrée, mystique, qui crée une espèce de transe et de répétitions. J’aime la boucle, l’hypnose, la longue durée et les chants à plusieurs qui se répètent… Ça forme un grand tout.

De quand date ce compagnonnage avec Céline Sciamma ?

Je travaille pour elle depuis son premier long-métrage et elle travaillait pour mes films quand nous étions à la Fémis, dans la même promotion, moi en réalisation et elle en scénario. Cela fait exactement 20 ans. C’est une relation très enrichissante, je l’espère dans les deux sens, et qui est une forme d’éducation mutuelle à plein de choses. On est très complémentaires et on a grandi ensemble avec une curiosité qui nous a poussés à chacun se faire découvrir des choses : des livres, une pensée et peut-être même de la politique. C’est très riche !

Et elle ne m’a jamais abandonné dans l’idée de m’aider à faire mon premier film. Même si, aujourd’hui, j’ai fini par écrire ce film à la première personne qui est presque improvisé, elle a quand même été là pour cette espèce de psychanalyse par l’écriture qui a pris des mois, depuis la préhistoire de ce projet. 

Sans trop révéler d’éléments, votre alter ego autofictionnel dans Spectre va faire des découvertes autour du queer, du genre. Vous étiez déjà sensibilisé à ces sujets ? 

Oui et je me sens aujourd’hui complètement aligné avec une certaine pensée que j’ai développée grâce à mes lectures et à mes amitiés qui ont toujours été queer-compatibles ! C’est fou comme on peut avoir des liens inconscients avec les choses… Je me suis toujours senti proche d’une certaine littérature, j’ai lu Preciado dès son premier bouquin… Sans en dire plus, ça fait sens aujourd’hui de façon très étonnante. Mais il y a aussi le rôle de l’éducation, ce n’est pas la même chose d’être élevé par des hétéros-beaufs que par des gens plus ouverts, ça change la façon d’aborder les choses et son propre rapport à la féminité, à la masculinité.

J’ai toujours assumé une certaine part de féminité et je ne voyais pas en quoi cela menaçait mon hétérosexualité. Je n’ai jamais été dans la culture du boys club un peu bourrin que j’ai beaucoup observée autour de moi alors que je faisais du rap ou du sport de haut niveau quand j’étais ado. Je pense que ça n’a jamais été un problème pour moi. J’ai beaucoup grandi avec des femmes, des grandes sœurs qui m’impressionnaient par leur intelligence et qui m’ont fait découvrir la musique.

Crédit photo : MOLG (c) Dreams Office

Comment, dans le film, s’est posé la question de la distance avec le réel, avec votre histoire personnelle ?

Je dois bien préciser qu’il s’agit de l’histoire de Jean, un personnage qui a des choses en commun avec moi et, c’est précisé au début du film, il y a de la vérité et de la fiction. Je ne parle même pas de réel parce qu’au bout du compte, le réel est encore plus impossible à attraper que la vérité, notamment dans un documentaire. J’utilise la fiction pour explorer, pour me libérer et pour protéger certaines personnes. C’est mis en scène dans le film, il y a une anonymisation et à chacun d’imaginer ce qui est de l’ordre du vraisemblable ou de la fabrication.

Il m’a fallu du temps pour m’autoriser à faire ce film qui travaille sur une intimité très sensible. J’ai l’impression de manipuler par le montage mais je le dis dès le début. Je suis influencé par le cinéma d'essai qui ne propose pas une vision journalistique mais subjective et mon but, c’est de faire un film d’amour. J’ai dû m'inspirer de ce qu’est l’autofiction en littérature et d’un côté "enquête". J’ai vraiment enquêté sur mon passé comme si on allait découvrir des horreurs et ce n’est pas vraiment ça qui se passe. Dans les 20 premières minutes, on doit avoir peur et cette peur fabrique un soulagement et une forme d’apesanteur à la fin du film. Et on peut faire marcher une mécanique scénaristique malgré le fait qu’on ne voit jamais mon personnage.

Le court-métrage Dustin de Naïla Guiguet est programmé en avant-séance dans toutes les salles. C’est la musique qui vous réunit ? 

C’était assez joyeux quand le distributeur m’a fait part de cette idée car je connaissais Naïla et son travail. On a joué dans des soirées ensemble et beaucoup parlé de cinéma aussi. Il y a un truc évident à associer les deux films qui ont des liens mais fonctionnent comme des miroirs contraires : l’un montre, l’autre tourne autour. Et il y a deux générations différentes, des points de vue différents. Les deux films dialoguent d’une assez belle façon. J’aime beaucoup cette idée.



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Crédit photo : MOLG (c) Dreams Office

Nouveau président des eurodéputés centristes, Stéphane Séjourné monte au créneau sur la Hongrie et la Pologne

mer. 20 oct. 2021, 16 h 50
Au lendemain de son élection à la présidence du groupe centriste Renew au Parlement européen, l'eurodéputé gay Stéphane Séjourné a annoncé une initiative sur les dossiers de la Pologne et de la Hongrie, où les droits LGBTQI+ sont remis en question. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Le suspense était faible, puisqu'il était le seul candidat en lice. L'eurodéputé LREM Stéphane Séjourné, proche conseiller de longue date d'Emmanuel Macron, a été élu ce mardi 19 octobre président du groupe centriste Renew au Parlement européen. La troisième force de l'hémicycle est donc désormais dirigée par un élu gay (Stéphane Séjourné est le conjoint du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal), détail pas forcément inutile à l'heure où les dossiers LGBTQI+ s'accumulent à Bruxelles. Ainsi, pendant que la Hongrie de Viktor Orban se dote d'une législation homophobe et transphobe, la Pologne, dirigée par les ultra-conservateurs et où se multiplient les dispositions anti-LGBT, vient d'ouvrir une nouvelle crise européenne en contestant la primauté du droit européen.



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Dès le lendemain de son arrivée à la tête du groupe, dont il dirigeait déjà la délégation française, Stéphane Séjourné a annoncé une initiative sur ces deux dossiers chauds. "Au nom de Renew Europe j'ai demandé au président du Parlement européen de déposer dès aujourd’hui un recours contre la Commission pour inaction. Le mécanisme État de droit doit être activé pour la Pologne et la Hongrie", a-t-il résumé sur Twitter, ajoutant : "Il faut agir maintenant pour défendre les droits et les libertés des Polonais et des Hongrois".

Au nom de @RenewEurope j'ai demandé au @EP_President de déposer dès aujourd’hui un recours contre la Commission pour inaction. Le mécanisme Etat de droit doit être activé pour 🇵🇱 et 🇭🇺.

Il faut agir maintenant pour défendre les droits et les libertés des Polonais et des Hongrois pic.twitter.com/96O4dQgDDP

— Stephane Sejourne (@steph_sejourne) October 20, 2021

La Pologne et la Hongrie secouent le droit européen

La Commission, dirigée par l'Allemande Ursula von der Leyen, a déjà enclenché plusieurs procédures spécifiques d'infraction contre les deux États membres de l'Est. La procédure dite de l'"article 7", seule susceptible en l'état actuel du droit européen de sanctionner fortement les atteintes aux valeurs, est en outre déjà activée depuis plusieurs années contre la Hongrie et la Pologne. Mais elle nécessite, pour aboutir, un vote à l’unanimité des 27 États membres, moins le pays visé. Or, le président polonais Andrzej Duda et le Premier ministre hongrois Viktor Orbán ont d’ores et déjà prévu de s'épauler l'un l'autre face à Bruxelles.

Le mécanisme État de droit, dont Stéphane Séjourné réclame l'activation, est une nouveauté arrachée en 2020 lors des négociations sur le plan européen de relance post-Covid (750 milliards d’euros). Mais en l'état actuel de sa rédaction, il ne permet de sanctionner que des infractions liées à l'utilisation des fonds européens. "Le combat suivant, c’est d’en faire un mécanisme plus large de protection de l’État de droit, soutenait le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, dans une interview pour TÊTU en septembre, envisageant : "On peut élargir son champ d'action et là, il suffira d'un vote à la majorité".



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Un renforcement du droit européen face aux atteintes à l'État de droit dont le ministre indiquait : "J’aimerais que ce soit un combat que l’on amorce sous la présidence française de l’UE". À moins de trois mois du début de celle-ci, en janvier 2022, le voilà rejoint par sur ce front par la voix d'Emmanuel Macron au Parlement européen.



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Crédit photo : Parlement européen

TF1 programme un téléfilm de Noël gay avec notre "nounou" préférée, Fran Drescher

mer. 20 oct. 2021, 15 h 05
Les festivités de fin d'année démarrent tôt du côté de TF1, qui annonce la diffusion en novembre du téléfilm Un Noël d'enfer. L'histoire d'un homme gay qui trouve l'amour grâce à la magie des fêtes… et à l'actrice iconique d'Une nounou d'enfer. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Décembre n'est pas encore là que les téléfilms de Noël débarquent déjà. Parmi le raz-de-marée d'histoires très hétéros qui attendent les téléspectateurs de TF1, la chaîne programme une petite anomalie le 9 novembre à 13h55 : Un Noël d'enfer, par le réalisateur canadien ouvertement gay Pat Mills. Derrière ce titre plutôt consensuel, le récit touchant de deux hommes tombant raides dingues l'un de l'autre en pleine période des fêtes. Avec, au casting, la star Fran Drescher.



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Diffusé pour la première fois aux États-Unis en 2020 sous le titre The Christmas Setup, le téléfilm se focalise d'abord sur l'histoire d'Hugo, un avocat new-yorkais qui revient dans son Milwaukee natal pour retrouver sa mère – incarnée par l'ex-"nounou d'enfer" – et passer les fêtes de Noël à ses côtés. Il ne s'attendait pas à renouer avec Patrick, un ancien camarade de lycée, qui s'avère être désormais ouvertement gay. Mais alors que les deux se rapprochent, l'homme de loi se voit offrir une promotion à Londres… Il devra alors choisir entre écouter sa raison ou suivre son cœur.

Une vraie authenticité

Le petit détail qui fait mouche, c'est que les deux personnages centraux, Hugo et Patrick, sont respectivement interprétés par Ben Lewis et Blake Lee, deux acteurs homosexuels… qui s'avèrent être en couple dans la vraie vie, et même mariés. Le premier est notamment identifié pour ses apparitions dans la série Arrow, tandis que son mari a joué dans Cruel Summer cet été.

En parallèle d'Un Noël d'enfer sur TF1, Netflix compte également proposer son téléfilm queer de Noël. Celui-ci s'intitulera Single All the Way et racontera l'histoire de Peter qui, lassé d'être critiqué sur son célibat durant la période des fêtes, invite son meilleur ami à l'accompagner voir sa famille, en le présentant comme son petit ami. Au casting, les sériephiles reconnaîtront Michael Urie (Ugly Betty) et Luke MacFarlane (Brothers & Sisters). Le film sera ajouté au catalogue de streaming le 2 décembre.



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Crédit photo : Lifetime

Pour avoir associé la Pride à la pédophilie, un élu polonais condamné à verser une amende à une asso LGBTQI+

mer. 20 oct. 2021, 14 h 31
Un conseiller municipal du parti ultraconservateur au pouvoir en Pologne a été condamné en appel après avoir écrit sur Facebook que la Marche des fiertés "promeut l'homosexualité et la pédophilie". googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

C'est finalement un huissier qui a pioché sur le compte bancaire de Tomasz Pitucha, un conseiller municipal de Lublin appartenant au parti ultraconservateur Droit et Justice (PiS), celui du président Andrzej Duda. L'élu refusait depuis 2019 de payer à l'association organisatrice de la Pride dans sa ville une amende pour avoir écrit en septembre 2018 sur Facebook que la Marche des fiertés "promeut l'homosexualité et la pédophilie". Timing parfait puisque l'association organise ce samedi 23 octobre la troisième édition de sa Marche.



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"Nous avons le plaisir de vous annoncer que l'argent saisi sur les comptes de Tomasz Pitucha vient d'arriver sur le compte de notre Marche. Nous le dépenserons pour organiser l'événement et pour aider les personnes LGBTQI+ ayant besoin de soutien psychologique", a indiqué sur Twitter la March Equality Association, l'association qui organise la marche.

Obtenir réparation n'a pas été facile. Tomasz Pitucha était poursuivi par Bartosz Staszewski, connu pour ses photographies dénonçant les zones dites "sans LGBT" qui se sont développées depuis deux ans au sein de plusieurs collectivités de Pologne. Lors de sa condamnation en première instance, les juges ont rappelé dans leur délibéré que le but de la marche est bel et bien de "promouvoir l'égalité et la tolérance", considérant que faire un lien avec la pédophilie est évidemment "faux et blessant".

"Arrêter cette déviance de promouvoir l'homosexualité en Pologne"

L'élu a ensuite été débouté de son appel en décembre 2019. Les magistrats l'ont alors condamné à verser à l'association 5.000 zloty, soit quelque 1.900 euros. Mais à la sortie du tribunal, Tomasz Pitucha décrète qu'il ne se conformera pas au jugement. Dans le journal polonais Onet, il déclare : "Je ne peux pas donner de l'argent à cette marche car cela va à l'encontre de mes croyances". Puis, cité par Notes of Poland, il persiste : "Peut-être qu'il faut perdre de nombreux procès pour arrêter cette déviance de promouvoir l'homosexualité en Pologne". C'est donc un huissier qui a saisi les fonds.

Les déboires judiciaires de l'élu ne l'ont pas empêché d'être nommé directeur adjoint du Centre de développement de l'éducation. Il faut dire que le ministre de l'Éducation polonais, un proche, partage son homophobie assumée. Przemysław Czarnek a ainsi qualifié les Marches de "promotion de la déviance". Selon lui, "l'idéologie LGBT (sic) a les même racines néomarxistes que le national-socialisme hitlérien". Dans une interview pour la télévision publique TVP, il a développé : "Tous sont égaux devant la loi... [mais] ceux qui promeuvent les déviances ne doivent avoir avoir les mêmes droits que les personnes qui se comportent normalement". Avec le parti Droit et Justice au pouvoir en Pologne, la politique est un point Godwin permanent.



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Crédit photo : Wikimedia Commons

Les MTV Europe Music Awards auront bien lieu en Hongrie malgré l'homophobie d'État

mer. 20 oct. 2021, 14 h 00
En dépit de la législation homophobe et transphobe adoptée par la Hongrie de Viktor Orban, la cérémonie 2021 des MTV Europe Music Awards a décidé de se maintenir à Budapest afin d'afficher sa solidarité avec les personnes LGBTQI+. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

La légende veut qu'aux abords du détroit de Messine, les marins aient à choisir entre se faire dévorer par Charybde ou affronter Scylla. Les organisateurs des MTV Europe Music Awards, qui récompensent les meilleurs clips vidéos de l'année en Europe, se sont un peu retrouvés comme ces navigateurs face au choix de maintenir ou non l'événement en Hongrie pour son édition 2021. C'est en effet aussi l'année où ce pays d'Europe de l'Est a adopté la législation anti-LGBTQI+ proposée par son Premier ministre nationaliste et conservateur, Viktor Orban. MTV a annoncé sa décision ce mardi 19 octobre : la cérémonie est maintenue à Budapest.



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"Nous sommes impatients d'utiliser l'événement pour amplifier nos voix et être solidaires de nos frères et sœurs LGBTQ", a déclaré Chris McCarthy, président et chef de la direction de MTV Entertainment Group Worldwide, dans une interview à l'Associated Press. Il assure que l'émission ne sera en aucun cas censurée : "Nous l'avons dit très clairement et nous l'avons fait depuis le début…. nous n'autorisons pas la contribution éditoriale en ce qui concerne les artistes. C'est toujours une condition quel que soit le pays dans lequel nous allons."

"Solidarité" avec les LGBTQI+ de Hongrie

Une inquiétude légitime puisque la législation homophobe et transphobe adoptée mi-juin par le Parlement hongrois prétend combattre "la propagande homosexuelle", c'est-à-dire toute représentation de l'homosexualité accessible aux mineurs, notamment à la télévision.

Lors la mise de ces restrictions, la première réaction de Chris McCarthy, lui-même gay, a été de vouloir déplacer l'événement prévu dans la capitale hongroise. C'est en en discutant avec des défenseurs des droits humains, en Hongrie ou au sein de MTV, qu'il s'est ravisé. "Cette [décision] peut surprendre quiconque sait qu'en juin de cette année, la Hongrie a adopté une législation anti-LGBTQI+ interdisant le contenu télévisé mettant en vedette des homosexuels pendant la journée et aux heures de grande écoute", concède-t-il dans une note adressée aux membres du personnel avant d'arguer que justement, "nous devrions aller de l'avant, en utilisant le spectacle comme une opportunité de nous montrer solidaires avec la communauté LGBTQI+ en Hongrie et dans le monde alors que nous continuons à lutter pour l'égalité pour tous".

Ainsi, l'organisation All Out, qui lutte pour la défense des droits LGBTQI+, recevra le convoité Generation Change Award récompensant les jeunes qui changent le monde. Pour son directeur exécutif, Matt Beard, MTV prend "absolument la bonne décision" qui permet de "donner aux communautés LGBTQI+ vivant en Hongrie un sentiment incroyablement précieux de solidarité internationale qui vient d'un grand événement médiatique mondial comme les EMA". Il faudra attendre encore un peu pour savoir dans quelle mesure la cérémonie accueillera des personnalités queers puisque les artistes nommés cette année n'ont pas encore été annoncés.



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Élections tchèques : une "victoire" pour la démocratie… mais pas pour la jeunesse LGBTQI+

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Crédit photo : MTV EMA via Instagram

Élections tchèques : une "victoire" pour la démocratie… mais pas pour la jeunesse LGBTQI+

mer. 20 oct. 2021, 11 h 09
TRIBUNE - L'actuel Premier ministre conservateur de République tchèque, Andrej Babis, n'est pas arrivé en tête des élections législatives. Mais alors que la situation politique reste volatile à Prague et la composition du nouveau gouvernement incertaine, aucun des horizons qui se dessinent n'est favorable aux personnes LGBTQI+, alerte Krystof Stupka, activiste sur place. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Le samedi 9 octobre, les électeurs tchèques se sont rendus aux urnes pour choisir "l'opposition démocratique" contre le populiste milliardaire actuellement au pouvoir, le Premier ministre Andrej Babis. De nombreuses personnes, et notamment les medias français et internationaux, ont qualifié cette élection de victoire de la démocratie contre le populisme tchèque. Mais malheureusement, encore une fois, les personnes LGBTQI+ sont les perdantes. Si la défaite de Babis est une victoire, la jeunesse queer est tendue et anxieuse.



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Le soir de l'élection, au moment où les résultats ont été connus, j'ai créé un espace sur Twitter où avec une centaine de jeunes queers, nous avons commenté les résultats et tenté de comprendre ce qu'il se passait. Une chose était claire : le nouveau parlement ne nous est pas favorable et les quatre prochaines années ne seront pas joyeuses pour nous.

Dans le dernier classement de l'ILGA-Europe sur les pays qui ont la pire législation dans les domaines LGBTQI+, la République tchèque arrive en 7ème position sur 49 pays. Nous ne pouvons pas nous marier, la loi ne criminalise pas les atteintes à notre communauté et notre pays continue de stériliser de force les personnes transgenres lorsqu'elles souhaitent changer leur état civil.

Aucun député favorable aux droits LGBTQI+

Pour comprendre le sentiment qui traverse notre communauté, il faut jeter un œil à la nouvelle composition du parlement. Non seulement aucun des députés favorable aux droits des personnes LGBTQI+ n'a été élu, mais maintenant, nous avons une majorité favorable à l'interdiction de l'avortement, au retrait de la Convention d'Istanbul, à revenir sur les partenariats civils de personnes de même sexe et, d'une manière générale, en faveur de la limitation des libertés que nous avons acquises pendant la dernière décennie.

La différence, cette fois, c'est que les parlementaires favorables au gouvernement conservateur se rapprochent de l'ultra-droite. Lorsque j'ai discuté à mon amie, Ashley Hirsch, connue pour avoir parlé publiquement de sa transition, elle a décrit cette élection comme une "catastrophe". C'est le parlement le plus conservateur que la République tchèque ait connu dans son histoire et aucune voix progressiste ne se fait entendre dans l'opposition.



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Ashley me racontait qu'elle craint les prochaines années. "Cette élection est alarmante pour les personnes trans, personne ne défend nos droits", dit-elle, avouant ne pas savoir si elle pourra terminer sa transition alors que quatre des cinq groupes parlementaires ont déjà exprimé publiquement des positions anti-trans. Malheureusement, je ne peux qu'être d'accord avec elle. Les institutions européennes pressent la République tchèque sur la dépathologisation des transitions. Mais en dépit des décisions de la Cour européenne des droits de l'Homme, le pays continue de pratiquer des stérilisations forcées et inhumaines des personnes trans.

À cette heure, il semblerait que le prochain ministre de la Justice sera Vaclav Benda, un opposant de longue date au mariage pour tous. Il se justifie en disant que "le mariage homosexuel va conduire à la polygamie musulmane et la fin de la civilisation occidentale". Concernant les droits des personnes trans, Vaclav Benda a qualifié les bloqueurs de puberté de "complètement inhumains" et les droits des personnes LGBTQI+ d'"agenda gauchiste". Depuis l'élection, il a déjà dit que "le mariage pour tous devra attendre la prochaine élection".

Une communauté LGBTQI+ épuisée

La jeunesse queer tchèque est épuisée. Nous avons dû endurer une campagne électorale qui a fait de notre communauté un bouc émissaire pour aboutir à un parlement qui va remettre en cause les maigres droits dont nous disposons. Ce qui a été dit dans l'espace public à propos de notre communauté était particulièrement effrayant et nous a profondément blessés. Et encore, les conséquences sur ceux d'entre nous qui découvrent leur identité ne sont pas encore visibles.

Pour vous donner une idée, le président tchèque qualifie les personnes trans de "dégoûtantes". Le vice-président du parlement, Tomio Okamura, qui a grandi dans un foyer, a déclaré qu'il se serait suicidé s'il avait été adopté par un couple gay. Un des députés d'ANO, le parti d'Andrej Babis, a comparé les personnes LGBTQI+ à des pédophiles. Le futur Premier ministre, Petr Fiala, a écrit dans un document de campagne que "les couples de même sexe ne peuvent pas fonder une famille égale aux familles naturelles" et que "la société doit mieux protéger les familles 'traditionnelles' pour leur survie".

Il va sans dire que ces discours trouvent un écho dans la rue. Tout récemment, le rédacteur en chef d'un média LGBTQI+ a été attaqué simplement car il tenait la main de son compagnon dans la rue, par un groupe de personnes l'insultant de "pédé". En tant qu'activiste queer, les menaces de mort sont devenues courantes. À Prague, je ne peux pas quitter mon domicile sans qu'on me crie dessus, qu'on me crache dessus ou qu'on m'insulte. Dans la communauté, tout le monde s'accorde à dire qu'en ligne aussi, les insultes vont en s'aggravant.

Alors, lorsqu'on célèbre la victoire de la démocratie en République tchèque, merci d'avoir en tête les conséquences de cette élection sur nous. Nous sommes enthousiastes à l'idée de voir Babis quitter le pouvoir, mais nous sommes terrifié pour nos droits et nous avons peu d'espoir à la lumière de ce qui nous attend.



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Krystof Stupka (he/they) est activiste en République Tchèque et fondateur de reclaimpride.cz

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Crédit photo : Hajran Pambudi / Unsplash

"Le Milieu de l'horizon", un drame familial et lesbien avec Laetitia Casta

mer. 20 oct. 2021, 10 h 28
La réalisatrice suisse Delphine Lehericey adapte avec sensibilité et finesse le roman de Roland Buti, histoire du cataclysme causé dans une famille d'agriculteurs par une idylle lesbienne secrète, incarnée par Laetitia Casta et Clémence Poésy, dans les années 70. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Maintes fois repoussé à cause de la crise sanitaire, Le Milieu de l'horizon sort enfin dans les salles de cinéma ce mercredi 20 octobre. Derrière ce titre poétique, l'histoire d'une famille fracturée, d'une classe sociale malmenée, d'une romance lesbienne interdite et d'un enfant en voie de devenir adolescent. Adaptation du livre du même nom de Roland Buti, le nouveau film de Delphine Lehericey est un peu tout ça en même temps. Un récit aux multiples visages, brillamment incarné par un duo que personne n'attendait : Laetitia Casta et Clémence Poésy en amoureuses transies.



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Dans la Suisse romande des années 70, c'est sous une canicule sans nom que les parents de Gus, 13 ans, se déchirent. Son père agriculteur, Jean, pâtit de récoltes décevantes qui menacent la stabilité financière de toute la famille. Quant à sa mère, Nicole, son amitié impromptue autant que fusionnelle avec Cécile, une jeune divorcée, apporte son lot de tracas. Marqué par la pression d'un contexte climatique tendu et d'un adultère irréparable, le portrait d'un foyer fin prêt à exploser.

Un film très personnel

Pour Delphine Lehericey, porter Le Milieu de l'horizon sur grand écran était une affaire des plus personnelles. "Je n'aurais initialement jamais osé me frotter à une telle histoire parce qu'elle est assez proche de la mienne, confie la cinéaste. En tant que femme lesbienne ayant quitté le père de mon fils, je ne pensais pas avoir les épaules à ce moment-là pour assumer cette histoire."

Crédit photo : Outplay

Dès la première lecture du scénario, la réalisatrice décèle pourtant dans cette histoire un haut potentiel dramaturgique, doublé d'une résonance socio-politique intéressante. Car outre le fait de dépeindre une idylle lesbienne à une époque où les relations homosexuelles étaient très mal considérées, le film se distingue par son prisme surprenant. "C'est une mère qui tombe amoureuse d'une femme vue par le point de vue de son enfant, explique Delphine Lehericey. Cet angle m'a permis d'aborder la colère de l'enfant mais aussi ces sentiments de trahison et d'incompréhension qui le traversent."

"Je ne voulais pas qu'on se dise 'attention gros casting : Casta et Poésy se roulent une pelle'."

Gros casting, gros enjeux

Laetitia Casta crève l'écran avec ce rôle d'une maman dépassée par la découverte de sa sexualité et rongée par les nouveaux désirs qui l'assaillent. Quant à sa partenaire de jeu, Clémence Poésy, elle excelle sous les traits de la très libre Cécile. Bien plus suggérée que montrée – exception faite d'une scène forte qu'on ne divulguera pas –, leur histoire d'amour échappe à un regard fétichisant. "Avec ce duo d'actrices, je ne voulais pas qu'on se dise 'attention gros casting : Casta et Poésy se roulent une pelle', appuie Delphine Lehericey. Je voulais plutôt respecter ce que j'avais ressenti la première fois où j'ai embrassé une femme."

Au-delà d'une famille dynamitée, Le Milieu de l'horizon capture aussi la précarité, celle d'une classe paysanne fragilisée par la grande sècheresse. Bien que, comme le souligne la réalisatrice, ce ne soit pas le propos principal : "Je n'avais pas forcément envie de raconter la pauvreté car je ne l'ai jamais vraiment connue. Ce qui m'intéressait en revanche, c'était de faire un film sur le monde de l'agriculture avec tout ce que ça induit. J'avais envie de me coller à quelque chose de très animal, à la terre, aux bêtes, aux odeurs." En découle une chronique sociale parfois brute (et brutale), parfois tendre, mais surtout un récit humain où l'amour lesbien est finement traité.



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Crédit photo : Outplay

"You" sur Netflix : Shalita Grant, l'actrice lesbienne qui crève l'écran dans la saison 3

mar. 19 oct. 2021, 18 h 18
Revenue sur Netflix pour une nouvelle saison, la série You présente au casting son lot de personnages inédits. À commencer par Sherry, la nouvelle mean girl qu'on adore détester. Focus sur son interprète, la géniale (et queer) Shalita Grant. googletag.cmd.push(function() { googletag.display('div-gpt-ad-1621434409290-0'); });

Nouvelle saison, nouveaux visages. En revenant sur Netflix pour sa tant attendue saison 3, la série You change radicalement de décor. Joe Goldberg et Love Quinn – sans doute le couple le plus psychotique de l'histoire des séries – délaissent l'effervescence de Los Angeles pour emménager dans une banlieue à la Desperate Housewives. Ils arrivent ainsi sur le terrain de jeu de Sherry Conrad, la reine des abeilles qui règne sur le voisinage faussement idyllique de Madre Linda. Et voilà que l'on tient notre personnage fétiche de la saison, brillamment joué par Shalita Grant.



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Sans trop spoiler, on peut dire que Sherry hérite d'un joli développement scénaristique au fil des dix épisodes, où sa sexualité n'est pas aussi figée et hétéronormée que ce qu'on pourrait croire a priori. Une évidence pour Shalita Grant, puisque l'actrice est elle-même ouvertement lesbienne. Dans une récente interview pour Pride, elle revient sur sa jeunesse passée en Virginie : "Dans les années 90, si tu ne montrais pas de soucis vis-à-vis de ton genre, les gens supposaient que t'étais hétéro. Et j'adorais m'apprêter. Je n'avais aucun problème avec ça. J'étais la petite lesbienne la plus hétéro du monde (Rires)."

Shalita Grant, lesbienne et épanouie

Vers l'âge de 25 ans, quelque temps après avoir reçu son diplôme en art dramatique de la prestigieuse école de Julliard, elle explore davantage sa sexualité. Peu après sa toute première expérience avec une femme, plus de doute : Shalita Grant s'identifie comme lesbienne. Et n'hésite pas à sortir immédiatement du placard. Après avoir été mariée puis divorcée, l'actrice est aujourd'hui en couple avec la championne de MMA mexicano-américaine Jessica Aguilar. "Je n'ai rien à cacher, explique-t-elle. Je vais l'embrasser, je vais lui tenir la main. Si quelqu'un a un problème, qu'il en parle à Jésus. Mais tout va bien ici. Nous sommes heureuses."

Crédit photo : Netflix

Bien qu'elle ait déjà campé des rôles hétéros (comme dans NCIS : Nouvelle-Orléans), l'actrice de 33 ans se réjouit toujours de pouvoir incarner des personnages queers. Chose qu'elle a d'ailleurs faite dans la troisième saison de Search Party sur OCS, où elle se glisse dans la peau de l'avocate décalée Cassidy Diamond. Elle estime qu'il y a tellement peu de rôles LGBTQI+ à Hollywood qu'il serait dommage de les confier à des interprètes hétéros. "Je pense qu'il y a suffisamment de gens qui sont out aujourd'hui pour que ça ne se passe plus comme ça, détaille-t-elle. Quand ça se passe ainsi, ça crée une disparité qui ne me semble pas nécessaire."



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Crédit photo : Netflix

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