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Mis à jour : il y a 1 heure 19 min

Pourquoi certains gays ne pratiquent pas la sodomie (et pourquoi ce n’est pas grave)

ven. 14 déc. 2018, 18 h 32
La sexualité entre hommes, forcément synonyme de pénétration anale ? Balayez vos idées reçues : les bis et gays qui ne pratiquent pas la sodomie sont plus nombreux qu’on ne le croit. TÊTU a contacté plusieurs d’entre eux pour savoir pourquoi, et casser un peu les clichés sur le sexe gay.

« Je n’aime pas être sodomisé car j’ai eu une très mauvaise première expérience. Je n’ai pas envie de ressentir une nouvelle fois cette douleur. Pour ce qui est d’être actif, je n’y trouve aucun plaisir. » Guillaume* a 22 ans et il fait partie de ce que les Américains appellent les « sides » : des hommes gays ou bis qui ne pratiquent pas la sodomie. Et il n’est pas le seul.

Une étude** américaine, publiée en 2016, avait démontré que seul un tiers des hommes gays et bis avaient pratiqué la sodomie – active ou passive – lors de leur dernier rapport sexuel, privilégiant les baisers et la fellation. Preuve, s’il en fallait une, que la pénétration anale est loin d’être la norme chez les gays.

« J’ai failli me faire violer »

Pourtant, la sodomie est encore trop souvent jugée comme indispensable dans l’imaginaire collectif – souvent fantasmé -, mais aussi, parfois, chez les gays eux-mêmes. C’est en tout cas ce qu’ont raconté à TÊTU plusieurs hommes concernés. « Plusieurs fois, des gars ont essayé de ‘forcer’, en me disant ‘tu vas aimer’, ‘laisse-moi faire’, ‘les autres n’ont pas réussi à te donner du plaisir’, ‘moi je sais mieux m’y prendre’… etc », raconte Guillaume, 22 ans.

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Il se remémore une fois où il a failli se faire violer parce que son partenaire pensait qu’il « jouait la comédie, la vierge effarouchée ». « Pour lui, par définition, un gay aime forcément la sodomie, active ou passive », ajoute-t-il.

« Le fait de refuser la sodomie m’a fait prendre conscience de l’infinité des autres possibilités qui existent. »

Un comportement qu’Alexis, étudiant de 21 ans, a beaucoup observé sur les applications de rencontres. « Une majorité de mecs voit la sodomie comme une étape obligatoire, regrette-t-il. Du coup, ceux qui ne la pratiquent pas sont vus comme des marginaux. »

Mais les principaux concernés sont pourtant loin de se considérer comme tels. « Le fait de refuser la sodomie m’a fait prendre conscience de l’infinité des autres possibilités qui existent », sourit Guillaume.

La peur d’être « sales »

Pourquoi « refuser » absolument d’être pénétré ? Des garçons, de tous âges, ont répondu à TÊTU. Raison première : l’hygiène. Un sujet particulièrement tabou au sein de la communauté gay. Pour Alexis, « les contraintes d’hygiène sont trop importantes par rapport au plaisir ressenti ». Un avis partagé par Martin*, 32 ans : « Il y a beaucoup trop de paramètres à prendre en considération : surveiller ce que l’on mange, être toujours propre, se laisser totalement aller… »

Des discours comme ceux-là, le sexologue Pierre Cahen en entend beaucoup dans son cabinet parisien. « Je reçois de nombreux patients qui ne pratiquent pas la sodomie par peur d’être sales. C’est un des freins principaux à la pratique. » 

Responsabilité du porno ?

Pour Sébastien Chauvin, le porno est en partie responsable de telles réactions. Face à l’inexistence d’une éducation à la sexualité LGBT, notamment à l’école, les élèves se tournent souvent vers les films X.

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« Les films pornos tendent à exagérer la centralité du sexe anal dans la sexualité gay. »

« Or, les films pornos tendent à exagérer la centralité du sexe anal dans la sexualité gay, qui au quotidien est beaucoup plus diverse, assure Sébastien Chauvin, sociologue et co-auteur de Sociologie de l’homosexualité (La Découverte, 2013). De plus, seule est montrée la scène de pénétration et souvent pas grand-chose de la préparation (technique, hygiène, etc.). C’est pourtant un élément central de la transmission culturelle entre les générations gays (mais aussi aujourd’hui hétéros). »

La peur d’avoir mal

Deuxième raison invoquée : la peur d’avoir mal. « Je n’ai pas toujours eu des partenaires très délicats et l’idée d’être blessé par un rapport me rebute énormément, raconte Damien*, un lycéen trans’ de 16 ans. C’est d’ailleurs ce qui me bloque à l’idée de réessayer les rapports anaux. » « J’ai peur de toucher à cette autre partie de mon corps, ajoute Jean, étudiant de 21 ans. J’ai bien sûr essayé en solitaire, mais je n’ai éprouvé aucun plaisir. Au contraire, je ressentais une gêne, autant dans la sensation que dans l’acte. »

A cela, le sexologue Pierre Cahen rétorque que « la douleur est beaucoup une question de relaxation et d’acceptation d’être pénétré et de désir ». Rappelons tout de même que le massage prostatique ouvre le champ à des orgasmes plus longs et souvent plus intenses. 

Pour le sociologue Sébastien Chauvin, on ne peut pas exclure que « l’invocation de l’’hygiène’ ou de la ‘douleur’ soit le langage somatique par lequel s’exprime l’inconfort devant ce qui est ressenti comme un renoncement à la masculinité ».

Une posture que certains trouvent « féminine »

Dans ce sillage, d’autres, aussi, refusent la sodomie passive pour des raisons culturelles, voire cultuelles, avec en jeu la peur d’être assimilé à une femme. C’est le cas de Bernard*. Ce cadre de 36 ans ne pratique que la sodomie active. « Je n’aime pas du tout me retrouver dans la position du passif, confie-t-il. J’ai un peu l’impression de faire la femme alors que je préfère contrôler la situation, dominer. » Un discours totalement rétrograde, mais pas si rare que ça.

« L’émergence de la figure du ‘passif viril’ montre que les choses sont en train de changer, analyse Sébastien Chauvin. La pénétration anale n’est plus immédiatement pensée comme en continuité avec la polarisation masculin-féminin. » Mais c’est loin d’être gagné pour autant.

Selon lui, le double standard importé du modèle patriarcal, qui juge différemment la sexualité des femmes de celle des hommes, se reproduit dans le milieu. « Résultat, complète-t-il. L’honneur sexuel est beaucoup plus en jeu dans la sexualité passive que dans la sexualité active qui, elle, ramène plus à la question de l’honneur des hommes hétérosexuels en tant que Don Juan ». Autrement dit, le passif se retrouve plus souvent dans la position de la ‘salope’ et l’actif dans celle du ‘tombeur’.

« On peut être dominé en étant actif et dominant en étant passif. »

Une sexualité très diverse

Le sexologue Pierre Cahen pense qu’il faudrait, tout simplement, se débarrasser des termes actif/passif, totalement dépassés, et leur préférer la formule pénétrant/pénétré. « On peut être dominé en étant actif et dominant en étant passif », lance-t-il.

Il ajoute dans un petit rictus : « Il ne faut pas non plus chercher midi à 14h chez quelqu’un qui trouve du plaisir autrement. La pénétration n’est pas une obligation pour lui et peut être une gêne à laquelle il ne veut pas se confronter ».

C’est d’ailleurs que ce prône le plus jeune de nos témoins, Damien  : « Les garçons avec qui j’ai des rapports sans pénétration ont souvent cette inventivité et cette manière de mieux s’approprier leur corps de plein de façons différentes ». Et de conclure :

« Je pense que tout le monde – homos ou hétéros d’ailleurs – devrait essayer, un jour, d’avoir un rapport avec quelqu’un, mais sans pénétration. Pour découvrir d’autres choses, pour éviter que cela devienne lassant… Le sexe est loin de n’être que ça. »

*Certains prénoms ont été changés.

**Etude menée en 2016 par l’université de George Masson (Indiana, Etats-Unis) sur 24.787 hommes bisexuels et gays âgés de 18 à 87 ans.

Crédit photo : Shutterstock.

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« Mapplethorpe » : une superbe bande-annonce pour le biopic consacré au photographe gay

ven. 14 déc. 2018, 16 h 57
La réalisatrice Ondi Timoner vient de dévoiler la bande-annonce de son film « Mapplethorpe ». Un biopic consacré au photographe qui révolutionna la photo d’art et la vision du corps homosexuel. L’artiste sulfureux est incarné par l’acteur Matt Smith.

Sa vie était, paraît-il, plus sulfureuse encore que ses clichés. Elle méritait bien un film. On découvre enfin les premières images de « Mapplethorpe », le biopic consacré à la vie du génial photographe Robert Mapplethorpe grâce à une séduisante bande-annonce.

Le film raconte l’ascension de l’artiste dans le New York des années 70, de sa relation amoureuse et fusionnelle avec la (future) rockeuse Patti Smith, jusqu’à son décès du sida en 1989. Il avait 42 ans.

La réalisatrice américaine Ondi Timoner (cinéaste rock déjà responsable d’un film « Dig ! » sorti en 2005 sur les groupes Brian Jonestown Massacre et Dandy Warhols) a choisi le britannique Matt Smith, bien connu des fans des séries « Doctor Who » et « The Crown », pour incarner le rôle du photographe ouvertement gay. Dans une interview au site du magazine américain Entertainement Weekly, l’acteur a déclaré avoir découvert grâce au film le sort des homosexuels dans les années 70-80 :

« J’ai cherché à comprendre cette l’époque, ça m’a fait réfléchir à ce que c’était que d’être homosexuel dans les années 70 à New York et sur la manière dont ils étaient traités pour une maladie (le sida) qui était totalement méconnue. (…) C’était épouvantable ce qui est arrivé aux hommes gays à ce moment. (…) Tourner ce film m’a fait prendre conscience de cela. Il (Mapplethorpe) est mort si jeune. S’il était encore vivant aujourd’hui, il vivrait une vie pleine et serait toujours un aussi brillant et prolifique artiste, j’en suis sûr. Parce qu’il était prolifique : il ne faisait que bosser, bosser et bosser ! »

Fleurs et fist-fucking

Grand technicien du noir & blanc, Mapplethorpe a révolutionné l’univers de la photo d’art par la beauté sublime de ses clichés représentant indifféremment des fleurs, des sexe d’hommes en érection jaillissant d’un costume trois pièces, ou des scènes de fist-fucking shootées. Jamais on n’avait représenté le corps masculin (notamment noir) et la sexualité queer avec autant de crudité et de beauté. « Je suis un artiste. J’aurais pu être un peinte, mais l’appareil photo a été inventé », peut-on entendre s’exclamer Mapplethorpe dans la bande-annonce.

La chanteuse Patti Smith, amour de jeunesse et amie du photographe jusqu’à la fin de sa vie, est quant à elle incarnée par la jeune actrice Marianne Rendón. Mais si la rockeuse est représentée dans le film, celui-ci a été réalisé sans son soutien.

Aux dernières nouvelles, Patti Smith devait adapter « Just Kids », son sublime livre sur sa relation avec le photographe, paru en 2010, en série télé pour la chaîne câblée américaine Showtime.

Présenté au festival de Tribeca à New-York en avril dernier, le film a obtenu d’excellentes critiques. Si « Mapplethorpe » devrait sortir sur les écrans américains le 1er mars 2019, aucune date de sortie n’a été annoncée en France pour l’instant.

Découvrez la bande-annonce de Mapplethorpe, le biopic consacré au photographe : 

Crédits photos : Samuel Goldwyn Films/The Robert Mapplethorpe Foundation.

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« Je n’ai aucun droit sur mes propres enfants » : l’enfer des mères « sociales »

ven. 14 déc. 2018, 16 h 09
[PREMIUM] On les appelle les mères « sociales ». Lesbiennes ou bies, elles ont eu un enfant avec une femme dont elles se sont séparées depuis, avant de se marier et d’adopter. Victimes d’un véritable vide juridique, elles se retrouvent souvent privées de leur enfant et doivent faire le deuil du statut de « mère », qu’elles ressentent au plus profond d’elles-mêmes, mais n’obtiendront jamais légalement. Alors que la PMA pour toutes se fait toujours attendre, le sort de leurs familles, comme d’autres, en dépend.

« Aujourd’hui, je ne bénéficie d’aucun droit sur mes propres enfants. » Christel, 45 ans, n’a pas vu ses filles depuis deux ans. Tout comme Sarah, Valérie, et Sandy, que TÊTU a contactées, elle a été coupée des enfants conçus via une insémination avec son ex-compagne. Car ces dernières se sont séparées avant de se marier et de lancer une procédure d’adoption – seule possibilité actuelle pour la mère « sociale », qui n’a pas accouché, d’obtenir le statut de parent.

« Evidemment, on s’était dit qu’il faudrait que l’on se marie. Puis le temps passe, la fatigue arrive, les disputes s’enchaînent et au final il n’y a plus de mariage, plus d’adoption… », confie cette mère « sociale », qui habite Perpignan, accrochée à l’espoir de revoir, un jour, ses enfants. « Parce que pour supporter cette attente, il n’y a que ça qui reste, malheureusement. »

Sandy, 41 ans, avait déjà une fille lorsqu’elle a décidé de se lancer dans un projet de co-parentalité avec son ex-compagne et un couple d’hommes. L’insémination artisanale a fonctionné dès le deuxième essai, en 2014. « On a décidé de se marier pour mettre en place une procédure d’adoption, mais huit mois après, elle a voulu divorcer. Et là, ça a été la guerre », se souvient-elle.

Les deux femmes se séparent en novembre 2016. Sandy parvient, tant bien que mal, à continuer de voir sa fille. Jusqu’au mois de septembre dernier. Période depuis laquelle elle doit se contenter de l’apercevoir dans la rue de temps en temps : « Je la croise car j’habite juste à côté », explique, amère, cette habitante de Béziers. « Mon ex m’a envoyé un message pour me dire qu’elle ne voulait plus que j’aie de contacts avec la petite. C’est très douloureux. Pour moi, mais aussi pour ma grande fille, qui ne comprend pas pourquoi elle ne voit plus sa soeur. »

Sarah, elle, a été coupée pendant deux ans de son fils, né via une insémination effectuée à l’aide d’un ami :

« J’ai quitté un bébé de 11 mois et j’ai retrouvé un garçon de trois ans qui parlait et qui marchait… C’est du temps qui ne se rattrape pas. »

 

 

Des mères coupées de leurs enfants

Si la plupart des mères « sociales » qui ont accepté de témoigner auprès de TÊTU ont réussi à obtenir une garde alternée les mois suivant la rupture, celle-ci n’a souvent été que de courte durée.

« Mon ex-compagne a refait sa vie, et à partir de là, elle a commencé à me dire que je n’avais pas d’enfant, que je ne serai jamais leur parent », se souvient Christel. Légalement, elle n’a en effet aucun droit sur ses deux filles, qu’elle n’a pas portées. Tout comme Valérie, 45 ans, qui vit au Coudray-Montceaux dans l’Essonne : « Aujourd’hui, je prends ce qu’on me donne ». Elle voit son fils, né via une PMA en Belgique en 2013, un week-end sur deux. « Je suis complètement écartée de sa vie scolaire, regrette-t-elle par ailleurs. Pareil s’il est malade : je n’ai pas accès à son carnet de santé. S’il y a un problème, je ne connais même pas les dates de ses derniers vaccins… Rien. »

A 31 ans, Sarah, qui habite près de Rouen en Normandie, pointe également des situations ingérables en cas d’urgence : « J’ai dû, un jour, amener mon fils se faire recoudre à l’hôpital pendant les vacances. Et bien il a fallu que j’appelle l’autre mère pour avoir son autorisation… ». Son petit garçon de 8 ans lui demande, parfois, pourquoi elle ne l’adopte pas. « J’ai dû lui expliquer que j’aimerais mais que je ne peux pas, car la loi n’est pas conçue pour, parce que je ne suis pas mariée avec sa maman », répond Sarah, désemparée.

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Un vide juridique avant 2013

Depuis la loi sur le mariage pour tou.te.s en 2013, les mères qui n’ont pas porté l’enfant peuvent être reconnues comme parents via une procédure d’adoption. A condition de s’être mariées avec leur compagne au préalable. Et encore faut-il que le couple tienne jusque-là. « Parfois, il peut s’écouler plus d’un an entre la naissance et l’adoption. Et en un an, on ne sait pas ce qui peut se passer… », met justement en avant Sarah.

« Mon avocate m’a dit que je n’aurai jamais le statut de parent. »

Et quid des couples de femmes qui ont eu des enfants avant 2013 ? « Mon avocate m’a dit que je n’aurai jamais le statut de parent », déplore Christel. Comme les autres mères contactées, elle a dû se lancer dans une longue et douloureuse procédure judiciaire. Non pas pour être reconnue comme mère – légalement, elle ne pourra en effet jamais l’être – mais pour obtenir un simple « droit de visite et d’hébergement ».

« Cela fait partie des dossiers les plus difficiles que j’ai à traiter, car la mère sociale n’a aucun statut juridique », reconnaît l’avocate Caroline Mecary, qui a suivi de très nombreuses affaires de ce type. « Ce sont des situations absolument dramatiques. Il n’y avait aucune garantie de droit pour ces femmes avant 2013. »

Les procédures lancées depuis durent en moyenne de 9 à 12 mois, selon elle. Uniquement en première instance, et donc sans compter le passage en Cour d’appel, ce qui se produit fréquemment. « Or c’est autant de temps durant lequel la mère sociale ne voit pas l’enfant, soulève Caroline Mecary. Et la mère légale en fait un argument, car elle plaide ensuite que cela va déséquilibrer l’enfant de revoir la mère sociale après deux ans. » 

L’avocate s’appuie aujourd’hui principalement sur l’article 371-4 du code civil pour demander le maintien des liens entre l’enfant et « un tiers » – en l’occurrence, la mère sociale. Un article utilisé en temps normal par des grands-parents qui ne voient plus leurs petits-enfants.

« Prouver un lien avec mes propres filles »

En procédure depuis deux ans, Christel a dû réunir de nombreux « éléments matériels » pour prouver qu’elle avait été pleinement impliquée dans ce projet d’enfant. « Heureusement que j’avais gardé des tickets de caisse, les listes de naissances faites à nos deux noms…, relate-t-elle. C’est une vraie enquête policière pour prouver que j’ai été en lien avec mes propres filles, c’est quand même incroyable ! » 

Elle espère obtenir, grâce à sa requête déposée au tribunal de grande instance, un week-end sur deux avec ses enfants, ainsi que la moitié des vacances scolaires. Impossible, en l’état actuel, d’imaginer un partage de l’autorité parentale sans l’accord de la mère légale. De même pour établir un lien de filiation par « possession d’état« .

« Cela illustre la toute puissance du parent biologique. Il y a une réelle insécurité juridique. »

En général, les « droits de visite et d’hébergement » sont autorisés par les tribunaux de grande instance, souligne à TÊTU Caroline Mecary. Mais ça se complique en appel. « Cela illustre la toute puissance du parent biologique. Il y a une réelle insécurité juridique », commente Aude Denarnaud, avocate de Sandy et membre de la commission juridique de l’Association des parents gays et lesbiens (APGL). C’est pourquoi elle conseille en premier recours l’adoption, quand c’est encore possible.

Un enjeu important de la PMA pour toutes

Pour les couples de femmes ayant eu un enfant avant 2013, ou n’ayant pas pu adopter ensuite, le parcours du combattant continue. D’où l’importance du futur projet de loi sur la PMA pour toutes, qui se fait attendre depuis des années. Pour ces mères « sociales », celui-ci ne peut se faire sans réforme de la filiation, afin de reconnaître les deux mères comme parents dès la naissance, et non pas uniquement après une procédure d’adoption. C’est d’ailleurs l’objet d’une pétition, lancée par Christel sur Change.org. En attendant impatiemment d’obtenir le droit de revoir ses filles, cette dernière a également créé récemment, avec Sarah, l’association Parents sans droits, pour aider les mères dans le même cas.

A LIRE AUSSI : PMA pour toutes : « Je n’ai plus le temps d’attendre »

En juin 2013, et après un an de procédure, Sarah a enfin obtenu un droit de visite et d’hébergement pour son fils, auquel son ex-compagne a refusé de se soumettre. Elle a finalement dû attendre avril 2014 pour que la Cour d’appel de Rouen lui donne raison. Sans toutefois avoir plus de droits sur son enfant : « N’ayant aucun lien biologique avec l’enfant et ne pouvant être qualifiée juridiquement de parent, (…), les deux jeunes femmes n’ayant pas été unies par le mariage, sa demande d’exercice conjoint de l’autorité parentale est irrecevable », stipule la décision du juge aux affaires familiales.

Depuis, Sarah a eu, avec une nouvelle compagne, un autre garçon, qu’elle a elle-même porté. Mais sa précédente histoire lui a servi de leçon : « On s’est mariées, pour les protéger, elle et mon fils, s’il m’arrivait quelque chose ou qu’on se séparait. » Leur fils est né en octobre dernier. Au mois de novembre, elles étaient chez le notaire pour signer un consentement à l’adoption.

Chaque semaine, retrouvez « NRV ET TÊTU », la chronique de TÊTU dans « Le Nouveau Rendez-Vous », l’émission de Laurent Goumarre sur France Inter. Ce jeudi 13 décembre 2018, elle était consacrée au témoignage de Christel, mère « sociale » qui se bat pour revoir ses filles, conçues avec son ex-compagne via une insémination :

Crédit photo : Shutterstock.

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L’Allemagne légalise le troisième genre à l’état civil

ven. 14 déc. 2018, 15 h 02
L’Allemagne a légalisé, ce vendredi 14 décembre, un « troisième genre » sur les certificats de naissance, faisant du pays un précurseur en Europe dans la reconnaissance des personnes intersexes.

Une première en Europe. L’Allemagne est devenu, ce vendredi 14 décembre, le premier état du continent européen à légaliser le troisième sexe à l’état civil. Le texte a été approuvé par le Bundestag, le Parlement allemand. Il avait été approuvé par le gouvernement à la mi-août.

le Bundestag vient d'adopter avec les voix de la grande coalition l'introduction d'un troisième sexe "divers" à l'état civil.

— Pascal Thibaut (@pthibaut) December 13, 2018

À LIRE AUSSI : Allemagne : le gouvernement adopte un projet de loi sur un « troisième genre »

La mention « divers »

À côté de « féminin » ou « masculin » pourra être mentionnée la mention « divers » pour les personnes concernées, selon ce texte de loi approuvé par la chambre des députés. Tout comme le Népal, l’Australie, l’Inde ou la Nouvelle-Zélande, l’Allemagne reconnait désormais le troisième genre.

Le gouvernement de coalition entre les conservateurs d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates applique ainsi une décision de la Cour constitutionnelle de 2017. La plus haute juridiction allemande avait donné aux députés jusqu’à « fin 2018 » pour voter la légalisation d’un « troisième sexe ».

Jusqu’à présent, il était possible en Allemagne, depuis mai 2013, de ne pas renseigner le champ relatif au sexe en le laissant vide, les intéressés pouvant ensuite, au cours de leur vie, soit faire le choix d’un sexe masculin ou féminin, soit garder la mention du sexe non renseignée.

Un texte insuffisant

Pour autant, la loi n’a pas fait consensus et en a déçu plus d’un. Elle a été votée uniquement par les députés de la majorité. Le parti des Verts, de gauche et les libéraux, ont voté contre, jugeant le texte insuffisant. Car le changement de sexe à l’état civil doit toujours se faire sur présentation d’un certificat médical.

« Les évaluations dégradantes et les logiques pathologisantes doivent être supprimées », a écrit l’association des gais et des lesbiennes dans un communiqué. L’association exige que la possibilité de changer de prénom et de sexe puisse se fasse certes légalement, mais surtout sans prescription médicale.

En France, toute personne doit être rattachée dans les cinq jours suivants la naissance à l’un des deux sexes masculin ou féminin. La Cour de cassation a rejeté l’an passé la reconnaissance d’un « sexe neutre », écartant la demande d’une personne née sans pénis ni vagin.

Selon les statistiques des Nations Unies, entre 0,05% et 1,7% de la population mondiale est intersexe.

À LIRE AUSSI : « Intersexe et fier », Mischa nous explique l’intersexuation

Crédit photo : Existrans. 

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« Imagine » : Ariana Grande dévoile une nouvelle ballade romantique

ven. 14 déc. 2018, 14 h 38
Après plusieurs de jours de teasing, la popstar américaine Ariana Grande vient de dévoiler la ballade romantique « Imagine », tirée de son prochain album.

La chanteuse faisait patienter ses fans depuis plusieurs jours. Ariana Grande a (enfin !) dévoilé jeudi 13 décembre son nouveau morceau « Imagine », extrait de son cinquième album studio à venir « Thank U, next ».

Dans cette ballade romantique, l’artiste américaine imagine un monde idyllique pour elle et son amoureux. Après un morceau sur l' »acceptation »« Thank U Next », et un clip inspiré du film Mean Girls complètement délirant, la chanteuse révèle un morceau sur le « déni ». « Il s’agit de prétendre que ça (une relation amoureuse, NDLR) ne s’est jamais arrêté », a écrit Ariana sur Twitter, en réponse à un de ses fans.

À LIRE AUSSI : « Thank u, next » : record historique pour le dernier clip d’Ariana Grande

« Imagine un monde comme celui-là »

Elle chante : « Imagine un monde comme celui-là / Imagine un monde comme celui-là / On s’élève jusqu’à ce que je sois endormie contre ta poitrine / J’adore la façon dont mon visage se cale parfaitement dans ton cou / Pourquoi ne peux-tu pas imaginer un monde comme ça ? / Imagine un monde ».

En plus de « Imagine », la chanteuse a sorti, le 13 décembre dernier, un morceau avec son frère Frankie Grande. Une reprise de la célèbre chanson de Rent, « Seasons of Love ».

Quelques mois seulement après la sortie de son quatrième opus « Sweetner », Ariana Grande a promis la parution avant la fin de l’année de « Thank U Next ». Un beau cadeau de Noël pour ses fans !

Crédit photo : Instagram.

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En 2018, « lesbienne » est encore le mot le plus recherché sur les sites de streaming porno

ven. 14 déc. 2018, 11 h 26
Le mot « lesbienne » est le plus recherché sur les sites de streaming porno, selon les chiffres publiés par les plateformes PornHub et YouPorn.

Sur les 40 milliards de vues totalisées par les deux plus grosses plateformes de streaming de porno, YouPorn et PornHub, « lesbienne » est le mot le plus recherché. C’est en tout cas ce que révèlent les deux sites en publiant leurs statistiques pour 2018. Et pour la troisième année consécutive.

Les femmes, adeptes du porno lesbien

Le mot « lesbienne » est le mot le plus recherché par les femmes sur les deux sites pornos. Alors que du côté des hommes, le mot arrive en sixième et dixième position, respectivement sur PornHub et YouPorn. Dans le monde, « lesbienne » arrive en tête des recherches en Australie, en France, aux États-Unis, au Brésil, en Grèce ou encore en Arabie Saoudite.

Les femmes totalisent près de 30% des internautes sur les deux plateformes. Comparées aux hommes, elles sont 151% plus susceptibles de regarder des vidéos de lesbiennes.

Pour la directrice du site d’information sur les sexualités de PornHub, Laurie Betito, « les femmes continuent de préférer le porno lesbien ». Et de poursuivre : « Elles voient des actes qu’elles apprécient elles-mêmes, cela explique pourquoi la catégorie cunnilingus est si populaire. »

Certaines sous-catégories de porno lesbien ont connu une très forte augmentation en 2018, c’est notamment le cas de la catégorie « lesbienne strap on » (+ 382%).

Pas de précision sur ce que regardent les lesbiennes, puisque l’étude ne tient pas compte des orientations sexuelles des internautes. Mais on peut se douter que peu regardent effectivement la catégorie lesbienne, souvent décriée comme étant pensée par les hommes et pour les hommes, et n’ayant pas grand chose à voir avec ce qu’il se produit dans la réalité.

Un regain d’intérêt pour le porno trans’

Le porno trans’ a connu une forte augmentation de popularité sur l’année 2018, toujours selon les chiffres publiés par PornHub. Le site a notamment constaté une augmentation de 167% des vues par les hommes, par rapport à l’année dernière. L’augmentation est de 200% chez les personnes de plus de 45 ans. La plateforme relève que la recherche du mot « trans » arrive en cinquième position des recherches les plus populaires chez les personnes âgées de 45 à 64 ans.

Parmi toutes les recherches, la catégorie « trans » arrive en 23e position sur PornHub et en 16e position sur YouPorn.

Des résultats qui montrent, une fois de plus, à quel point les personnes LGBT+, et particulièrement les personnes trans’, sont encore trop réduites à leur sexualité – dont les sites pornos proposent le plus souvent une vision exotisante et fantasmée, bien loin des réalités.

Crédit photo : Shutterstock. 

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Tomber amoureux avec le clip de « Que Toi » d’Andy Je T’aime, déclaration gay et dansante

ven. 14 déc. 2018, 10 h 12
Alerte années 1980. Andy Je T’aime publie le clip de son premier titre, « Que Toi ». Une chanson d’amour sincère, à prendre au premier ou au second degré.

Kitsch et beau, sincère et drôle, « Que Toi » est un peu tout à la fois. Ce titre est le premier d’Andy Je T’aime, un projet musical porté par Brice Michelini. Cet acteur et mannequin français y déclare son amour à son copain, Andy Gillet. Lui-même acteur et mannequin, il est donc le fameux Andy d’Andy Je T’aime.

L’esthétique kitsch assumée du clip de « Que Toi » rappelle Corine, tout comme le son très années 1980. Deux beaux projets musicaux sous une apparente légèreté.

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Des paroles sans détours

Dans « Que Toi », Brice Michelini parle de son amant comme dans l’intimité. « Embrasse-moi, caresse-moi, déshabille-moi, goûte-moi, lèche-moi, mange-moi. Fais de moi ta proie », liste-t-il.

Une déclaration d’amour gay qui ne s’embarrasse pas de métaphores et formules détournées. On ne pouvait qu’aimer.

Crédit photo : Nina Koltchitskaia.

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L’élection de Bolsonaro provoque une hausse des mariages entre personnes de même sexe au Brésil

ven. 14 déc. 2018, 10 h 01
A l’approche de la prise de fonction du président élu Jair Bolsonaro, le nombre de mariages entre personnes de même sexe a explosé au Brésil.

Jair Bolsonaro doit prendre ses fonctions le 1er janvier prochain. Mais l’arrivée au pouvoir du nouveau président brésilien inquiète fortement la communauté LGBT+. A raison.

Si le programme officiel de Jair Bolsonaro ne mentionne à aucun moment les droits LGBT, il a enchaîné les sorties homophobes lors de sa campagne et n’a pas hésité à user de fake news pour stigmatiser les membres de la communauté LGBT du Brésil.

En 2010, dans un débat télévisé, il s’était notamment dit favorable à des « punitions physiques » comme « cure » pour les homosexuels. En 2011, dans un entretien donné au magazine Playboy, le parlementaire a affirmé sans ciller qu’il préférerait que son fils « meure dans un accident de voiture » plutôt que de le savoir homosexuel.

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Explosion des mariages

Alors, appréhendant une éventuelle perte de leurs droits au 1er janvier, bon nombre de personnes LGBT+ ont décidé de prendre les devants et de passer devant le maire.

Selon une association de notaires brésilienne, citée par The Guardian, les mariages entre personnes de même sexe ont explosé cette année par rapport à l’an passé : +25% au niveau national et même +42% à Sao Paulo.

Mariage pour tou.te.s depuis 2013

Au Brésil, le mariage pour tou.te.s a été légalisé en 2013 par le Conseil national de justice. Auparavant, la justice d’une dizaine d’États, comme Sao Paulo, acceptait déjà systématiquement de transformer les « unions stables » entre personnes du même sexe en mariage.

Crédit photo : YASUYOSHI CHIBA / AFP.

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USA : Trump saisit la Cour suprême pour bannir les personnes trans’ de l’armée

ven. 14 déc. 2018, 8 h 54
Le président Donald Trump a demandé jeudi 13 décembre à la Cour suprême des États-Unis de l’autoriser à bloquer, à titre temporaire, le recrutement de personnes trans’ dans l’armée.

Toujours plus de transphobie. Le président américain, Donald Trump, retire jour après jour, des droits fondamentaux aux personnes trans’. Il a demandé, ce jeudi 13 décembre, à la Cour suprême des États-Unis de l’autoriser à bloquer, à titre temporaire, le recrutement de personnes trans’ dans l’armée, en attendant l’issu d’une bataille juridique en cours.

« Un risque pour l’efficacité de l’armée »

L’administration a invoqué, dans un recours au nom du président, « un grand risque pour l’efficacité et la puissance létale des militaires » de laisser en vigueur une politique d’ouverture, décidée par son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Le président Obama avait prévu que l’armée commence à accueillir des recrues transgenres au 1er juillet 2017. Le gouvernement Trump avait d’abord reporté l’échéance au 1er janvier 2018, puis avait décidé de revenir complètement sur cette politique. Le milliardaire républicain avait mis en avant, dans une salve de tweets en juillet 2017, « le fardeau des coûts médicaux énormes » et des « perturbations ».

À lire aussi : Trump interdit catégoriquement aux personnes trans de servir dans l’armée

Plusieurs jugements avaient invalidé la décision du président et des personnes trans’ ont pu commencer à s’enrôler au 1er janvier. Mais, dès février, le ministre de la Défense Jim Mattis a proposé une version corrigée de l’interdiction.

« Contraire aux intérêts de la nation »

Les personnes trans’ n’ayant pas changé de sexe, peuvent actuellement servir sous les drapeaux, mais sous leur sexe biologique. Les autres sont exclues, sauf dérogation, selon le nouveau cadre. En septembre 2018, des tribunaux fédéraux ont suspendu cette « nouvelle politique », la jugeant « similaire » à la précédente. Le gouvernement a fait appel et demandé à la Cour suprême de se saisir du dossier sur le fond.

L’administration a plaidé que, le cas échéant, ces décisions « vont rester en place pendant encore au moins un an et peut-être jusqu’en 2020, et l’armée ne peut être obligée à maintenir aussi longtemps une politique qu’elle juge contraire aux intérêts de la nation ».

Il n’existe pas de chiffres officiels, mais d’après les estimations, entre 1.320 et 15.000 personnes trans’ servent dans l’armée américaine, sur 1,3 million de militaires en service actif.

Mi-octobre le président a annoncé envisager de définir très strictement l’identité sexuelle comme étant liée aux organes sexuels à la naissance. Une décision qui pourrait ôter la possibilité aux personnes trans’ de se faire reconnaître officiellement.

À lire aussi : USA : un projet de l’administration Trump pourrait totalement nier l’existence des personnes trans’

(Avec AFP)

Crédit photo : Creative Commons. 

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Interview de Thomas Azier : « J’ai longtemps été effrayé par mon désir sexuel »

jeu. 13 déc. 2018, 18 h 02
En pleine promo de son album « Stray », le chanteur néerlandais Thomas Azier, nous a parlé et de son désir, des Parisiens et du déclin de l’électro, depuis le bunker qui lui sert de maison. Interview.

Thomas Azier revient avec « Stray », troisième album réalisé tout seul, ou presque, après une expérience dans une major qui l’a dégoûté des grosses maisons de disques. Le chanteur au charme magnétique y chante son désir sexuel, qu’il apprivoise petit à petit. Celui qui a travaillé avec Stromae et Woodkid explore une masculinité qu’il commence à assumer, sans renier sa part de féminité. Rencontre avec un artiste sensible qui utilise sa musique pour gérer les colères qui le parcourent.

Tu ouvres ton nouvel album « Stray » par « The Dream in her« , un morceau instrumental qui nous a beaucoup rappelé Woodkid, avec qui tu as travaillé. On abuse si on y voit une déclaration d’amour ?

J’adore Woodkid et son travail. Mais c’est un peu facile de comparer juste à cause des trompettes et de la batterie du morceau… J’ai voulu un début d’album qui repose sur ma rage, ma colère et ma tension sexuelle. Le désir est présent tout au long de disque. C’est un sentiment que j’arrive à intégrer à ma musique maintenant que j’ai l’impression d’être un homme, et plus un garçon. Même si je pense que cet équilibre change au fur et à mesure que je deviens adulte.

C’est cette question de ce qui fait un homme que tu explores dans « One by one » où tu chantes en anglais « Il vient de Vénus, il vient de Mars » ?

Absolument. J’ai été effrayé par le désir sexuel qui fait rage en moi. On le contrôle, évidemment, mais il peut nous submerger. Les hommes doivent trouver un moyen de gérer leur désir qui soit plus sain que la frustration et le silence qui amènent parfois aux choses violentes que pointent MeToo. Il faut aider les plus jeunes notamment. La musique est mon moyen de gérer ça. Et je me demande comment font les autres mecs…

 

« On ne peut pas demander à son ou sa partenaire un amour éternel comme celui de ses parents. »

 

Tu penses donc que la force est côté des femmes, comme tu le chantes dans « Mother of Pearl » ?

C’est plus compliqué que cela. Dans une configuration « classique », les femmes sont plus résiliantes et fortes parce qu’elles s’occupent des enfants pendant que les hommes travaillent. Malheureusement, beaucoup des foyers fonctionnent toujours comme ça.

Les hommes cherchent aussi souvent à être maternés par les femmes. Dans « Woman », John Lennon parle du « petit enfant à l’intérieur de chaque homme ». Lui qui n’a jamais crédité Yoko Ono pour les titres inspirés de ses livres. Dans cette chanson, j’essaie de casser cela.  On ne peut pas demander à son ou sa partenaire un amour éternel comme celui de ses parents.

Tu te remettais en question dans une interview la binarité gay/hétéro. Tu écrirais des chanson d’amour (ou de rupture) adressée à des garçons ?

Non, car je ne l’ai pas vécu. Je suis ouvert à mes sentiments, mais les garçons ne m’attirent pas. Ce que j’ai voulu mettre en avant, c’est que nos identités sont colorées, nuancées. Je me suis toujours vécu comme très masculin et très féminin en même temps. Tout en étant hétéro. Même si cet équilibre change au fur et à mesure que je deviens un adulte.

« L’électro est devenue une sorte de disco de merde. »

 

Sur ton dernier album, tu fais un duo avec la chanteuse française Schérazade. Comment vous êtes rencontrés ?

Nous travaillions pour le même label, avec lequel nous avons eu tous les deux pas mal de problèmes. Ça nous a rapproché. Elle a cette voix ashkénaze-algérienne qui me plaît beaucoup. Dans « Hymn », elle représente mon côté féminin. Je voulais aussi combiner l’anglais et le français. Schérazade était parfaite pour ça. Plus tard, j’aimerais chanter moi-même en français.

Tu dis que la musique électro te saoule. Tu écoutes qui en ce moment ?

J’aime les artistes avec des carrières longues comme Nick Cave et Scott Walker. Les artistes qui chantent réellement sur scène me manquent. L’énergie des groupes me manque. Aujourd’hui les gens regardent la musique plus qu’ils ne l’écoutent. L’électro est devenue une sorte de disco de merde. Et l’électro-pop s’est appauvrie. Je ne sais pas pourquoi les Français aiment autant la disco, ce n’est pas mon truc.

Tous les jeunes mannequins ont ta tête. Tu as posé pour Jean-Baptiste Mondino, tu es toujours bien sapé. C’est quoi ton rapport à la mode dans tout ça ?

La musique et la mode sont connectées. Une tenue peut te faire sentir d’une certaine manière, comme un morceau. C’est une identité nouvelle que tu enfiles. Pour moi, les vêtements sont un truc drôle. Et une manière d’être contemporain. A Berlin, tout le monde s’en tape de savoir comment t’es sapé, ça te rend libre de tout essayer, de faire n’importe quoi. C’est un peu le cas aussi à Amsterdam. Je ne m’habille plus qu’en fripes, j’achète des trucs confortables.

Et à Paris ?

J’y ai vécu plusieurs années, c’est différent. A Paris, il y a des règles tacites. Tu dois trouver ta propre manière de t’approprier la ville. Je n’y suis pas encore parvenu. Mais c’est un objectif. J’aime cette ville.

Paris, Berlin, Amsterdam, tu vis où en moment ?

J’ai beaucoup voyagé pour enregistrer « Stray ». J’étais crevé de vivre dans ma valise. Il y a deux mois, j’ai trouvé cet endroit incroyable à Amsterdam. C’est comme un bunker très moderne, avec beaucoup de fenêtres. J’en suis tombé amoureux et j’y vis désormais. J’y ai mis un bureau, quelques lampes, des chaises. Je n’y ai pas encore passé beaucoup de temps. Mais j’aime l’idée d’avoir un chez moi et de y pouvoir faire mes lessives. Avoir un lit à soi plutôt qu’un canapé, c’est nouveau pour moi.

 

L’album « Stray » de Thomas Azier (TopNotch) est disponible sur toutes les plateformes de streaming et de téléchargements.

Crédits photos : Oliblanche

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VIDÉO. Coup de gueule de Sandra Forgues sur les opérations de réassignation génitale en France

jeu. 13 déc. 2018, 15 h 21

Deux ans après son coming out trans’, l’ex-athlète olympique souhaite bénéficier d’une opération de réassignation génitale. Alors que cette démarche est remboursée par la Sécurité sociale, Sandra Forgues préfère partir se faire opérer, à ses frais, en Thaïlande.  Elle nous explique pourquoi, selon elle, les conditions ne sont pas réunies en France.

Elle lance aussi une cagnotte pour financer sa démarche et espère créer une fondation pour « envoyer des personnes qui n’ont pas les moyens de se faire opérer par les meilleurs spécialistes mondiaux ».

A LIRE AUSSI : Reconnaissance du prénom d’usage pour les trans’ ou non-binaires : la grande loterie des universités

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Notre sélection de 15 pulls et sweats de Noël queer !

jeu. 13 déc. 2018, 14 h 18
Passez un Noël out et fier grâce à ces pulls hauts en couleurs. Une sélection dont le bon goût n’est pas garanti.

En amont de la journée du pull de Noël moche, le 16 décembre, la rédaction vous propose une sélection de 15 pulls et sweats pour apporter une touche arc-en-ciel à vos tablées de fin d’année.

 

Draguer le Père Noël

Le Père Noël est gay. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est votre sweat. Avec au choix une version épurée au portrait à la fière barbe arc-en-ciel. Ou une plus chatoyante, qui a le mérite de la clarté et annonce : « le père Noël est gay ». Ils sont tous les deux en vente sur Etsy.

 

Opter pour le « toujours plus »

Pas sûr que mamie saisisse le message de ce pull Asos Design. Il faut dire qu’entre la pluie de flocons et cet énorme pingouin mignon, le fond arc-en-ciel passerait presque inaperçu. Pas de doute permis pour autant : ce pull moche de Noël est fabuleusement gay.

 

Jouer avec les mots

Amateurs d’anglais et de jeux de mots, ces sweat-shirt sont pour vous. Du « Happy HoliGAYS » au « Merry QUEERmas », ces quatre sweats rendent les fêtes de fin d’année toujours plus LGBT. Reste à choisir entre le queer, les rennes, le sapin géométrique et le gros lettrage. On vous fait confiance. Votre choix sera le bon.

 

 S’imposer sans sourciller

C’est un sweat coup de poing qui parle de lui-même. « Un joyeux Noël de la part de LA lesbienne de la famille dont tout le monde parle. Clair. Net. Précis. Parfait si vous n’avez pas envie de passer les fêtes à entendre le vieux tonton aigri marmonner dans votre dos.

 

Afficher ses couleurs

« Les droits des trans’ sont des droits humains. » Le rappel fait du bien, surtout sur un fond de rennes, flocons, cloches et autres sapins de Noël. En plus de ce sweat, vous pouvez aussi opter pour le mignon petit père Noël qui souhaite un « Happy Transmas ».

 

Rire avec le père Noël

Y’avait-il plus simple pour « queeriser » Noël ? Le célèbre « Ho ho ho ! » du père Noël deviendra avec ce pull un efficace « Ho ho ho, HOMO ». Disponible en version arc-en-ciel sur noir et en blanc sur la couleur de votre choix. Toujours accompagné de motifs hivernaux en imitation de point de croix. Allure et élégance garantie.

 

Déclarer sa flamme

Le choix du pronom est toujours important. Et encore plus lorsqu’il s’agit de dire que vous ne voulez qu’elle ou que lui pour les fêtes de fin d’années avec votre sweat de Noël. Une belle manière de dire les choses accompagnée, ne boudons pas notre plaisir, d’une référence à l’entêtante chanson de Mariah Carey.

 

Assumer son côté beauf

On termine cette sélection avec l’option (pas) chic et choc. Entre les pénis de rennes et le « ce gars aime les boules« , ces deux sweats ne font pas dans la subtilité. Peut-être le meilleur choix pour faire enfin comprendre les choses à votre tante, qui vous demande chaque année si vous avez une copine alors que vous lui avez fait déjà 15 fois votre coming-out gay. Ou un copain alors qu’elle sait pertinemment que vous êtes lesbienne.

 

Bonus : des chausettes (pas si) discrètes

Si ces 15 pulls et sweats sont trop osés pour vous, il vous reste les chaussettes, pour vous exprimer plus discrètement. On vous propose une paire « se faire fourrer« , en hommage à la dinde de Noël et une seconde sur « les grosses cloches« . Parce que la discrétion n’empêche pas d’être un peu grivois.

Crédit photo : ASOS, Etsy / Canva.

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Rejet d’un amendement pour améliorer les conditions de détention des personnes trans’

jeu. 13 déc. 2018, 11 h 49
L’amendement de la France Insoumise visant à améliorer les conditions de détention des personnes trans’, déposé dans le cadre de la loi sur la programmation de la Justice, a été rejeté mardi 11 décembre.

« Les personnes trans’ vivent de nombreuses violences dans le système carcéral », a assené Danièle Obono dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. La députée (France Insoumise) présentait mardi 11 décembre un amendement visant à améliorer les conditions de détention des personnes transgenres en France, comme TÊTU le révélait le 16 novembre dernier.

A LIRE AUSSI : La France Insoumise veut améliorer les conditions de détention des personnes trans’

Le texte visait « à permettre aux personnes détenues d’être au moins traitées avec un minimum de dignité, en leur permettant d’être incarcérées dans un établissement pénitentiaire correspondant à leur genre vécu ».

Réponse floue de la ministre

#DirectAN #PJLJustice La ministre & sa majorité rejettent avec indifférence notre amendement visant à garantir la dignité & le respect des droits des personnes transgenre détenues. Le vrai visage de la #Macronie : hypocrite, réactionnaire, sectaire #transphobie #LGBTQIA+phobies pic.twitter.com/Sd6AbusgAM

— Députée Obono (@Deputee_Obono) December 11, 2018

Face aux arguments et témoignages évoqués par la député Obono, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a simplement répondu : « L’administration pénitentiaire prend en compte, par divers moyens, la situation des personnes transgenres ». « Mais quelles formes de prises en compte ? », demande le député LFI Ugo Bernalicis, sans obtenir de réponse.

Résultat : l’amendement a été rejeté massivement, à 4 voix pour et 59 contre. « La ministre et sa majorité rejettent avec indifférence notre amendement (…). Le vrai visage de la macronie : hypocrite, réactionnaire, sectaire », a critiqué sur Twitter Danièle Obono.

Des discriminations persistantes

Actuellement, les personnes sont détenues en France, comme dans de nombreux pays, en fonction de leur état civil. Si certains aménagements sont mis en place, pour les personnes ayant bénéficié d’une opération dite « de réassignation génitale » notamment, cela reste aujourd’hui au bon vouloir des directions d’administrations pénitentiaires.

En conséquence, des femmes trans’ se retrouvent régulièrement incarcérées en établissements pour hommes, où elles sont davantage exposées aux discriminations en tout genre et aux violences.

Crédit photo : Jean-Pierre Clatot / AFP.

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Découvrez Elisabeth Moss dans une émouvante histoire d’amour lesbienne pour le clip de « Party Of One »

jeu. 13 déc. 2018, 10 h 53
L’actrice de « The Handmaid’s Tale » apparaît dans le clip d’un morceau de la chanteuse ouvertement lesbienne, Brandi Carlile. Elle y joue une femme dont l’histoire avec sa copine bat de l’aile.

« On fait le clip avec Elisabeth Moss, ou on ne le fait pas. » La chanteuse Brandi Carlile avait mis tellement de sa vie personnelle dans son titre « Party Of One » qu’elle ne voulait personne d’autre.

L’actrice de « Mad Men » et « The Handmaid’s Tale » incarne une femme lesbienne dont l’histoire d’amour bat de l’aile. Sa copine est jouée par l’actrice Nicole Disson.

Elisabeth Moss a, expliqué avoir voulu tourner dans ce clip à cause de l’émotion du titre. « Party Of One » est en effet un très beau piano-voix sur une histoire d’amour qui se fane. Une batterie discrète et des cordes amplifient l’émotion en fin de morceau. C’est très beau, mais fortement déconseillé en cas de déprime profonde.

Coming-out en 2002

Peu connue en France, la chanteuse américaine Brandi Carlile a fait son coming-out lesbien en 2002. Nommée dans la catégorie Meilleur album folk aux Grammys 2017, elle a notamment expliqué à Rolling Stone que cette chanson raconte la pression qu’elle ressent dans la réussite de sa vie de couple et domestique. Une pression qu’elle estime plus forte que chez les hétéros.

Crédit photo : capture YouTube.

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Christophe Beaugrand et son mari envisagent d’être papas !

jeu. 13 déc. 2018, 10 h 29
Après s’être marié à son compagnon, Ghislain Gerin, avec qui il est en couple depuis sept ans, Christophe Beaugrand a annoncé envisager la paternité.

Après le mariage, les enfants ? C’est en tout cas ce que semble annoncer l’animateur star de TF1, Christophe Beaugrand. A l’occasion d’une conférence de presse pour présenter sa nouvelle émission, « Big Bounce Battle : la course de trampoline », il s’est confié auprès de nos confrères du site Purepeople.

L’animateur est notamment revenu sur son mariage, son désir paternité, ainsi que son engagement dans la lutte contre l’homophobie.

« On veut devenir pères »

« Dans l’absolu, on veut devenir pères avec Ghislain. On verra où, quand, comment… », a-t-il confié.

Les journalistes ont ensuite évoqué le parcours de GPA de Marc-Olivier Fogiel. Pour l’animateur passé par « 50 Minutes Inside » sur TF1 ou « les Grosses Têtes » sur RTL, « les démarches sont longues » et il faut « mûrir ça dans sa tête », mais l’envie est bien là.

Engagé pour les droits LGBT+

Christophe Beaugrand a épousé son compagnon le 25 juillet dernier, à la mairie du VIIIe arrondissement de Paris. Celui qui confiait à TÊTU en 2015 ne pas vouloir se marier, a finalement franchi le pas. Médiatiser son mariage a été un « choix personnel » :

« Se mettre en avant pour tous ceux qui ne peuvent pas le faire, et pour essayer de banaliser, de normaliser les choses, dit-il à Purepeople. J’espère que ça a pu faire changer d’avis quelques personnes. » 

À LIRE AUSSI : Christophe Beaugrand s’est marié avec son compagnon Ghislain Gérin

Engagé pour les droits LGBT+, il s’était notamment rendu à la manifestation de lutte contre les LGBTphobies le 21 octobre dernier, place de la République à Paris.

https://www.instagram.com/p/BpNAjZRnGcf/?utm_source=ig_web_copy_link

Crédit photo : Instagram. 

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Russie : la loi interdisant la propagande homosexuelle « met en danger les enfants »

jeu. 13 déc. 2018, 9 h 19
Selon un rapport de l’ONGI Human Rights Watch, la loi qui interdit la propagande homosexuelle en Russie a des effets particulièrement néfastes sur les enfants et les jeunes adultes.

Les résultats sont très inquiétants. Dans un rapport de 92 pages publié mercredi 12 décembre, l’ONGI Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme sur la situation des jeunes LGBT+ en Russie. Selon l’organisation, la loi interdisant la propagande homosexuelle dans le pays, mise en place en 2013, a exacerbé l’hostilité envers les personnes LGBT+ et limité l’accès des enfants à une éducation et des services d’aide adaptés.

Les faits de harcèlement et de violences se sont aussi clairement intensifiés depuis 2013. Selon le Dr. Ilan Meyer, cité dans le rapport, « la loi valide la stigmatisation et les préjugés envers les personnes LGBT+, entraînant discrimination et violence ». Et c’est aujourd’hui la peur qui domine chez ces jeunes russes.

A LIRE AUSSI : Le premier mineur russe condamné pour « propagande homosexuelle » va faire appel

« Nous sommes en grand danger »

Dans le rapport, une personne trans’ de 18 ans témoigne de sa crainte d’être frappée : « Nous savons que la plupart des gens croient aux médias de masse et écrivent que nous sommes des créatures horribles. Nous sommes donc en grand danger. »

Une lesbienne de 14 ans raconte que les personnes LGBT+ ne peuvent plus s’exprimer librement et ont peur « d’organiser des manifestations et une marche des fiertés » (les rassemblements de soutien à la communauté LGBT+ sont systématiquement interdits en Russie, NDLR). Un étudiant homosexuel de 18 ans ajoute que cette loi nous empêche de « respirer ».

Une loi condamnée par la CEDH

Dans la suite du rapport, Human Rights Watch fait une série de recommandations à destination du gouvernement russe, avec en tête l’abrogation pure et simple de cette loi. L’ONGI appelle ensuite les autorités à protéger les droits de « toutes les personnes LGBT+, y compris les enfants ».

L’organisation demande aussi à l’Union européenne de faire pression sur le gouvernement russe pour que la loi anti-propagande gay soit abrogée au plus vite.

En 2017, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait condamné la Russie pour cette loi « encourageant l’homophobie », la jugeant incompatible avec les « valeurs démocratiques ».

Crédit photo : © David Frenkel/Facebook

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Janelle Monáe rejoint le casting du biopic sur la féministe Gloria Steinem

jeu. 13 déc. 2018, 8 h 19
La chanteuse actrice pansexuelle Janaelle Monáe sera à l’affiche du biopic sur Gloria Steinem, journaliste et militante féministe américaine. Elle y interprétera le rôle de Dorothy Pitman Hughes.

La nouvelle est plus que réjouissante. L’actrice et chanteuse ouvertement pansexuelle, Janaelle Monáe, a rejoint le prestigieux casting du biopic sur Gloria Steinem : « The Glorias : A Life on a Road ». Elle y tiendra le rôle de Dorothy Pitman Hughes, une avocat féministe afro-américaine qui a cofondé en 1972 avec Gloria « Ms. Magazine ».

La militante féministe et journaliste américaine sera quant à elle interprétée à différentes étapes de sa vie par Julianne Moore (« Still Alice ») et Alicia Vikander (« Tomb Raider »).

Agée de 84 ans, Gloria Steinem participera personnellement au film, réalisé par Julie Taymor, en tant que productrice exécutive. Le tournage doit débuter courant janvier 2019 à Savannah (Géorgie).

Nommée aux Grammy Awards

Janelle Monáe, 33 ans, s’est fait connaître il y a une dizaine d’années en mélangeant soul classique et jazz à des thèmes de rock psychédélique et de science-fiction. Elle a été nommée aux Grammy Awards cette année pour son album Dirty Computer, initialement produit par Prince.

Côté cinéma, l’artiste a joué dans « Moonlight », oscar du meilleur film en 2017, ainsi que dans « Les figures de l’ombre » (2016), l’histoire vraie de femmes scientifiques afro-américaines de la Nasa pendant la conquête spatiale.

Crédit photo : Wikimedia Commons

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Conchita Wurst : « Je n’ai pas créé Conchita pour les autres. Je l’ai créée pour moi ! »

mer. 12 déc. 2018, 17 h 40
[PREMIUM] C’est la femme à barbe la plus connue de la planète. La drag queen la plus élégante d’Autriche. En gagnant le concours de l’Eurovision en 2014, Conchita Wurst s’est vue bombarber cheffe de file d’un mouvement LGBT mondial. Quatre ans après son triomphe à l’Eurovision, le chanteur revient avec un album de reprises enregistré avec l’orchestre symphonique de Vienne. Interview en exclusivité pour nos abonné.e.s.

La drag queen n’a pas chômé. Depuis sa victoire à l’Eurovision, Conchita Wurst, de son vrai nom Thomas Neuwirth, a sorti un premier album (« Conchita », paru en 2015), défilé pour Jean-Paul Gaultier, posé en nuisette pour Karl Lagerfeld et livré un vibrant plaidoyer pour la diversité et la tolérance au Parlement européen.

Le chanteur – il préfère qu’on parle de lui au masculin désormais (voir plus bas) – revient avec « From Vienna with Love », un album de reprises mis en boîte avec l’orchestre symphonique de Vienne. Au programme : des standards de Shirley Bassey (« Where Do I Begin »), de Sam Smith (« Writing’s on the Wall ») ou de Barbara Streisand (« The Way We Were »). Un disque un tantinet kitsch (juste ce qu’il faut). Souvent touchant. Et totalement gay !

Quatre ans après son irrésistible triomphe à l’Eurovision, on retrouve le performer le temps d’un entretien soumis à une seule condition (que l’on respectera) : ne pas évoquer pendant l’interview la séropositivité de Conchita. En juillet 2018, en ouverture de conférence internationale sur le sida, Wurst a pris la parole pour révéler son statut sérologique. Une parole forte et difficile pour mettre un terme au chantage d’un ex-petit ami qui menaçait de vendre l’histoire aux tabloïds. Le mufle.

Pour TETU.com, la drag queen évoque ses allers-retours entre masculin au féminin, sa passion dévorante pour Céline Dion et son admiration pour RuPaul. Mais aussi sa capacité à se réinventer. Tel un phénix. Evidemment.

C’était un fantasme de chanter avec un orchestre symphonique ?

Conchita Wurst : Totalement ! Et c’était un orgasme aussi ! (rires) J’ai bossé super dur pour me hisser au niveau  de cet orchestre. Le symphonique de Vienne a une réputation mondiale ! J’étais fier qu’ils acceptent d’enregistrer cet album avec moi. J’ai dû me remettre en question en tant que chanteur pop. Tu sais, les chansons que j’ai choisi pour ce disque, c’est la bande originale de ma vie ! Chacun de ces titres a une connexion profonde avec des moments de mon existence, des émotions que j’ai ressenties. C’est un album très authentique. Même si la plupart de ces chansons sont des reprises, elles sont très proches de moi. Plus encore que celles de mon premier album.

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Il y a deux reprises de chansons de James Bond, dont celle de Sam Smith. Que cache cette fascination pour 007 ?

J’essaie juste de faire en sorte que de James Bond vire de bord ! (rires) Plus sérieusement, j’adore les chansons de James Bond mais je n’aime pas trop les films… Je les trouve assez ennuyeux et beaucoup trop machos pour moi.

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« Plaire, aimer et courir vite » de Honoré remporte le prix Louis-Delluc 2018

mer. 12 déc. 2018, 16 h 21
« Plaire, aimer et courir vite » de Christophe Honoré, une histoire d’amour entre deux hommes dans les années 90 sur fond d’épidémie du sida, a remporté mercredi le prix Louis-Delluc 2018.

L’annonce a été faite ce mercredi 11 décembre. Le film « Plaire, aimer et courir vite » de Christophe Honoré a remporté le prix Louis-Delluc 2018, considéré comme le Goncourt du cinéma.

« Ça me touche énormément », a réagi le réalisateur de 48 ans lors d’une cérémonie au Fouquet’s à Paris. « C’est un film qui essaie de proposer un imaginaire sur un temps particulier, les années 90. Une période où la communauté homosexuelle a dû subir une épreuve tragique. Aujourd’hui encore on en perçoit les conséquences. »

La fin du triptyque

S’inspirant de la jeunesse du réalisateur, le film réunit à l’écran Pierre Deladonchamps, Vincent Lacoste et Denis Podalydès.

Révélé dans « L’inconnu du Lac », le premier y incarne Jacques, un écrivain parisien, homosexuel et père d’un jeune garçon. Un jour, à Rennes, il rencontre Arthur, un étudiant avec qui il entame une liaison. Ils vont s’aimer le temps d’un été alors que Jacques, malade du sida, sait qu’il n’a plus beaucoup de temps devant lui.

Du 11 janvier au 1er février prochain, le réalisateur des « Chansons d’amour » redonnera vie à ses « idoles » emportées par le sida, au théâtre de l’Odéon. Une pièce de théâtre puissante jouée, entre autres, par Youssouf Abi-Ayad et Marina Foïs. La comédienne et le metteur en scène sont d’ailleurs tous les deux en interview dans le tout dernier magazine TÊTU, à retrouver chez les marchands de journaux.

Cette pièce est le dernier volet d’un triptyque formé par le livre que le cinéaste et écrivain a publié l’année dernière, « Ton Père » et son film « Plaire, aimer et courir vite », tout juste récompensé.

Un jury composé d’une vingtaine de personnes

Composé d’une vingtaine de critiques et personnalités, sous la présidence de l’ancien président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, le jury a également récompensé, dans la catégorie « premier film », « Les Garçons Sauvages » de Bertrand Mandico, ex aequo avec « Jusqu’à la garde » de Xavier Legrand.

L’an dernier, le prix Louis-Delluc avait été attribué à « Barbara », le biopic de Mathieu Amalric consacré à la « dame en noir », interprété par Jeanne Balibar. Elle avait ensuite reçu un César pour ce rôle.

Crédit photo : capture d’écran de la bande annonce

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Nouveau TÊTU : s’abonner, c’est nous soutenir !

mer. 12 déc. 2018, 16 h 04
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C’est aujourd’hui la seule façon de vous proposer des contenus de qualité. Un bon TÊTU, un TÊTU qui vous ressemble, ne peut dépendre uniquement des annonceurs. D’abord parce que les recettes publicitaires sont en baisse, mais aussi parce que votre TÊTU doit garder une indépendance chèrement acquise et si rare dans le paysage médiatique actuel.

Un accès illimité, un lien direct avec la rédaction

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Les « TÊTUnautes » ne seront pas de simples abonnés. Mais les membres privilégiés d’une communauté qui aura un lien direct avec la rédaction. Vous pourrez ainsi nous adresser directement vos idées de sujets, vos remarques, vos coups de gueules, mais aussi vos coups de coeur.

Alors, rentrez dans la danse. Donnez-nous les moyens de construire et animer avec vous un nouveau TÊTU. D’enquêter sur l’homophobie, de donner la parole à des jeunes homosexuels chassés de chez eux, à des femmes lesbiennes en attente de PMA, de challenger nos politiques. D’enquêter en région. De lutter contre les clichés ou la sérophobie.

Nous avons plein de surprises à vous proposer. D’événements auxquels vous convier. De combats à mener ensemble. TÊTU est de retour. Attachez vos ceintures !

Romain Burrel,
Directeur de la rédaction

Crédit photo : TÊTU.

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