Crise du Coronavirus (COVID-19)

Bonjour à tous !

La deuxième phase de déconfinement en Ile de France nous permet de reprendre certaines de nos activités conviviales et culturelles.

Nous avons besoin de vous pour des propositions et idées nouvelles ou insolites qui tiennent compte de la règlementation en vigueur tout en respectant les gestes barrière que nous connaissons tous.

A très bientôt,

Le Conseil d'Administration

Back to top

Têtu

Souscrire à flux Têtu Têtu
TÊTU est le 1er média gay sur l'actu LGBT, portant un regard masculin différent sur la culture, la découverte et le bien-être.
Mis à jour : il y a 6 heures 12 min

VIDÉO. Dua Lipa s’imagine en diva arc-en-ciel dans le clip animé de « Hallucinate »

ven. 10 juil. 2020, 18 h 51
La chanteuse britannique confirme son statut d’icône gay et inaugure la période estivale avec une vidéo toute en animation.

Il fallait quand même le faire : en l’espace d’un seul album, Dua Lipa s’est érigée comme l’une des nouvelles icônes gays de la scène musicale internationale. Son dernier disque en question, Future Nostalgia, paraît calibré pour les soirées clubbing qui s’éternisent jusqu’au petit matin. En témoigne son titre « Hallucinate », qu’elle vient tout juste accompagner d’un clip hypercoloré.

Présenté comme sa « chanson de festival » par la principale intéressée, « Hallucinate » coche toutes les cases nécessaires pour nous donner envie de danser instantanément, avec son tempo entraînant et ses influences 90’s pleinement assumées. Niveau vidéo, l’artiste de 24 ans a misé sur une animation à l’esthétique vintage et cartoonesque, sublimée par des teintes très vives. Et oui, on repère bien les couleurs de l’arc-en-ciel çà et là, bien que ce ne soit pas si surprenant que ça.

Une véritable alliée

« Je me suis toujours vue comme une alliée de la communauté LGBT+ », atteste Dua Lipa dans sa récente interview pour le dernier numéro de TÊTU, disponible en kiosques depuis le 8 juillet. On se rappelle de son concert ayant mal tourné à Shanghai, après que des fans ne se sont fait éjecter par des vigiles pour avoir brandi des drapeaux multicolores. La star s’était dite « horrifiée » et avait mis un point d’honneur à essayer de faire changer les choses, à son échelle du moins.

Crédit photo : Dua Lipa via YouTube

L’article VIDÉO. Dua Lipa s’imagine en diva arc-en-ciel dans le clip animé de « Hallucinate » est apparu en premier sur TÊTU.

Soko : « Je n’ai plus de problème à m’engager »

ven. 10 juil. 2020, 17 h 02
La musique, le ciné et maintenant la maternité, rares sont les terrains que n’a pas conquis Soko. À 34 ans, l’artiste bordelaise fait le point sur sa carrière, alors que son troisième album est disponible depuis ce vendredi. Rencontre.

On l’a écoutée pour la première fois dans nos lecteurs MP3 avec « I’ll Kill Her », en 2007. Dès lors, la tornade Soko était lancée. Au fil du temps, cette artiste débordante de créativité s’est fait un nom aussi bien sur la scène musicale que cinématographique. Après une pause bien méritée (qui, au final, n’en était pas une), l’artiste signe un troisième disque, Feel Feelings. Avec lui, une incursion lyrique au cœur des émotions humaines, que Soko entend libérer une bonne fois pour toutes.

« Il est 8 heures du matin et je suis réveillée depuis 5 heures mais tout va bien », blague Soko dès le début de notre interview, après avoir lâché un vif bâillement. C’est en direct de Los Angeles, la mégalopole californienne où elle a élu domicile il y a quelque temps, qu’elle converse avec nous. Peut-être pas matinale mais éminemment souriante, la chanteuse native de Bordeaux se montre vite généreuse, revenant sur ces cinq dernières années où elle n’a de toute évidence pas chômé.

Cinq ans se sont écoulés entre My Dreams Dictate My Reality [son deuxième album, ndlr] et Feel Feelings, qui vient de sortir. Comment résumerais-tu cette période ?

Pendant un an, j’étais occupée par la promo de mon album précédent. J’ai enchaîné avec des films, dont j’ai aussi fait la promo. En 2017, j’ai commencé à enregistrer ce troisième album. Il aurait dû sortir en 2019, voire en 2018 même. Mais comme je suis tombée enceinte, tout a été décalé et d’autres choses se sont rajoutées et ont fait qu’il a été souvent repoussé. Depuis que mon bébé est né, j’ai tourné trois films donc il fallait attendre qu’ils soient bouclés afin que je puisse bien me concentrer sur la sortie de l’album.

Et finalement, même si ça fait deux ans que je l’ai fini, je trouve qu’il arrive plutôt au bon moment. Ma chanson « Oh, To Be A Rainbow! » vient de sortir pendant le Mois des Fiertés et je ne sais pas si ça serait tombé aussi parfaitement. En tout cas, j’avais vraiment besoin d’un peu de rainbow.

Repousser la sortie de ce disque, ça n’était pas trop frustrant ?

En fait si, c’était très frustrant. Mais en même temps, je ne fais que travailler depuis que j’ai 16 ans. Alors quand mon bébé est arrivé, j’avais juste envie d’être maman. C’est ça qui a primé, même si j’ai aussi fait trois longs-métrages depuis qu’il est né.

Généralement, avant de se lancer dans la conception d’un album, il y a comme une impulsion. C’était quoi pour toi ?

À chaque fois que je tourne des films pendant un moment, je ne sais plus qui je suis vraiment. C’est toujours une transition délicate pour passer de l’un à l’autre. Là, je venais de faire La Danseuse et Voir du pays, et j’avais l’impression de n’être que ces personnages et de ne plus être moi. Alors dès que j’ai fini leur promo, je suis allée faire une thérapie pendant une semaine. C’était comme un stage intensif où on est coupés du monde et je savais que j’avais besoin de ça pour me remettre à la musique.

En sortant de ça, j’ai commencé tout de suite à écrire l’album. Je savais que je voulais qu’il s’appelle Feel Feelings et ça me paraissait important de parler de cette espèce de bienséance des émotions qui est comme imposée de génération en génération. Tant qu’on est dans le paraître, on ne peut pas vraiment être en accord avec nous-mêmes. Et moi, c’est ça qui me touche dans l’art et chez les gens. Les vraies émotions, la vulnérabilité, les rapports humains… Voilà ce dont j’avais envie de parler avec cet album.

Tu penses que cette abstinence volontaire a influé sur tes compositions ? Ça t’a apporté une clarté ?

En fait, ce processus de thérapie s’appelait Hoffman. Le concept soutient que la paix dans le monde doit commencer par la paix intérieure. Et pour arriver à être en accord avec soi-même, il faut arrêter de marcher avec des béquilles. On utilise plein de choses pour camoufler nos émotions : ça peut être nos portables, des relations qui s’enchaînent… tout pour éviter d’être seul avec soi-même. Ça m’a fait prendre conscience que, en effet, j’avais été dans plein de relations toxiques les unes après les autres.

J’ai donc voulu faire ça pendant un mois : essayer d’être plus dans le moment présent, couper mon téléphone quand je voyais des amis ou quand j’allais travailler. Et ce truc d’abstinence, c’était plutôt pour me dire que ma valeur n’est pas déterminée par l’approbation de l’autre, surtout dans des situations romantiques. Arriver à cette réalisation que je n’ai aucun problème à être seule, ça m’a donné énormément de force. J’ai pu me concentrer sur l’album et avoir des relations beaucoup plus sereines, créatives et faciles avec tout mon entourage. Toute mon énergie est allée dans cet album.

J’ai l’impression que beaucoup veulent l’atteindre cette « indépendance émotionnelle » mais ça n’est pas toujours facile. Comment y es-tu parvenue ?

Ça s’est fait vraiment petit à petit. J’étais partie dans l’idée de faire ça pendant un mois. Puis au bout d’un mois, je me sentais tellement bien et tellement plus forte. Je sentais que j’étais plus concentrée sur l’écriture, sur ma musique. Donc j’ai continué, en me disant que j’allais faire ça jusqu’à ce que l’album soit bouclé. Il m’a pris un an et demi, donc j’ai été célibataire pendant tout ce temps. En sortant de ça, j’avais l’impression d’avoir enfin les outils pour dire non aux relations de codépendance.

Tu abordes les relations différemment désormais ?

Oui. Et me défaire de tout ce poids, ça a eu un impact sur la façon dont j’ai rencontré mon amoureuse, avec qui j’élève mon bébé. On est d’abord devenues meilleures amies sans même imaginer être ensemble. Jusqu’au moment où on s’est dit : « tu es la personne la plus importante de ma vie, je ne peux pas imaginer ma vie sans toi et OK, peut-être qu’on est un peu amoureuses ». Mais ça a pris beaucoup de temps. Et ce temps m’a permis de vraiment découvrir une personne et de la connaître sous toutes ses formes, avec ses lumières et ses ombres.

Feel Feelings, comme son nom l’indique, parle beaucoup de sentiments. Parfois positifs, parfois plus doux-amers. Dans l’ensemble, on a l’impression que tu es arrivée à un âge de raison, où tu reviens sur tes erreurs passées pour partager les leçons que tu as apprises…

Oui, il y a clairement un peu de ça. C’est ce truc de grandir et de me dire que je n’ai plus envie de perdre mon temps. Au niveau des tempos, les chansons sont beaucoup plus lentes. Il y a plus de respirations, c’est plus apaisé.

Ton titre « Replaceable Heads » parle d’amour mais pas n’importe lequel : l’amour-propre. Il faut être seule pour s’aimer soi-même ?

Oui, complètement. Ma période de célibat m’a permis de développer un amour-propre sain, et c’est bien là le propos de « Replaceable Heads ». J’en avais marre de toutes ces choses toxiques. Dedans, je chante « I don’t want to love anyone anymore ». C’est bien que ça ne me réussissait pas.

Tu signes également une chanson en français, « Blasphémie ». Une première pour toi. Comment as-tu créé ce morceau ?

En fait, je ne sais pas. Le peu de fois où j’avais essayé, je trouvais ça vraiment cheesy. Et comme je vis aux États-Unis, la plupart des événements importants, je les vis en anglais donc ça me paraît naturel de les mettre en musique en anglais. Mais pour « Blasphémie », c’était quelque chose que j’ai vécu en français, à Paris. Une nuit d’insomnie, elle m’est venue toute seule. Je l’ai enregistrée en mémo vocal, en me disant que ça ne mènerait nulle part. Le lendemain, j’avais une session avec James Richardson, un pote qui fait les guitares de MGMT. On l’a écoutée ensemble et il m’a dit que c’était génial. Ça m’a vraiment donné la confiance de le faire.

Te verrais-tu reproduire l’expérience ?

Oui, si ça se fait de manière naturelle et spontanée comme ça.

Tu n’as jamais caché ton attirance pour les femmes dans ta musique, mais il y a un morceau un peu plus « communautaire » qui diffère de tes autres titres lesbiens. C’est « Oh, To Be a Rainbow! ». C’est un hommage ? Un hymne ?

La communauté LGBT+, c’est tellement important pour moi. Avec Feel Feelings, mettre tous les sentiments dans un même album, je voyais ça comme un arc-en-ciel. Il vient avec le soleil et avec la pluie. C’est au milieu de tout ça que la magie se crée. C’était juste primordial pour moi de faire le constat de cet état d’esprit. Et comme je voulais faire un album arc-en-ciel, c’était logique de proposer une chanson qui était totalement rainbow.

Tu as parlé très tôt de ta pansexualité dans les médias. Comment l’avais-tu vécu à l’époque ?

Moi, je dis juste queer. Je t’avoue que je ne me rappelle même pas avoir fait un coming out médiatique. J’ai toujours été tellement à l’aise avec ma sexualité que je n’ai jamais l’impression de l’avoir cachée ou d’avoir eu à la dévoiler.

As-tu l’impression que l’industrie musicale, française comme américaine, a fait des progrès en termes de visibilité pour les artistes queers ?

Oui, énormément. Il y en a beaucoup plus en France depuis quelque temps. Je pense à Christine and the Queens, Pomme… Aux États-Unis, oui, il y a beaucoup d’artistes trans qui commencent à être sur le devant de la scène et ça fait du bien.

Tu as participé à un épisode du podcast Coming out, où tu reviens justement sur ton orientation amoureuse. Dedans, tu mentionnes ne pas avoir l’impression de faire partie d’une communauté, bien que tu aies conscience de ton rôle de porte-parole. Que veux-tu dire par-là ?

Quand on a la chance d’avoir des gens qui nous suivent et qui nous écoutent, j’ai l’impression que c’est très important d’utiliser ses plateformes pour offrir de la visibilité. Et en même temps, je ne me suis jamais nécessairement dit que j’avais un besoin d’appartenir à une communauté quelle qu’elle soit. Parce qu’en fait, je trouvais que l’idée d’une communauté revenait à se dire qu’on était différents. Et dans mon idée, il fallait plutôt soutenir qu’on était tous égaux. Mais en y repensant, surtout avec le mouvement Black Lives Matter, c’est faux. On n’est pas tous égaux. Il faut participer activement à être antiraciste, et c’est tout aussi important de lutter activement contre l’homophobie et célébrer la communauté LGBT+. On me demande de plus en plus de faire des messages pour cette communauté-là et je prends beaucoup de plaisir à le faire.

Tu as l’impression que l’engagement est beaucoup plus important de nos jours ?

Oui, mais ça ne me dérange pas. Je trouve ça important d’utiliser ses plateformes pour le bien de la planète et pour l’unité [rires]. C’est une responsabilité que j’avais du mal à endosser au début, parce que je voulais juste faire de la musique et qu’on me laisse tranquille. Et maintenant, c’est quelque chose que j’aime faire.

Alors que tu planchais sur ce troisième album, tu as donné naissance à ton premier enfant, Indigo. On entend d’ailleurs son battement de cœur dans la chanson qui clôture l’album. Ta maternité est-elle une source d’inspiration ?

Ça m’inspire, oui. Mais est-ce que j’ai le temps d’en faire quoi que ce soit, non! (Rires) Je n’ai pas encore commencé à enregistrer quoi que ce soit pour un autre album. Pour le coup, sur cette chanson, je voulais juste faire un hommage à mon fils. Et puisque je l’ai enregistré avant d’être enceinte, c’était une façon pour moi de clore ce chapitre et de laisser la place à mon bébé.

Ça fait maintenant un petit moment que tu vis aux États-Unis. Quelle vision as-tu de la France de l’autre côté de l’Atlantique ?

Oui, j’habite aux États-Unis, mais je pense que c’est plus juste de dire que j’habite en Californie, l’état le plus progressiste du pays. Comme je vis dans une telle atmosphère, j’ai l’impression qu’il y a des sujets sur lesquels on est beaucoup plus ouverts qu’en France, comme la question du climat ou de la consommation de viande. Ici, les gens font des efforts pour moins en manger. Quand je rentre en France, même si ça a beaucoup évolué à Paris avec davantage d’options, c’est quand même encore stigmatisé.

Aussi, à Los Angeles, quand je me promène avec ma meuf et notre bébé, on ne nous demande jamais si on est sœurs. Quand je rentre à Paris, on n’y échappe pas. « Le petit, il a les cheveux bouclés, il doit ressembler au père, c’est ça ? » Non, en fait [rires]. Il y a vachement de progrès à faire là-dessus.

Côté cinéma, tu prévois d’être pas mal active dans les prochains mois voire années avec plusieurs projets annoncés dont Little Fish, de Chad Hartigan, et A Good Man, de Marie-Castille Mention-Schaar. Comment choisis-tu tes projets sur grand écran ?

A Good Man, c’est un film LGBT+ donc c’était une évidence. Et Little Fish, j’adorais le casting et c’était la première fois que je faisais un film aux États-Unis. Chad Hartigan, c’est un réal’ que j’adore. Il allait aussi avoir un bébé pendant qu’on était en production et quand on a commencé à tourner, Indigo avait trois mois. Donc c’était vraiment une expérience de fou de faire ce film-là.

Tu as une lourde carrière musicale, une belle filmographie, tu es désormais maman. Le prochain challenge qui t’attend, ça va être quoi ?

Un deuxième bébé ! Avec la quarantaine, je me rends compte que la vie de famille, c’est quelque chose que j’adore et qui est hyper précieux.

Tu pensais que tu allais autant adorer devenir mère ?

Oui. Ça faisait des années et des années que j’avais envie d’être maman.

Crédit photo : Miriam Marlene

L’article Soko : « Je n’ai plus de problème à m’engager » est apparu en premier sur TÊTU.

« Je n’ai pas ressenti ça depuis lui » : cet amour de vacances que je n’oublierai jamais

ven. 10 juil. 2020, 16 h 18
[Nos amours de vacances 2/5] Valentin a rencontré l’amour lors d’un festival. Une parenthèse magique, intense… mais trop courte.

C’était pendant le festival d’Avignon, en 2018, mon tout premier festival. Je suis originaire de Bretagne, je n’avais pas un rond, alors je dormais dans ma voiture et j’allais me doucher en douce dans une auberge de jeunesse. Et puis… je trainais sur les applications, histoire de joindre l’utile à l’agréable. Si je pouvais me trouver un lit pour la nuit et en plus prendre mon pied, c’était le top.

Je n’ai pas attendu longtemps avant de trouver un beau gars. 1 mètre 85, brun, les yeux marron clair avec un petit côté exotique qui me fait craquer. La plastique compte mais tout s’est fait sur le charme. On a discuté en anglais, même si je n’étais pas très doué à l’époque.

Un premier bisou raté

Je suis marionnettiste et au festival, il y a un jardin dédié aux rencontres d’ordre professionnel. C’est là où on a commencé à discuter. Le courant est passé très vite. Comme moi, il est passionné de théâtre puisqu’il est lui-même comédien originaire de Hongrie. Il voulait absolument voir une pièce de Milo Rau, un directeur de théâtre suisse connu dans le milieu. Il fallait s’y attendre, je n’ai pas pu entrer dans la salle. Mais après le spectacle, il m’a directement rejoint pour qu’on dîne ensemble.

À LIRE AUSSI : Le jour où j’ai rencontré l’amour à la plage (oui, vraiment)

Après, on est allé dans un parc à côté du Palais des Papes avec un point de vue hyper romantique. Au moment où on allait s’embrasser, une colo de gosse passe en faisant plein de bruit, la tuile ! On va voir une dernière pièce sur la transidentité et je lui explique sans détours que je cherche un endroit où crécher.

« Le matelas est meilleur »

Il m’accueille dans son AirBnB. J’allais bien sûr dormir sur le canapé. On boit la bouteille de vin que j’avais achetée avec en arrière fond les klaxons des supporter de foot qui célébraient la victoire de la France en demi-finale de la Coupe du Monde. Quand on va se coucher, il me propose de dormir avec lui « parce que le matelas est meilleur« , c’était pas pour me déplaire. Ce qui devait arriver arriva : à peine dans le lit, on commence à s’embrasser. Ça fait des heures que lui et moi en avions envie et ça a été torride toute la nuit.

Au réveil, il est tout mignon. Il devait partir d’Avignon le lendemain, alors on profite un maximum. Après qu’on ait rendu les clefs, on se balade dans la rue, main dans la main. On n’arrive pas à se lâcher. À la gare, on se quitte en sachant qu’on ne se reverra pas : il allait s’installer en Suisse et moi, je n’avais pas terminé mes études, j’avais 24 ans à l’époque. Je devais poursuivre mes vacances en Alsace et il a pris un billet d’avion pour me rejoindre. On a passé trois jours merveilleux ensemble.

À LIRE AUSSI : Le confinement vu par un jeune couple, « Vivre ensemble aussi vite, soit ça passe, soit ça casse! »

C’était un moment fort mais fugace. Pendant le confinement, j’ai voulu reprendre contact, parce que je pense encore à lui… je voulais savoir ce qu’il devient mais cela fait maintenant un an qu’il est avec quelqu’un. Depuis, je n’ai pas réussi à éprouver les mêmes sentiments pour quelqu’un d’autre. Je dois être maudit en amours !

Crédit photo : Unsplash

L’article « Je n’ai pas ressenti ça depuis lui » : cet amour de vacances que je n’oublierai jamais est apparu en premier sur TÊTU.

Une romance gay dans « The Old Guard » : comment Netflix révolutionne le film d’action

ven. 10 juil. 2020, 14 h 00
Trop souvent machiste et hétéronormé, le genre du film d’action n’est jamais exemplaire en matière de représentation LGBT+. Mais ça, c’était avant la douce révolution qu’est The Old Guard.

Avec Netflix, on connaît la rengaine. Tous les mois, le mastodonte du streaming inonde ses abonnés de contenus, et on se retrouve à ne pas savoir quel film, série ou documentaire regarder. Pour éviter cet écueil, autant vous prévenir : The Old Guard, le nouveau long-métrage de la plateforme débarqué le 10 juillet, est un must-see pour les amateurs de films d’action.

Adapté du comics éponyme écrit par Greg Rucka et illustré par Leandro Fernandez, The Old Guard retrace les mésaventures tumultueuses d’un groupe de mercenaires un peu particuliers. Ils sont stratégiques, formés aux meilleures techniques de combat… mais ils demeurent, avant toute chose, des êtres immortels. Jusqu’à preuve du contraire, et c’est bien là que les choses se corsent. Lorsqu’un businessman véreux est déterminé à faire d’eux des cobayes pour la science, Andy (jouée par Charlize Theron) et ses acolytes passent à l’offensive.

Un divertissement prévisible mais réussi

Sur le papier, cette nouvelle acquisition de Netflix a tout d’un film d’action dans la plus grande tradition du genre, avec un affrontement très dichotomique entre le bien et le mal. Et dans les faits… c’est effectivement un film d’action classique dans sa narration. Sur une durée d’environ 2 heures, The Old Guard coche les cases nécessaires pour appartenir à ce genre réputé bourrin : des scènes de baston sanglantes à la pelle, un antagoniste peu (voire pas) nuancé, des héros bigger than life aux valeurs morales inspirantes bien que binaires. Tout est là.

Crédit photo : Netflix

Et étonnamment, la sauce prend. Pour peu que l’on fasse abstraction de la dimension déjà vue omniprésente au gré du visionnage, The Old Guard s’avère être un bon divertissement. Parmi les points forts de ce film, impossible de ne pas citer le soin appréciable accordé aux effets spéciaux, aux chorégraphies de combat et, par-dessus tout, au maquillage plus vrai que nature. Ces aspects-là compensent pour une photographie plus insipide, ou tout du moins peu innovante.

Un couple gay sur le devant de la scène

Mais c’est surtout en terme de visibilité que le film devient intéressant. Historiquement, le film d’action n’est pas réputé pour être le genre le plus friendly . Il n’y a qu’à jeter un vif coup d’œil aux plus grandes franchises d’action pour attester de son ADN très, très hétéro, avec un sous-texte mettant sur un piédestal toutes les caractéristiques propres à la virilité. Dans The Old Guard, ces poncifs un peu trop réducteurs passent à la trappe. Exit les Jason Statham et autres Dwayne Johnson, c’est Charlize Theron qui mène ici la danse. Elle invoque la même poigne de fer que son ex-personnage dans Mad Max: Fury Road, s’appropriant une identité au croisement des codes de la masculinité et de la féminité.

À LIRE AUSSI – Les films avec les super-héros LGBT+ de Marvel sont repoussés à cause du coronavirus

Mais ce n’est pas le seul point où ce long-métrage réalisé par Gina Prince-Bythewood (Beyond the Lights) se révèle progressiste. Parmi sa troupe de mercenaires immortels, The Old Guard comprend Joe et Nicky, respectivement incarnés par Marwan Kenzari (Aladdin) et Luca Marinelli (Martin Eden). Ces deux-là représentent le seul véritable couple du film. Mais l’œuvre ne s’arrête pas là et inclut une scène de déclaration d’amour mémorable, qu’on aurait habituellement confiée à un couple hétéro.

Se connaissant depuis des siècles, Joe et Nicky n’ont jamais cessé de s’aimer et de maintenir en vie la flamme de leur relation. C’est ce qu’explique le premier des deux à des soldats mal intentionnés les ayant kidnappés à mi-parcours du film – ce n’est pas un gros spoil étant donné que le passage en question a été divulgué par Netflix en amont de la sortie. Cette scène, symbolique s’apparente à une leçon d’éducation et de savoir-vivre dans un genre qui n’a jamais vraiment été propice à une représentation aussi assumée.

Enfin surtout, et peut-être sans en avoir conscience, The Old Guard dézingue la perception biaisée que se fait le public des idylles homosexuelles. Ici, Joe et Nicky sont dans une relation très longue, mais surtout solide et prétendument monogame. Une vision se situant aux antipodes de l’image fréquemment accordée aux hommes gays, dépeints comme volages et réticents à toutes attaches. Avoir une représentation aussi bienveillante, qui plus est dans un film d’action qui flirte avec le blockbuster hollywoodien, a un petit quelque chose de révolutionnaire.

Immanquable, The Old Guard est disponible sur Netflix depuis le 10 juillet 2020.

L’article Une romance gay dans « The Old Guard » : comment Netflix révolutionne le film d’action est apparu en premier sur TÊTU.

VIDÉOS. Trois lives musicaux pour égayer votre fin de semaine

ven. 10 juil. 2020, 11 h 36
Sam Smith, Hoshi et P.R2B se sont vraisemblablement passé le mot pour dévoiler, en l’espace de quelques jours, des sessions live qui valent le détour.

Semaine après semaine, l’industrie musicale reprend son cours et propose çà et là, entre deux clips dignes de ce nom, des vidéos de lives plutôt démentielles. Dans cette catégorie-là, une poignée d’artistes queers nous ont gâtés cette semaine. Des petits bonbons musicaux à écouter en boucle pour attaquer en beauté le week-end. Du made in France ou du made in England, notre petite sélection est variée et se savoure en illimité. Et c’est parti.

« Amour censure » de Hoshi et Ana

On le savait. Hoshi, dont l’album Sommeil levant est paru en juin dernier, a pris sous son aile la jeune Ana, éliminée au cours de la neuvième saison de The Voice sur TF1. Leur entente semble aller bon train, en témoigne cette reprise inédite de « Amour censure », le titre phare de l’artiste versaillaise qui prône un plus grand respect de la communauté LGBT+ dans l’espace public.

À LIRE AUSSI – Ana de The Voice : « Tout le monde devrait accepter l’homosexualité »

Un concert de P.R2B

Jeune artiste queer encore trop peu connue sur la scène francophone, P.R2B – ou Pauline Rambeau de Baralon, son matricule à la ville – est en passe de s’imposer comme l’une des figures prometteuses à surveiller de près. C’est en terres marseillaises qu’elle nous embarque pour ce live d’une vingtaine de minutes, au cours duquel elle reprend ses morceaux toujours empreints d’une certaine mélancolie. Une prestation de bon augure pour son EP inaugural, attendu le 11 septembre prochain.

À LIRE AUSSI – « La chanson du bal », le premier clip queer et magnétique de P.R2B

« Fix You » de Sam Smith

Impossible d’achever cette courte liste sans mentionner Sam Smith. Plutôt silencieux ces derniers temps, le chanteur non-binaire comble ses fans avec une cover de « Fix You », l’un des morceaux emblématiques de Coldplay. En studio, simplement paré de son micro devant son nez, iel délivre une performance presque angélique de cette chanson bien connue. Nous voilà conquis.

À LIRE AUSSI – VIDÉO. Sam Smith et Demi Lovato participent à des J.O. très queers dans le clip de « I’m Ready »

Crédit photos : captures d’écran via YouTube

L’article VIDÉOS. Trois lives musicaux pour égayer votre fin de semaine est apparu en premier sur TÊTU.

L’Île-de-France facilite l’obtention d’un prêt pour les séropos

ven. 10 juil. 2020, 11 h 06
La région Île-de-France lance un dispositif d’aide à l’obtention d’un prêt pour les personnes vivant avec le VIH. Une bonne mesure, mais qui interroge sur la persistance des surprimes des assureurs pour les personnes vivant avec le VIH.

La région Île-de-France a annoncé un dispositif pour aider les Franciliens « gravement malades » à emprunter en vue d’acheter un premier bien immobilier. Cette incitation s’adresse  – donc – aux personnes gravement malades ou l’ayant été, en prenant en charge le coût supplémentaire demandé pour assurer un prêt bancaire à cause de leur dossier médical. Et les personnes vivant avec le VIH sont notamment concernées.

À LIRE AUSSI : Nouvelle rémission du VIH, « il reste encore beaucoup d’inconnues »

Ce dispositif a été acté avec la signature d’une convention « Garantie immobilière solidaire » avec plusieurs assureurs (CNP assurance, La Banque postale, Banque Populaire ou la Caisse d’Épargne…). L’aide sera effective à partir du 25 août. Elle se veut complémentaire de la convention « Aeras », qui est censée faciliter l’accès à l’assurance des prêts des personnes qui ont connu « un grave problème de santé« . Une convention jugée « trop peu connue du grand public« , selon la présidente de la région, Valérie Pécresse, d’autant qu’elle « ne compense qu’une partie de la surprime » demandée par les assureurs. Ce fonds régional de garantie de 3,7 millions d’euros vise donc à palier ce manque, au moins juqu’à fin 2021 mais il a vocation à être pérenne, rajoute la présidente de région.

Problème de fond avec les assurances emprunteur

Mais certaines assos émettent des inquiétudes.  C’est notamment le cas des Séropotes, une association d’accompagnement de personnes vivant avec le VIH. En effet, ce fonds est soumis à des conditions de ressources et concerne  les prêts d’un montant inférieur à 320.000 euros.  « Les conditions à remplir limitent énormément le dispositif. Cela ne concernera que quelques dizaines de personnes« , réagit auprès de TÊTU Roman Krakovsky, président de l’association Les Séropotes.

À LIRE AUSSI : 10 choses que vous ignorez (peut-être) sur les séropositifs

Mais le président des Séropotes regrette surtout qu’un tel dispositif soit encore nécessaire. « On demande à une personne vivant avec le VIH de payer une surprime pour assurer un prêt, alors même qu’elle vit aussi longtemps qu’une personne qui n’a pas le VIH, lorsqu’elle est sous traitement. Rien aujourd’hui ne justifie que l’on nous fasse payer plus« , insiste Roman Krakovsky qui appelle à revoir l’ensemble de la procédure. « Les règles d’assurance ont été conçues il y a de nombreuses années, lorsque la recherche sur le VIH n’était pas aussi poussée qu’aujourd’hui« , souffle le président de l’association. Et cela, ce n’est pas du ressort de la région Île-de-France.

 

À LIRE AUSSI : Près d’un jeune Français sur trois pense qu’il existe des médicaments pour guérir du sida

Crédit photo : Pixabay / Mastersenaiper

L’article L’Île-de-France facilite l’obtention d’un prêt pour les séropos est apparu en premier sur TÊTU.

Et si « Demain nous appartient » s’attaquait bientôt au sujet de la PMA ?

ven. 10 juil. 2020, 10 h 26
Le feuilleton phare de TF1 pourrait s’attaquer à la PMA grâce à son couple lesbien. Ou, tout du moins, on l’espère.

À l’antenne de TF1 depuis juillet 2017, Demain nous appartient ne cesse de se réinventer, proposant de façon régulière des intrigues faisant écho à l’actualité. Mais il y a un sujet auquel elle ne s’est pas encore frottée : la PMA. Mais cela pourrait arriver, si l’on en croit Marie Catrix, qui prête ses traits au personnage trans de Morgane. Dans une récente interview pour Allociné, l’actrice atteste son envie de voir cette thématique traitée par la série.

« Les auteurs nous surprennent toujours donc on attend de voir ce qu’ils nous réservent, mais c’est vrai que la PMA par exemple, c’est un sujet dont on aimerait bien pouvoir parler dans la série, assure-t-elle. D’autant plus que la loi de la PMA pour toutes devrait passer en septembre. C’est un sujet important chez les couples homosexuels ou chez les femmes célibataires, donc une intrigue sur la PMA, ce serait super. C’est vrai que là, en ce moment, il y a déjà le bébé de Chloé [le personnage incarné par Ingrid Chauvin, ndlr] qui est au cœur des intrigues, mais je trouve que ça n’empêche pas qu’il puisse y avoir une autre grossesse dans la série prochainement. Ou qu’on parle de sujets comme la PMA ou comme le mariage homosexuel ».

Un personnage initialement controversé

Débarquée début 2019 dans la saga quotidienne de TF1, Marie Catrix n’a pas tout de suite été accueillie à bras ouverts par les fans LGBT+ du programme. En effet, l’actrice incarne le personnage de Morgane, une femme trans, alors qu’elle est elle-même cisgenre. Déploré aux États-Unis, ce phénomène est aussi regrettable dans notre Hexagone. Marie Catrix s’était prononcée sur la question dès son arrivée dans le feuilleton. « Peut-être que des personnages transgenres auraient préféré que ce soit un acteur transgenre qui les représentent, mais je suis très fière de défendre leur cause, avançait-elle à Télé LoisirsEt le rôle d’un acteur est aussi de se mouler dans ce qu’il n’est pas ».

À LIRE AUSSI – Les séries françaises toujours à la traîne dans la représentation des personnes LGBT+

Cependant, son personnage est parvenu à toucher une grande partie des fans et a conquis le cœur de certains grâce à son couple lesbien avec Sandrine (jouée par Juliette Tresanini). Actuellement, Morgane est impliquée dans une intrigue de prédateur sexuel après avoir échappé de peu à un viol. Cette histoire délicate et lourde de sens permettra en tout cas à Demain nous appartient de parler de transphobie. « Après son agression, Morgane va être victime d’homophobie et de transphobie, confie Marie Catrix auprès d’Allociné. Des comportements transphobes vont resurgir parce qu’on va dire d’elle qu’elle est arrivée à se défendre parce que c’était un homme avant. Alors qu’au fond, bien sûr, ce n’est pas ce qui s’est passé ».

Crédit photo : TF1

L’article Et si « Demain nous appartient » s’attaquait bientôt au sujet de la PMA ? est apparu en premier sur TÊTU.

Un couple agressé pour s’être embrassé à Ajaccio

ven. 10 juil. 2020, 10 h 12
Un couple a été molesté par quatre à cinq personnes après s’être embrassé à la sortie d’un bar d’Ajaccio en Corse. Une plainte a été déposée.

C’est la seconde agression homophobe en Corse depuis début juin. À la sortie d’un bar du centre-ville d’Ajaccio, Nicolas et Éric (les deux prénoms ont été modifiés), échangent un baiser vers 3 heures du matin le 17 juin. « Je sens une main sur mon épaule, je me retourne et me retrouve nez à nez avec un type d’une vingtaine d’années, qui me dit : ‘vous n’avez pas honte de vous embrasser ici ?’ J’enlève la main de son épaule, et le ton monte« , raconte Éric à France 3 Corse.

À LIRE AUSSI : Un couple originaire de Perpignan a subi une violente agression homophobe en Andalousie

L’un des responsables du bar devant lequel Éric et Nicolas se sont embrassés est agacé. Il leur reproche de s’être bécoté ici, comme s’il s’agissait d’une provocation. On leur demande de quitter les lieux. Mais quatre ou cinq personnes les suivent : « on n’a même pas eu le temps de se retourner qu’ils ont commencé à nous frapper« , poursuit Éric. Les clients du bar sont alertés par le bruit et les cris. Mais le temps qu’ils arrivent, Nicolas et Éric sont déjà en sang.

Cinq jours d’ITT

Au commissariat, certains policiers reprochent au couple de s’embrasser en public quand d’autres leur conseillent de porter plainte, détaille Éric qui a reçu cinq jours d’interruption totale de travail (ITT). « Les deux garçons ont porté plainte la semaine dernière et le procureur va être saisi« , explique à Têtu François Charles, le co-président d’Arcu LGBTI+ Corsica, une association qui défend les droits des personnes LGBT+ sur l’île. « Éric connaît au moins l’un de ses agresseurs« , indique-t-il.

À LIRE AUSSI : « Ton pédé de fils, on va le crever », une violente agression dans le nord de la France

Le 5 juin, un jeune Corse de 23 ans, a été agressé après être tombé dans un traquenard via l’application Grindr. Trois adolescents d’une quinzaine d’années se trouvaient au point de rendez-vous et lui ont lancé des insultes homophobes. « Sale pédé, on a vu ta gueule, on sait qui tu es« , lançaient-ils. L’association recommande d’éviter les rencontres à l’aveugles et de s’assurer au maximum de l’authenticité de son interlocuteur. En août dernier, un touriste gay a été passé à tabac par une bande de jeunes adultes. Sa plainte a été classée sans suite, selon l’association.

[Communiqué de l'ARCU]Nous vous informons qu’un couple de jeunes gays d’Ajaccio a subi une agression en bande pour…

Publiée par ARCU – LGBTI+ Corsica sur Jeudi 9 juillet 2020

On aimerait des statistiques précises

« Le mois des Fiertés est particulièrement difficile pour les LGBT+ en Corse. Ce n’est pas du tout rassurant. On aimerait des statistiques précises pour savoir s’il y a plus de LGBTphobie en Corse que sur le continent. Lorsqu’on dénonce ces dérives, on est vite accusé de ternir l’image de la Corse« , pointe François Charles. La difficulté d’être anonyme sur l’île rend plus difficile la possibilité d’être soi. Le président de l’association remarque aussi que la culture corse prône la discrétion. « Heureusement, l’immense majorité des Corses condamnent ces agressions« , tempère-t-il.

Crédit photo : Wikimedia Commons / dmytrok

L’article Un couple agressé pour s’être embrassé à Ajaccio est apparu en premier sur TÊTU.

L’actrice Javicia Leslie succèdera à Ruby Rose dans la série « Batwoman »

ven. 10 juil. 2020, 9 h 55
Après le départ inattendu de Ruby Rose il y a plusieurs semaines, Batwoman a trouvé une nouvelle super-héroïne ouvertement lesbienne. Enfin un remaniement qui fait plaisir.

En mai dernier, Ruby Rose annonçait qu’elle cédait le rôle titre de Batwoman après seulement une saison sous les traits de la super-héroïne masquée. Alors que les rumeurs allaient bon train quant à son éventuelle succession, le nom de sa remplaçante vient tout juste d’être révélé. C’est en effet l’actrice Javicia Leslie qui endossera le costume de la justicière de Gotham City.

Comme le précise The Hollywood Reporter, la nouvelle venue se glissera dans la peau de Ryan Wilder, un personnage entièrement neuf qui ne trouve pas son origine dans les comics DC. C’est une livreuse de drogues douée pour échapper à la police locale, mais surtout une bad girl assumée qui s’adonne à des passe-temps pas très glorieux pour masquer ses fêlures. La description officielle fournie par la CW, diffuseur de la série outre-Atlantique, précise également qu’elle est « ouvertement lesbienne », à l’image de Kate Kane jouée par Ruby Rose.

Un casting très symbolique

Les producteurs de Batwoman avaient rassuré les fans en disant qu’ils embaucheraient une nouvelle actrice issue de la communauté LGBT+ et ils n’ont pas failli à leur engagement. Récemment aperçue dans la série God Friended Me, Javicia Leslie s’identifie en effet comme bisexuelle. « Je suis extrêmement fière d’être la première actrice noire à jouer le rôle iconique de Batwoman à la télévision, déclare-t-elle. Et en tant que femme bisexuelle, je me sens honorée de rejoindre cette série novatrice qui a ouvert la voie à la communauté LGBTQ+ ».

À LIRE AUSSI – L’actrice Ruby Rose quitte la série « Batwoman » après une seule saison

Une chose est sûre, Ruby Rose se montre enthousiaste par cette annonce. « C’est génial, écrit-elle dans un récent post sur InstagramJe suis tellement heureuse de voir que Batwoman sera jouée par une femme noire absolument incroyable. […] J’ai hâte de regarder la saison 2″. Kate Kane, le personnage qu’interprétait l’actrice australienne, ne sera pas oubliée. Bien au contraire, « sa disparition sera l’un des mystères de la deuxième saison », avance Caroline Dries, la créatrice.

Crédit photo : Javicia Leslie via Instagram

L’article L’actrice Javicia Leslie succèdera à Ruby Rose dans la série « Batwoman » est apparu en premier sur TÊTU.

À la découverte d’Ängie, la sensation suédoise queer à surveiller de près

jeu. 09 juil. 2020, 17 h 31
Son franc-parler et son timbre de voix éminemment sensuel ont fait d’Ängie l’une des artistes scandinaves les plus talentueuses et subversives de ces dernières années. Rencontre.

Sortir deux albums en l’espace d’une même année, tout le monde n’en est pas capable. Mais Ängie l’est. La chanteuse suédoise n’est clairement pas du genre à se reposer sur ses lauriers : alors que vient de sortir Not Pushing Daisies en collaboration avec son fidèle ami Harrison First, un deuxième disque est annoncé pour plus tard dans l’année, cette fois cosigné avec le jeune mais prometteur Tail Whip. Le tout en autoproduction, puisqu’elle refuse d’être un pantin pour des labels, et pouvoir faire « tout ce qu’elle a envie« .

Bisexualité assumée

Cette attitude téméraire, c’est son credo. Depuis ses débuts en 2016, Angelina Dehn – son nom à l’état civil – ne recule devant rien et se façonne une carrière à la Lana Del Rey, dont elle se voit comme la fille spirituelle. Au travers de ses morceaux quasi romanesques, elle traite de sujets délicats comme l’usage de stupéfiants ou les pensées suicidaires. Côté vie personnelle, l’artiste assume pleinement sa bisexualité, dédiant des titres à la gent masculine comme féminine.

C’est un mercredi après-midi qu’on décide de passer un coup de fil à Ängie. Elle décroche dès la deuxième sonnerie, achevant de tirer les dernières taffes de sa cigarette, confortablement installée dans un bar plutôt tranquille en plein Stockholm.

 

Tu viens de sortir l’album Not Pushing Daisies avec Harrison First et tu as un second album, Heartburn, également prévu pour 2020… Pourquoi faire deux albums la même année ?

Parce que ce sont deux albums très différents ! Not Pushing Daisies est plus commercial, alors que Heartburn est un peu plus artsy, avec des sonorités qui sont nouvelles pour moi. Je me suis vraiment amusée à faire Not Pushing Daisies parce qu’Harrison et moi avons une si bonne amitié. C’était plus compliqué pour moi de faire Heartburn, car ce n’est pas la musique que je produis habituellement. Dans ce disque, chaque chanson représente un challenge !

Sur l’écriture aussi, tu as dépassé tes limites ? Tu es réputée pour ta plume…

Mon premier but est de raconter une histoire. Une histoire sur qui je suis et ce que j’ai traversé. Et de faire en sorte que les gens s’identifient à tout ça d’une manière ou d’une autre. Je considère mes chansons comme des jolis poèmes. J’écris toutes mes paroles moi-même. Pour chaque morceau, c’est différent. Parfois, ça me prend une heure, parfois ça peut me prendre deux mois.

J’ai un titre dans l’album Heartburn qui est très émouvant pour moi. Il parle de la perte d’un ami et ça m’a pris du temps pour arriver à trouver les bons mots. Ça devient plus difficile de t’exprimer clairement quand c’est un sujet qui t’est aussi cher, alors que parfois, tu peux juste te laisser porter par tes idées et laisser parler l’âme de poète qui sommeille en toi. Parfois c’est simple, parfois c’est dur. L’humeur joue beaucoup.

Tu n’as pas peur d’utiliser des jurons dans tes chansons ou d’aborder des thèmes qui peuvent mettre les gens mal à l’aise. Te vois-tu comme quelqu’un de provocateur ?

Je suis pas provocatrice intentionnellement, je pense juste que c’est important de parler de choses qui importent comme l’usage de drogues, la santé mentale ou les thématiques LGBT+. Parfois, c’est acceptable et parfois, ça ne l’est pas. Et je trouve ça vraiment incompréhensible. Mon single « Smoke Weed Eat Pussy » était super controversé mais il faut être honnête, des artistes masculins ont chanté ce genre de propos des millions de fois. Donc c’est différent juste à cause de mon genre ? C’est stupide.

Y a-t-il des artistes contemporains auxquels tu t’identifies et avec qui tu aimerais peut-être collaborer ?

Je répondrai toujours Lana Del Rey. C’est comme ma mère [rires]. J’aime aussi beaucoup ce groupe qui s’appelle Unloved. Ils viennent de faire la BO pour la série Killing Eve et ils font de la musique incroyable. Ils n’ont pas encore percé mais ils ont tellement de morceaux. J’aimerais que tout le monde les écoute.

 

« Si tu as un crush ou que t’es raide dingue de quelqu’un, crie-le sur tous les toits ! Le monde en a besoin. »

Tu as toujours parlé librement de ta propre orientation amoureuse dans les médias. Ta bisexualité influence directement ta musique ?

Bien sûr ! N’importe quel aspect de ma vie me donne de l’inspiration au niveau de l’écriture. Pour ma part, j’en ai marre de toutes des chansons d’amour sur des hommes donc je fais en sorte que mes paroles n’aient pas de genre. J’essaie de ne pas mentionner les pronoms des gens maintenant. Je pense qu’on devrait être plus ouvert d’esprit à l’idée d’entendre une chanson d’amour dédié à un homme ou à une femme, ça n’a vraiment pas d’importance. Si tu as un crush ou que t’es raide dingue de quelqu’un, crie-le sur tous les toits ! Le monde en a besoin.

Tu es originaire de Suède. Être LGBT+ là-bas, c’est comment ?

Ça s’améliore, à mon avis. C’était bizarre quand je grandissais mais maintenant, je trouve que c’est beaucoup mieux. Surtout durant ces quelques dernières années, j’ai vu tellement plus de coming out que d’habitude. Je trouve ça génial. J’ai vu un énorme changement en l’espace de peu de temps. Mais malheureusement, il n’y a pas encore de gros artistes qui s’assument.

Beaucoup de personnes queers te suivent et adorent ta musique. Ressens-tu une forme de responsabilité envers eux ?

Bien sûr ! Je parle d’ailleurs beaucoup à mes fans. J’ai beaucoup de fans qui viennent du Brésil et on a une discussion de groupe. Je leur parle presque tous les jours et ils partagent avec moi des moments de leur vie, comme leur coming out à leurs parents… J’essaie de tous les soutenir et de faire en sorte qu’ils aient confiance en eux. J’adore être utile de cette manière, je trouve ça vraiment important. Tu ne seras jamais satisfait de toi-même si tu ne peux pas être sincère envers toi-même.

Que ce soit dans tes clips, à travers tes pochettes d’albums ou sur Instagram, l’esthétique est très travaillée. C’est une partie de ton travail ? 

Oui, j’ai toujours été très visuelle quand il s’agit d’art. J’adore les fringues, j’adore le maquillage, j’adore tout ce qui permet de s’exprimer. La photographie et la production de vidéos sont des façons pour moi de m’exprimer. Je trouve ça très important d’avoir le contrôle sur la façon dont on se présente dans les médias parce que si tu laisses un label faire ça pour toi, ce n’est pas réellement toi que tu montres.

« Soyons honnêtes, Kylie Jenner ne ressemble pas ça « 

Être une femme médiatisée peut avoir un impact parfois négatif sur la façon dont tu perçois ton corps. Penses-tu que ça a été ton cas ?

Bien sûr, j’ai toujours des problèmes d’image mais je pense que c’est comme ça chez tout le monde. Je me sens heureuse néanmoins. Je sais que tout ce qu’on voit dans les médias est plus ou moins un mensonge. Soyons honnêtes, Kylie Jenner ne ressemble pas ça [rires]. Mais oui, les médias peuvent te faire sentir mal vis-à-vis de toi-même mais si il suffit de te rappeler qui tu es et que tout ça n’a pas tant d’importance que ça. Les gens font tellement d’efforts pour trouver le bon angle afin de paraître mince ou plantureux ou je ne sais quoi… C’est important d’être simplement toi-même et de ne pas oublier que tout ce qu’on voit sur Instagram est souvent mensonger.

A-t-on essayé de contrôler ton image quand tu as commencé ?

Je ne les ai jamais laissés faire. Peut-être qu’ils ont tenté, mais je ne suis pas facile à manipuler. Ils ont peut-être essayé de changer mon style vestimentaire mais j’ai une forte opinion là-dessus donc personne ne peut débarquer et s’en mêler.

Qu’est-ce qui devrait changer, selon toi, dans l’industrie musicale ?

Plein de choses, honnêtement. Je souhaiterais que cette industrie soit plus acceptante de tous les gens dans le monde. Je souhaiterais que cette industrie arrête de juger les gens à tout bout de champ. J’aimerais surtout qu’on arrête de signer avec des labels parce qu’ils te vont te sucer toute ton énergie comme des vampires. J’aimerais que tous les gens qui songent à signer avec un label ne le fassent pas car, selon mon expérience, c’est tellement mieux de contrôler les choses toi-même. Ne les laisse pas se faire de l’argent sur ton dos quand tu peux récolter cet argent pour toi.

Crédit photo : Amanda Nilsson

L’article À la découverte d’Ängie, la sensation suédoise queer à surveiller de près est apparu en premier sur TÊTU.

On ne sait pas si on doit rire ou pleurer devant ce tweet de la Manif Pour Tous

jeu. 09 juil. 2020, 16 h 08
La Manif pour Tous reproche à la PMA pour toutes d’empêcher de revaloriser les salaires des soignants. L’association est accusée de malhonnêteté par les internautes.

Depuis six semaines, les professionnels de Santé négocient avec le gouvernement un plan « massif » en faveur de l’hôpital. Une enveloppe de 7,5 milliards d’euros permettra une revalorisation de 180 euros nets mensuels pour les personnels hospitaliers non-médecins. Le Pr. Thierry Godeau juge que l’enveloppe et les mesures promises sont insuffisantes. « Toujours pas de volonté de choc d’attractivité médicale à l’hôpital public en grand danger de désert hospitaliers faute de médecins« , écrit-il dans un tweet.

À LIRE AUSSI : La réponse cinglante d’Olivier Véran à un député anti-PMA pour toutes

La Manif pour tous y voit l’opportunité de s’attaquer à la PMA pour toutes, dont le texte est discuté en seconde lecture à l’Assemblée. « Chers médecins, héros du Covid-19, Olivier Véran ne peut pas vous octroyer ce que vous demandez, il a déjà fait des promesses à certains pour la PMA sans Père (sic) et sans raison médicale, qu’il veut rembourser à 100%. Votre dossier n’est pas prioritaire« . Une déclaration qui n’est pas du goût des internautes.

La Sécu rembourse une partie des frais des hétéros

Le compte Demande à tes mères ironise sur Twitter. « Quelqu’un leur dit que les médecins et gynécologues nous aident déjà ? Avant, pendant et après le Covid ? Que la Secu rembourse une partie des frais des hétérosexuels qui vont faire une FIV DO (avec don d’ovocyte, ndlr), une adoption d’embryon ou un DPI (diagnostique pré implantatoire), à l’étranger ?« , écrivent les mères d’Alix. Le twittos anonyme HyDr02 a déjà prévu de faire don de son augmentation à une association homoparentale.

Mais surtout, les budgets sont loin d’être comparables : le Conseil d’État évaluait le montant pour la Sécu entre 10 et 15 millions d’euros par an. Bien loin de l’enveloppe de 7,5 milliards d’euros prévue pour augmenter les salaire des soignants. Claire, une internaute anonyme demande « Mais c’est quoi le rapport ? C’est quoi l’étape suivante ? Demander l’arrêt du remboursement des contraceptifs et des IVG, sous prétexte de payer plus les soignants ? »

Quelqu’un leur dit que les médecins et gynécologues nous aident déjà ? Avant, pendant et après le Covid ?

Que la Secu rembourse une partie des frais des hétérosexuels qui vont faire une FIV DO, une adoption d’embryon ou un DPI, à l’étranger ?

— Demande À Tes Mères (@_Tes_Meres) July 9, 2020

Les médecins soutiennent la PMA

Le médecin et écrivain Baptiste Beaulieu lui, répond à La Manif pour tous que « les médecins vous emmerdent vous et votre récupération moisie« .  Il s’empresse de préciser : « surtout ceux qui ont donné leur sperme pendant le confinement à des copines lesbiennes qui vont bientôt devenir mamans« . Une autre médecin, anonyme elle, est du même avis : « Médecin à l’hôpital public, je suis écœurée par votre pathétique tentative de récupération de nos revendications. Aidez-nous : taisez-vous », propose-t-elle à La Manif pour tous. D’ailleurs, l’Ordre des médecins ne s’est pas prononcé contre la PMA, au contraire. « Le rôle des médecins est d’apaiser les souffrances, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Or, le désir d’enfant est une souffrance et le médecin est là pour l’entendre », déclarait le Dr Jean-Marie Faroudja, président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l’Ordre, dans La Croix.

(Surtout ceux qui ont donné leur sperme pendant le confinement à des copines lesbiennes qui vont devenir bientôt mamans )

— Baptiste Beaulieu (@BeaulieuBap) July 9, 2020

À LIRE AUSSI : PMA pour toutes, l’Assemblée repousse ses vacances pour finir l’examen de la loi bioéthique

Crédit photo : Shutterstock.

L’article On ne sait pas si on doit rire ou pleurer devant ce tweet de la Manif Pour Tous est apparu en premier sur TÊTU.

Prostitution : pourquoi la loi de pénalisation des clients est un problème

jeu. 09 juil. 2020, 15 h 56
Deux rapports sur la loi de 2016 dite de pénalisation des clients de prostituée.es sont sortis. L’un a été publié par l’Igas sur la façon dont est appliquée la loi depuis quatre ans. L’autre a été rédigé par treize associations, dont Médecins du Monde et le Strass. Tous déplorent la façon dont ce texte abolitionniste est appliqué aujourd’hui, mais pas pour les mêmes raisons. Explications.

C’est en toute discrétion qu’il a été publié. Le 22 juin dernier, et alors qu’il dormait depuis décembre 2019 dans un bureau, le rapport de l’Igas apparaît sur le site du ministère. Un document sur lequel figure encore la mention “Confidentiel”, en lettres capitales. A l’intérieur, 238 pages expliquent comment la loi de 2016 “visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées” est appliquée. Les rapporteurs pointent une “absence de portage politique et d’engagement volontariste des pouvoirs publics”, un défaut de moyens et le “manque de pilotage national”.

En d’autres termes, les auteurs du rapport déplorent un manque de volonté politique pour faire appliquer cette loi et mettre en place une campagne de communication autour de l’achat d’actes sexuels. “Il était même question il y a un an et demi que le gouvernement puisse revenir sur cette loi, ajoute Najat Vallaud Belkacem, l’ancienne ministre qui a défendu ce texte. Le gouvernement soutient cette loi comme la corde soutient le pendu.

Une dégradation des conditions de vie des TDS

Dans les faits, la loi a entraîné une baisse de revenus considérable pour les travailleurs du sexe (TDS). Une baisse des revenus qui s’accompagne d’une hausse des violences, des pratiques à risque plus nombreuses et un éloignement des soins, concluent treize associations communautaires parmi lesquelles Aides, Grisélidis, la Fédération des Parapluies rouges ou encore le Bus des femmes, Médecins du Monde et Acceptess-T. “Cette évaluation [de l’Igas] ne se préoccupe que de l’application de la loi, ajoute Anaïs de Lenclos, porte-parole du Strass. Elle ne prend pas en compte les effets sur le quotidien des travailleurs du sexe (TDS)”.

C’est pour répondre à ce manque que ces associations publient, cette semaine, un “contre-rapport” qui dénonce la dégradation des conditions de vie des TDS depuis 2016. “ Cette loi ne protège pas les victimes de traite des êtres humains mais elle a détérioré la santé des TDS.”, explique le rapport des associations. Médecins du Monde raconte avoir eu connaissance de 206 cas de violences, dont 62 criminels (viols, braquage avec arme, etc.) sur les trois premiers mois de l’année et à l’encontre des personnes TDS.

Pour illustrer cette détresse, une personne sous couvert d’anonymat, décrit la façon dont cette loi a modifié le rapport de force avec les clients. “Avant 2016, le rapport sexuel était à 60 euros et 40 euros pour la fellation. Aujourd’hui ça peut descendre à 30 euros le rapport et 20 euros la pipe. Ils sont tous au courant que l’on a peur de cette loi, raconte une personne TDS sous couvert d’anonymat. Donc on doit se débrouiller. On va vers des endroits sombres, secrets. Je cherche à cacher mon client. Mais du coup, en l’emmenant loin, les gens ne peuvent entendre mes cris si y’a un problème.

Un éloignement des soins

C’est tout le paradoxe de cette loi, ajoute Giovanna Rincon, directrice d’Acceptess-t. “Les TDS sont obligés de vivre dans la clandestinité depuis 2016 alors même que c’est un travail pour lequel on paie des impôts en France.” Cette clandestinité éloigne un peu plus les TDS des soins. “On a vu des gens arriver dans des conditions de santé très graves, continue Giovanna Rincon. L’an passé, par exemple, nous avons dépisté six nouveaux cas de VIH chez des hommes cis et des personnes trans.

D’un débit rapide, elle évoque des traitements contre le VIH interrompus pendant de longs mois et les conséquences que cela engendre, comme l’augmentation de la charge virale, les problèmes de santé et les conséquences sur la santé publique. “Lors de la crise sanitaire, une personne TDS vivant avec le VIH est morte du Covid-19. Elle était suivie pour son traitement, mais à cause de la dispersion totale des soins et la nécessité de devenir clandestin, cette personne n’était plus sous traitement.” Giovanna Rincon ne décolère pas. “On nous dit d’un côté qu’il faut préconiser la PreP pour les TDS alors que c’est de plus en plus difficile de faire de la prévention santé et de l’autre on nous dit qu’il faut qu’on les pousse à quitter la prostitution. C’est un non-sens.

A LIRE AUSSI : « On va avoir des mortes et tout le monde s’en moque » : la crise du coronavirus fragilise davantage les travailleur.se.s du sexe 

Pour l’ancienne ministre des Droits des femmes, ces “zones de vulnérabilité” s’expliquent par le manque de moyens alloués à l’application de la loi. “C’est un texte ambitieux auquel on ne donne pas les moyens”, défend Najat Vallaud-Belkacem. “La loi de 2016 marque un tournant dans la politique abolitionniste de la France. Un tournant d’ailleurs dont je rappelle qu’il est aujourd’hui majoritairement compris et soutenu par les Français. Mais cette loi reste insuffisamment appliquée. Le bilan mitigé porte donc non pas sur la loi mais sur son application. (…) Comme les moyens ne sont pas alloués pour cette loi et que le volet pénal n’est pas appliqué pour la véritable répression [des clients], on est dans un entre-deux qui crée des zones de vulnérabilité.

Très peu de sorties de la prostitution

Autre problème soulevé par les deux rapports, le parcours de sortie de la prostitution. “Les personnes qui souhaitent sortir de la prostitution reçoivent 350 euros par mois, soit moins que le RSA, dénonce Betty Kirmann Skoda de l’association Cabiria. Et cette personne est obligée d’arrêter complètement de vendre du sexe. A cela s’ajoutent les documents, comme le certificat de prostitution pour s’assurer que la personne ne ment pas pour bénéficier de la nationalité française, un certificat de naissance et une certaine maîtrise du français”. Résultat, seules 341 personnes ont pu bénéficier d’un parcours de sortie de la prostitution. Ce qui était pourtant une des mesures phares de la loi.

D’autres ont vu leurs plaintes refusées. “Il y a près de 20 % de refus, et des taux très différents entre départements : certains préfets refusent des personnes sous OQTF ou procédure Dublin”, précise Najat Vallaud-Belkacem. A savoir des personnes qui sont sous procédure d’expulsion soit vers leur pays d’origine, soit vers un autre pays européen. Cette loi laisse un constat amer. Pas assez appliquée d’un côté, dangereuse et stigmatisante de l’autre. “Elle a été écrite sans les principales personnes concernés, ajoute Médecins du monde. Et résultat, il n’y a rien de prévu pour les TDS. Pendant le confinement, on a bien vu que quand il n’y avait plus de clients, la situation était catastrophique et qu’aucune sortie ou aide financière n’était possible.”

Interrogée à ce sujet dans le dernier numéro de TÊTU, en kiosque depuis mercredi, Marlène Schiappa, ancienne secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations assure que la loi l’empêchait de créer un fonds spécifique : « soit je fichais les prostitué.e.s pour leur verser une allocation, soit je donnais le fond à une association qui reversait aux TDS, mais alors cela s’apparentait à  du proxénétisme – qui est illégal – et j’aurais mis en danger les assos« . Une nouvelle preuve, s’il en fallait une, que cette loi mérite d’être revue.

 

L’article Prostitution : pourquoi la loi de pénalisation des clients est un problème est apparu en premier sur TÊTU.

Un film avec Jésus réimaginé en femme lesbienne fait polémique

jeu. 09 juil. 2020, 12 h 07
Une pétition circule afin d’empêcher coûte que coûte la sortie de ce long-métrage qualifié de blasphématoire, où Paris Jackson incarnerait une version contemporaine et queer du Christ.

Depuis peu, un nouveau projet cinématographique défraie la chronique. Mis en chantier en début d’année, Habit est un film indépendant réalisé par Janell Shirtcliff qui se met d’ores et déjà les communautés chrétiennes à dos. Et pour cause, il revisite la figure de Jésus pour l’imaginer en tant que jeune femme lesbienne, incarnée par Paris Jackson – oui, la fille du défunt roi de la pop.

Il n’en fallait pas plus pour qu’une pétition soit lancée afin de faire dérailler le projet, qui n’a pas encore de distributeur pour le moment. « Un nouveau film hollywoodien blasphématoire est censé sortir bientôt, montrant Jésus comme une femme lesbienne, écrit Vivian, l’instigatrice de cette pétition. S’il vous plaît, faisons en sorte d’éveiller et de sensibiliser les gens sur la haine christianophobe qui se répand de nos jours, mais qui est pour une tierce raison acceptée et louée par la société ». Pour l’heure, elle recueille plus de 300.000 signataires  qui s’opposent à la sortie en salles de ce long-métrage controversé.

Un projet très queer

Néanmoins, la créatrice de la pétition a été contrainte de clarifier sa prise de position. « Le synopsis du film ne mentionne pas réellement que Jésus est une lesbienne, mais plutôt que le personnage est joué par une femme lesbienne, évoque-t-elle. Désolée pour la confusion. C’est toujours mauvais et une attaque envers Jésus de Le fétichiser ainsi dans un film ». Une mise au point encore une fois erronée, puisque Paris Jackson ne s’identifie pas comme lesbienne.

Présenté comme un thriller, Habit détaillera les péripéties d’une jeune fêtarde avec un fétichisme pour Jésus qui est contrainte de se faire passer pour une nonne après qu’un trafic de drogues a dérapé. Plutôt subversif sur le papier, le film se montre particulièrement LGBT-friendly dans son casting. En plus de Paris Jackson qui est queer, Bella Thorne campe le rôle principal et est ouvertement pansexuelle. La mannequin trans Andreja Pejic fait aussi partie de la distribution.

Crédit photo : Voltage Pictures

L’article Un film avec Jésus réimaginé en femme lesbienne fait polémique est apparu en premier sur TÊTU.

Naya Rivera, alias Santana dans « Glee », est portée disparue

jeu. 09 juil. 2020, 11 h 14
D’après certaines sources, l’actrice se serait mystérieusement évaporée lors d’une sortie en bateau avec son fils de 4 ans. Les autorités locales poursuivent leurs recherches.

Naya Rivera, révélée dans la série cultissime Glee, est actuellement portée disparue. Selon TMZ qui a été le premier média à relayer l’info, l’actrice et chanteuse a disparu à proximité du lac Piru, situé au sud de la Californie, où elle s’était rendue en compagnie de son enfant, Josey. Elle a loué un bateau aux alentours de 13 heures avec lequel elle a pris le large. Quelques heures plus tard, un conducteur de bateau a repéré le véhicule, avec seulement son fils à bord, endormi.

Dans la foulée, il a appelé les autorités locales, lesquelles cherchent activement la zone afin de retrouver une trace de Naya Rivera. Des hélicoptères et des drones ont été mobilisés, alors que des plongeurs explorent le lac. Pour l’heure, la nuit étant tombée, les recherches ont été suspendues mais reprendront dès le lever du soleil en Californie. D’après CBS, son fils, âgé de 4 ans, a raconté aux enquêteurs en charge de l’affaire qu’ils se baignaient avec sa mère mais que cette dernière n’est jamais remontée à bord du bateau. La voiture avec laquelle l’actrice serait venue dans le coin a été trouvée, avec ses effets personnels dont son sac à main à l’intérieur.

La malédiction Glee

Dès lors que l’annonce de sa disparition est devenue virale sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont apporté leur soutien à Naya Rivera, priant pour qu’elle soit retrouvée saine et sauve. D’autres ont réitéré l’idée que Glee est une œuvre tout bonnement maudite, rappelant les faits tragiques qui entourent la série de Ryan Murphy et une grande partie de son casting.

Pour la piqûre de rappel, son acteur principal Cory Monteith est décédé en 2013, au cours du tournage de la cinquième saison, suite à une surconsommation létale d’héroïne et d’alcool. Son meilleur ami à l’écran, Mark Salling, a mis fin à ses jours en 2018 après avoir plaidé coupable pour possession de contenu pédopornographique. On pourra également évoquer le comportement raciste de Lea Michele, star de Glee, récemment mis en lumière après la prise de parole d’anciens acteurs de la série. Quant à Naya Rivera, elle avait été arrêtée pour violences conjugales en 2017.

À LIRE AUSSI – Ryan Murphy a déjà une idée pour le reboot de Glee

Crédit photo : Naya Rivera via Instagram

L’article Naya Rivera, alias Santana dans « Glee », est portée disparue est apparu en premier sur TÊTU.

Sur Instagram, Safia Nolin dénonce le harcèlement sexuel et raciste qu’elle a subi

jeu. 09 juil. 2020, 10 h 17
Dans un post partagé sur son compte personnel, la musicienne québécoise accuse l’animatrice de télévision Maripier Morin de l’avoir harcelée et agressée physiquement en 2018.

Le harcèlement sexuel existe aussi entre femmes. Quelques années après les prémices du mouvement #MeToo, la chanteuse ouvertement lesbienne Safia Nolin brise le silence. Dans un post Instagram mis en ligne le 8 juillet dernier, elle raconte une soirée dans un bar remontant à mai 2018, où elle a été agressée et harcelée par Maripier Morin. Si son nom n’évoque pas grand-chose dans notre Hexagone, cette dernière est une présentatrice de télévision réputée au Québec.

View this post on Instagram

A post shared by Safia Nolin (@safianolin) on Jul 8, 2020 at 8:06am PDT

Dans son témoignage percutant, Safia Nolin replace avant tout les choses dans leur contexte, stipulant qu’elle était en plein chagrin d’amour et qu’elle avait perdu du poids au moment des faits. « Elle m’a dit que ça m’allait bien, écrit l’artiste sur les réseaux sociaux. Elle m’a dit qu’elle recevait des messages sur Instagram disant qu’elle ressemblait à mon ex et elle m’a demandé si ça voulait dire que je la trouvais chaude ». Malgré ces avances, elle reste réfractaire, assurant être « comme un bloc de glace » à ce moment précis de la soirée. Ce n’est que le début.

A LIRE AUSSI : Le harcèlement sexuel, ça concerne aussi les gays

Racisme banalisé et harcèlement sexuel

Les choses escaladent très vite pour la musicienne. Maripier Morin, 31 ans au moment des faits, lui dit qu’elle allait la « mettre dans une cage » et qu’elle allait la nourrir, sur « un ton super sexuel » tout en étant particulièrement tactile. Lorsque Safia Nolin lui affirme qu’elle est arabe, son interlocutrice lui demande pourquoi elle n’était pas « dans un taxi ». Elle continue sur sa lancée en disant d’une barmaid noire qu’elle « est fâchée parce qu’elle est noire ». De fil en aiguille, la chroniqueuse télé lui a alors mordu la cuisse, résultant en un hématome massif pendant deux semaines, dont les photos ont été postées par l’artiste.

Pointée du doigt pour harcèlement sexuel et violence physique, Maripier Morin a formulé ses excuses dans une story Instagram dans la foulée. « Ce n’est que quelques jours plus tard, lorsqu’elle m’a envoyé une nouvelle photo de la marque, que j’ai alors réalisé que j’avais eu un comportement répréhensible, avance-t-elle. Je m’en suis immédiatement excusée. Je n’aurais pas su lire ou comprendre la limite que j’aurais pu franchir. Si tel fut le cas, je m’excuse encore et je suis toujours profondément désolée. […] Dieu sait qu’il m’est arrivée d’en vivre des situations d’excès et d’abus de la part de certaines personnes. C’est déplorable de réaliser qu’il m’est arrivée d’être l’une de ces personnes ce soir-là ».

À LIRE AUSSI – Le chanteur Pierre Lapointe raconte son agression et appelle à réfléchir sur ses privilèges

Crédit photo : Safia Nolin via Instagram

L’article Sur Instagram, Safia Nolin dénonce le harcèlement sexuel et raciste qu’elle a subi est apparu en premier sur TÊTU.

Nouvelle rémission du VIH : « il reste encore beaucoup d’inconnues »

jeu. 09 juil. 2020, 10 h 01
Une personne porteuse du VIH est en rémission depuis plus d’un an. Les médecins se félicitent d’une nouvelle piste de recherche pour guérir du virus, mais Aides appelle à la tempérance.

Une équipe de chercheurs a annoncé, mardi 7 juillet la rémission d’un patient porteur du VIH après 15 mois sans traitement. Un Brésilien de 34 ans pourrait être guéri grâce à un nouveau traitement, sans greffe de moelle osseuse. Cette découverte suscite des espoirs, mais Frank Barbier, responsable des nouvelles stratégies de santé chez Aides, invite à la prudence.

Une nouvelle personne aurait été guérie du VIH, est-ce que c’est encourageant ?

C’est une avancée intéressante qui reste à confirmer. Le patient en question est resté négatif aux tests de détection pendant 15 mois. Mais il faudra encore attendre six mois supplémentaires voire un an pour savoir s’il a véritablement été guéri. Plusieurs cas ont vu leur charge virale augmenter après deux ans. Lorsque le virus est indétectable, il reste présent dans des cellules dormantes qui le relâchent après plusieurs mois. La recherche vise à trouver un moyen de réveiller ces cellules et de tuer les dernières souches du virus. Cette découverte peut témoigner d’une véritable guérison comme d’une simple rémission, il faudra encore plusieurs mois pour le prouver. C’est une voie nouvelle pour la recherche qui s’ouvre, mais ce n’est pas la seule.

À LIRE AUSSI : Philippe, 45 ans, « On vit avec le VIH, et on vit très bien ! »

Ce traitement pourrait-il bénéficier à tous les personnes vivant avec le VIH ? 

Concernant ce traitement, il reste encore beaucoup d’inconnues. Le patient qui semble avoir été guéri est le seul d’une cohorte de cinq. Il faut qu’on comprenne pourquoi le traitement n’a pas eu d’effet sur les quatre autres. Pour le moment, un seul cas ne nous dit pas grand chose. Il se pourrait qu’il possède une particularité génétique qui le rende plus résistant, les experts ne l’expliquent pas encore. Les cas de guérison du virus sont prometteurs mais restent extrêmement rares. Jusqu’à présent, deux autres personnes sont guéries grâce à une greffe de moelle osseuse. C’est une opération extrêmement lourde qui est très risquée, les chances de survies sont faibles. Alors que quelqu’un sous traitement a la même espérance de vie qu’une personne séronégative.

À LIRE AUSSI : Coronavirus : les personnes vivant avec le VIH doivent-elles s’inquiéter ?

Vous craignez que cette information fasse baisser la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Pourquoi ? 

On craint que cela devienne l’arbre qui cache la forêt. Il ne faudrait pas qu’on baisse la garde sur la prise en charge du VIH. Nos modélisations montrent que si les traitements sont arrêtés pendant six mois à cause des difficultés d’accès, d’une peur de se rendre à l’hôpital, ou autre, 500.000 personnes mourront du VIH dans le monde. On ne sait encore pas si ce traitement fonctionne, en revanche, on sait réduire l’épidémie. Ce qui est efficace, c’est la prévention, la PrEP, le TasP et… la volonté politique.

Crédit photo : UN Photo/Eskinder Debebe

L’article Nouvelle rémission du VIH : « il reste encore beaucoup d’inconnues » est apparu en premier sur TÊTU.

La réponse cinglante d’Olivier Véran à un député anti-PMA pour toutes

mer. 08 juil. 2020, 17 h 36
Interrogé lors des questions au gouvernement sur la PMA pour toutes, le ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran a défendu le texte avec force. Texte qu’il souhaite voir adopter « le plus tôt possible« .

Après les nominations décriées du gouvernement, l’exécutif tente, semble-t-il, de rassurer. Le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a pris la parole ce mercredi dans l’hémicycle pour défendre la PMA pour toutes. Le Premier ministre Jean Castex avait en effet annoncé plus tôt cette semaine que la session parlementaire prendrait fin le 31 juillet, pour que l’Assemblée puisse examiner le projet de loi bioéthique en deuxième lecture. Et pour les députés opposés au texte, voir leurs vacances décalées semble être un problème.

Priorité du gouvernement

C’est apparemment de Patrick Hetzel, député Les Républicains de la 7ème circonscription du Bas-Rhin, qui a l’occasion des questions au gouvernement, a interrogé Olivier Véran sur le vote de la PMA pour toutes les femmes. « Alors que la France n’est pas encore sortie de la crise du coronavirus (…) on pourrait penser que la reconstruction économique, écologique et solidaire, annoncée officiellement par le Président de la République se traduirait par de premières mesures destinées à corriger ce qui semblait le plus évident. »

« Or le nouveau calendrier parlementaire que vous venez de nous proposer, révèle que pour vous la priorité, c’est le vote en urgence et en catimini de la seconde lecture du projet de loi bioéthique, le tout en supprimant le vote solennel initialement prévu » assène le député de droite, qui appelle à « débattre de cette question qui appelle à l’intime ultérieurement ». Evidemment, tout cela dans un « souci d’apaisement ».

Réponse cinglante

Et Olivier Véran ne semble que peu goûter à l’argumentation de Patrick Hetzel : « M. Hetzel, appelez un chat un chat. Dîtes que vous êtes contre la possibilité que nous voulons donner aux couples de femmes et aux femmes seules de pouvoir avoir des enfants et une famille. Utilisez des arguments de fond M. Hetzel« , ironise le ministre, dans le brouhaha. « Ce texte a déjà plus d’un an, c’est un catimini un peu long. Ensuite, ce n’est que la deuxième et non pas la dernière lecture, ensuite parce que la commission spéciale a fait un formidable travail, en adoptant le texte dans le temps imparti, et parce qu’il y a des attentes sociétales qui sont nombreuses. »

« Ce sont des avancées sociales qui sont importantes, également pour la médecine, pour la recherche dans notre pays, pour les enfants qui sont en recherche de filiation, continue-t-il avec ardeur. Et pour cette belle avancée sociétale que moi, à titre de ministre des Solidarités et de la Santé, je prône depuis un certain nombre d’années et que je suis très fier que notre gouvernement porte. A savoir l’autorisation de considérer l’évolution des familles comme une évolution sociétale saine, sereine, normale. Le débat va suivre son cours et je l’espère, le plus tôt possible ! » 

Oui, la #PMAPourToutes est une grande et belle avancée sociale et sociétale ! Je serai extrêmement fier comme ministre et à titre personnel quand, à l’issue du débat parlementaire, nous aurons donné la possibilité aux femmes et couples de femmes de pouvoir fonder une famille. pic.twitter.com/EyCxDH7GzD

— Olivier Véran (@olivierveran) July 8, 2020

Cette réponse vive du ministre de la Santé rassure (un peu) après l’annonce du nouveau gouvernement qui a fait grincer des dents de nombreuses femmes et personnes LGBTQI+. En effet, le nouveau ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, est accusé de viol, et plusieurs de ses tweets anti-mariage pour tous ont été exhumés. Par ailleurs, le nouveau ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, est également sous le feu des critiques après plusieurs déclarations contre le mouvement #MeToo. Ce dernier a toutefois annoncé qu’il défendrait la PMA « avec détermination«  lors de l’examen du texte en deuxième lecture. Selon nos informations, si l’examen se tiendra bien en juillet, le vote de la loi bioéthique se fera en septembre.

A LIRE AUSSI : Ce qu’on peut attendre du retour de la loi bioéthique à l’Assemblée Nationale 

 

L’article La réponse cinglante d’Olivier Véran à un député anti-PMA pour toutes est apparu en premier sur TÊTU.

La nuit où j’ai testé pour la première fois un sex-club

mer. 08 juil. 2020, 16 h 49
Films pornos au rez-de-chaussé. Sous sol d’alcôves parfumées au poppers. Notre journaliste-cobaye a testé un sex-club parisien pour voir ce qu’on y trouve à l’ère Grindr.

Cet article est paru initialement dans le numéro 222 de TÊTU, un numéro spécial « L’amour et le sexe » 

Aujourd’hui, on peut toujours prétexter aller dans un sauna gay pour profiter des bains de chaleur sèche, ou dans un club tel que Le Dépôt pour y faire la fête. Mais les bars à cul ont rarement d’autres vertus que le sexe. Pour démarrer l’année en beauté, moi qui suis d’ordinaire si coincé ai donc décidé de tenter de percer le mystère de la longévité de ces lieux, qui ont survécu aux années sida et au succès des applis de rencontres gays.

20:00  : Je sors ce soir

Quand j’annonce à ma coloc que je dois me rendre dans un sex-club pour un article, elle propose aussitôt de m’accompagner. Tout en dégustant nos poireaux au reblochon, on cherche sur internet les meilleurs clubs de cul de Paris : certains se centrent autour d’un fétiche particulier et impliquent une tenue idoine, comme le Full Metal, qui requiert latex et cuir, d’autres exigent le naturisme, comme L’Impact. N’ayant pas envie de connaître ma coloc sous toutes ses coutures, on tombe d’accord pour s’aventurer au Krash quand je reçois le message d’un ami, qui me demande si je sors ce soir. “Grave chaud pour venir avec toi, mais tu ne pourras pas y aller avec ta pote, c’est généralement interdit aux femmes”, répond-il à ma proposition. Ma question un brin paniquée “même aux filles à pédé ?” le convainc de la nécessité de me chaperonner.

21:30 : Surveiller et jouir

Plus si vierge, mais toujours effarouchable, je ne compte rien consommer sur place, mis à part de l’alcool. La rue du sex-club, situé entre Le Marais et Châtelet, s’avère curieusement calme. De là où nous sommes, on ne peut pas voir l’intérieur du bar en raison de sa façade opaque, qui affiche “Krash, cruising bar, établissement interdit aux mineurs, entrée gratuite” ainsi que les horaires du lieu. Alors que j’attends mon pote, j’observe un homme en sage costume gris sonner à la porte puis en franchir le seuil.

Cinq minutes plus tard, c’est au tour d’un quinqua à l’allure banale de pénétrer dans l’établissement. Loin d’être sélectif, c’est plutôt comme au McDo : venez comme vous êtes. Mon pote m’ayant rejoint, on peut enfin rentrer. Sur un discret fond musical techno, trois hommes de 30 à 60 ans scrutent notre passage jusqu’au bar, chacun dans leur coin de la pièce à peine éclairée par quelques néons rouges et par deux écrans diffusant un film porno plutôt hard. Le barman nous explique que le vestiaire est compris dans le prix des boissons : “Faut se mettre à l’aise pour mieux jouir.”

22:30 : De sang froid

Pendant que je discute avec mon ami dans ce bar étrangement calme, on voit parfois émerger des hommes plus ou moins vêtus remonter du sous-sol, comme ce quadra qui, avec une nonchalance pleine d’assurance, ne porte rien d’autre qu’un jockstrap. On est bien loin de l’ambiance des boîtes gays, où ce sont surtout des jeunes ultra-gaulés qui osent se dénuder sur un dancefloor devenu un concours de beauté testostéronée. Notre cocktail enfilé, on descend avec sang- froid. Dans les escaliers, plusieurs affiches intiment de parler à voix basse. D’autres résument l’importance d’agir face à un G-hole (overdose de GBL ou de GHB, consommés de façon récréative) et de se protéger contre les IST, notamment grâce aux distributeurs de préservatifs, de lubrifiant et de gants disséminés un peu partout dans les backrooms.

A LIRE AUSSI : Chemsex : 5 règles pour réduire les risques 

23:00 : Stupeur et consentement

Tout en longueur, l’espace comprend une pissotière, où certains s’amusent à appâter le chaland en urinant bruyamment, ainsi que deux cabines de toilette, qui ferment vraiment. À l’extrémité opposée, un homme installé dans un sling, les jambes écartées en l’air, attend patiemment d’être butiné. Entre les deux, une poignée d’autres mecs semblent attendre qu’il se passe quelque chose, se frôlent à dessein et rentrent dans les alcôves percées de glory holes, espérant être suivis. Mais nos bavardages incessants, à mon ami et moi, doivent en dissuader quelques-uns.

Quand on finit par se taire, deux hommes s’effleurent puis se galochent en plein couloir avant de feindre s’isoler dans un renfoncement, bientôt rejoints par toute une troupe de voyeurs s’empressant de se palucher en les regardant se sucer. Sans un mot, avec une lenteur étonnamment sensuelle, chacun tâte le terrain – ou plutôt le paquet de son voisin – pour savoir s’il peut aller plus loin. Justement, je les rejoins pour mieux comprendre, sens une main se balader sur mon bras, mes fesses et ma braguette, mais à la seconde où j’effectue un mouvement de recul, l’inconnu cesse et me laisse tranquille. Je ne m’attendais pas à ce que tout le monde soit aussi respectueux et attentif au consentement de chacun.

00:00 : en attendant sodo

Moi qui craignais de découvrir une orgie brutale et bruyante, je me sens presque attendri par ces hommes venus assouvir leur désir de sexe anonyme, à l’heure où Grindr aseptise tout et peut s’avérer beaucoup plus excluant lorsque ton physique ne correspond ni aux standards de beauté ni au kink de quelqu’un. Ici, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de blabla qu’il n’y a pas de respect, au contraire. Maintenant que mon pote est rentré chez lui, je retourne voir ce qui se trame du côté du sling et aperçois enfin quelqu’un satisfaire l’homme qui attendait sagement qu’on le sodomise. Ses gémissements attirent rapidement le reste de la darkroom qui s’agglutine autour de lui en une chaîne humaine de plaisir : deux hommes s’embrassent, conjointement sucés par un troisième, tout cela pendant qu’ils en masturbent d’autres qui ont eux-mêmes chacun leur langue dans la bouche de leur voisin. Dans ce méli-mélo de bras et de queues, un homme finit par se désaper  entièrement, ne gardant qu’un harnais  de cuir et ses baskets, avant de se pencher pour que son voisin l’encule, là, à 2cm du sling. Clairement de peu importe de qui il s’agit. Plus l’heure trop, je laisse tout ce beau monde s’activer sans moi et rejoins le couloir.

A LIRE AUSSI : J’ai testé la sex party sur Zoom 

01:00 : la verge devant soi

Là, un nouveau venu me fixe, me caresse le bras et m’embrasse. Je me laisse faire dans l’espoir d’obtenir le prix Pulitzer, jusqu’à ce qu’il dégaine sa queue de son pantalon. Ça me renvoie brutalement au fait que tout ce beau monde n’est pas là pour se donner mutuellement du plaisir, mais plutôt pour se faire plaisir avec la bouche ou la verge d’un autre, peu importe de qui il s’agit. Plus l’heure avance, plus nous sommes nombreux à nous épier dans la pénombre, et bien plus si affinités.  Pourtant, je serais sans doute incapable de reconnaître l’un de ces hommes si je devais le recroiser en plein jour. C’est aussi ce qui fait la beauté excitante de cette faune hétéroclite, composée de toutes les classes sociales – à en juger par leurs vêtements – et de tous les âges, à l’exception des moins de 25 ans. Je rentre donc chez moi en me disant que c’est peut-être aussi par conscience de sa fragilité que cet éco-système délicat, qui ne survivrait pas au moindre incident, baise avec tant de douceur.

L’article La nuit où j’ai testé pour la première fois un sex-club est apparu en premier sur TÊTU.

VIDÉO. Sarah Walk, nouvelle voix queer de la scène indé, dévoile le clip poétique de « unravel »

mer. 08 juil. 2020, 15 h 38
Quelques années après son disque inaugural, la jeune artiste queer embraye sur un second album qui, à en juger par ce titre fraîchement dévoilé, s’annonce prometteur.

Injustement méconnue de notre côté de l’Atlantique, la musicienne états-unienne Sarah Walk fait un come-back remarqué avec son nouveau single, « unravel ». Mélancolique et torturé de la meilleure manière possible, ce titre décortique le besoin légitime que certaines personnes peuvent avoir de se distancer des personnes toxiques de leur vie. « C’est l’une des chansons les plus dures que j’ai eues à chanter, estime la principale concernée. J’essayais d’apprendre comment exister sans avoir à m’écraser, à m’excuser ou à culpabiliser et ce n’est que plus tard que j’ai réalisé à quel point c’est important de définir comment tu veux et ne veux pas être traité ».

Limitée par les contraintes du confinement aux États-Unis, l’artiste n’a eu d’autre choix que de faire preuve d’inventivité pour le clip de « unravel ». « Je voulais que la première moitié soit sans aucune distraction, forçant le spectateur à faire attention à chaque mot que je prononçais, précise-t-elle. Par la suite, le réalisateur Daniel Smith Coleman a eu l’idée de tourner des images avec une vieille caméra, ce qui a donné l’impression d’un souvenir déformé et assez angoissant. Le montage donne ainsi un résultat à la fois triste, rempli de colère, de nostalgie mais surtout de liberté ».

Second opus en préparation

Autrice, compositrice et interprète, Sarah Walk a plus d’une corde à son arc et le prouve avec une discographie jusqu’ici stellaire, regorgeant de morceaux intimistes et singuliers. Après un premier disque intitulé Little Black Book sorti en 2017, la jeune femme originaire de Minneapolis continuera de s’imposer comme la fille spirituelle de Fiona Apple à travers un nouvel album, Another Me, dont la parution est planifiée pour le 28 août prochain.

Crédit photo : One Little Independant Records

L’article VIDÉO. Sarah Walk, nouvelle voix queer de la scène indé, dévoile le clip poétique de « unravel » est apparu en premier sur TÊTU.

Un yéménite arrêté en Arabie saoudite pour avoir défendu les personnes LGBT+

mer. 08 juil. 2020, 12 h 36
La police saoudienne a arrêté un jeune yéménite de 29 ans qui a demandé aux internautes de respecter les droits des LGBT+. Amnesty International craint qu’il subisse des tortures, et a lancé une action urgente.

« Chacun est libre de faire ce qu’il veut, et les gays ont des droits. Toutes les personnes ont des droits. J’espère que vous laissez les gays tranquilles et que vous n’intervenez pas dans leur vie. Toutes les personnes sont libres ». Mohamed al Bokari a été emprisonné pour avoir prononcé ces mots en Arabie saoudite. Ce ressortissant yéménite a été arrêté le 8 avril dernier à Riyad et placé en détention à Malaz. Un proche, cité par Amnesty International, explique qu’il a été frappé afin qu’il « avoue » son homosexualité.

À LIRE AUSSI : Deux journalistes saoudiens ont du fuir leur pays après avoir été outés

Selon l’ONG, il est emprisonné alors même qu’il n’a pas été condamné par un tribunal et sans même avoir été inculpé formellement. L’homme, âgé de 29 ans, n’a pas pu avoir accès à un avocat. Il est accusé de « perversion« , « d’imiter les femmes » et de « trouble à l’ordre public« . Il a été arrêté après avoir réalisé une vidéo diffusée sur internet. Pendant son live, un de ses abonnés lui demande ce qu’il pense de l’homosexualité, il répond alors que « chacun est libre de faire ce qu’il veut, et les gays ont des droits. J’espère que vous laissez les gays tranquilles et que vous n’intervenez pas dans leur vie« .

Il a fui le Yémen après des menaces de mort

Deux proches ont été arrêtés au même moment que Mohamed al Bokari. Ils ont été libérés et expulsés vers le Yémen et se disent inquiets pour la santé de leur ami dont ils n’ont pas de nouvelles depuis deux semaines. Le détenu souffre en effet de problèmes cardiaques et sa santé physique et mentale s’est dégradée. Mohamed al Bokary avait fui le Yémen en guerre après avoir reçu des menaces de mort pour avoir défendu les droits humains. Il avait été victime dans son pays d’une tentative d’enlèvement. Au moment de son arrestation en Arabie saoudite, son permis de séjour était arrivé à expiration. Amnesty lance une « action urgente » pour mobiliser la communauté internationale et demander sa libération. « On a de réelles craintes qu’il soit torturé pendant sa détention« , explique Sébatien Tüller, responsable des questions LGBTI+ chez Amnesty.

À LIRE AUSSI : Le sexe anal crée des catastrophes naturelles, selon les livres scolaires saoudiens

L’Arabie saoudite ne reconnaît pas les droits des personnes LGBT+. L’ONG rappelle qu’en novembre 2019, l’Agence saoudienne de la sûreté de l’État a annoncé officiellement que le féminisme, l’homosexualité et l’athéisme sont des « idées extrémistes » passibles d’emprisonnement ou de flagellation. Elle a ensuite précisé que la définition donnée de l’extrémisme dans la vidéo « contenait de nombreuses erreurs« .  En octobre 2019, Suhail al-Jameel, un influenceur saoudien ouvertement gay, était poursuivi pour avoir publié une photo de lui sur Twitter où on le voit porter un short léopard. Il n’a pas posté de message sur les réseaux sociaux depuis. Le jeune homme risquait alors trois ans d’emprisonnement.

The truth most of saudi men are all gay. The fact that girls and boys are separated and forced to endure life among the same sex, more same sex relationships rise and continue to increase in the kingdom we say we are free… I think not #freesuhail

— سهيل الجميل جداً (@suhail_y_y) October 15, 2019

En Arabie saoudite, l’homosexualité est passible de peine de mort

« Le prince Ben Salman tente de redorer l’image de l’Arabie saoudite à l’international en ce qui concerne les droits humains. Il se présente comme un réformateur tout en durcissant la répression contre les défenseurs des droits LGBTQI+« , indique Sébastien Tüller. Il rappelle que ce pays fait partie des 13 pays où l’homosexualité est passible de la peine de mort. « On n’arrive pas à obtenir des chiffres précis sur l’application de la peine de mort. Ce qui est certain, c’est que l’Arabie saoudite met en pratique la criminalisation de l’homosexualité« , poursuit le militant des droits de l’homme.

Crédit photo : Capture d’écran Facebook

L’article Un yéménite arrêté en Arabie saoudite pour avoir défendu les personnes LGBT+ est apparu en premier sur TÊTU.

Pages